Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

20 décembre 2006

Les innocents broyés de Guántanamo

guanatanamo_prison2005bC'est en janvier 2002 que les premiers détenus sont transférés par l'armée américaine à la prison militaire temporaire de haute sécurité de Guántanamo, d'abord en provenance d'Afghanistan. Il ne s'agit pas de prisonniers de guerre, mais de "combattants illégaux", pour lesquels ne s'appliquent "aucun des droits de la convention de Genève", explique alors le secrétaire d'Etat de l'époque, Donald Rumsfeld. Concrètement, ils sont détenus sans qu'aucun chef d'accusation ne soit formulé ni naturellement sans aucun jugement. Certes, Amnesty International s'insurge contre un "goulag moderne" : "ces prisonniers sont privés des garanties prévues par le droit international et leurs conditions de vie s’apparentent à un traitement cruel, inhumain ou dégradant". La même organisation fait observer que même "le Comité contre la torture des Nations Unies a rappelé au gouvernement américain que les «disparitions», les détentions secrètes et la détention illimitée sans inculpation constituaient en soi une violation de la Convention contre la torture. Il a réclamé l'enregistrement de toutes les personnes détenues par les États-Unis, où qu'elles soient, et la fermeture du camp de Guantánamo". Mais les autorités américaines protestent que ces prisonniers sont "parmi les tueurs les plus dangereux et les mieux entraînés". En clair, des talibans ou membres d'Al Qaïda, terroristes assoiffés de sang, qui ne méritent pas qu'on les traite suivant les règles protégeant la dignité humaine, dans la mesure où ils sont (pires que) des animaux ! Un argument déjà des plus contestables en lui-même, mais qui s'avère en outre totalement infondé. L'agence Associated Press s'est en effet livrée à une étude concernant les 360 détenus (environ) transférés depuis l'ouverture du camp vers d'autres pays. Bien que le Pentagone communique leur nationalité mais pas leur nom, une longue enquête, couvrant 17 pays, a pu retracer le parcours de 245 d'entre eux. Verdict : "205 ont été libérés sans être inculpés ou ont été blanchis des charges liées à leur emprisonnement à Guantánamo. Seulement 40 ont été maintenus en détention ou inculpés." Vous avez bien lu : 205 sur 245, emprisonnés et torturés durant plusieurs années, étaient tout bonnement innocents ! "La Commission des Droits de l’Homme (des Nations unies) ou le Conseil qui la remplacera doit exiger la fermeture immédiate de ces centres de détention arbitraire créés par les États-Unis (à Guantánamo) et la cessation de toutes les flagrantes violations de la dignité humaine", proclamait en mars dernier une pétition signée par plus de 400 artistes, intellectuels ou militants du monde entier, parmi lesquels plusieurs prix Nobel. A ce jour, il reste encore environ 420 détenus dans cette prison de la honte.

Posté par Olivier Bonnet à 00:05 - Etranger - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

"En même temps"

Ils sont "innocents" et "en même temps", ils ont les mêmes idées que "l'humoriste" de l'article précédent. Je comprend plus rien de rien du tout.

Posté par OLA, 20 décembre 2006 à 10:09

A la base l'existence de cette base américaine de Guantanamo est une aberration.
Que font les américains sur un bout de l'île cubaine ?

Et tout en torturant des êtres humains sur leur île, ces américains font une leçon de morale aux cubains. Leur régime est une dictature et doit disparaître !!!!

Posté par Philippe, Paris, 20 décembre 2006 à 10:15

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@OLA
Pourquoi dis-tu ça ?
S'ils ont été blanchis et libérés c'est bien qu'ils étaient innocents, non ?

Et même pour les "coupables", est-ce normal de les fouttre en prison sans procès et qui plus est de les torturer ?

Posté par Philippe, Paris, 20 décembre 2006 à 10:19

Entre la peste et le choléra...

Non, il faut pas les torturer, il faut juste les faire un peu parler. Bon, ils sont en prison, mais vu l'état des prisons françaises, peut être qu'à Cuba , lieu de vacance à la mode "bobo", on est mieux que sur l'hexagone à 4 par cellule et une douche par semaine. On sait ce qu'on quitte pas ce qu'on va trouver. Et puis comment faire pour être innocent avec un fusil entre les mains en Afghanistan au milieu d'un conflit armé si on est pas journaliste ni globe trotter ?

Posté par OLA, 20 décembre 2006 à 10:36

Méconnaissance totale

OLA, ce que vous ne comprenez pas, c'est qu'ils ont arrêté n'importe qui, des gens dénoncés par exemple (il y avait une récompense), qui n'avaient rien à voir avec les talibans ni Al Qaïda. La preuve : on les libère sans retenir aucune charge contre eux. L'arbitraire complet, en somme.
Quant à Dieudonné, même si les propos tenus dans son dernier spectacle me révulsent, je ne préconise pas de l'envoyer à Guantanamo !

Posté par Olivier Bonnet, 20 décembre 2006 à 11:12

A noter aussi l'indifférence totale de l'ensemble des gouvernements européens envers Guantanamo, voire les "extraordinary renditions"...
La notion même d'exclusion de ces hommes de tout système légal (ni "Genève", ni "droit commun") était (et reste) abberante et injustifiable dans une démocratie.
De plus, comment lutter contre le terrorisme et pour la justice en refusant d'appliquer des règles juste à ceux que l'on accuse? Se comporter de la même manière que l'ennemi ne fera pas triompher la cause des démocraties.

@ ALO:"Et puis comment faire pour être innocent avec un fusil entre les mains en Afghanistan au milieu d'un conflit armé si on est pas journaliste ni globe trotter"

Mince, les journalistes et les globe trotters peuvent avoir un fusil entre les mains au milieu d'un conflit armé? On peut d'ailleurs être globe trotter au milieu d'un conflit armé?

"Non, il faut pas les torturer, il faut juste les faire un peu parler."

C'est exactement ce que disent ceux qui torturent...Pour autant, une fois qu'on les libère sans charge retenues contre eux, on peut se demander ce que l'on voulait leur faire dire! Si on m'arrache les ongles, j'avouerais le meurtre de Kennedy, sans problème!

Imagine simplement que l'on te colle dans une cellule, sans bruit, san rien voir, pendant des mois, sans parler à personne d'autre qu'à des brutes qui te secouent à intervalles irréguliers, puis, au bout de quelques temps, on te demande de prouver que tu es innocent...

Tu penseras que ces gens là défendent la justice et la liberté?

Posté par bert, 20 décembre 2006 à 11:37

Ils ne sont peut être pas là bas pour rien. Qu'il n y ait pas eu de procès et pas de preuve de participation directe ou indirecte à des attentats, soit. C'est la loi qui s'applique et c'est ce qu'il y a à dénoncer, les lois internationales pour certains et peut être pas pour tous, n'ont pas été respectées.

Par contre, beaucoup ont été en contact directes avec des personnes soupçonnées. Ils ont appliqué ce que la France a appelé pour les baggagistes de Roissy, la loi de précaution avnt Sarko.

Le droit ne peut s'appliquer que sur des faits et par sur des allégation et c'est toute la différence. En attendant, les ricains font bien ce qu'ils veulent des lois internationalesveulent et Guatanamo en est la preuve.

Pour autant, il n y a pas de fumée sans feu....

Posté par Human, 20 décembre 2006 à 11:43

La voix de Mourad Benchellali

Les Bonbons de Guantanamo

Article publié dans Le Monde, le 17 Juin 2006
Par Mourad Benchellali


Mourad Benchellal a été détenu aux camps X-Ray et Delta de Guantanamo de janvier 2002 à juillet 2005. Il doit être jugé par le tribunal correctionnel de Paris à partir du 3 juillet pour “association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste” (LE MONDE, 17/06/06):
J’ai été libéré du camp de Guantanamo en juillet 2004. Alors que je m’apprêtais à monter à bord de l’avion qui me ramenait chez moi, en France, je me souviens que le dernier détenu à qui j’ai fait mes adieux était un jeune Yéménite. Il était submergé par l’émotion. “Dans ton pays, Mourad, il y a des droits, les droits de l’homme, et chez toi ça veut dire quelque chose. Chez moi, ça ne veut rien dire, et tout le monde s’en fout. Alors, quand tu seras libre, n’oublie pas par où tu es passé. Dis aux gens que nous, nous sommes ici…” Je lui ai promis que je n’oublierais pas.
Heureusement, ce jeune homme ne fait pas partie des trois dont le suicide a été annoncé par la direction du camp, samedi 10 juin. Mais, depuis, sa voix et ses paroles n’ont cessé de m’accompagner. Je m’en veux de ne pas faire assez pour respecter ma parole. Je sens profondément que, malgré la liberté qui est la mienne aujourd’hui, la souffrance partagée ne cesse de me renvoyer là-bas, à Cuba, comme dans un cauchemar.
Au printemps 2001, alors que j’avais 19 ans, j’ai fait l’erreur d’écouter mon grand frère et de partir pour l’Afghanistan pour ce que je croyais être des vacances de rêve. Ses amis, m’avait-il dit, allaient s’occuper de moi. C’est ce qu’ils ont fait - m’expédiant à mon insu vers ce qui s’est révélé être un camp d’Al-Qaida. J’étais piégé au milieu du désert, prisonnier de ma peur et de ma bêtise. Dès que j’ai pu partir, j’ai pris la direction du retour. J’étais à quelques kilomètres de la frontière pakistanaise lorsque j’ai appris la nouvelle des attentats du 11 septembre 2001. Leur horreur avait quelque chose d’irréel et, pourtant, d’une façon vague et menaçante, je sentais que mon destin était lié à leurs conséquences. Quelques jours plus tard, la frontière pakistanaise a été fermée, et le seul passage restait à pied, à travers les montagnes de l’Hindu Kush.
J’étais avec un groupe de gens dont aucun n’était armé ; la plupart d’entre eux étaient, comme moi, des enfants égarés de l’islam, attirés en Afghanistan par une idée d’aventure - certes fausse, et au mauvais moment… J’ai été arrêté avec eux alors que nous prenions le thé dans une mosquée au Pakistan. Quelques jours après notre arrestation, nous avons été remis aux Américains. Je l’ignorais à ce moment, mais nous étions étiquetés “ennemis combattants” - je ne m’étais jamais senti d’ennemis, je n’avais pas été capturé sur le champ de bataille et n’avais jamais porté d’arme contre quiconque.
Après deux semaines de cauchemar sur une base militaire US à Kandahar, j’ai été déporté à Guantanamo, derrière ces barbelés de l’absurdité et du malheur. Il m’est impossible en quelques lignes de décrire les souffrances et les tortures endurées et, d’ailleurs, par un paradoxe étrange, ce n’est pas le pire. Le pire est de découvrir jour après jour que, quoi que je dise, cela ne faisait pas de différence. Je répétais les mêmes choses aux interrogateurs du renseignement militaire, de la CIA, du FBI… “Ton dossier avance” : la première fois que j’ai entendu cette phrase, j’ai cru bondir de joie. Et puis, après des mois de déceptions, j’ai essayé de m’immuniser contre la plus incurable des maladies : l’espoir.
Je me souviens qu’un interrogateur, au fil de plusieurs séances, avait tenté de me préparer psychologiquement au test polygraphe que je devais passer et qui, selon lui, était infaillible. Après l’épreuve, je suis resté seul une heure dans la salle d’interrogatoire. Puis il est revenu. “Félicitations, m’a-t-il dit, tu as réussi le test.” Et il m’a donné une boîte de bonbons. Dans le monde extérieur, pensais-je naïvement, la différence entre mentir et dire la vérité, entre commettre un crime et ne pas en commettre un, c’est la différence entre être en prison et être libre. A Guantanamo, c’est une boîte de bonbons.
Durant mes deux années et demie à Guantanamo, j’ai été le témoin direct de bien des actes de rébellion, qui pouvaient aller des cris à la grève de la faim et aux tentatives de suicide. “Ils sont intelligents, ils sont créatifs, ils sont déterminés”, a déclaré l’amiral Harris, qui commande maintenant le camp. “Ils n’ont pas de considération pour la vie, que ce soit celle des autres ou la leur. Je crois que ceci (les trois suicides) n’est pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre asymétrique dirigé contre nous.”
Je suis un musulman tranquille. Je n’ai jamais mené une guerre, fût-elle asymétrique (?) contre quiconque. Je n’étais pas antiaméricain avant mon départ et, par miracle, je ne le suis pas devenu après mon retour. A Guantanamo, j’ai vu quelques visages durcis par l’islamisme radical et la haine, mais la grande majorité de ceux qui viennent à mon souvenir - ceux qui hantent mes nuits - ont l’expression du désespoir, de la souffrance, de l’incompréhension qui tourne à la folie.
Un des paradoxes de mon expérience à Guantanamo est que ce camp a été mon école : j’y ai appris l’arabe, l’anglais, le Coran et la prière. (Cela pourra en surprendre beaucoup, mais le Coran est le seul livre qui ne peut pas être retiré aux détenus, et les appels à la prière sont relayés par haut-parleurs cinq fois par jour.)
Beaucoup de sources aujourd’hui (y compris des sources militaires américaines) reconnaissent qu’une majorité écrasante des prisonniers de Guantanamo ne peuvent sérieusement être accusés d’aucun crime, je suis conscient qu’un petit nombre d’entre eux a participé à des entreprises criminelles, meurtrières. Mais ce que j’ai entendu tant de fois résonner de cage en cage dans toutes les langues du monde, ce n’était pas : “Libérez-moi, je suis innocent !”, mais : “Jugez-moi pour ce que j’ai fait !” Il y a une cruauté illimitée dans un système qui semble tout aussi incapable de libérer les innocents que de punir les coupables.


Et le tchat du nouvelobs sur lequel il est intervenu le 23 octobre dernier :
http://forums.nouvelobs.com/779/Mourad_Benchellali.html

Posté par Pescade, 20 décembre 2006 à 15:18

OBA, Human c'est insensé ! d'abord ils ont tous été détenus ou sont détenus en violation des lois internationales et américaines (c'est d'ailleurs pourquoi ils ne sont pas en territoire américain). Ils sont restés pour certains pendant très longtemps sans jugement, ni même inculpation. Ils sont jugés par des tribunaux d'exception. Non seulement l'ONU mais le Congrès (tardivement) s'en sont "émus". Donc même pour les coupables c'est un traitement indigne à plus forte raison par un pays qui se pose en modèle de démocratie.
Même sans tenir compte de torture. Ils ont tout bêtement été rayés du monde. Human quand vous dites : ils ont peut être été en relation avec des coupables (je vous rappelle en passant que ces coupables ont pendant un certain temps vus d'un fort bon oeil) êtes vous si sûr des gensque vous rencontrez y compris par hasard ?
Si le droit de l'homme vous semble chose relative, peut être pourriez vous penser que vous pouvez être victime de leur violation ?

Posté par brigetoun, 20 décembre 2006 à 15:59

Merci Pescade

Ce témoignage devrait en faire réfléchir certains.

Posté par Olivier Bonnet, 20 décembre 2006 à 18:44

Sadam Hussein enfermaait les gens sans proces, les tortaurait, les executait et l'irak a ete envahi...mais bon c'est vrai qu'un Etat du moyen orient qui tue et qui torture c'est un Etat terroriste, alors que quand ce sont les etats-unis ou Israel c'est pour la bonne cause...tooujorus la meme chose deux poids deux mesures quand on aura compris qu'on ne peut pas s'entendre avec le "camp d'en face" en se fouttant ouvertement de sa gueule peut etre que ca ira mieux. Quand les gens pourront croire que la justice internationale n'est pas la justice du plus fort peut etre qu'ils n'eliront plus des amhadinejad des hamas ou des hezbollah

Posté par kid_a, 20 décembre 2006 à 19:20

Juste bonsoir

Olivier,
Je passais juste te dire bonsoir.

Posté par corinne, 20 décembre 2006 à 22:34

Ce que j'aime bien, chez Pescade, c'est que généralement son intervention met fin à la discussion.
C'est net, rapide, précis, et ça calme tout le monde.
Clapclapclapclapclap!

Posté par S. Fontenelle, 20 décembre 2006 à 23:59

1984

Guántanamo est tout simplement le goulag du XXIe siècle. Pour un pays qui prône la liberté et la démocratie c'est une honte.

Non seulement les personnes sont présumés coupables sans procès mais en plus elles sont torturées de façon ignoble (il y'a des témoignages).

Qui me dit que ces personnes sont de vilains "terroristes mais pas des opposants politiques de Bush ayant subitement disparu ou des résistants Irakien ou Afghan ?

L'histoire se répète, il faut arrêter de croire que l'on vit dans un monde où la barbarie n'existe plus et où le méchant est celui qu'on nous montre du doigt (les médias).

Connaissez vous le PNAC (Project for a New American Century : www.newamericancentury.org) qui préconise clairement dans ses rapports l'instauration pour le XXIe siècle d'un empire mondial américain qui dirigera le monde de manière complètement unilatérale (sans ONU ou droit international, on l'a déjà vu) par l'action militaire si il le faut (on l'a déjà vu aussi) ? Le Pnac est une ONG où en fait partie une grande partie des secrétaires d'état (ministre) de Bush (Wolfowitz, Rumsfeld, Cheney). Et ses actions ont déjà commencé : Afghanistan, Irak, Liban (par leur principal allié) et bientôt l'Iran. Ca fait déjà 3, bientôt peut-être 4, on pourrait presque déjà parler de guerre mondiale si c'était pas politiquement incorrect" de dire ça. Et comme par le plus grand hasard, ses 4 pays sont dans la zone qui couvre les meilleurs gisement de ressources naturelles, le meilleur placement géo-stratégique (entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique). Il faut savoir aussi qu'aujourd'hui les médias appartiennent tous (et même le monde diplomatique) à des grands groupes (Dassault, Lagardère et Bouygues) qui vous font entendre ce qu'ils veulent en décidant de ce qu'ils vous faire lire au sein des comités de rédaction. Le pluralisme de l'information n'existe pas, que ce soit chez Libé, le Figaro, le monde ou même l'huma, charlie hebdo et cie. Il faut que les choix éditoriaux soit en accord avec la volontés des actionnaires et des régis publicitaires. Et ces actionnaires et clients (pubs) ne font pas d'humanisme, ils regardent leur porte-monnaie et leur relation au sein de l'élite politico-médiatique.

Aucun média ne dénonce ce camps de concentration du XXIe siècle, il est preque banal. Personne ne s'offusquent vraiment de ces prisons secrète en Europe. Aucun ne parlent des autres camps d'enfermement qui sont en Irak et en Afghanistan. Par contre quand il s'agit de diaboliser quelconque pays ennemi des USA (faisant partit de "l'axe du mal"), comme par hasard tout le monde se bat pour exposer en 1ere page le "méchant" et ses méfaits. On nous montre bien ce qu'on veut.

La politique de la peur appartient aux dictateurs.
La guerre c'est la paix, croyez vous en cette maxime ? J'ajouterai, "l'ignorance c'est la force" car tout le monde médias tentent d'ignorer ces goulags et se focalisent sur le nouvel ennemi qui remplace les soviets.

Posté par Sylvio, 21 décembre 2006 à 00:34

Le mot camp de concentration est mal choisi Sylvio. Il n'y a pas besoin de comparer avec la barbarie nazie qui est incomparable, pour denoncer ces camps ou des gens sont enlevés de leur pays arbitrairement et torturés

Joseph Staline qui a dirigé de main de fer l’URSS pendant de longues et sanglantes années était fumeur de pipe. Un jour, il ne parvient pas à trouver sa pipe favorite. Il demande alors à Lavrenti Beria, exécuteur de basses oeuvres s’il en fut, de retrouver sa pipe, qu’il croyait avoir été volée. Quelques heures plus tard, Staline trouve ladite pipe dans un de ses tiroirs. Il dit alors à Beria qu’il peut faire cesser les recherches, et ce dernier répond : « Bon, d’accord, mais qu’est-ce que je fais de la dizaine de suspects qui ont déjà avoué ? »

Par la torture on peut faire avouer n'importe quoi à n'importe quel innocent

Posté par kotédiwa, 21 décembre 2006 à 01:54

kotédiwa

Je ne suis pas sûr que le terme soit abusif, voir la définition:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camps_de_concentration
Ne pas confondre camp de concentration où l'on concentre des détenus de manière arbitraire et camp d'extermination où l'on les tues (les seconds ayant été utilisé par les nazis).

Maintenant, j'en revient à ce que je disais, est-il "politiquement correct" de parler :
- "de guerre mondiale" au moyen orient ? En effet, il y'a 3 pays attaqué par des coalitions mondiales. La seul différence est que la défense ne l'est pas.
- "de camps de concentration" pour Guantanamo, les "prisons" (qui n'en sont pas) secrètes et les autres camps en Afhanistan et Irak ?
- de "crîme contre l'humanité" en Irak ou même à New York si un jour nous connaissons la vérité sur le 9/11?
- de "propagande" mené par les USA en payant (pas de manière directe bien sûr) les journalistes pour publier les dépêches officielles avec quelques analyses et ne pas les contre-dire ou les remettre en question ?

Posté par Sylvio, 21 décembre 2006 à 08:43

mauvais debat

Je ne pensais pas laisser de message ici, mais ce dernier debat m'enerve:

on s'en fout de savoir s'il faut appliquer les termes "camp de concentration" ou "crime contre l'humanite", ou pas. Tout ca c'est au mieux de la publicite: trouver le mot qui fera mouche dans les esprits. Les points communs et les differences entre les camps de concentration, le goulag, la bastille, et guantanamo sont assez clairs pour n'importe qui qui prend la peine d'y regarder.

Il y a une realite qui est incontournable: quand on commence a priver completement de droits une categorie de gens, amis ou ennemis, c'est qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans la democratie. La torture, bon, toutes les armees en guerre la pratiquent peu ou prou, mais ce n'est pas le sujet: le sujet c'est l'absence de tout cadre legal pour mener la guerre en question, et traiter ses prisonniers, a guantanamo ou dans des prisons decentralisees. Je fais confiance a la court supreme americaine pour, comme elle a commence a le faire, contraindre le pouvoir executif dans cette affaire. Mais chaque minute que ca prend est une minute de honte pour les usa, c'est certain.

Apres, ca sert qui, et quoi, d'y accoler des mots dont on sait qu'ils feront polemique, et donc qu'ils feront diversion? ca sert qui, et quoi, de transformer le debat d'un debat sur les pratiques americaines en un debat sur la terminologie a employer? Les prisonniers de guantanamo? j'en doute un peu.

Posté par David T, 21 décembre 2006 à 08:58

Euh pas la peine de s'énerver comme ça, il n'y a que 3 messages où l'on utilise ces mots et ce n'est pas un débat, c'est une réponse à une question sur l'emploi de ce terme.

Alors, avant de débattre sur des choses, il faudrait savoir de quoi on parle et il serait simplement de la politesse de répondre (ou un droit de réponse) sur l'emploi de ce terme dans mon message. Bon enfin de toute façon cette question est terminée, c'est inutile de polémiquer là dessus plus longuement. Le camps de concentration est le terme qui qualifie le mieux le camp de Guantanamo, ce n'est pas faire du sensasionalisme ou polémiquer, c'est appeler les choses par leur nom le plus simple au lieu de tourner autour du pot et dire "camp de détention où les détenus sont enfermés arbitrairement".

Bon sinon je suis d'accord avec toi, mais pour en revenir aux mots, peut-on vraiment aujourd'hui considérer les USA comme une démocratie au vue des crimes et manquement grave au droit international qu'ils commettent, au vue du fait qu'il n'y a que 2 partis qui ont quasiment les mêmes positions et les mêmes politiques qui se relayent pour gouverner ce pays, au vue de la main mise sur l'ensemble des médias pour faire de la propagande. Oui la démocratie est pourrie, certains parlent de "démocratie dictatoriale" où comment nous faire voir une démocratie (sur le plan théorique) mais fonctionner comme une dictature (dans la pratique).

Ces mots ne font pas diversion mais permettent de rendre compte des choses de la manière la plus simple, je ne vois pas pourquoi pour quelles raisons on ne pourrait les employer.

Posté par Sylvio, 21 décembre 2006 à 09:39

Je n'ai pas dit qu'on ne "pouvait pas" les employer, j'ai dit que ces mots inutilement polemiques sont du pain beni pour ceux qui veulent quand meme defendre les usa. Comme tout ce qui est excessif, ces mots en deviennent insignifiants. Et comme sur ce truc la, je n'ai aucune envie de defendre les usa, ca m'enerve qu'ils soient attaques avec autant de naivete.

Une autre maniere de dire les choses, c'est qu'avant de parler de "democratie dictatoriale", il serait bon de commencer par definir avec un tout petit peu de precision ce qu'on appelle democratie. Sinon, effectivement, ce n'est que du blabla.

Posté par David T, 21 décembre 2006 à 09:57

Le pire c'est qu'il ne peuvent être ni innocent ni coupable : ils ne sont même pas jugés

Il est de bon ton de s'insurger des prisons chinoises ou lorsqu'un américain ou un français est détenu "illégalement" par un autre pays mais la on ne fiat rien.

Or si ne nous sommes pas capables de respecter nos propres lois, comment pouvons nous envisagez une seconde que les autres pays le fassent ?

Posté par Arnaud, 26 décembre 2006 à 12:14

guantanamo/gaza

et Gaza ce n est PAS 1 PRISON ? A ciel ouvert pour 1 population carceral evaluee a 2 millions . LIBEREZ GAZA ET GUANTANAMO

Posté par fath, 26 janvier 2009 à 04:05

le monde

personne na douter que dans ce monde tout tend vers une fin .rien ne restera éternel .alors réfléchissons ensemble car pharaon de l'Égypte avec ses tortures aux esclaves avait pris sa fin .mais c'est ne pas nous qui seront les éternels sur ce monde .les deux adversaires auront des comptes à rendre devant les hommes et devant Dieu avant ou après leur mort.j'exhorte ces deux là d'utiliser leur matière grise(le cerveau) pour se juger .
que la juste règne dans le monde .tout les hommes sont d'Adam et ADAM est de la terre .vivons dans l'harmonie et évitons les guerres fratricides.

Posté par awal, 28 mai 2009 à 16:41

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