Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

25 avril 2007

Un petit Berlusconi français

Berlu_une_de_journal"Si on lit les discours de Sarkozy, on s'apercevra que de nombreux points sont tirés de mes livres", se vante Silvio Berlusconi, l'ancien président du Conseil magouilleur, véreux et allié à l'extrême droite italienne, dans une interview accordée à la chaîne RAI 2. "Si c’est Sarkozy qui gagne, sa présidence s’unira à celle d’Angela Merkel pour faire une Europe plus occidentale et plus atlantique", se réjouit d'avance Sua Emittenza, ajoutant : "naturellement nous sommes des supporters de Sarkozy". Plus atlantique, on voit bien, c'est la fameuse "Bush Cie" prônée désormais par Eric Besson-le-félon. Mais plus occidentale ? Moins arabe, moins africaine, c'est cela ? Le rapprochement Berlusconi - Sarkozy, outre leur désir Untitled_berlusconiconvergent de chasser les étrangers, leur populisme et leur démagogie, repose sur plusieurs autres points communs. Mais de quelque côté que l'on se tourne, c'est il cavaliere qui apparaît comme le maître et le candidat UMP comme un élève appliqué, certes, mais qui peut encore mieux faire ! Ainsi avec les médias : quand le leader de la droite française se contente d'être l'ami intime des patrons des grands groupes de presse et de l'audiovisuel, Berlusconi en possède directement les principaux. En matière d'affairisme, la piteuse prise illégale d'intérêt de l'île de la Jatte fait pâle figure face aux trois condamnations à des peines de prison pour falsification de bilan, corruption de magistrats et financement illicite de parti politique de l'escroc italien, sauvé par la prescription grâce aux manoeuvres de ses avocats. Remarquez, sur ce coup-là, l'ancien maire de Neuilly fait dans l'efficacité : son affaire n'est même pas en justice, une plainte ayant été jugée irrecevable. Mais il est en tout cas une caractéristique que possèdent en commun nos deux ultra droitiers avec une égale intensité : leur faculté à péter les plombs et à insulter les journalistes, pour peu que ces derniers s'avisent de faire leur métier plutôt que de servir complaisamment la soupe. "Cette chaîne est une machine de guerre !", vocifère sarko_france3Berlusconi, avant de se lever et de carrément quitter le studio de télévision, en pleine campagne électorale, furieux que la journaliste aborde les sujets qui fâchent. "J'ai déjà vu des reportages malhonnêtes, mais de cette nature, c'est assez rare... Je vous félicite !", lance un Sarkozy blême à la présentatrice de France 3, ulcéré que le sujet en question rappelle le fiasco sarkoziste des passeports numériques, sa tentative d'accorder le marché de leur fabrication au secteur privé et la décision du Conseil d'Etat la jugeant illégale. Sans même parler de sa menace de virer la direction de France 3, coupable de ne pas être venue l'accueillir... Il y a décidément du Berlusconi en Sarko. Déjà que l'on surnommait le candidat UMP Ronald Margaret Sarkozy, il faudrait donc aussi ajouter Silvio... Royal est soutenue par Prodi et Zapatero. Sarkozy par Berlusconi. Qu'il ne compte pas trop sur Merkel pour faire poids, après ses propos renouvelés sur la solution finale renvoyant l'Allemagne à sa responsabilité collective dans la shoah : quel fin diplomate décidément ! Et quels soutiens que les Doc Gyneco, Johnny Hallyday, Pascal Sevran, Eric Besson, Bernard Tapie... On nous l'annonce futur président ? Faisons mentir les sondages.

PS : Le contexte de cette délicieuse "Une" de journal dans Les municipales resteront dans les annales.
sarkozyfini
PS 2 : signalons aussi que Nicolas Sarkozy est à tu et à toi avec Gianfranco Fini, leader du parti post-fasciste Alliance Nationale reconverti à la "nouvelle droite", principal allié de Berlusconi, qui a signé la préface de l'édition italienne de son livre Témoignage.

Posté par Olivier Bonnet à 00:05 - La phrase du jour - Commentaires [70] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires

JMLP antisémite??? Non, pas lui…

Georges-Marc Benamou évoque, sur le registre de l’intime, les ombres et les fantômes de François Mitterrand autour des juifs et de Vichy.
C’est le 27 janvier 1994 dans un restaurant, La Marée, de Paris. Georges-Marc Benamou, journaliste, est devenu un familier de François Mitterrand. Pas des tous premiers cercles mais autorisé aux dîners à quelques-uns, aux flâneries. " Vous ne savez pas de quoi vous parlez... Jeune homme. " La phrase tombe comme le coup d’une disgrâce et c’est le titre que le " jeune homme " a donné au livre qu’il vient de publier, sorte de Mitterrand intime, six ans après ou, dîners après dîners, datés, on entre dans la zone d’ombre. Mitterrand et les juifs, Mitterrand et Vichy, Mitterrand et Bousquet... Et encore, Mitterrand et Papon. Car le " vous ne savez pas de quoi vous parlez " est lourd. Dans le restaurant, en effet, Maurice Papon est là, à une autre table, les deux hommes ne se saluent pas. Le jeune homme se lance : " Dire qu’il a eu le même zèle pour faire partir les premiers trains de déportés de Bordeaux que pour faire jeter à la Seine les Algériens le 17 octobre 1961 "... Silence des convives, affirme Georges-Marc Benamou qui insiste, " heureusement, il sera bientôt jugé "... François Mitterrand, affirme-t-il alors, foudroie du regard son épouse qui a rappelé que Papon avait été " correct avec toi " dans l’affaire de l’Observatoire et se tourne vers lui : " Son air était terrible. Il finit par dire : ’’Vous ne savez pas de quoi vous parlez... jeune homme’’ ".
L’anecdote est centrale quand bien même elle appelle deux questions que nul n’a le droit d’omettre, surtout si l’on se souvient que l’auteur fût un miterrandôlatre. Est-elle exacte ? Pourquoi maintenant, 5 ans après la mort de l’ancien président ? On suppose bien évidemment que Georges-Marc Benamou tenait soigneusement ses notes puisqu’il avait alors en chantier un livre sur ces rencontres avec lui, Mémoires interrompus. Fallait-il ce temps là pour que se décante, en dépit de cette ombre-là, l’attachement du journaliste au vieil homme ? " J’ai senti la nécessité de raconter une mémoire qui se mourait, celle d’un vieux pays qui s’épuisait à chasser ses fantômes. "
Ce vieux pays pourrait bien être celui, à la fois rural et maurassien, de droite et ancré dans la tradition, qu’exprimait si bien au fond, et paradoxalement, l’affiche de " La force tranquille " en 1981. Le village, l’église, le temps immobile. Les fantômes sont ceux de Vichy. On sait ce qu’il en est du parcours de François Mitterrand, notamment avec le livre de Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947 (Ed. Fayard). Son pays est bien celui-là. Fût-il même membre de la Cagoule, l’organisation fasciste d’avant-guerre ? Question posée, il en fut proche en tout cas, conserva ouvertement son affection à certains de ses membres éminents. Il n’est pas arrivé à Vichy par hasard quand bien même il affirme, à propos de tous ceux qui, comme lui, y sont passés qu’il fut de ceux " Mal partis, bien arrivés ". Proches de Pétain, hauts fonctionnaires, sous-ministres qui passèrent à la Résistance. Il en fut, semble-t-il mais comment ? Car ce qu’apporte dans son approche intime le livre de Georges-Marc Benamou, c’est, au-delà des faits eux-mêmes et pour l’essentiel connus, la couleur des sentiments de François Mitterrand, tels qu’il les rapporte du moins. " Ah, Vichy... ", " Ah Pétain... c’était un vieillard un peu dépassé mais... magnifique ". Ou encore ceci, en complément à la confirmation de la proximité de François Mitterrand et René Bousquet, l’ancien chef de la police de Vichy, jugé après guerre avant d’occuper les plus hauts postes dans la banque et la presse : " Une carrière ainsi brisée à trente-cinq ans, ce n’est pas supportable... Bousquet en souffrait cruellement. Imaginez cette cassure, cette carrière foudroyée "...Une cassure qui n’aurait pas eut lieu d’être ? À cela, s’ajoute la charge définitive du livre. François d’Ormesson avait étonné et déclenché une vive polémique en évoquant son " antisémitisme ". Georges-Marc Benamou, affirme l’avoir entendu, lui aussi, parler du " lobby juif " dans le même temps qu’il se disait, de manière récurrente, " un ami des juifs ".
Maurice Ulrich
Jeune homme, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Éditions Plon. 125 francs.

Posté par émile, 04 mai 2007 à 08:13

Quelqu'un qui dit ce qu'il pense!!!

Posté par OLA, 04 mai 2007 à 08:13

Qui n'est pas de gauche est fachiste

La ficelle est grossiere autant que le procede a ete maintes fois utilise. Les gauchos sentent que la victoire leur echappe et veulent tout faire pour salir Sarko avec des accusations moisies.
La meme technique que Staline qui accusait tous ces adversaires d'etre pour Hitler. La logique est la meme, qui n'est pas a gauche est a alors a droite, si il est a droite, il est alors d'extreme-droite.
L'egalitarisme de gauche trouve sa popularite dans le fait qu'il flatte certaines faiblesses humaines fort repandues : la paresse, l'envie et le fatalisme. Il est en effet plus facile d'abattre une personne qui reussit par l'effort et le travail, plutot que de se donner les moyens de reussir soit-meme. Il est plus facile de maudir les autres plutot que de se remettre en question. Les etres humaines sont tous differents, nous naissons chacun avec un potentiel different (inne) et au cours de au cours de notre vie developpons des capacites diffentes (acquis).
Soit nous considerons que cela est une injustice et affirmons qu'une
societe juste doit etre nivellee par le bas (solution ROYAL), soit nous estimons qu'il faut encourage
l'effort et le travail (meritocratie) en donnant les moyens a tous de reussir (education).
Personnellement je prefere la deuxieme solution, c'est la solution Sarkozy !

Posté par fifou, 04 mai 2007 à 08:48

Rien sans le travail?

J'ai des amis de gauche (je ne le suis pas) qui décrient la méritocratie (basée sur le travail et le sens de l'effort) soutenue par Sarkozy. Ce sont ces mêmes amis qui font donner des cours particuliers (anglais, français, maths… à 15 euros de l'heure, s'il vous plaît!) à leurs DEUX gosses (plus intéressés par leurs jeux vidéos dernier cri que par l'étude) et qui les engueulent parce qu'ils “ne foutent rien au lycée. Ils verront quand ils devront bosser pour gagner leur croûte et qu'ils n'auront même pas le bac!” (propos VERIDIQUES de Madame, entendus pas plus tard qu'hier soir!).
Comment ne pas rire de cette hypocrisie qui s'ignore… ou en pleurer? Pourtant, je les aime bien, leurs gamins aussi.
NIHIL SINE LABORE (rien sans le travail) disaient les Romains. Bien sûr, tout le monde sait que les Romains (et les Grecs) étaient… des sarkozistes nazis,réactionnaires,négationistes, antisémites,ultra libéraux, anti-68ards, etc.. - vous pouvez compléter ma liste: inspirez-vous du florilège de ce blog)

Posté par émile, 04 mai 2007 à 09:31

émile,

les Romains et les Grecs avaient des esclaves. Un fait historique est qu'ils étaient mieux traités que ceux d'aujourd'hui, qui touchent des primes d'intéressement de 2,80 € pendant que leur patron part avec la caisse.

Posté par sarcophage, 04 mai 2007 à 09:57

esclaves... de quoi?

La jalousie vous fait parler? Qui fournit du travail aux 'esclaves' français? Les patrons, non? Quant aux patrons qui partent avec la caisse, vous en connaissez tant que ça?
Quand un ouvrier devient patron (c'est souvent le cas chez les artisans,entre autres) le "gentil" esclave devient tout d'un coup un "méchant" patron? Un peu primaire, non?
Vous travaillez pour EDF ou vous pointez au chômage?

Posté par serpent, 04 mai 2007 à 10:11

@ Emile

Ségolène Royal dit que défendre la valeur travail, c'est d'abord le rémunérer à sa juste valeur.
Sarkozy ne veut pas augmenter le SMIC. Il faut trimer toujours davantage sans être mieux payé, alors que les richesses sont là. C'est la redistribution qui pêche. Et il propose d'aggraver encore les inégalités avec ses cadeaux aux privilégiés.

Posté par Olivier B., 04 mai 2007 à 10:25

@ fifou

Vous vous trompez, la priorité sur l'éducation, c'est dans le programme de Royal.

Posté par Olivier B., 04 mai 2007 à 10:26

@ serpent

je réponds à la 7ème des 8 questions : oui.

Posté par sarcophage, 04 mai 2007 à 10:35

Les vrais privilégiés ont obtenu leurs privilèges tout seul, ils n'ont pas attendu qu'une Ségo pleines de promesses leur redistribue quelques maudites miettes.

Posté par OLA, 04 mai 2007 à 10:36

Erreur

La plupart se sont juste donné l'effort de bien naître.

Posté par Olivier B., 04 mai 2007 à 10:43

Surtout avant 1789

Posté par OLA, 04 mai 2007 à 10:46

pseudo?

sarcophage:
Je vous propose coprophage comme pseudo, ça vous irait mieux.

Posté par xyz, 04 mai 2007 à 10:53

no comment

@ xyz
laisse tomber avec sarcophage: il est zéro-positif!

Posté par serpent, 04 mai 2007 à 11:21

coprophage

les lapins le sont bien; c'est nourrissant.

Posté par sarcophage, 04 mai 2007 à 11:24

... phage

Dans votre cas, attention, l'obésité vous guette

Posté par xyz, 04 mai 2007 à 11:59

pas de danger,

je n'abuse pas de TF1.

Posté par sarcophage, 04 mai 2007 à 12:31

@ Olivier

Effectivement, l'education est la priorite de Royal mais QUELLE education?
le laxisme, les eleves auxquels on apprend juste a apprendre, le maitre ne devant pas imposer le savoir. Resultat : en France, 1 jeune de 17 ans sur 10 a de tres graves problemes de lectures/calculs (infos tirees des tests effectues lors de la journee d'appel a la defense), c'est de cette education, heritage de mai 68, dont vous parlez?

Posté par fifou, 04 mai 2007 à 14:03

25 0000

C'est pour ça que la droite a supprimé 25000 postes dans l'éducation nationale : pour garantir le laxisme soixante-huitard. Ils sont trop forts...

Posté par Fajua, 04 mai 2007 à 14:16

moins de profs?

non, c'est 2.500.000 postes (et des poussières)

Posté par serpent, 04 mai 2007 à 17:04
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