21 août 2006
La phrase du jour : Avi Dichter
"Ce que nous avons fait avec l'Egypte et la Jordanie est également légitime dans ce cas", déclare aujourd'hui le ministre israélien de la Sûreté publique, Avi Dichter, qui préconise des négociations avec la Syrie et l'abandon contre la paix du plateau du Golan, annexé en 1967 lors de la guerre des six jours. Il contredit en cela Shimon Peres, vice-premier ministre, qui estime de son côté : "Nous avons actuellement le fardeau du Liban et nous avons des négociations avec les Palestiniens. Je ne pense pas qu'un pays comme le nôtre puisse s'attaquer à autant de questions à la fois". Dissensions donc à la tête de l'exécutif israélien... Mais le discours de Dichter fait naître l'espoir que l'Etat hébreu sorte enfin de son autisme et donne une chance à la paix. Il y a pourtant encore bien loin de la coupe aux lèvres, comme l'illustre l'arrestation du vice-Premier ministre palestinien Nasser Chaer, dans la nuit de vendredi dernier... Est-ce ainsi qu'Israël entend les "négociations avec les Palestiniens" ?
Commentaires
Diplomatie
C'est aussi une tactique politiqui et diplomatique que de donner des informations divergentes ou contradictoires à l'opinion publique ou à la presse...
On voit bien que les actes d'Israël répondent à une logique non énoncée clairement dans les discours officiels...
Comme tu dis, il y a loin de la coupe au lèvre... mais la coupe est pleine, non ?
et à quand la libération des ministres "arrêtés", et l'arrêt puis le retrait des colonies alors qu'une situation de non retour est créé.
et que penser de l'interdiction qui passe dans l'indiférence faite à l'armée libanaise de se déployer sur sa frontière avec Israël (vu dans le Monde)
Comment cette "désinvolture" avec le droit international et notre passivité arrêteront elles l'expansion de l'islamisme
pouvez vous avoir la plsu grande indulgence pour mes éternelles fautes d'othographe ?
OUI
" Est-ce ainsi qu'Israël entend les "négociations avec les Palestiniens" ?"
Oui ! Et depuis toujours. Et ça ne changera pas. Et vous finirez tous par l'admettre …
on dirait une menace
ce "vous finirez tous par l'admettre". Mais bon j'imagine que je n'étais pas inclus dans ce "tous", alors...
Pour le reste, j'avoue qu'il me semble que le règlement du conflit avec les palestiniens est prioritaire sur tout le reste. De toute façon, la paix avec l'egypte comme avec la jordanie ont toujours été perçues comme des manoeuvres dilatoires pour ne pas négocier avec les palestiniens, et n'ont pas apporté à israel une once de crédit auprès des populations arabes comme auprès des salonnards tiers-mondistes parisiens. A l'inverse, si le conflit avec les palestiniens était réglé, les négociations avec la Syrie en seraient grandement facilitées.
Je rappelle aussi, à toutes fins utiles, que la signature de paix séparées avec des pays arabes a toujours été la stratégie de la droite israelienne, en opposition à la fois aux partisans de la "paix globale" israelo-arabe (sur un mode proche de l'initiative saoudienne) et à ceux des négociations directes avec les palestiniens.
Pour le reste, dans la mesure où la très inappropriée action libanaise a ruiné toute possibilité pour Kadima de réunir un consensus pour mettre en oeuvre son programme de séparation unilatérale, on peut espérer à horizon quelques mois l'ouverture de négociations, directes ou indirectes, entre israel et les palestiniens. En effet, dans le même temps, les raisonnements qui ont conduit la plus large partie de la droite israelienne à accepter le principe d'un large retrait de cisjordanie ne sont pas devenus moins pertinents.
post scriptum qui n'a rien à voir
J'ai plutôt salué l'action de la diplomatie française depuis le début de la crise israelo-libanaise. Une analyse équilibrée, un travail diplomatique intelligent (et ce malgré la présence de douste-blazy, exploit à souligner), et une participation active à la recherche d'une solution.
Je suis d'autant plus surpris, et déçu du refus français de participer davantage à la Finul renforcée qui est... d'inspiration française! Quelle est votre opinion là-dessus, olivier?
Je suis mal à l'aise
D'un côté, je partage votre déception, David, mais il ne faut pas "y aller" pour se faire tirer comme des lapins, d'où les nécessaires garanties à obtenir.
Les Italiens ont eux tout compris
Eux, ils disent : nous sommes prêts à envoyer jusqu'à 3 000 hommes si Israël s'engage à respecter le cessez-le feu et si le Hezbollah est véritablement désarmé par l'armée libanaise. Voilà qui est clair et volontariste.
Nous, nos militaires - totalement traumatisés par l'attentat contre le Drakkar à Beyrouth en 1983, puis par leur impuissance en Bosnie - poussent cette catastrophe nationale d'Alliot-Marie, incapables de dire non à l'Etat-major, à freiner des 4 fers, . Résultat : notre posture militaire est très en retrait de notre action diplomatique et on se fait allumer par ces crétins de "neo-cons" américains, Fox News en tête. C'est à pleurer. Heureusement que les Italiens sont là, mais peut-être que Chirac va finir par réagir...
MAM, catastrophe nationale
J'adore cette formule ! Et tu as raison, Jihème. Il ne faut pas que la Finul se trouve entre l'enclume et le marteau.
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