Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

09 juillet 2006

La phrase du jour : ministère suisse des affaires étrangères

isra_l_palestine1« Plusieurs actions menées par la force de défense israélienne lors de son offensive dans la bande de Gaza ont violé le principe de proportionnalité (...) et doivent être considérées comme des formes de punition collective, ce qui est interdit », déclarait le 7 juillet dernier le ministère suisse des affaires étrangères. Rappelons que la Suisse, qui a pour le coup dérogé à sa légendaire neutralité, est dépositaire des conventions de Genève, lois internationales qui fixent les règles des conflits armés. Le lendemain, le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies a adopté une résolution condamnant les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza. Le texte appelle Israël à mettre fin à son intervention armée et demande la libération des ministres et députés palestiniens arrêtés par l'armée israélienne. Cette résolution a été adoptée par 29 voix contre 11, l'Union Européenne s'y étant opposée, la jugeant partiale, au motif qu'elle n'examinait pas l'enlèvement du soldat israékien ni les tirs de roquettes sur le territoire de l'Etat hébreu. La version finale du texte appelle "toutes les parties en présence à respecter les règles du droit humanitaire international et à s'abstenir de commettre des actes de violence envers les civils". Où en est-on trois jours plus tard ? Le bilan est de 41 morts côté palestinien contre un soldat de Tsahal. Cette fois, l'Union Européenne abandonne ses pudeurs de vierge effarouchée et accuse Israël de recours excessif à la force. L'ONU exige quant à lui un accès immédiat pour l'aide humanitaire, tant la situation devient périlleuse pour la population : Koffi Annan déplore que le bombardement de l'unique centrale électrique de la Bande de Gaza par l'aviation israélienne, le 28 juin dernier, a eu "un impact d'une portée incalculable" sur les hôpitaux et les systèmes d'égouts et de distribution de l'eau de la région. Hier, un bombardement a causé la mort d'une mère et de deux de ses enfants. "Punition collective", disait le communiqué de la diplomatie suisse...

Mise à jour du 12 juillet : 23 Palestiniens tués de plus aujourd'hui, dont 14 civils, parmi lesquels les sept enfants et la femme d'un dirigeant du Hamas (lui aussi assassiné). Halte au terrorisme de l'Etat d'Israël !

Posté par Olivier Bonnet à 10:38 - Proche-Orient - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires

Combien de résolutions adoptées par l'ONU sont restées lettres mortes ?
Et combien d'entre-elles concernent l'état d'Israël ?
Utopiste, naïf et amoureux du bleu, je rêve de casques bleus déployés partout pour faire cesser une fois pour toute cet interminable conflit...

Posté par bertrand, 09 juillet 2006 à 15:50

L'armée de Tsahal

Il n'en faut pas plus pour constater que les moyens militaires employés par l'armée de Tsahal sont démesurés. Ainsi va le cycle de la violence.
Il faut se dire que toucher à un soldat de Tsahal est vécu par l'état d'Israël comme une humiliation vis-à-vis de ses voisins (généralement hostiles à son existence). Une remise en cause même de la capacité d’Israël à se protéger.
Ce qui expliquerait, en partie, ce qui n'est rien d'autre qu'une véritable démonstration de force à la quelle se livre actuellement l'armée Israélienne pour tenter de récupérer son caporal Gilad Shavit. Une façon définitive pour Israël de démontrer et d'affirmer sa puissance de frappe Militaire dans la région.

Faire toujours intervenir l'histoire. Le "Mouvement Sioniste" dont le principe même est d'affirmer le droit à l'existence de l'État juif serait vécu même comme un échec (une remise en question) en cas d'incapacité d'Israël (de son armée) de protéger son peuple. Sa population. Il faut toujours avoir en mémoire le sort réservé tout au long de l'histoire au peuple Juif.

Je ne sais pas si j'ai été assez clair. Je suis peut-être un peu maladroit dans mes mots. Je crains toujours que quelqu'un de mal intentionné ne passe par ici et n'interprète mal mes propos... Car je sais la question très sensible.

Loin de moi l'idée de vouloir justifier quel que comportement que ce soit. Je lance un début de réflexion. Car il ne faut pas simplement se limiter au simple principe d'indignation.

Par ailleurs, Olivier Bonnet Bonne Chance pour ce soir avec vos Bleus. Je ne les voyais pas aller jusqu'au bout du bout. Tel va l'imprévisibilité du football. Allez les Bleus ?

Posté par Allez Les Bleus?, 09 juillet 2006 à 16:50

Marre

Bravo pour votre article, il est très bien rédigé. Je suis triste que les choses se déroulent mal au Moyen-Orient. Il n'y a jamais eu d'accord, c'est à croire qu'il n'y en aura jamais. L'ONU est une organisation internationale souvent décriée pour son manque de réussite dans les conflits tels que celui-ci. Mais, ici, dans ce cas de figure, elle a su montrer que l'armée israelienne est allé trop loin, et qu'il faut mettre un terme à ce massacre. Je ne suis ni pour la Palestine ni pour l'Israel, je suis comme la Suisse : neutre. Je dois dire quand même que là c'en est trop. Je n'ai jamais aimé la guerre etc. mais ici ca commence bien faire. Le conflit iraelo-palestinien doit s'arrêter, car je commence à en avoir marre de voir sur EuroNews des morts et des morts (dans les deux camps). Marre de me dire : dans quel monde vit-on ? Marre de regarder des enfants, des mères pleurer jusqu'à verser tous leurs larmes de leur corps. Marre... Marre. On vit tous dans la même planète, parfois je me demande si cette affirmation est fausse.

Posté par edi, 09 juillet 2006 à 18:09

chaos

A ce train-là, la bande de Gaza va ressembler à la Tchétchénie. Où va le gouvernement israelien ? A part le chaos, je ne vois pas.

Tiens, un texte intéressant à lire qui commence comme ça : « Il est interdit d’utiliser contre les civils la famine comme méthode de guerre (…). Il est interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile. » Les implications de l’article 54 du Protocole additionnel I de 1977 aux conventions de Genève (1) sont claires : le bombardement des centrales électriques à Gaza par l’armée israélienne, le blocus des populations civiles et les punitions collectives contre elles relèvent de crimes de guerre. (in Le monde diplo, http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2006-06-30-Palestine)

Posté par phil, 09 juillet 2006 à 18:23

le gouvernement israélien se moque de ce que peut dire lONU, ou l'Europe, se moque de l'opposition d"une presque majorité des israéliens à cette action, du cout de la guerre et de l'extension des colonies, du droit international (quel pays pourrait se permettre d'enlever impunément des hommes politiques étrangers). Il suffit d'invoquer l'antisionisme

Posté par brigetoun, 09 juillet 2006 à 21:30

@ tous

Et si la communauté internationale prenait ses responsabilités ? Et les Etats-Unis ?

Posté par Olivier Bonnet, 10 juillet 2006 à 07:50

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une ancienne reprise de justice a été récemment nommée ambassadeur représentant permanent du gabon auprès du système des nations unies à Genève. Un scandale innacceptable synonyme de porte ouverte à l'impunité, j'espère que les autorités helvétiques n'accorderont par leur agrément à l'accréditation de cet individu qui a versé dans la corruption et le détournement à grande échelle des deniers publics de son pays et des bailleurs de fonds internationaux.

Posté par shadow, 15 janvier 2008 à 00:22

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