Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

22 mai 2006

Blog en deuil

ponfillySombre, l'humeur. Vendredi - mais la nouvelle n'a été connue que dimanche -, Christophe de Ponfilly s'est tiré une balle dans la tête. Lauréat du prix Albert Londres, ce grand Monsieur s'était surtout fait connaître par ses reportages en Afghanistan. Il était l'ami de feu le commandant Massoud et fustigeait les "courtisans" : "J'écoute quantité d'analystes surgis dont ne sait où, que je n'ai jamais rencontrés sur les sentiers qui traversaient les montagnes d'Afghanistan. Ah, le monde ne changera jamais : ce sont toujours les courtisans qui se mettent au premier rang, ceux qui en savent le moins et ont la plus haute opinion d'eux-mêmes qui jouent des coudes pour se mettre en valeur en se servant des causes des autres." Les oreilles de BHL ont sifflé. Parlant de Massoud, Ponfilly écrivait : "De lui j'ai aussi appris qu'il ne fallait jamais renoncer, que jamais la bataille n'était perdue tant qu'il y avait courage, conviction et bel idéal." Mais Ponfilly a finalement renoncé. Cinquante-cinq ans, quatre enfants. Une balle dans la tête.couv__affaire_du_sang
Et hier, Anne-Marie Casteret. Cancer. Anne-Marie, c'était elle qui avait sorti l'affaire du sang contaminé. Je l'avais croisée à L'Evénement du Jeudi. Elle m'a laissé le souvenir d'une petite bonne femme toute simple, d'une grande gentillesse avec le débutant que j'étais.
Ponfilly, Casteret, deux grands journalistes dont on est fier d'appartenir à la confrérie.
Sale journée.

Posté par Olivier Bonnet à 11:59 - Humeur - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

pensées

simplement m'associer à votre tristesse
en dehors de tout autre considération
désolée de vous avoir convié à cette discussion en ce jour

Posté par lesyeux, 22 mai 2006 à 12:24

Merci

...

Posté par Olivier, 22 mai 2006 à 12:33

dommage

C'est sans doute affligeant. Mais combien d'anonymes qui ont servi de grandes causes, combien d'enfants, combien de "partis bien trop tôt" dont personne ne parle, parce qu'ils n'ont pas eu "un nom".
J'en ai des petites "étoiles" à qui j'ai donné des prénoms, des partis bien trop tôt, des qu'on aimera toujours. Anaïs, Charles, Michel, Alain... quelques mois, quelques années, un petit bout de chemin de vie.
Alors m'attrister sur des inconnus, désolée, je ne peux pas.

Posté par joyce, 22 mai 2006 à 18:11

Chère Joyce, libre à vous de ne pas vous attrister, je faisais juste part de mon sentiment personnel, en rendant hommage à deux grands journalistes comme il en faudrait bien plus. Mais d'accord avec vous, bien sûr, sur les "étoiles" anonymes trop tôt parties...

Posté par Olivier, 22 mai 2006 à 20:01

Regrets et pensée à sa famille.
J'avais beaucoup apprécié son reportage sur Massoud.
Egalement pour Anne-Marie Casteret et son courage.
Comme d'habitude, les bons meurent jeunes.
Consolation pour leur famille, qu'ils aient creusé leur sillon pour la postérité et le souvenir de ceux qui les appréciaient.
Cordialement.

Posté par le Mistigri, 22 mai 2006 à 20:29

Mon commentaire a été supprimé ou s'est techniquement volatilisé...
J'y disais que ceux dont vous parliez étaient pour moi "un homme et une femme décédés, dont la profession était le journalisme".
Patrick Bourrat par exemple, est mort "journaliste".

Posté par joyce, 23 mai 2006 à 08:24

Vous avez raison

Ils ne sont pas morts dans l'exercice de leur métier.

Posté par Olivier, 23 mai 2006 à 08:53

discutable

ça me semble moyen et discutable ce genre d'argument..morts ou pas dans l'exercice de leur métier, la valeur n'a que faire de la fonction, il est rare que que la fonction fasse l'homme
p. bourrat est mort journlaiste joyce, mais sa mort ne le rend pas mielleur pour cela, ni dans sa valeur d'homme ni dans celle de sa fonction
hélas, en reportage de guerre c'est une loterie, la roulette russe, on passe ou pas au travers des balles
de Ponfilly s'est tiré une balle ds la tête, peut etre est-ce parce qu'il a posé le micro et la camera, peut etre est-ce entre autre pour la raison de la discussion d'hier, peut etre est-ce en journaliste sincère et désabusé qu'il a décidé
d'écrire le mot fin de sa vaine (?) mission

sinon, ainsi que je le disais, la valeur d'une vie ...varie...

Posté par lesyeux, 23 mai 2006 à 09:07

Oui lèzyeux, mais qu'on ne nous oppose pas ces "deux parmi tant d'autres", sous prétexte qu'ils sont journalistes.C'est il me semble ce qui avait été fait sur ton blog à l'adresse d'Eldorado.
Leur mort ne fait pas référence à ceux qui prennent des risques professionnellement.
C'est tout. Cette rubrique néchrologique (sans ironie aucune je le précise)m'a semblée déplacée dans le débat.

Posté par joyce, 23 mai 2006 à 09:14

part des choses

joyce , mais olivier était en proie à la tristesse et au chagrin du décès de son confrère, on pouvait comprendre qu'il se soit laissé submerger par cette émotion en argumentant
enfin moi, je l'ai compris comme cela...
je crois bien qu'il l'a d'ailleurs avoué par après
je ne dirai pas que ces morts évoquées étaient déplacées dans le débat comme tu le dis, mais plutot incongrues

Posté par lesyeux, 23 mai 2006 à 09:29

Chères amies

Ces deux-là illustraient simplement qu'en jetant l'opprobre sur toute un profession, en des termes extrêmement violents, Eldorado niait l'évidence de ce que le métier de journaliste ne se réduit pas à ce qu'il en dit. Et dans mon état d'esprit particulier d'hier, je l'ai pris comme une injure à leur mémoire. Et me suis emporté, oui, désolé.
Pour ceux que ça intéresse et qui ne comprennent goutte à la discussion en cours : http://lesyeuxouverts.blogs.marieclaire.fr/archive/2006/05/20/off-the-record.html

Posté par Olivier, 23 mai 2006 à 09:37

sa voix

j'ai mis sur mon blog ce matin la voix de ponfilly, il apportera ainsi sa contribution au débat

Posté par lesyeux, 23 mai 2006 à 10:13

A moi un bras.. à moi une patte...

Au lieu de les couper en morceaux.. laissez-les reposer tranquillement.
Décidément, il ne faut que l'occasion pour faire chanter la volière.
Cordialement

Posté par le Mistigri, 23 mai 2006 à 10:14

Mistigri, agression gratuite !

Je reviens du blog de Lesyeux et elle relaie simplement une chronique de Radio France qui rend hommage à Ponfilly. Votre remarque est extrêmement déplacée.

Posté par Olivier, 23 mai 2006 à 10:41

Hommage à Christophe de Ponfilly

Christophe m'avait donné la chance de travailler pour lui et Frédéric, le temps d'un été, essentiellement sur Mille et un jours, après une interview réalisée dans son bureau à Interscoop en avril 2003, pour un hommage rendu au Commandant Massoud ; celui qu'il aimait tant et dont l'assassinat le bouleversait tout autant que l'indifférence et le cynisme de la politique occidentale.

Je remercie tous ceux qui m'ont amené progressivement vers cet humaniste de terrain : Qassim Azimi, le Père Serge de Beaurecueil, Merabuddine Masstan... Je salue également Ehsan Mehrangais, Zalmaï Haquani et surtout mon ami Thomas C. Car sans la foi qu'il a su révéler en moi, aucune de ces belles rencontres n'aurait pu avoir lieu.

Après le Père Serge de Beaurecueil et François-Xavier Verschave, je perds le dernier de mes plus précieux amis "politiques", ceux qui ont su donner à ma jeunesse l'inestimable espoir d'un monde meilleur.

Christophe, je garde près de moi le pakol offert au retour d'un de tes nombreux voyages en Afghanistan. Tu évoquais alors les risques que tu prenais pour ta vie avec détachement et sourire. La mort ne te faisait vraiment pas peur. Tu as eu le courage d'affronter tant de souffrances et de larmes sur cette Terre. De là haut, repose-toi enfin, au côté d'Ahmad Shah Massoud. Ton oeuvre est éternelle, comme le combat des Mojâhidin pour leur libération.

Mes pensées vont pour ses proches, sa famille et le valeureux peuple afghan.

Paix à son âme...

Posté par Matou, 23 mai 2006 à 11:22

Droit de réponse.;

Je ne veux être désobligeant vis à vis de quiconque; Il s'agit simplement de rendre hommage à deux journalistes de qualités, ceux-là (ne le prenez pas pour vous cher Olivier).
Aussi pourquoi leur opposé la mémoire d'autres plus ou moins systématiquement.
Ils ont certainement eu la reconnaissance de ceux qui les aimaient appréciaient à l'instant à l'occasion.
Je l'écris tel que je l'ai ressenti par ce qui est dit ici. J'étais de l'avis de Joyce "Oui lèzyeux, mais qu'on ne nous oppose pas ces "deux parmi tant d'autres",
Cordialement.

Posté par le Mistigri, 23 mai 2006 à 12:32

il n'a jamais été question 'd'opposer' qui que ce soit !! nulle part, sinon à me dire dans quelles lignes....

Posté par lesyeux, 23 mai 2006 à 13:10

Malentendu, alors...

...entre Mistigri et Lesyeux.
@Matou : merci pour ce joli texte.

Posté par Olivier, 23 mai 2006 à 18:41

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