30 octobre 2006
Clearstream : le parquet de Paris, scélérate marionnette
Surtout, ne pas toucher aux amis de Chirac : tel est le sens des réquisitions dans l'affaire Clearstream rendues par le parquet de Paris, dirigé par (surprise !) l'ancien conseiller judiciaire de Chirac, Laurent Le Mesles. Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie ne devront être entendus que comme témoins, préconise-t-il. Villepin a-t-il commandité deux enquêtes sur les listings, ayant toutes deux conclu à leur falsification, sans qu'il en informe le juge Van Ruymbeke qui travaillait sur le dossier (ni d'ailleurs son premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin) ? Michèle Alliot-Marie était-elle également informée bien plus tôt que ce qu'elle prétend, en contradiction là-aussi avec les éléments du dossier d'instruction ? Bref, les numéros 1 et 3 du gouvernement ont-ils menti ? Cela ne gêne en rien le parquet marionnette. Le général Rondot lui-même, chargé par Villepin de l'une de ces investigations secrètes, a-t-il déclaré aux juges : "la consigne du président de la République était également d'agir avec précaution, discernement et discrétion" ? Chirac lui-même n'est-il donc pas impliqué ? Pensez-vous ! L'Elysée a nié, son pantin Le Mesles - par le truchement de son subordonné, le procureur Jean-Claude Marin - entérine et étouffe.
Mais il y a plus grave : à la servilité s'ajoute la scélératesse. Voilà ainsi que le parquet requiert la mise en examen de Florian Bourges et Denis Robert, pour "abus de confiance" et "recel". Il reproche au premier nommé d'avoir dérobé des documents à Clearstream, alors qu'il travaillait dans un cabinet d'audit, et au second de les avoir ensuite détenus. Mais alors, les services de Le Mesles défendent la chambre de compensation luxembourgeoise ! Il faut donc punir ceux qui ont révélé l'affaire, parce qu'ils ont osé entrer en possession d'éléments qui ne les regardaient pas : protégeons le secret sur les opérations illégales ! Denis Robert, qu'on imagine écoeuré, parle de "contre-feu allumé par le parquet et donc par le pouvoir politique". Mais les juges ne sont heureusement pas tenus par ses réquisitions. Oseront-ils mettre en examen d'éminents représentants du pouvoir UMP ? Ou bien se coucheront-ils ? Pire : accepteront-ils de lancer la persécution d'un journaliste pour lui apprendre à se mêler de ses affaires ? Messieurs Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, les citoyens vous observent.
Commentaires
Scandaleux !
Tout a fait d'accord et scandalisé de voir comment l'affaire tourne. On met a mort le porteur de mauvaises nouvelles pour ne pas regarder les nouvelles qu'il apporte.
Parlons en autour de nous !
Avez vous pensé a publier votre article sur Agoravox ?
Scandaleux !
OK avec Lilian.
Ce que je crains, c'est le pouvoir de nuisance de ceux qui utilisent les circuits type Clearstream, car comme on le voit : ils ont le bras long !
Mafieux de tout pays...
j'espère qu'au moins ils n'agiront pas contre Bourges et Roberts. Le silence des médias est aussi parfait que l'était le tintamarre
l'affaire est en elle même bien pratique comme écran de fumée sur les facheuses similitudes entre entreprises et mafias ... et si la mafia était le stade supréme du capitalisme ....???
Parcequ'au delà des conneries et intox des politiques entre eux ( ce que les medias et l'opinion retiennent ) c'est un système financier de type mafieux dont on entrevoie des bribes ... système mafieux au service de trés grands groupes industriels et financiers ....
democratie
démocratie de MEEEEEEERDE comme dirait jospin
aux guignols
gerard de nimes
Je l'avais dit :
Concernant l'implication de Denis Robert dans le dossier Clearstream est disponible depuis le 10 juin dernier ici :
http://poactu.canalblog.com/archives/2006/06/10/2061065.html
Extra-fins
Comme je dis toujours, les procureurs de la République, c'est un peu comme les petits pois (extra-fins): c'est toujours bien d'en avoir un chez soi.
Les Chiraquiens, à Paris, ont Marin, dont les choix polit... Pardon, judiciaires coïncident, régulièrement, par l'effet de ce que nous sommes bien forcés d'appeler une miraculeuse coïncidence, avec les intérêts de Jacques, de Madâme, du jeune Alain (de Bordeaux) et désormais du petit Domi.
Voir, par exemple, dans l'affaire Euralair ou/et dans l'affaire Thales, un recours systématique, et quelque peu surprenant au regard de ce qu'il y a dans ces dossiers, à l'enquête préliminaire, dont l'avantage est soit de donner du temps au temps (et aux suspects), soit de permettre à des industriels éventuellement indélicats (ce n'est pas forcément un oxymore) de faire le ménage dans leurs petits papiers avant qu'un méchant magistrat n'y vienne mettre son nez de fouine.
Comme disait la Mère Denis: Fuck 'Em All.
la maffia
@les marques du plaisir
la maffia stade suprême du capitalisme? très bonne remarque, suffit de regarder en Italie.
verra bien
L’histoire dira qui a manipulé qui. Pour l’heure, la plus grande habileté n’est pas à mettre à l’actif de Dominique de Villepin qui aurait, semble-t-il, sauté sur l’occasion de ternir l’image blancheur persil du prétendant. Le tout sur fond occulte de barbouzeries en tous genres où les deux personnages, après l’un et l’autre un passage au ministère de l’Intérieur, pouvaient se prévaloir de réseaux aussi discrets qu’opaques.
2009 et toujours pas d'issue
Nous voici en 2009, combien de temps encore avant que la vérité n'éclate au grand jour ?
abusé !!!
D'accord avec Lys ! Combien de temps encore ??
Nouveau blog
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