Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

13 mars 2007

Chirac : épitaphe pour un traître

chiracAvec le temps, l'on s'habitue donc à tout, même au pire. L'annonce par Jacques Chirac lui-même dimanche de sa retraite politique n'a guère suscité en France d'autres réactions que celles en célébrant la dignité et soulignant l'émotion de ses propos. Il y a pourtant beaucoup à dire sur le parcours d'un homme qui n'est pas pour rien dans la calamiteuse perception des hommes politiques par les citoyens ordinaires. Comment ne pas chanter l'air du "Tous pourris !" quand l'exemple vient ainsi d'en haut ? Toute la carrière de Chirac est en effet marquée du sceau de la traîtrise. Par ambition personnelle, il a d'abord trahi Jacques Chaban-Delmas en 1974, quand ce dernier était le candidat légitime du parti gaulliste - celui de Chirac -, pour favoriser l'élection du "centriste" Giscard. Qu'il a trahi ensuite en 1981, préférant l'élection de son adversaire politique Mitterrand (PS) à un deuxième mandat du fondateur de l'UDF. Il a ensuite échoué à battre le socialiste en 1988, ce qui constituait sa deuxième défaite à l'élection présidentielle, mais il est pourtant demeuré chef de l'opposition de droite. Chirac est l'homme qui ne tire jamais la leçon de ses échecs. Et il a bien raison, finalement : consternation lors de son élection, à l'usure, en 1995 : ainsi donc un politique peut-il traîner derrière lui une batterie entière de cuisine en toute impunité et se faire élire malgré elle ?

Voleur...
Parce qu'avant d'accéder à la présidence du pays, Chirac a été maire de Paris et président du RPR, et s'est alors largement compromis dans l'illégalité : financement occulte du parti, emplois fictifs, affaires des fausses factures de la Société d'économie mixte parisienne de prestations (SEMPAP), des chargés de mission de la ville, de ses HLM, des marchés publics d'Île de France, d'Euralair et des frais de bouche de la mairie : ce ne sont pas là simplement quelques accrocs mais bien une habitude tenace de se servir au lieu de servir. Car le maire (et madame) ne se refusent rien : 2,2 millions d'euros, entre 1987 et 1995, rien que pour la table des Chirac - 753 euros par jour, dame, il faut bien se nourrir ! Qu'on ne s'étonne pas ensuite que, devenu président, il ait augmenté le budget de l'Elysée de... 463% ! On pourrait encore évoquer son rôle dans l'affaire Clearstream et ce mystérieux compte bancaire au Japon... Et aussi cette curieuse manie de payer en liquide, comme un vulgaire mafioso : plus de 450 000 euros, entre 1992 et 1995, pour des billets d'avion. Cette somme n'apparaissant pas dans sa déclaration de patrimoine, il prétendra qu'elle provient des fonds secrets du premier ministre, poste qu'il occupait.... 14 ans plus tôt ! Mais il aurait donc alors fait des économies... Pour toutes ces sales entorses à la loi, son bras droit Juppé a été condamné, l'autre étant intouchable en tant que chef de l'Etat. Il ne l'est plus, mais a placé ses hommes pour échapper à la justice. Le rattrapera-t-elle ? Rien n'est moins sûr. Mais Chirac n'est pas seulement comptable de malversations diverses, il est aussi l'homme de toutes les traîtrises intellectuelles.

...et escroc !
Celui qui conseille noblement aux Français de ne pas composer avec l'extrémisme est l'auteur du discours le plus honteux de l'histoire de la droite de gouvernement, digne d'un Le Pen dans ses pires jours : "Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais qui travaillent chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans ou des noirs. (...) Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler... si vous ajoutez le bruit et l'odeur, hé bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela" (1991). Si, Monsieur Chirac, outre que c'est parfaitement imbécile - les chiffres avancés sont complètement mensongers -, bien sûr que c'est raciste. Et vos promesses ? "Si je suis élu [je m’engage] à une diminution très considérable du train de vie de l’Etat, aussi bien d’ailleurs du Président que du gouvernement, qui me paraît tout à fait excessif, voire insolent, dans un pays qui connaît les difficultés que nous connaissons" (1995) : on l'a vu, budget de l'Elysée multiplié par neuf ! Thème principal de la campagne de 1995 : la fameuse 200px_Chirac_official"fracture sociale". L'usurpateur cynique, une fois président, ne s'en souciera évidemment plus, menant une classique politique de droite, en faveur des privilégiés. Plus cuisant encore est le souvenir de l'élection de 2002 et le résultat de son premier tour, qui place Chirac face à Le Pen au second. Le président sortant a alors à peine obtenu 19,88% des voix des votants. Pour barrer la route au leader du Front National, l'électorat le gratifia du score de 82,21%. La gauche entière (sauf Laguiller) a appelé à voter Chirac. Or il s'est ensuite comporté exactement comme s'il avait été élu par ses partisans, pour mener une politique de droite traditionnelle. Oubliant qu'il n'avait rassemblé sur son nom au premier tour que 13,75% des inscrits ! C'est ainsi que des dizaines de millions de Français se sont sentis cocufiés. Et d'ailleurs, si d'aventure Sarkozy se trouvait face à Le Pen au deuxième tour de la prochaine présidentielle, nombre de ces déçus refuseraient ce marché de dupes : merci Chirac ! Il est aussi l'opportuniste girouette qui change d'avis et ment sans cesse : "Cette histoire d'élargissement de l'Europe est tout à fait absurde. [...] La Turquie maintenant est candidate. Demain ce sera le Zimbabwe" (1980); "Je n'ai aucune intention - cela doit être clair - d'assumer les fonctions de Premier ministre de M. Mitterrand et je n'ai aucune vocation à le faire" (1985); "Je suis absolument hostile au plan Delors tendant à instituer en Europe une monnaie unique" (1991); "Moi, j'ai toujours été contre le principe de la cohabitation, car j'ai toujours pensé que, dès l'instant où un président était désavoué par une élection, il devrait démissionner" (1995); "Le quinquennat sous une forme ou sous une autre, serait une erreur; et donc je ne l'approuverai pas" (1999)... Au crédit de son bilan, l'opposition à la guerre en Irak et la reconnaissance du rôle de la France dans la déportation des juifs. C'est peu, en 12 ans de pouvoir. Pour le reste, voilà donc un homme qui a constamment trahi ses amis, sa parole, les électeurs et la morale : aussi les journalistes se demandant, à l'issue de son allocution de dimanche, s'il avait été "émouvant" ou sincère" nous ont singulièrement donné de l'urticaire. Comme la danse du ventre à laquelle se livre un François Bayrou, que l'on n'attendait pas là, pour revendiquer sa part de l'héritage chiraquien, déconsidère largement son discours sur l'Etat impartial. Bien-sûr, le président est aujourd'hui un vieil homme de 74 ans, pathétique, et comme il est d'usage de taire pudiquement les turpitudes des défunts, pour ne pratiquer que leur éloge funèbre, on fait silence sur l'incroyable nocivité de sa carrière politique et l'indulgence est désormais de mise. Ce sera sans nous.

Mise à jour du 27 juin : l'existence du compte japonais est confirmée.

Posté par Olivier Bonnet à 07:30 - Social, politique - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Belle oraison funèbre

C'est vrai, comme je l'écrit chez moi (avec une belle image ;0), on a l'impression que Chirac est mort. Les journaux nous le montre plus grand "mort" que vivant.

L'émotion, ah, l'émotion ...

Ca permet de ne pas parler de ce qui fache.

Zgur

Posté par Zgur, 13 mars 2007 à 07:52

De l'air frais !

Ah, ça fait du bien de lire ça ! Heureusement qu'il y a les blogs (et celui-ci en particulier), sans quoi on en viendrait à douter de sa santé mentale et se demander si on est le seul à ne pas être convaincu par ce concert de louanges unanime autant que grotesque.

Zgur, elle est très bien ton image... Mais j'aime bien la mienne aussi ;-))

Posté par SuperNo, 13 mars 2007 à 08:31

Enfin

Autre chose que les mièvreries que l'on lit partout... "on ne juge pas aujourd'hui" etc etc

Dailleurs les Anglais tirent à boulet rouge sur lui. "Les peuples ont les dirigeants qu'ils meritent, mais les Français méritaient mieux" Daily Telegraph

Sans oublier cette mascarade : Pourquoi ne pas annoncer cela il y a 4 mois ? mais non ca n'aurait fait assez mise en scène, on aurait déjà oublié.

"Oublier" c'est le maître mot. Chirac, ou le symbole de la girouette, qui a peut être inspiré tous nos politiques actuels...

Et quand je le vois prêt, finalement, à adouber Sarkozy, je rigole bien fort (c'est peut être le pire des cadeaux à faire à rase-mottes)

Posté par Arnaud, 13 mars 2007 à 08:46

Télexomil

Absolument Zgur.
Sur un sujet comme cela (et bien d'autres), les télés nous la jouent tranquillement à l'émotion, en laissant soigneusement le journalisme au placard. Comment en vouloir à un homme qui nous a dit : "je vous aime" ? Ben voyons.
Dormez bien, braves gens.
En 1789, on a coupé la tête d'un roi. La prochaine fois, on commence par un patron de chaîne ?

Posté par pvdg, 13 mars 2007 à 09:01

L'âne

L'ultime coup de pied de l'âne de Chirac à Sarko serait peut-être justement de l'adouber de façon bien voyante et élogieuse et de lui refiler en même temps la répugnance qu'inspire au bon peuple la liste des turpitudes si bien résumées par Olivier ci-dessus !

Posté par alberto, 13 mars 2007 à 09:06

Merci Olivier

pour cette belle mise en perspective d'une carrière édifiante!
Il nous faut des gens comme toi, qui n'ont pas peur de rabacher le pedigree de certains, car plus le temps passe et plus je me rend compte que beaucoup de nos concitoyens ont une mémoire de poisson rouge!

Posté par Le Monolecte, 13 mars 2007 à 09:06

SERVITEUR

Bravo, Olivier, pour ce vigoureux rappel des turpitudes de notre président sortant !
Tiens, pour la peine, un p'tit cadeau : en avant-première.

"NOTRE VIEUX SERVITEUR …
Il faudrait un cœur de pierre pour ne pas verser une larme à cette cérémonie des adieux à laquelle nous conviait dimanche soir Jacques Chirac. Notre Jacques. Notre vieux serviteur depuis tant d’années, qui a tant fait pour la France et les Français ! Depuis si longtemps à la tâche, à l’office, aux cuisines, en salle, Maître Jacques. Servir, sa vocation de tous les instants, toujours disponible, inlassable, au four et au moulin. Et fringant, avec ça, portant beau, toujours aimable, affable, empressé à devancer nos moindres désirs, jamais grincheux, dur à la peine, jamais une plainte. Une perle !

Il avait bien quelques défauts, nul n’est parfait : une tendance à garder pour lui la monnaie des commissions, à vider des bouteilles en douce, à distraire mine de rien quelques victuailles en pensant qu’on n’y verrait que du bleu. Il a toujours été un gros mangeur.
Nous n’étions pas dupes, mais quoi ! Ce sont-là broutilles, sur lesquelles un maître de maison servi avec tant de zèle ferme volontiers les yeux … Alors, ce soir-là, quand il est venu nous dire : « Je m’en vais », on avait beau y être préparé, nous avions le cœur gros.
Des gars comme ça, je vous le dis, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval !

Le culot de ce type ! Je me demandais, en l’écoutant, s’il pensait un seul mot de son discours (peut-être que oui, au fond : à force de se raconter des histoires, on finit par y croire !)
Lui dont toute la carrière ne fut que trahisons, coups tordus, retournements de veste, jactance et esbroufe ; lui qui ne fut jamais animé que par une inlassable quête de pouvoir ; lui qui a toujours confondu, avec une absence totale de scrupule, les fonds publics avec sa cassette personnelle ; lui qui a pratiqué, mieux que quiconque, le clientélisme le plus éhonté, le copinage le plus débridé ; lui qui incarne si bien le cynisme en politique avec sa devise fétiche : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » et doit donc être tenu comme un des responsables les plus emblématiques de la crise de la représentation politique et du dégoût qui pousse les électeurs vers l’abstention ou le vote Le Pen (à quoi rime de fustiger l’extrême droite quand on en est le plus efficace pourvoyeur ?) ; lui qui s’est fait élire sur le thème de la réduction de la fracture sociale, qui n’a fait que grandir sous son règne et qui a encore l’audace de se féliciter d’un recul du chômage entièrement fabriqué ; lui qui a, plus qu’un autre, contribué à faire prendre conscience de la gravité des périls écologiques (« la maison brûle … ») tout en continuant, plus qu’un autre — par son soutien inconditionnel à une agriculture destructrice de l’environnement notamment — à les accroître : Jacques Chirac, donc, nous quitte sur un quitus auto-décerné (et sur la promesse de « continuer à servir la France » …) qui ne peut provoquer chez les gens sains d’esprit qu’un immense éclat de rire. Ou un bras d’honneur."

[Extrait du BN de Politis, à paraître jeudi]

Posté par Bernard Langlois, 13 mars 2007 à 09:31

SERVITEUR

Bravo, Olivier, pour ce vigoureux rappel des turpitudes de notre président sortant !
Tiens, pour la peine, un p'tit cadeau : en avant-première.

"NOTRE VIEUX SERVITEUR …
Il faudrait un cœur de pierre pour ne pas verser une larme à cette cérémonie des adieux à laquelle nous conviait dimanche soir Jacques Chirac. Notre Jacques. Notre vieux serviteur depuis tant d’années, qui a tant fait pour la France et les Français ! Depuis si longtemps à la tâche, à l’office, aux cuisines, en salle, Maître Jacques. Servir, sa vocation de tous les instants, toujours disponible, inlassable, au four et au moulin. Et fringant, avec ça, portant beau, toujours aimable, affable, empressé à devancer nos moindres désirs, jamais grincheux, dur à la peine, jamais une plainte. Une perle !

Il avait bien quelques défauts, nul n’est parfait : une tendance à garder pour lui la monnaie des commissions, à vider des bouteilles en douce, à distraire mine de rien quelques victuailles en pensant qu’on n’y verrait que du bleu. Il a toujours été un gros mangeur.
Nous n’étions pas dupes, mais quoi ! Ce sont-là broutilles, sur lesquelles un maître de maison servi avec tant de zèle ferme volontiers les yeux … Alors, ce soir-là, quand il est venu nous dire : « Je m’en vais », on avait beau y être préparé, nous avions le cœur gros.
Des gars comme ça, je vous le dis, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval !

Le culot de ce type ! Je me demandais, en l’écoutant, s’il pensait un seul mot de son discours (peut-être que oui, au fond : à force de se raconter des histoires, on finit par y croire !)
Lui dont toute la carrière ne fut que trahisons, coups tordus, retournements de veste, jactance et esbroufe ; lui qui ne fut jamais animé que par une inlassable quête de pouvoir ; lui qui a toujours confondu, avec une absence totale de scrupule, les fonds publics avec sa cassette personnelle ; lui qui a pratiqué, mieux que quiconque, le clientélisme le plus éhonté, le copinage le plus débridé ; lui qui incarne si bien le cynisme en politique avec sa devise fétiche : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » et doit donc être tenu comme un des responsables les plus emblématiques de la crise de la représentation politique et du dégoût qui pousse les électeurs vers l’abstention ou le vote Le Pen (à quoi rime de fustiger l’extrême droite quand on en est le plus efficace pourvoyeur ?) ; lui qui s’est fait élire sur le thème de la réduction de la fracture sociale, qui n’a fait que grandir sous son règne et qui a encore l’audace de se féliciter d’un recul du chômage entièrement fabriqué ; lui qui a, plus qu’un autre, contribué à faire prendre conscience de la gravité des périls écologiques (« la maison brûle … ») tout en continuant, plus qu’un autre — par son soutien inconditionnel à une agriculture destructrice de l’environnement notamment — à les accroître : Jacques Chirac, donc, nous quitte sur un quitus auto-décerné (et sur la promesse de « continuer à servir la France » …) qui ne peut provoquer chez les gens sains d’esprit qu’un immense éclat de rire. Ou un bras d’honneur."

[Extrait du BN de Politis, à paraître jeudi]

Posté par Bernard Langlois, 13 mars 2007 à 09:32

Bégaiement

Pardon pour le bégaiement (l'influence de la montée de Bayrou ?)

Posté par Bernard Langlois, 13 mars 2007 à 09:49

trés bon résumé
bien vu

Posté par gerard de nimes, 13 mars 2007 à 10:20

Souvenirs, souvenirs

Utile rappel que voilà, en effet.

Je vais me permettre d'évoquer un souvenir personnel, lié à mon ancienne activité professionnelle.

Il se fait que dans les années '80-90 j'étais journaliste, spécialisé dans les matières économiques et financières, et que je travaillais pour une agence de presse, ce qui assez souvent m'amenait à l'étranger. Je "couvrais" notamment régulièrement des "sommets" du Fonds Monétaire International et/ou de la Banque Mondiale, généralement à Washington.

Je me souviens d'avoir été l'un des quelques trois ou quatre journalistes invités à un dîner informel dans un resto chic de la capitale U.S., qui réunissait un ministre des Finances européen (mais pas Français), quelques diplomates (pas de Français non plus) et l'un ou l'autre haut fonctionnaires du FMI (toujours pas de Français).
C'était juste avant l'élection présidentielle au printemps de 1988.

Je fus stupéfait d'entendre avec quelle unanimité ces messieurs décrivaient Chirac comme un type totalement dénué de principes, de convictions vraies et de scrupules. Aucun d'eux, c'est le moins qu'on puisse dire, n'avaient de sympathies marquées à gauche. Mais tous préféraient cent fois voir Mitterrand rester au pouvoir, car - disaient-ils - "avec Chirac on peut s'attendre à tout". Et au contraire de tout. Et surtout à n'importe quoi.

Impossible, estimaient-ils, de prévoir quelle politique il pourrait mener, ni même s'il en aurait une. Imprévisible et fantasque, voire aventurier...

A l'étranger, on n'a donc pas été surpris...

Posté par Luc, 13 mars 2007 à 10:38

belle bio...

ah tout est dit, mais ce qui m'a le plus impressionnée c'est le consensus pour saluer son 'beau dernier discours' 'le plus beau' etc...dans les médias et de la part des hommes politiques
assez hallucinant

juste cela qd meme : à 74 ans, aujourd'hui un homme n'est pas un "vieil homme"
j'étais fascinée qu'il ait eu ce culot de dire tant de contre-vérité et de prendre les gens pour des cons l'autre soir, mais le pire c'est que c'est très bien passé : il aurait donc eu tort de se gêner...

Posté par lesyeux, 13 mars 2007 à 11:58

rien à voir

quoique…

liberté de la presse, vrai journalisme et blogueurs
http://caveat.ouvaton.org/2007/03/12/dehors-les-blog-gueux/
et aussi
http://petaramesh.org/post/2007/03/12/Lenfer-cest-les-autres#comments

Posté par Pescade, 13 mars 2007 à 12:04

Il y a aussi la Françafrique

Bravo pour ce billet !
Le pire dans tout ça, c'est que ce monsieur est intouchable !!!
Oui, tous pourris...

La plume acérée de Sébastien Fontenelle me manque terriblement et je suis contente de venir chez vous, depuis un moment d'ailleurs. Continuez à nous offrir de saines et bonnes lectures !

Posté par Carambole, 13 mars 2007 à 12:43

Attention Olivier...

Tes lecteurs te font autant de lêche unanime que les vilains journalistes "normaux" amnésiques en font à Chirac. Rassure-nous, tu ne prends pas ta retraite, tu n'arrêtes pas ton blog ?

Posté par Jihème, 13 mars 2007 à 14:31

je pourrai peut être m'attendrir un peu sur Chirac s'il était un corps de vieillard à coté de moi - là c'est une fonction, et une façon de faire la politique - et je suis irréconciliable ; d'autre part pas disposée à me mettre dans tous mes états pour m'indigner comme si je le découvrais - il y a au moins quarante ans qu'il est en trop, il s'en va...
celui qui m'intéresse c'est le petit bonhomme qui lui ressemble tant, avec en plus des aspérités pas encore usées

Posté par brigetoun, 13 mars 2007 à 15:17

@ pescade

je viens de lire les liens... la repression et la censure font ragent !
étrange que cela fasse si peu de bruit...
pour autant....un article sur la déprime des journalistes expliquerait cela, ce silence médiatique sur cette interdiction faite de mettre des vidéos de violence policière sur le net...
c'est là , l'explication, ils en veulent aussi aux blogeurs, les pro :
http://www.liberation.fr/actualite/medias/240467.FR.php

Posté par lesyeux, 13 mars 2007 à 18:11

"ont rage" , "e" ça suffira ! pas ent....pffff...

Posté par lesyeux, 13 mars 2007 à 18:12

Encore !

Olivier, je ne comprends pas comment Péan ne t'a pas téléphoné avant de publier son livre.
Je te fais part d'un commentaire laissé chez moi par une lectrice attristée de découvrir une vie intellectuelle et politique beaucoup plus médiocre en France ... "Pour un Olivier Bonnet, combien d'Elkabbach ?"

Posté par Bertrand, 13 mars 2007 à 19:53

Je rougis

Jusqu'aux oreilles :-)
Mais ce billet est né d'une première rougeur, de colère celle-la !

Posté par Olivier B., 13 mars 2007 à 19:59

Au crédit de Chirac

En plus de ce que vous dites :

- La fin du service militaire obligatoire
- La revalorisation et la restructuration des armées
- L'aboutissment des recherches permettant à notre force nucléaire de se développer de façon furtive (théorie des essais numériques)
- Le maintien de l'équilibre des pouvoirs dans l'après guerre froide, stratégie d'immobilisme salutaire pour identifier les assauts américains, russes, chinois, moyen-orientaux
- La mise au référendum démocratique du TCE
- La cohabitation avec Jospin, teintant son premier septenat d'un socialisme bienvenue pour un président qui se veut rassembleur
- Un travailleur qui a assumé pendant 12 ans les responsabilités institutionelles, sans défaillir
- Une présidence digne qui a fait hommage à tous les français, et particulièrement les groupes mis en difficulté durant son pouvoir (arménie, turques, immigrés, musulmans, juifs, combattans algériens...)
- Fidelité aux valeurs de la France, de la V° République et son héritage (De Gaule, l'Europe, la francophonie, l'ouverture à l'afrique et au moyen-orient...)
- La représentation (sarkozy, baudis, perben) et le contrebalencement de l'extrême droite avec des politiques sociales (Borloo, Begag), et un soutien en sous-main de la liberté d'expression (Meyssan, canard enchainé)
- La constitutionalisation de l'abolition de la peine de mort, précédent historique et à l'honneur de notre nation des droits de l'homme
- L'ambiguité (au moins) du soutien à l'adhésion de la Turquie, permettant de renforcer la géodiplomatie européenne sur un terrain fort concurrentiel (avec des effets de bord importants pour la pologne)
- Le renforcement des entreprises françaises et/ou d'état dans un contexte de haute spéculation internationale (à l'exception de Airbus)
- Le maintien du franc forte et d'une inflation faible par l'aide à la nomination de Trichet à la BCE; Le maintien de l'équilibre dans notre balance du commerce extérieur
- Le poids de la France dans la construction du TCE
- Le maintien de l'axe Franco-allemand et les rapprochements industriels, culturels, géo-stratégiques à l'époque Shroder
- L'effort de VRP auprès des nations en voie de développement avec pour succès les parts de marchés remportées en Chine
- La volonté de réforme et de non inéluctabilité face aux problèmes endemiques de la violence et du chômage (meme si cette volonté ne s'est pas réalisée).

Voilà je dis juste ce qui me vient à l'esprit rapidement, une étude approfondi de son bilan permettrait j'imagine de dégager dix fois plus de points positifs, mais aussi plus de nuances sur ceux que j'énumère.

Et bien sûr, les points négatifs restent probablement plus nombreux, mais enfin : ne peut-on pas en dire autant de tous nos présidents depuis de Gaule ??

Bref, la colère ne doit pas être le carburant de l'analyse des années Chirac, même si cette analyse devra se réveler en sa défaveur. Qu'on le veuille ou non, nous héritons de ce morceau d'Histoire de la France.

Bien à vous tous.

Posté par skyrl, 14 mars 2007 à 04:37

Tenez, j'ai encore oublié les mesures importantes et le blanc-seing donné à Raffarin pour la régionalisation, défaite historique de De Gaule, qui a tendé plombé la France dans le Centralisme.

Et aussi la revalorisation des ministres issus de la société civile (raffarin I), pratique courante en Suisse.

Bon j'arrête là car si je m'emporte je vous colle 10 pages d'ici demain matin, et après je me sentirai obligé de faire 30 pages sur les points négatifs (à commencer par avoir laissé sarko occuper le ministère de l'intérieur, utiliser les institutions à des fins politiciennes, etc.)

Posté par skyrl, 14 mars 2007 à 04:45

@ Skyrl : votre catalogue de soi-disant points positifs du bilan de Chirac ne me convainc pas.

@ Bernard : merci pour l'avant-première du Bloc-notes de Politis !

Posté par Olivier B., 14 mars 2007 à 09:31

Cocasse

Des trucs cocasses dans cette liste, comme :
"…un soutien en sous-main de la liberté d'expression (Meyssan, canard enchainé)"

C'est juste du remplissage ou on peut avoir une explication de texte ?

Posté par pvdg, 14 mars 2007 à 11:07

- Un travailleur qui a assumé pendant 12 ans les responsabilités institutionelles, sans défaillir

C'est à dire ???? Il n'a pas démissionné c'est cela ??

- Une présidence digne qui a fait hommage à tous les français, et particulièrement les groupes mis en difficulté durant son pouvoir (arménie, turques, immigrés, musulmans, juifs, combattans algériens...)

Certes il a rendu hommage, mais qu'a t il fait dans la vie de tous les jours pour ces "groupes" en difficulté ? La reconnaissance a bon dos mais ne met jamais de pain sur la table.

- Le maintien de l'équilibre des pouvoirs dans l'après guerre froide, stratégie d'immobilisme salutaire pour identifier les assauts américains, russes, chinois, moyen-orientaux

Immobilisme c'est le mot. Je cherchais depuis 2 jours, mais c'est bien le mot qui convient totalement à ces 12 années. Merci

Posté par Arnaud, 14 mars 2007 à 11:33

Technosauveur

QUI Récupèrera Mr BORLO: "QUI Récupèrera Mr BORLO ? ? Il reste ...Il y a 2 heures par TECHNOSAUVEUR
Celà continuera a faire EXPLOSER la DETTE de la FRANCE..... Pendant ce temps les Retraités Agricoles survivent avec des Retraites Misérables ...dans des MASURES BRAVO Mr BORLO la FRANCE a besoin de vous Alain MAROUBY 0561830132"
Mail to BOURDIN rmcinfo from 31 MAROUBY... - http://to-bourdin.blogspot.com

Posté par marouby alain, 14 mars 2007 à 11:52

Brave gars

Chez PPDA, Sarko a encore joué au brave gars :

"Je n'aime pas les mots qu'on jette à la figure et qui sont si violents..."

C'est vrai, les mots violents c'est pas son genre.

Posté par Luc, 14 mars 2007 à 23:18

cocasseries

Soutien en sous-main de la liberté d'expression ?

Chirac aurait pu couper le bec aux canards qui morvent trop, multiplier les meurtres politiques comme c'en était l'usage avec les présidents précédents. Au lieu de cela, en grand spécialiste du leaking d'informations qu'il est, il a alimenté certains canaux d'informations indépendants et même étrangers avec des informations de première main : dérives sarkozystes (livre sur Stern, canard enchainé), réalité sur les manipulations du 11/9 (en utilisant le réseau voltaire, qui s'est fait griller après ça), doutes sur les preuves présentées par les américains pour partir en Iraq, réalité des génocides Tchétchene, du Darfour, du Rwanda, et de la mascarade de la guerre des Balkans, respect des maisons d'éditions spécialisées dans l'investigation (par exemple les Arènes)...

Bien sûr, impossible de tracer les preuves de ces dires, et on ne le pourra sans doute jamais. Cette conviction est plus fondée sur 10 ans d'analyse de la presse au quotidien. Le système médiatique français est par ailleurs très manipulé (renforcement des droits de TF1, de l'autorité du CSA, fondation de France 24...), et les atteintes à la liberté d'expression sans précédent dans des démocraties (lutte contre les sectes, lois LEN et sarkozystes...)

@arnaud

12 ans de responsabilités institutionelles : il faut voir l'agenda de l'Elysée. C'est pas 1 mois de vacances à Camp David, ni des migraines au conseil des ministres.

reconnaissance des minorités:
Oui bien sûr tu as raison, il n'a sans doute pas fait bcp. Mais pour le président de la France, parler, c'est déjà faire un peu car les orientations qu'ils donnent mettent les autres en action. Et on ne peut pas dire que ce soit un échec total sur la question de la communauté juive en France, sur la défense de la laïcité, la meilleur représentation des maghrebins et noirs dans l'appareil institutionnel, les questions de parité qui ont emergées dans le débat public, les retraites des veuves et combattants algériens, les relations aux expats...

Pour l'immobilisme, nous partageons tous le même constat. Mais parfois, il est urgent de ne rien faire. C'est toujours mieux que de mal faire, surtout quand on est dans des positions de force qu'il faut consolider.

Posté par skyrl, 15 mars 2007 à 06:04

Deux mots...

Deux mots seulement : pauvre type !

Posté par Denys, 16 mai 2007 à 08:27

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