28 janvier 2007
Sarkozy, candidat du MEDEF et de la précarité
"Le besoin d'air revendiqué par le
patronat, c'est encore plus de précarité pour les salariés, notamment
au travers de sa proposition d'une 'séparabilité à l'amiable' et donc
de la suppression de toutes les protections dont bénéficient les
salariés face au licenciement" : la candidate communiste Marie-George Buffet dénonce le "livre blanc" publié par le MEDEF, baptisé Besoin d'air, qui recense les revendications patronales. Cette fameuse "séparabilité", tarte à la crème de Laurence Parisot, reine des Tartuffe, consiste à concevoir le licenciement comme un divorce par consentement mutuel. Comme si employeur et salarié étaient sur un pied d'égalité ! Mais la patronne des patrons n'en est pas à sa première escroquerie intellectuelle, comme lorsqu'elle compare la vie, la santé et l'amour, tous précaires, au travail, qui devrait ainsi l'être également, ou encore quand elle juge le Contrat Première Embauche "discriminatoire", tout en appelant de ses voeux la généralisation de son frère jumeau, le Contrat Nouvelle Embauche. Telle un Villepin jugeant qu'une période de deux ans durant laquelle on peut être congédié sans en connaître le motif correspond à "un meilleur équilibre entre plus de souplesse pour les employeurs et plus de sécurité pour les salariés", stupéfiante déclaration, la pasionaria de la casse du droit social a encore affirmé jeudi dernier que le CNE était "un succès" prouvant la nécessité de faire sauter "le carcan" actuel. Comprendre les insupportables lois qui se mêlent de protéger les salariés
d'être jetés à la rue du jour au lendemain sans motif. Et devinez qui se trouve pleinement en accord avec elle ? Nicolas Sarkozy, qui déclarait la veille :
"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher". Pire : il souhaite la mise en place "d'un contrat unique, inspiré du CNE". On ne saurait être plus clair. En plus d'être le candidat des bavures policières et des expulsions, le président de l'UMP est bien aussi celui du MEDEF et de la précarité.
PS : d’après une enquête de l’IFOP de vendredi, Sarkozy est jugé comme le candidat le plus capable d’améliorer le pouvoir d’achat des Français (par 36% des personnes sondées, Ségolène Royal arrivant ensuite à 28%). Lui décerner ainsi un “brevet social” est insupportable, alors qu’il n’améliorera le pouvoir d’achat que pour les catégories privilégiées, avec sa réforme de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, qui revient en pratique à sa quasi suppression, ou les nouvelles baisses d’impôts qu’il promet. Il faut dénoncer l’imposture !
Commentaires
quelle découverte ! le programme de Sarkozy est celui du Médef - bien on savait - reste à trouver le moyen de faire passer la nouvelle sur TF1 aux heures de grande écoute
Aveuglement
Le fait que Sarkozy soit un candidat antisocial ("tu perds ton sang-froid !") échappe à bien des gens, en témoigne le sondage évoqué dans le post scriptum, ajouté après l'écriture de votre commentaire.
evidence ?
ceux à qui cela échappe se voilent volontairement la face, ou tout simplement adhèrent à sa politique
je connais peu de sarkoziens qui pensent que sarko fasse dans le social....
Atterrant
Toujours cette logique qu'être pour les entreprises c'est être "contre les gens". C'est assez usant de voir qu'en France on en est toujours là alors qu'à l'étranger, à droite comme à gauche, on a compris que de la santé des entreprises dépendait le bien être de la population.
Décidément, c'est vraiment à désespérer.
sarkozialement votre
On sent bien que tout le monde veut être de la partie dans cette camapgne présidentielle. Les patrons veulent mener la danse. Le GPME aussi souhaite faire entendre sa voix. Il n ya que la rue qui reste silencieuse...Dommage...
Quant au gendarme de l'Etat, sa double casquette est insupoportable, et d'accord ave Bridgtoun, c'est pas TF1 qui en fera la polémique.
olivier
votre sondage qui affirme que "Sarkozy est jugé comme le candidat le plus capable d’améliorer le pouvoir d’achat des Français" ne témoigne pas que sarko soit propose une politique sociale, c'est très réducteur !
le pouvoir d'achat n'est pas forcément une rférence sociale
tout dépend de quel pouvoir d'achat on parle et quelle catégorie cela concerne !
Archifaux !
Vous pratiquez la propagande néolibérale. Le but d'une entreprise est de maximiser son profit, pour celui de ses propriétaires/actionnaires. L'intérêt des entreprises n'est donc pas l'intérêt général. Les entreprises ont ainsi intérêt à payer leurs salariés le moins cher possible, et à ce qu'un chômage élevé fasse pression sur les salaires afin de les maintenir au plus bas. Les entreprises ont aussi intérêt à délocaliser pour payer leur main d'oeuvre moins cher. Alors expliquez-moi comment cet intérêt particulier coïnciderait avec celui de la population ?
Le commentaire titré "Archifaux" s'adressait bien sûr à sweet million.
?
vous causez à qui là olivier ?
Lisez plus haut, chère LesYeux
Ah, ces commentaires qui se croisent...
ouf
j'ai eu peur déjà qu'eric de crise ds le smédias doutait de ma répulsion sarkozienne... :))
Si besoin était...
Je confirme le post d'Olivier de midi douze : c'est Françoi de Closets lui-même qui le dit et qui le déplore, dans son dernier livre "Toujours Plus" (ou "Plus encore", je ne sais plus, je l'ai plus sous les yeux)... Il le dit même texto : c'est la révolution conservatrice qui a gagné
Le salarié coûte trop cher
J'entendais sur une radio, BFM pour ne pas la nommer, des patrons qui revendiquaient le droit de payer leurs salariés au plus bas tarif sous prétexte que la masse salariale blombait leurs comptes d'exploitation. Un seul mot dans leurs bouches à tous ces boss: "les charges sont trop lourdes en France" en lisant entre les lignes, car on n'est pas sur TF1: les salariés coûtent trop cher. Ils voudraient divorcer à l'amiable, mais dans l'intérêt de qui?
Archivrai
Les entreprises ont besoin de mains d'oeuvre, en proportion de leur activité. Par ailleurs si leur but est, in-fine, de maximiser le profit généré, cela passe par l'impôt sur les sociétés... qui est directement un pourcentage du profit.
L'intérêt des entreprises recoupe donc l'intérêt général. Sans entreprises profitables, pas d'impôt sur les sociétés, pas d'embauches, pas de richesse à redistribuer.
Repos hebdomadaire, congés payés...
Si l'on avait écouté le patronat, qui défend l'intérêt des entreprises, jamais les salariés n'auraient bénéficié du repos hebdomadaire ni des congés payés. CQFD.
je m'investis dans mon entreprise pour garndir, mais pas mon salaire
La nouvelle politique d'entreprise aujourd'hui est le formatage des salariés. On les entend trop souvent profiler l'idée selon laquelle le salarié doit faire corps avec l'entreprise, il doit être à l'aise, une famille quoi! Celle à qui on demande de venir poser le papier peint le dimanche, aider à déménager un week end, garder ses enfants un soir de sortie. C'est ça qui se profile et qui existe de façon marginale, l'investissement personnel de la masse salriale existante. En deux mots:un salarié travaille pour trois, et c'est pas de notre faute, il faut ça pour évaluer ses comptétences et en plus c'est pas encorenotre faute, c'est à cause des 35h00...
@ LesYeux
Bien d'accord avec vous, pouvoir d'achat c'est bien réducteur pour une politique sociale…
Rétrolien manuel
http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/27/La-strategie-de-la-hache-de-pierre
Alors que nous avons consacré 4% du PIB en aides diverses et variées aux entreprises en 2005, les MEDEFiens renforcent encore leur chouinage sur l'air de toujours plus... toujours plus de fric pour eux, toujours plus de pression pour nous.
En toile de fond de tous ces coups de tamtam dans la volière, toujours et encore le même objectif : le démentèlement pur et simple du Droit du Travail, cet empêcheur d'exploiter et de profiter en rond.
Finalement, rien de bien nouveau, puisque nous restons strictement dans la même ligne de revendications, comme en témoigne ce Petit précis de sylviculture politique comparée, écrit pour Altermonde, un certain 14 juillet 2004.
Agnès, vous l'a-t-on dit ?
Vous êtes une gauchiste !
Re: Repos hebdomadaire, congés payés...
Selon la même logique, si l'on avait écoutés les syndicats de salariés, la semaine de travail serait de 20h et on aurait 6 mois de congés payés.
A vouloir systématiquement opposer entreprises et salariés, on ne fera que des perdants. Après 25 années de chômage de masse, il serait temps de sortir de cette logique de confrontation sortie du 19ème siècle. Tous les autres pays européens ont compris qu'on ne pouvait faire du social sans s'occuper aussi de l'économie, générer de la croissance et permettre aux entreprises de se développer. Blair, Zapatero, Prodi ou Shroeder l'ont compris.
Cher sweet million
La croissance mondiale a été en 2006 de 3,8%. Le niveau de chômeurs est pourtant resté à son niveau record de 195,2 millions de personnes. Et 852 millions de personnes souffrent de la faim. Alors il a une bien jolie gueule d'ange, votre capitalisme libéral panacée pour l'humanité ;-)
"Tous les autres pays européens ont compris qu'on ne pouvait faire du social sans s'occuper aussi de l'économie, générer de la croissance et permettre aux entreprises de se développer."
Encore ce mythe de la croissance censée resoudre tous les problemes de l'humanité.
Pour le moment, on est en train de se rendre compte que la croissance aveugle est en train de detruire la planete.
A propos du mythe de la croissance lire:
http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm
Clumsy
Cher Clumsy Million, (Clumsy vous est plus "approprié" que Sweet...)
1- S'il n'y avait pas de syndicats de salariés (et pourtant, on dit que chez nous ils ne représentent que peu !), on en serait encore à la semaine de quatre-vingts heures, au travail de nuit pour les femmes et les enfants, et une semaine de congé octroyée par le Maître avant la fin de vie, car évidemment, pas de retraite...
2- Pour que les entreprises gagnent des ronds, il faut que ses clients aient des sous, et pour que les clients aient des sous il faut qu'ils les gagnent, les sous : et où croyez-vous qu'ils les gagnent les sous, au Loto ?
Chiffres mondiaux
Vous n'êtes pas sans savoir que la population mondiale a (nettement) augmentée. Dès lors, à nombre de chômeur constant, le taux de chômage mondial a baissé.
Plus important, la pauvreté a largement reculée : ainsi, entre 1981 et 2001, le nombre de personnes vivant avec moins de $1/jour a été divisé par 2, passant de 40 à 21%. Il suffit de regarder la Chine, où la politique de libéralisation a permis une élévation spectaculaire du niveau de vie.
@Clumsy
C'est parce que la pauvreté a largement reculé qu'on a recencé plus de 400 000 sans logis rien qu'en France, un pays où les méthodes chinoises en matière d'emploi risqueraient bien d'arriver si on tentait d'imposer votre état d'esprit sur la soit disant éconmie de marché à tout prix, sauf que le prix fort, ça sera toujours aux salariés de le payer.
On peut abonder dans votre sens et instituer en France des méthodes américaines ou canadienne: pas de contrat de travail, pas de syndicat bien sûr, que de la flexibilité, pas d'impôts ou très peu sur les sociétés...Je vous souhaite bien du courage..Et surtout..ne vous avisez pas de tomber un jour malade, car j'ai oublié: pas de sécurité sociale, évidemment!
@human
Informez vous : il existe des contrats de travail aux USA et au Canada. Il existe une sécurité sociale dans ces deux pays aussi (universelle aux Canada, pour les plus démunis aux USA les autres ayant habituellement une assurance financée par l'employeur). Il y a bien évidemment des syndicats (très puissants dans certaines branches), et pas mal d'impôts (les tranches marginales sur le revenu y sont plus élevées qu'en France par ex.)
Bref, que de clichés !
@Sweety
Je me souviens aussi du cliché très américain des salariés virés pour avoir fait grève l'an dernier.
Quant aux sundicats présents et forts aux States et aux Canada, j'en ris encore de votre belle blague cher Sweety!
Informez vous sweety. le CNE est un contrat de travail et il n'y a pas besoin d'aller aux USA pour avoir à en signer un.
Un contrat de travail comme celui là, ca ne protege que l'employeur qui en beneficie, aucun interet pour le salarié.
Si Sarkozy devient président, ce contrat risque de se generaliser et devenir le seul contrat de travail en France à terme.
Et on peut aussi penser que la durée de deux ans, se verra , en fonction de la baisse de combativité des syndicats passée à 5 ans, puis il n'y aura plus de durée pour la periode de "consolidation" du tout.
Pourquoi aller aux USA pour constater les degats de l'horreur liberale alors que Sarkozy est en passe de nous les importer?
Sarkozy revient en arrière
Je ne sais pas si ce petit cafouillage aura les mêmes répercussions dans la presse, que ceux du PS à propos des baisses d'impôts, mais ce matin les deux portes-paroles du ministre-candidat ont voulu rectifié le tir CNE. ça ne sera pas une génralisation du type CNE car il y a un souci par rapport à la non-mativation du licenciement et que la période de 2 ans est trop longue. Et ils croient que cette seule annonce va nous rassurer ? En tout cas les sondages ont du être bien étudiés pendant le week-end.
ps : Olivier les grands esprits se rencontrent car c'est aussi l'objet de mon dernier billet ;o)
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