07 mai 2007
La phrase du jour : Olivier Besancenot
"Les urnes ont en effet parlé mais à chaque fois que la politique de Sarkozy s'attaquera à des immigrés, à des enfants sans-papiers dans les écoles, à des ouvriers, cherchera à faciliter les licenciements, à privatiser les services publics, à revoir le code du travail, il aura face à lui une gauche pour résister", avertit Olivier Besancenot (LCR). L'avènement de la droite dure a au moins le mérite de clarifier le paysage politique. Que les DSK, Rocard et autre Kouchner fassent donc alliance au centre. Quand à nous, nous resterons viscéralement du côté de la vraie gauche.
Commentaires
le style, c'est (presque) l'homme
Je cite “Plus il mettra en œuvre les inepties, parfois délirantes, qu’il a promis.. ”
Je m'inquiète, tout de même, un peu de la grammaire: il fallait écrire: qu'il a promisES (page d'accueil, 2e ligne du 2e paragraphe).
Il y a d'autres erreurs… passons.. Le style est intéressant, même si Chateaubriand, c'est mieux, tellement mieux!!
Vous avez raison les Olivier, on s'y attachera à dénoncer les agissements de Sarloléon!
et à reconstruire une vraie gauche...socialiste!
Et ma nue Elie ?
Rire...
Je pense à l'appel de Morcenx...
Sacré Henri !
Miam,cette odeur soviétique de la démocratie ne devant donner que le résultat qu'on attend.
Sacré Besancenot.
essai transformé!
cette odeur soviétique de la démocratie ne devant donner que le résultat qu'on attend
EXCELLENT; tout est dit!!
racisme ou respect
J'ai travaillé douze ans aux Mureaux, seule dans les quartiers, comme écrivain public, avec ma petite machine à écrire en bandoulière. Seule, car aucun de mes collègues de la mairie ne voulait aller y bosser. J'étais la seule représentante des services publics dans ces quartiers déshérités. Je n'ai jamais eu le moindre ennui. Au contraire : je suis partie à la retraite avec au coeur plein de chaleur humaine et de chouettes souvenirs. Le respect appelle le respect. Certains sur ce blog pourraient en prendre de la graine. Je n'ai jamais été insultée dans ces quartiers dits de non-droit, jamais de mots tels que j'en lis avec dégoût de la part de certains ici.
Fouquet's
Finalement, je n'y avais pas songé, c'est quand même assez logique que Sarkoléon ait passé sa première nuit d'empereur au Fouquet's : c'est quand même là qu'à lieu "la Nuit des Césars".
http://www.lucienbarriere.com/localized/fr/rest/fouq/rest_article.asp?art=cine
Du côté des "socialistes" on prépare manifestement plutôt la nuit des longs couteaux. Pitoyables jusqu'au bout.
il est temps de réorg-constr-struct-faire la GAUCHE
Salut duszka,
Le résumé du résumé de ta période écrivain public, le respect appelle le respect, je le crains, traverse les esprits de deux moitiés de la population, "en secouant l'une sans toucher l'autre" (comme dirait Chichi).
Aujourd'hui, qui peut croire que la France est bleue pour devenir un pays riche? Le Français a mis du bleu pour entrer en guerre, ne comprenant rien à l'économie, il s'en remet aux analyses produites par REXECODE.
Ca va faire mal, c'est sûr, mais Le Français a l'air de se dire: "pas grave, n'ont qu'à serrer les dents", et pas un ne pense que ce sera à lui aussi qu'il faudra serrer les dents. Encaisser les coups.
Certains même pensent le plus sérieusement du monde qu'eux-même sont prêts à serrer les dents, à se former plus et travailler plus pour gagner plus...pour finalement consommer plus. C'est tout à fait possible dans un pays démocratique avancé mais interdit dans une "république démocratique".
Ceux qui croient qu'à partir de bientôt, construiront pavillon, situation etc. grâce aux heures sups et travailler "plus" vont avoir très mal au cul dans un an. Quand aux premiers de la liste, ceux qui paient cash, qui galèrent, ceux-là ont adopté un comportement de survie mentale tout à fait classique: Ils oublient ,tout simplement.
Dans peu de temps ils seront trop occupés à survivre pour peser politiquement. Dans les campings.
L'extrême gauche tient en grande partie les rennes du totalirisme intellectuelle quitte à vérrouiller le débat et éventuellement faire le jeu de l'extrême droite.
Je pense qu'il y a des gens notamment de gauche ont voté Sarko sans hésiter pour ça et tant mieux. Besancenot est entre la gauche de la gauche et l'extrême gauche idéologiquement.
Il a quand même appelé à voter Chirac en 2002 contrairement à Arlette. Un trotskyste qui gagne suffisamment d'argent (c'est la planque postier) pour se permettre de faire des leçons de morale à des gens beaucoup plus intelligents que lui. Ce type est ambigu tant par certaines de ses idées extrémistes et intolérantes et par son air vulgaire et méprisant. Il en faut des patrons sinon plus d'embauche. Il faut sanctionner les salauds certes, mais en évitant de tomber dans le piège extrémiste et poujadiste d'un discours bien-pensant dominant et intolérant que Ségo a bel et bien relayé. Maintenant Sarko est président, et les leçons de morale à tout va via les hérauts du socialo-communisme qui soit journalistes (Nouvel Obs, Libé ou Politis) ou encore du lobbying associatif (MRAP, AC! , LDH voir pire) vont se faire un peu plus petits maintenant car ils auront tellement énervé de gens et ils n'auront plus trop de crédibilité pendant un moment.
Je trouve nécessaire cette déclaration, Il est dans son rôle et je pense que son parti va porter les voix de gauche désormais, alors que le PS devrait se dissoudre mollement au centre, non sens absolu.
Pour Une Gauche Décomplexée
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48330
Pour une gauche "décomplexée"
de Clémentine Autain et Roger Martelli
14 mai 2007
Le nouveau "must" de la politique française, surtout à gauche, est la rénovation ou la refondation. Si les socialistes n’ont pas réussi, c’est parce qu’ils ont manqué leur aggiornamento. La faute incombe aux ringards, à ceux qui n’ont pas su "décomplexer" la gauche en l’ouvrant vers le centre, vers les modèles britannique ou italien. Etonnant travail d’appropriation du vocabulaire, légitimé par les "grands penseurs", relayé par les médias.
Quiconque ose expliquer que les fondamentaux de la gauche sont un socle nécessaire de toute reconstruction est irrémédiablement rangé au rayon des vieilles barbes. L’avenir est à la "sortie de l’affrontement bloc contre bloc", nous expliquent en choeur François Bayrou et Ségolène Royal. Mais qui a donc gagné l’élection ? Un tenant de la droite molle ? Au contraire : pendant des années, Nicolas Sarkozy a cultivé tranquillement le terrain d’une droite fière d’elle-même, mobilisant l’électorat, notamment populaire, non pas aux marges mais au centre de l’idéologie d’une véritable "contre-révolution libérale". Et c’est au moment où triomphe le héraut libéral autoritaire que l’on nous explique qu’il faut "décomplexer" la gauche en la portant... vers sa droite !
Ne nous laissons pas avoir. La gauche sociale-libérale ? On l’a déjà tentée, en Angleterre, en Allemagne ou en Italie. Si elle peut être séduisante un moment pour conjurer la droite dure, elle est porteuse de lourdes déceptions, propices à réactiver une droite encore plus rude qu’elle ne l’était auparavant.
Cette orientation ne permet pas de changer en profondeur les conditions de vie du plus grand nombre et donc de gagner, massivement et durablement, les catégories populaires et les jeunes. C’est au coeur des cultures politiques, à droite comme à gauche, que les joutes électorales se perdent ou se gagnent ; pas aux franges incertaines des familles politiques.
Ce n’est pas surprenant, à un moment où la politique se remet à passionner et où les débats structurants portent sur le fond des projets de société. A partir de quoi construit-on du lien social et de l’efficacité ? Sur ce terrain-là, impossible de s’en tenir à des faux-fuyants. Comment peut-on nous faire croire que l’adaptation au marché est "moderne" quand la concurrence libre et non faussée produit tant de désastres humains et écologiques, de gabegie et de désordre social ! Comment parler d’ordre juste dans un système qui, par essence inégalitaire, déchire la société et oppose les individus les uns aux autres ?
Le réalisme n’est pas dans l’acceptation de la norme de l’économie libérale, mais dans sa contestation et dans la recherche patiente et sans verbiage de son dépassement. La modernité n’est pas du côté d’une gauche qui renonce à être elle-même sur le fond, mais du côté d’une gauche bien dans ses baskets, sûre et fière d’elle-même.
Mais il est vrai, en même temps, que cette gauche assumée et "décomplexée" par sa gauche a besoin de balayer devant sa porte. Le temps n’est plus au yo-yo entre le renoncement et la conservation, l’abandon des principes ou l’enkystement dans les vieilles formes. Une gauche ambitieuse est une gauche qui ne renonce pas aux nécessaires ruptures, mais qui en repense de façon neuve les cohérences.
Une gauche qui respecte son histoire et ses valeurs, mais qui n’hésite pas quand il le faut à bousculer ses habitudes, ses instruments de pensée critique, ses façons d’être même, et qui porte le renouvellement générationnel et culturel. Une gauche qui parle de la question sociale, mais qui apporte des réponses sur tous les terrains, des droits humains à la démocratie, en passant par l’école, la culture ou les enjeux urbains.
Une gauche qui ne confond plus tous égaux et tous les mêmes, la force de la solidarité et la dilution de l’individu dans le collectif, la passion de la mise en commun et la soumission à l’étatisme, la promotion du public et la fascination de l’administratif, les vertus de l’efficacité productive et le productivisme.
Si les classes populaires, les nouvelles générations, les milieux culturels, les intellectuels critiques ne se sentent plus portés par une dynamique de la gauche de transformation sociale, c’est parce que s’est construite - d’impasse soviétique en renoncements sociaux-démocrates - la démoralisation qui leur a fait perdre confiance dans les "lendemains qui chantent". Mais c’est aussi pour une part parce que nous, les tenants obstinés de la transformation sociale, nous restons en panne. Et ce n’est pas qu’une question d’ego, de Meccano stratégique ou de boutiques. C’est un enjeu de fond. Pour quoi nous battons-nous ? Pas seulement, en contre, pas seulement pour défendre des acquis, mais au nom d’une société différente, reposant sur d’autres valeurs, d’autres critères, d’autres manières de "faire société".
Ou bien nous sommes capables de développer un projet cohérent, transformateur, tracé en positif, qui montre de façon visible qu’il continue des valeurs d’égalité, d’émancipation, de mise en commun, mais qu’il répond aux enjeux du monde contemporain et de façon critique pour sa propre histoire et pas seulement pour celle du capital ; ou bien nous nous engluons dans nos réflexes idéologiques et nos vieilles routines et laissons à d’autres les attributs de la modernité et de la rénovation. Or si le mouvement ouvrier fut expansif, jusque dans les années 1960, c’est parce qu’il sut à sa manière incarner une certaine vision de la modernité, alternative à celle du marché libre du capital en expansion.
Soyons sans complexes. Assumons notre histoire. Sachons en être fiers ; sachons donc la transformer.
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