Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

19 août 2006

Victor Jara, symbole du martyre chilien

victorQuatre jours après le coup d'Etat du 11 septembre 1973, par lequel Pinochet prend le pouvoir avec l'appui de la CIA, au prix de la mort du président Salvador Allende et de milliers de ses partisans, 6000 militants de gauche sont parqués dans un stade de Santiago. Parmi eux, le chanteur compositeur Victor Jara, qui va être assassiné avec une barbarie inouïe. L'écrivain Miguel Cabezas, témoin occulaire de la scène, raconte.
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"On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l’officier, une hache apparut. D’un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d’un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s’écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6000 détenus. L’officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d’un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l’on entendit sa pongovoix qui nous interpellait : "On va faire plaisir au commandant." Levant ses mains dégoulinantes de sang, d’une voix angoissée, il commença à chanter l’hymne de l’Unité populaire, que tout le monde reprit en choeur. C’en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D’autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort."

Publié en complément de Pinochet : la fin de l'impunité ?

Posté par Olivier Bonnet à 11:49 - Etranger - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

j'ai du mal là...

que dire devant cette horreur absolue ? j'en ai mal au ventre, physiquement
et pourtant oui, il faut dire ! et retenir que victor jara, s'est relevé, alors qu'il était à terre, mutilé, il s'est relevé et tous en choeur avec lui ont chanté l'hymne, avant qu'il ne meurt en Homme, debout

Posté par lesyeux, 19 août 2006 à 18:49

Remember...

Je me souviens. J'allais avoir 28 ans. C'est un ami chilien qui m'avait raconté. J'avais pleuré.
Aujourd'hui ma révolte (inutile) est intacte à la lecture de cet article.
Seule petite consolation terriblement égoïste, il était sûrement comme Diego... libre dans sa tête.

Posté par Joyce, 19 août 2006 à 19:03

appel

Bon; Olivier, tu choisis mal ton moment, je suis hyper débordé... rire...
Tu vas encore traumùatiser ma mère... qui avait lu la réponse de Grabuge sur mon blog...
Terrible terrible..
bon, je lise le truc sur Pinochet et je donnerai quelques visions d'ici... comme un correspondant spécial...

Posté par bertrand, 19 août 2006 à 20:48

mais voyons ce n'est pas une dictature aussi terrible que celle de Chavez, vous n'avez pas compris ?

Posté par brigetoun, 19 août 2006 à 21:24

Insoutenable

Pardon pour avoir bouleversé LesYeux et Joyce et pour ta maman, Bertrand ;-)
Bridgetoun, mauvais esprit comme toujours ;-))

Posté par Olivier Bonnet, 20 août 2006 à 09:51

Mais non !

Ce n'est pas toi qui fais l'actualité Olivier. Simplement, j'avais occulté dans un coin de ma mémoire, Victor Jara.
C'est bien aussi d'aider l'histoire à ne pas mourir.

Posté par Joyce, 20 août 2006 à 12:14

Sympa !

Quelle fin superbe pour un poète : sur scène avec un large auditoire ! Dommage que le public n'ait pas payé sa place, y avait vraiment du monde. Bon OK, se faire couper les doigts à la hache avant, pas cool... Enfin bon, s'il faut passer par là. Hasta la vittoria sempre !

Posté par Philippe Gras, 20 août 2006 à 18:30

Help !

Allo ? Il y a quelqu'un qui peut répondre, là...
Parce que du sang sur un blog, ça ferait désordre.

Posté par Joyce, 20 août 2006 à 23:03

Restez calme, Joyce !

Tout va bien, je suis là... ;-)

Posté par Olivier Bonnet, 20 août 2006 à 23:32

Tu sais, alors

pourquoi parfois je m'absente.

Posté par Fleuryval, 20 août 2006 à 23:33

c'est en lisant ce genre de choses que je sais que l'humanité finira par s'autodétruire. même si les gentils se rebellent et entament des chants de victoire, les méchants, eux, ont le dessus avec leurs armes ...

Posté par Liloooo, 21 août 2006 à 11:35

Pas de découragement

Il faut toujours y croire, Liloooo...

Posté par Olivier Bonnet, 22 août 2006 à 17:38

Mes premiers pleurs d'homme
-------
un a un les doigts découpés
----------

Posté par martingrall, 24 août 2006 à 00:15

"Victor Jara, un chant inachevé" vient de paraître en français chez Aden. Il s'agit de sa biographie écrite par l'épouse Joan Jara.

Posté par lohier, 09 octobre 2007 à 01:51

azul

azul fellak a victor ,hola camarado aparecido

Posté par ucen, 19 octobre 2007 à 20:59

azul amigos

taqqi s-w-ul i victor jara el aparecido,azul fellak anda ka tellidd,a dios amigo...

Posté par Redjdal Zaghdoud, 15 novembre 2007 à 16:04

me recuerdo victor jara

merci à ma prof d'espagnol qui en 1974/75 nous a appris en classe de 4eme ou 3eme quelques belles chansons de victor Jara
30 ans apres j'ai tjrs " te recuerdo amanda" et "duerme negrito" ds la tête
je ne me souvenais plus de l'auteur j'ai cherché sur internet mais j'ai gardé le souvenir de cet artiste guitariste a qui l'on a coupé les mains pour l'empécher de chanter

Posté par pacalou66, 11 février 2008 à 17:58

victor jara et son pays

A 17ans, je rencontré Patricio Bunster un très grand ami de victor Jara, Patricio rencontre Johan Turner danseuse et puis un jour ensoleillez née Manuela Bunster, puis le divorce apparu, puis encore un jour ensoleillez Johan rencontre Victor jara née Amanda.
je n'pas connu victor, je peux voir avec le temps que victor et vivant par sa musique, par les amis, et aussi par Manuela.
20ans en France je toujours dans mon cœur le Chili et aussi mon pays de accueil la France.
repos-toi Patricio, tu et avec victor dans le ciel.

amicalement
Esteban

Posté par Esteban, 10 mars 2008 à 08:55

Le rêve existe

Aux amateurs de Victor Jara: la compagnie Yorick présente un spectacle à partir des chansons de Victor Jara et des textes de Pablo Neruda et de Salvador Allende. Le spectacle s'appelle "Venceremos, chanson pour le Chili". Il est présenté plusieurs fois entre septembre et décembre 2008 dans la région parisienne, à l'occasion d'un festival Salvador Allende organisé en hommage au président chilien assassiné le 11 septembre 1973.

Posté par Faribouille, 16 septembre 2008 à 08:41

Ce qui me frappe chez Victor Jara, c'est que meme persécuté il ne s'est jamais caché et n'a jamais renié ce qu'il pensait et était... de nos jours on ne le porte pas en héro comme el che mais comme un symbole de la liberté de penser de dire jusqu'à la mort et ne jamais baisser les bras!

Il est mort la tete haute... contrairement a che qui est mort en lache caché parmis les nécessiteux chez les gens pour qui il était censé combattre..

Victor Jara restera pour toujours la voix du peuple.. Il s'est battu et est mort pour eux.

Posté par teers, 30 janvier 2009 à 09:39

Ce qui me frappe chez Victor Jara, c'est que meme persécuté il ne s'est jamais caché et n'a jamais renié ce qu'il pensait et était... de nos jours on ne le porte pas en héro comme el che mais comme un symbole de la liberté de penser de dire jusqu'à la mort et ne jamais baisser les bras!

Il est mort la tete haute... contrairement a che qui est mort en lache caché parmis les nécessiteux chez les gens pour qui il était censé combattre..

Victor Jara restera pour toujours la voix du peuple.. Il s'est battu et est mort pour eux.

Posté par teers, 30 janvier 2009 à 09:50

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