19 juillet 2007
Electricité, renseignements téléphoniques : vive la privatisation !
Grand classique de la pensée unique qui veut que du libéralisme viennent tous les bienfaits, le postulat que la privatisation d'un service public serait profitable à l'usager. Forcément, nous assène-t-on : au lieu d'engraisser une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire, le passage au secteur privé et sa fameuse concurrence libre et non faussée aurait pour effet de faire baisser les prix et augmenter la qualité du service, conditions nécessaires à la conquête du marché. Sauf que c'est faux.
On l'a vu pour l'électricité : "Ces nouvelles dispositions apporteront des bénéfices réels en termes de concurrence, de prix et de compétitivité", annonçait en 2001 Loyola de Palacio, commissaire européenne chargée de l’énergie, se félicitant par avance de la fin des monopoles publics. Libéralisation en deux temps, d'abord pour les entreprises, puis récemment pour les particuliers. On comprend que ces derniers ne se bousculent pas : un changement d'opérateur interdit définitivement de revenir au tarif régulé et l'expérience des professionnels ayant sauté le pas est édifiante. Alléchés par un tarif du MégaWatt/heure proposé à moins de 30 euros, alors qu'il était réglementé à 33 euros, ceux qui ont sauté le pas ont vu ensuite leur facture augmenter chaque année. Et pas qu'un peu : plus de 60 euros en 2005 ! On se demande pourquoi ce désastre n'a pas empêché de poursuivre dans la même voie et d'étendre la libéralisation aux particuliers. C'est bien que le dogmatisme économique sévit à Bruxelles comme dans la droite française - et une bonne partie de la dite "gauche socialiste". Quand bien même les exemples étrangers devraient inciter à la prudence : "En Suède, les prix durant les hivers rudes flambent de 250 %. En Californie entre 2001 et 2002, la facture électrique a explosé et les Californiens ont été soumis à des coupures sauvages", écrit par exemple François Soult dans son ouvrage EDF, chronique d’un désastre inéluctable.
Hervé Laydier livrait pour Attac-Rhône en juillet 2005 une analyse imparable : "En fait, les offres des différents producteurs ne différent en rien des paquets de lessives des rayons de nos supermarchés : produits identiques mais emballages «marqués». Du coup, les budgets «force de vente, communication et marketing» explosent afin de gagner des parts de marché et de relooker son image ! Les vendeurs de vents font fortunes, les médias encaissent le prix de leur allégeance et des millions d’euros sont dépensés pour élargir le marché en réduisant à néant les maigres efforts visant à limiter la consommation. Et tous cela, c’est le client qui en payera le coût ! Cette multiplication de dépenses touche aussi les infrastructures puisque chaque entreprise développe son réseau de vente, ses centres de recherches, ses plates formes d’appels téléphoniques, etc. En fait, la concurrence risque fort de coûter plus chère que le monopole du fait de ces gaspillages inutiles. Ainsi, le secteur électrique pourrait reproduire le système libéral de santé américain qui coûte deux fois plus cher aux citoyens que notre archaïque caisse nationale d’assurance maladie ! Mais esquisser cette interrogation dans les médias semble tabou. La croyance dans une concurrence qui fait baisser les prix ne doit surtout pas être remise en cause !"
Cette explication des hausses de tarifs liées à la libéralisation s'applique parfaitement aux renseignements téléphoniques. L'organisation de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a ainsi publié mardi les résultats de son enquête réalisée auprès des quatre opérateurs se partageant plus de 90% du marché de feu le 12 : 118 218 (Le Numéro), 118 000 (Telegate), 118 712 (Orange) et le 118 008 (PagesJaunes). Elle en livre les conclusions dans un communiqué au vitriol, titré Un vrai fiasco ! Il constate "une augmentation de 25% pour une qualité de service similaire" en ce qui concerne les téléphones fixes et "entre 1,54 euro et 2,15 euros" pour les mobiles, dénonce "l'opacité tarifaire la plus totale" qui aboutit à ce que "les prix affichés ne correspondent jamais au prix réel du service" et
accuse "l'arnaque de la mise en relation" : "les opérateurs 118 ajoutent des pièges tarifaires absolument invisibles sur les services associés. La mise en relation est systématiquement gratuite mais la communication qui suit est surtaxée à 0.11, 0.22, ou 0.34 euro/minute selon l'opérateur. Ainsi, pour un consommateur abonné à SFR qui appelle le 118 000 puis accepte la mise en relation et téléphone 5 minutes, il lui en coûtera : le prix du service de renseignement et le prix de la communication mobile soit 2,15 euros puis après la mise en relation la surtaxe du 118 sur toute la durée de l'appel ainsi que le prix de la communication mobile sur cet appel, soit 3.97 euros pour un total de 6.15 euros et donc un prix/minute de 1.04 euro !". UFC-Que Choisir proteste enfin contre "une valse d'augmentations de prix" : "Alors que tous les opérateurs avaient promis de modérer et de stabiliser leurs prix, tous, en catimini, font supporter aux consommateurs des hausses de prix à répétition". La solution pour ces derniers ? "Se tourner vers le 12, c'est-à-dire le 118 711, soigneusement maintenu dans l'ombre des campagnes publicitaires". Tout est résumé dans cette dernière phrase : France Télécom communique sur le 118 712, son numéro Orange qui rapporte, mais fait silence sur celui à prix encadré, le plus intéressant pour le consommateur. Vive la publicité, vive la privatisation, vive le marché !
Illustration empruntée au syndicat SUD-PTT.
Commentaires
Vive la privatisation
Depuis quand les entreprises privées sont elles au service du public et des usagers? mon cher olivier vous avez l'air de découvrir les "vertues" du libéralisme, il était évident qu'avec l'ouverture à la concurrence des renseignement téléphoniques, les compagnies 118bidule allaient se faire du fric sur le dos des usagers, pardon de leurs clients. Et avec combien d'emploi sur notre territoire à la clé, la plus part des centrales d'appel se situent à l'étranger où des employés parlant français correctement répondent au téléphone. TF1, les autoroutes, les compagnies de distribution d'eau, ne sont-ils pas des exemples criants résussis de la privatisation aujourd'hui l'électricité la téléphonie, demain la SNCF, la sécu, l'enseignement, la santé. Et avec le service minimum instauré dans tous ces services publics il sera impossible toute veléité de se rebeller. Vision peut-être simpliste mais tellement vrai, le service minimum est instauré pour mieux casser le service public. En attendant vive le libélarisme....
un peu hors sujet mais dans l'air du temps
Ce matin, sur France Inter, les journalistes estivaux avaient tendance à laisser croire que le droit de grève était réservé aux fonctionnaires ! Certes, il y a longtemps que les salariés du privé, qui en ont pourtant le droit le plus absolu, ne se mettent plus en grève. La porte est grande ouverte. La loi sur le service minimum est en train de "privatiser" la démarche syndicale de grève. Mais ce n'est pas d'aujourd'hui. Quand j'ai monté une section syndicale dans la mairie où j'étais employée contractuelle, employant plus de 600 personnes sans syndicat (mairie socialiste, mais oui, mais oui) on a mis le local syndical dans les locaux de la police municipale, avec porte commune. Au bout d'un an nous étions bravement douze syndiqués ! Je vous jure que c'est vrai. On a bataillé deux ans pour obtenir un protocole d'exercice du droit syndical. Notre téléphone a été mis sur écoute, de l'autre côté du mur... nous avons même averti la presse locale. Alors, la voie est libre, large et riante pour les démolisseurs de droits sociaux : ils ont trouvé un terrain tout prêt. Misère, de misère...
Utiliser pour s'amuser
Retraité, et toujours "morpion" comme on dit chez nous, j'ai décidé avec quelques copains d'utiliser le système pour s'amuser et montrer que nous ne sommes pas dupes.
1- D'abord, des billes.
On prépare un dossier argumenté sur la libéralisation de la distribution de l'énergie (depuis Barcelone..., articles de journaux, Canard Enchaîné, blogs, Attac...). Des arguments bétons (en cours de constitution).
2- Trouver la liste des distributeurs d'éléctricité qui vont proposer leurs services.
On cherche: Poewo...
3- Le tempo
A tour de rôle, on va rentrer en contact avec les proposeurs de service afin qu'ils viennent démarcher, chez nous (milieu rural profond où le téléphone portable ne passe pas) en automne pluvieux (histoire de salir les jolies chaussures)
à des heures indues (19 heures, il commence à faire noir)et après discussion et arguments (ce sont eux qui vont entendre) les renvoyer dans leur ville-lumière sans contrat, bien évidemment.
4- Les veillées
Autour d'un bon repas et de bonnes bouteilles se raconter les difficultés, les rires engendrés, les gênes des démarcheurs qui retournent à leur contrat, bredouilles.Et trouver d'autres "jeux".
5- Le but: S'amuser du système, le leur dire,le leur hurler, le faire remonter, jouer avec leurs nerfs et dire qu'avec ces cons de soixantenaire ils ne passeront pas.
Elle est pas belle la vie!
Rions, c'est imprenable!
C'est pas le 118 710, le n° moins cher de FT ?
Mouarf ! ;-)
Facétieux GPMarcel...
Boudiou GPMarcel, vive nous les soixantenaires ! aller à l'essentiel
Soyons honnête...
Olivier svp...
Bien sûr qu'il ne faut pas être grand clerc pour remarquer que la concurrence n'apporte rien aux consommateurs ni dans l'énergie électrique ni dans les transports ferroviaires. Les exemples catastrophiques pulullent. C'est apparemment la même chose dans les renseignements téléphoniques. Les derniers dogmatiques absolus sont à Bruxelles et dans la City, c'est bien connu...
Mais en revanche, qui peut penser que ce jovial débat d'archéo- gauchistes-ruraux pourrait se tenir sur ce blog si le génialissime monopole de France Télécom avait été maintenu ? Sur Minitel à 1,32 euros la minute peut-être ???
Mais là ça rentre pas dans le moule de la pensée SUDiste ambiante, alors on blogue 24hsur 24 à 29,99 euros par mois, mais on crache sur la concurrence libre et non faussée avec une hypocrisie aussi totale que celle du Wall Street Journal ou du FT.
Faut pas s'étonner que Sarkozy soit président pour 10 ans avec des raisonnements à la c... pareil...
Désolé...
Bravo Jihème ![]()
Enfin, non seulement il sera président pendant 10 ans, mais avec une gauche dans cette état, la droite restera au pouvoir 25 ou 50 ans!!!
Car en effet, nous dominons le monde...
"la pensée SUDiste ambiante"
Ah.
C'est vrai : les camarades de SUD pèsent d'un poids insupportable dans le débat d'idées en France, et monopolisent entièrement la parole. Il faut faire quelque chose ! J'en parlais pas plus tard qu'hier au Commissaire du peuple en charge de la Planification Toulousaine : il est impossible aux camarades de sensibilités divergentes de faire entendre leur point de vue. Le Politburo de la République Socialiste Française se serait réuni pour statuer sur cette hégémonie intellectuelle. Non, décidément, SUD va trop loin ! Leur assaut au cocktail molotov du 10 rue de Solférino avait fait sourire, c'est vrai; mais empêcher la vraie Gauche de s'exprimer ainsi, c'est intolérable. Nous sommes assaillis de protestation des militants UMP, cruellement molestés par des cheminots psychopathes (mais on s'en fout): et il se murmure que le syndicat entraînerait des troupes pour renverser le pouvoir...
Sinon, ça va, Jihème et Tonton ? On a encore oublié de prendre ses pilules, hein ?
Quel âne ce type
Ce Bonnet balance des mots directement sortis de sa cellule, mais oublie de les aligner correctement ce qui pourrait le faire passer pour un vrai jornaliste
"La pensée SUDiste ambiante" sous-entendu "sur ce blog". Ne vous faites pas plus bête que vous n'êtes, ce serait absolument terrifiant, même sans pilules et avec un dictionnaire du bien causer en bourdieusain...
Ruraux
Monsieur Jihème,
J'ai la soixante et j'ai fait au sortir de l'Ecole Normale un choix de vie, un choix politique.
Alors le "débat d'archéo- gauchistes-ruraux" dont vous faites état est un débat qui se fait actuellement dans mon village (112 habitants chiens compris)autour de l'apéro.
Car, vous avez remarqué, il est 18 heures 30 et les gens sont sortis des vignes, des champs, des bois, des prés...mettent 5 mn pour rentrer chez eux, le nez en l'air, tranquilles, benaises, se passent sous la douche et se retrouvent pour discuter un peu avec d'autres autour d'une piscine (si,si, il y a des piscines dans ce Sud-Ouest qui votent plus rouge que les autres - que même les enfants ont des brassards) préparent en riant les niches à faire à ceux qui sont en costume cravatte et qui viennent nous vendre le vent que l'on ne veut pas.
Y'a pas que des paysans (oh, le vilain mot! LQR que je recommande me donnera un autre substantif),, non il y a l'infirmière libérale du coin qui n'est pas coincée dans les embouteillages, il y a des ouvriers agricoles (si, si ça existe), le caviste, le forgeron, le garagiste...et leurs femmes et leurs enfants.
Pas de risque, 80 ares de près, une petit bois, des cabanes pour les enfants. Ca court et il n'y a pas de barrières, ni de clôture.
Rire, libre.
Beaucoup on choisit. Et contrairement à ce que vous pensez, le libéralisme et l'opposé de la liberté.
Sur ce je vais faire chauffer les glaçons.
Arrêtez-vous, entrez, mais avant, fermez votre catéchisme et vos lieux-communs.
Ils sentent le rabaché libéro-socio-entre deux.
Pensez par vous même. Ami.
Vous verrez c'est le début du chemin.
erreur
le libéralisme et l'opposé de la liberté.
Bien sûr, "est" l'opposé...
ainsi que la soixantaine à la place de soixante...que voulez-vous?
faut pas diaboliser!
"si vous continuez a penser comme ça sarkozy sera encore président pendant x temps"
certains ne seraient pas un petit peu manipulateur dans l'ame (ou dans les genes?)
Essayer d'atteindre nos instincts les plus antisarkozystes pour convaincre c'est moche...
GPMarcel
Pour moi un petit rhum s'il vous plait.
"Ce Bonnet balance des mots directement sortis de sa cellule, mais oublie de les aligner correctement ce qui pourrait le faire passer pour un vrai jornaliste"
Vous vous relisez, Jacques ? Quel intérêt de balancer des commentaires de cette nature ? Ils sont censés apporter quoi ? Quels sont vos arguments ? Vous trouvez formidables les privatisations de l'électricité et des renseignemants téléphoniques ? Expliquez-nous, alors.
@ Jihème : merci de venir au secours du marché, il avait désespérément besoin de toi.
"Bien sûr qu'il ne faut pas être grand clerc pour remarquer que la concurrence n'apporte rien aux consommateurs ni dans l'énergie électrique ni dans les transports ferroviaires. Les exemples catastrophiques pulullent. C'est apparemment la même chose dans les renseignements téléphoniques. Les derniers dogmatiques absolus sont à Bruxelles et dans la City, c'est bien connu..."
C'est juste le sujet.
Tu as trouvé un contre-exemple, avec France Télécom, qui est censé prouver quoi ? A mort le service public ?
edifiant
non
Atterissez !
Bonne idée la privatisation !
Demandez aux anglo-saxons!
- Faillite de la privatisation du rail en Angleterre,
- Quasi faillite d'un des exploitats du métro de Londres,
- Totale gabegie du service privé de l'électricité en Californie, avec des coupures!
La classe, quoi
Privatisation, piège à mouton
Même si je suis un fervent défenseur du bien commun et des services publics, j'abhorre l'idéologie d'EDF: produire toujours plus, toujours aussi polluant (voire même plus : voir l’accord passé avec Poweo sur les centrales thermiques)!
Déjà que le nucléaire ne PEUT être un choix d'état responsable, vous imaginez bien que cela prend désormais un tour tout autre avec LES DEBUTS (ce ne sont QUE les débuts) de la privatisation du secteur.
Même si aujourd’hui, la production nucléaire reste dans le giron étatique, seuls les « ... » (fill the gap) pensent (se persuadent?) que cela restera ainsi pour toujours dans le meilleur des mondes-adeptes-du-tout-privé-source-de-mieux...
La privatisation est donc à mon grand regret une chose inévitable (au jour d’aujourd’hui) mais on peut peut-être en tirer quelque chose (même si ce sera plus difficile que si nous avions eu des dirigeants – plus ou moins, mais en tout cas, EUX – responsables).
Si les syndicats d'EDF pensent qu'il faut faire
en sorte qu'EDF se tourne (REELLEMENT et pas dévelloppement-durable-du-marketinguement) vers les énergies renouvelables, je pense que continuer à apporter son soutien financier à une entreprise qui persiste à vouloir utiliser du nucléaire comme principale source d'électricité ne va pas dans le bon sens.
Je pense personnellement qu'un signal fort serait le soutien massif à une « entreprise » dont le but serait de produire de l’électricité 100% renouvelable (comme Enercoop).
Quitte ensuite à ce que des élus (quelle que soit l’appellation d’alors) voulant réellement une société meilleure (dans 10 ans peut-être, s'il n'est pas trop tard...) recréent un service public de l'énergie (renouvelable évidemment)
Du pire essayons de tirer le meilleur TOUT EN ne renonçant jamais à mettre à bas ce qui est à l’origine du pire.
NB: je n'ai qu'UNE part chez Enercoop afin de pourvoir connaître ainsi qu'influer sur le "développement" de cette "entreprise". Je n'ai donc aucun autre intérêt que l'intérêt commun.
Privatisations
1) En ce qui concerne la baisse des prix des communication, faudrait peut être penser à mettre l'arrivée des nouvelles technologie (ADSL, fibres) et la qualité du service dans l'équation aussi.
2) Enercoop est à la privatisation d'EDF ce que les plantations d'ogm à but médicaux sont aux plantation d'ogm à pesticides : une excuse minable et hypocrite. Enercoop ne peut être rentable que parce que le grand méchant EDF lui rachète son électricité au tarif fort. Si le productivisme d'EDF, modifiable par simple décision politique vous fait horreur, vous allez bien rire avec celui de toutes les autres boites.
Le prix n'augmente pas
Juste une remarque
Les prix des renseignements n'ont pas vraiment augmenté vu que sous le 12 ils n'étaient pas à leur valeur réelle en raison des subventions et de la fameuse mission de service public
Désormais c'est cher mais c'est le prix réel du marché pour produire. Et d'ailleurs la conséquence a été instantanée puisque le volume d'appel a fondu au global par rapport au 12 (-40%) . Donc hausse des prix mais baisse des appels font que ca engraisse pas forcément les opérateurs
Les gens trouvant ça trop chers se sont tournés vers internet où c'est grauit (hors abo au FAI évidemment) , ou ont tout simplement retrouver le gout pour les bottins existants pour économiser de l'argent
Pour la planète ca participe même quelque part à une forme de décroissance bienvenue vu que les gens se passent de consommer du 12 et ne le font désormais qu'en cas d'extrême nécessité
Mis à part cette remarque un peu iconoclaste, sur le fond cette privatisation a surtout été trés mal encadrée car elle aurait du être inscrite dans un contrat de plan par l'Etat fixant la qualité et les hausses de tarifs (comme avec les autoroutes par exemple)
Mais ça ce n'est pas la faute de la concurrence mais bien d'apprentis sorciers politiques en libéralisme
HA!ha!ha!
Excellent l'exemple des autoroutes. Y a juste qu'elles ont été payées par le contribuables et qu'elles ont été cédées à vil prix à deux ou trois champions de la [ironie] concurrence (dans un domaine où il n'y en a pas).
Excellent.
Sur les autoroutes
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/10/06/2842332.html
Sur les autoroutes, zozo pour le vil prix on verra à la fin. Car pour l'instant on n'en sait rien. Avec les taux d'actualisation le prix de vente n'est pas un vol selon moi.
Je rappelle en outre qu'elles ont été concédées et non pas vendues. dans 30 ans l'Etat récupère leur propriété.
Et que le contrat de plan a encadré les hausses et fixé des montants d'investissements pour l'amélioration du réseau
Voilà moi j'y étais opposé à leurs ventes mais une fois que c'est fait on doit admettre que les contrats de plan ont été bien rédigés
On aurait du faire pareil pour les renseignements en attribuant des licences payantes et en fixant un cahier des charges qui, s'il n'était pas tenu, débouchait sur des retraits de licences
"...en fixant un cahier des charges qui, s'il n'était pas tenu, débouchait sur des retraits de licences"
Tu veux dire comme comme ce qui a été fait pour TF1 alors?
C'est beau la confiance.
Amusant
J'avais pensé à TF1 aussi en lisant ce commentaire... ce qui me fait penser à Chavez. Lui n'a pas reculé au moment de ne pas renouveler la concession à cette chaîne privée ayant ouvertement soutenu le putsch. Et tout le monde a hurlé au viol de la liberté d'expression ! Retirer sa concession à Bouygues, voilà qui serait couillu. Mais hélas, ce n'est pas pour demain, si toutefois ça arrivait un jour.
Bien vu Zozo mais la concession de TF1 a été signé il y a 20 ans dans d'autres conditions où les moeurs étaient différents
Et c'est vrai que c'aurait été pas mal de voir la licence de TF1 retirer pour voir ce qu'aurait dit ici nos pourfendeurs d'Hugo Chavez qui n'a fait qu'utiliser un droit existant et n'a enfreint aucune loi
Dans le cas des renseignements je pense que c'était différent car aucun opérateur n'a le poids des bouyguges en France et surtout les renseignements ce n'est pas la première chaîne de France
On ne peut pas inviter des politiques au service des renseignements et ils n'ont donc aucun moyen de pression ou si peu ![]()
De retour de vacances...
Je viens faire un tour par ici. Et oui GP Marcel, même les caricatures cravatées forcément libérales (comme votre infirmière du reste) que vous décrivez (sauf que je n'ai pas mis de cravate depuis 3 ans et encore je devais être le témoin d'un copain à son mariage) prennent parfois des vacances. Bravo pour votre description si touchante de la vie rurale. Quelle chance vous avez, et n'y voyez aucune ironie. Quel courage politique! Splendide. Et moi à Paris, dans la grande ville noire et hostile, je viens de croiser Amélie Poulain, elle vous embrasse. Merci de vous préoccuper de mon aliénation mentale, promis je vais tenter de sécher le caté dès la rentrée!
@Olivier : pas de caricature toi non plus stp, je ne vole pas au secours du marché, je dis juste qu'il n'est pas bien malin de rivaliser en dogmatisme avec ceux que tu stigmatises. D'autres exemples de marchés concurrentiels qui profitent largement aux consommateurs : le transport aérien, le tourisme, l'informatique, l'ensemble de l'électronique grand public... Faire de ceux qui ne font que reconnaître ces évidences des "ultra-libéraux" est une preuve de terrorisme intellectuel. c'est du reste devenu la marque de ce blog depuis quelques semaines, ce que je constate avec tristesse...
L'accusation de terrorisme intellectuel ne tarde jamais trop lorsqu'on critique radicalement les idées préconçues ; c'est bon signe, ça ! ![]()
Préconçues vous-même...
On peut enlever "intellectuel" si vous préférez. C'est souvent comme ça que ça se termine aussi les critiques "radicales". Mais il n'y a donc de "préconçues" que les idées qui ne sont pas les vôtres.
C'est vrai que : les patrons exploiteurs, les ruraux tout gentils, les OGM vilains pas beaux, le travail forcément aliénant, la concurrence démoniaque, les services publics tellement proches des usagers, la mondialisation de maintenant tellement destructrice de notre bien-être d'avant...
Ca ce sont des bonnes idées bien charpentées et pas préconçues pour 2 sous... Tout le monde le sait...
allez, je vais t'expliquer:
@Jihème,
La scène minitel a eu son histoire. Et personne ne s'est ruiné à 1€32 la minute.
Les gens composaient leurs textes sur leur pc,atari,amiga,acorn etc. à 4Mo de RAM puis balançaient leur production qui généralement était geek à fond, ceux qui se sont ruinés c'est les sex-addicts,mais ils continuent dans les bars américains, ou sur des sites spécialisés même en adsl.
Du reste ce protocole minitel existe encore et quelques nostalgiques l'utilisent toujours...
Le saut qualitatif qui s'est produit avec l'arrivée du réseau Internet n'est pas comparable avec le réseau minitel. On est passé de la plume d'oie au stylo bille. Cependant, mais tout va très vite et on oublie, l'accès via modem 56K était très cher aussi, d'où utilisation de la même méthode pour ne pas se ruiner.
L'arrivée de l'adsl, c'est autre chose encore qui n'a rien à voir avec l'utilisation de la ligne téléphonique puisqu'on utilise une bande de fréquence différente même si on se sert du même tuyau.
Ici, ce n'est donc pas la concurrence qui fait que l'accès à un réseau coûte tel prix, mais l'apparition d'une technologie.
Pour conclure, je dirais que ton raisonnement est peut-être libre mais en tout cas faussé.
Sans rancune.
Rions, c'est imprenable !
Bravo à GPMarcel ! Cette façon enthousiasmante de voir la vie demande d'abord beaucoup d'imagination et d'ingéniosité, promet des soirées pas tristes - ce qui est quand même l'essentiel - et, j'en suis convaincu, est efficacement subjective (subjectivement efficace, yes).
Oui mais en même temps...
Les progrès technologiques ne sont-ils pas aussi le fruit de la concurrence ? A-t-on créé l'ADSL par pure philanthropie ? Et l'amélioration des performances des ordinateurs ? Et pour oublier un peu le marché, la course à l'espace entre les USA et l'URSS et les progrès gigantesques accomplis n'étaient-ils pas le fruit d'une concurrence cette fois idéologique ?
Et militaire !
Osons
Depuis le début de ce billet et du fil de discussion qui a suivi, j'y pense mais ne dis rien, parce que ce n'est qu'une hypothèse. Effectivement le prix de l'accès à internet semble avoir été favorisé par la concurrence. Mais, tout aussi effectivement, il s'agissait d'un marché neuf qui se devait d'être captif. Comme la téléphonie mobile, chère au début, mais rapidement plus accessible grâce à la concurrence. Ceci dit sans tenir compte des aléas des services après-vente tous très galère et des numéros surtaxés en cas de problème. Mais n'ergotons pas.
Lorsqu'il s'agit de l'électricité, du gaz, du "12", nous parlons de vieilles fournitures avec lesquelles nous sommes nés. Et laisser des réseaux, des agents professionnels aux mains des marchands alors que nous parlons de fournitures essentielles au bien-être quotidien de millions de gens dont une grosse partie n'a rien à foutre de la comparaison avec l'accès à internet, là, on change de monde…
Est-il juste que la Mamie qui a une panne de gaz ou d'électricité ou un retard de paiment ait à ne rien comprendre avec le "taper 1" sur son téléphone parce qu'il n'y a plus d'agence ouverte dans sa ville ou son village ou sa banlieue?
Alors Jihème, même si Olivier a des travers de gauchiste révolté, là c'est moi qui m'insurge. Ouvrir à la concurrence est une chose, laisser des mamies ou d'autres "not in the move" sur le carreau sans électricité ou gaz ou câble ou renseignement téléphonique, moi, je dis non.
Tu vas te prendre un travers de gauchiste révolté dans ta face, toi ![]()
T'es sûr?
La face, t'es sûr? ![]()
Ce qui est bizarre
C'est qu'en fait il y a un truc très simple à comprendre : le marché n'est pas fun, le marché n'est pas sexy, le marché n'est pas une fin en soi...Une fois ceci posé, on devrait objectivement observer une alliance entre ceux qui pensent, d'une part, que le marché est neutre philosophiquement et qu'il doit être régulé pour corriger les excès, et ceux, d'autres part qui militent pour une autre système économique : ceux là devraient pouvoir discuter et réfléchir à un compromis satisfaisant et une plateforme d'opposition commune.
Le problème est qu'il y a un parti qui est, en principe, en position dominante parce que de gouvernement (le PS) et qui donc se croit intouchable, et de l'autre une poignée de partis altermondialistes qui n'ont pas encore décidé de s'unir alors qu'ils devraient y travailler dès maintenant pour au plus tard 2012.
Est-ce donc si difficile d'accepter pour les altermondialistes qu'ils infléchiront le discours du PS vers la gauche le jour où ils formeront une structure capable de parler d'égal à égal avec lui ?
Quel est donc le prix si lourd à payer pour la création de ce parti ? Est-ce simplement le prix d'un compromis aussi avec leurs idéaux pour faciliter le rapprochement ?
@ johnmarguerite,
La concurrence a eu bien-sûr des conséquences positives sur la recherche mais beaucoup moins que la mise en commun des ressources.
D'ailleurs la recherche ne s'y trompe pas: le principe même de la publication des résultats pour validation collégiale va à l'encontre d'une mise en concurrence du savoir.
Après viennent les histoires de brevet, et c'est une question idéologique avant tout car il est clairement envisageable de créer des réseaux mondiaux de recherche collaborative sans enjeu économique et tout à fait efficaces, ce qui n'empêchera pas les personnalités "exceptionnelles" de se démarquer et d'inventer des choses extraordinaires.
John et le docteur
Merci Mon Cher John d'avoir remis notre bon docteur pontifiant à sa place. Il nous fait un cours de techno hors sujet et se permet d'émettre un jugement péremptoire à la fin. Mais enfin Cher Docteur, au milieu des années 90, les ingénieurs de France Télécom prétendaient dans leur jargon que "les mobiles ne se développeront jamais sur le marché des résidentiels (sic), car nous avons le réseau de publiphones (resic) le plus moderne et le plus dense du monde". Trop visionnaire.
Puis ensuite, ils ont pensé qu'Internet, ce machin américain, ne séduirait jamais les Français qui - encore du jargon - avaient avec le "teletel", le meilleur "service en ligne" du monde.
Encore trop fort.
Heureusement que les exemples étrangers puis la concurrence interne (bien insuffisante hélas dans les mobiles) les ont contraints à plus de lucidité.
Ensuite, le raisonnement du docteur est un contresens absolu, mais non ce n'est pas la technologie qui fait le prix, c'est son passage à une demande de masse lequel passage est évidemment beaucoup plus rapide quand la concurrence est forte du côté de l'offre. Gageons que si France Télécom avait encore le monopole, nous en serions au Numeris et pas encore à l'Adsl.
Dernier point pour le docteur, et finissons par un bon cette fois. C'est vrai que le modèle collaboratif est dans certains domaines encore plus puissant que le modèle concurrentiel. On pense notamment à tout le mouvement autour de Linux et des logiciels libres qui donnent des sueurs froides à Microsoft. Mais d'une part ce modèle est une alternative justement parce que Microsoft a tué toute concurrence; d'autre part ce modèle ne peut fonctionner que dans des domaines où l'innovation est permanente. On le voit mal le modèle coopératif fonctionner dans les casseroles ou les voyages!
@Fajua
Mais enfin je ne dis pas autre chose, relis-moi, je dis bien que dans certains secteurs, l'ouverture à la concurrence est un non-sens et je cite l'énergie et les transports ferroviaires. Je suis solidaire de ta Mamie. Mais si ta Mamie a envie de se mettre à l'informatique ou de prendre des photos de ses petites-enfants, heureusement que, grâce à la concurrence, toutes ses pauvres économies n'y passeront pas...
Quant aux valeurs intrinsèques du service public forcément intouchables : je plains ta pauvre Mamie quand elle doit faire la queue à La Poste...
@ Jihème
Pourquoi tu finis avec cette pique contre la Poste? Là non plus il ne faut pas toucher, sinon les lettres de "la" Mamie, pas la mienne, n'arriveront plus que tous les trois jours à Trifouillis les Oies. Si on fait la queue à la poste, c'est qu'il manque de personnel, les titulaires ne sont plus remplacés et les emplois précaires s'y développent à une vitesse grand V. L'image de la Poste aujourd'hui n'est déjà plus celle d'un service public. On y développe tout ce qui est marchand (la "Banque Postale", les envois rapides) et on laisse mourir le traitement du courrier. La Mamie ne devait d'ailleurs pas faire la queue à la Poste. Quand son facteur responsable de la même tournée depuis toujours venait lui déposer le courrier, il pouvait aussi lui vendre des timbres ou prendre son recommandé. Mais ça, c'était avant...
Cette "pique" c'est parce qu'il ne faut pas non plus avoir des oeillères et que le sketch hilarant de Dany Boon n'est pas seulement dû à l'éternel "manque de moyens" mais aussi, - reconnais-le - à une mentalité routinière et égoïstes de certains "agents" qui dégradent le "service public". Même s'il y en a beaucoup d'autres qui se mettent en 4, le système de ce type d'organisations monolithiques et centralisées ne favorise pas toujours l'initiative et l'esprit de service. C'est tout, et ce n'est ni "libéral" de le dire, ni "progressiste" de le cacher.
Enfin (avant)dernier point, quand tu écris "marchand", on a l'impression que tu écris un gros mot. Il y a des "marchands" formidables comme il y a des "fonctionnaires" feignants ou des élus "intègres".
Dernier point : pourquoi c'était toujours mieux "avant" pour ta (mais je sais que c'est pas la tienne) Mamie ???
Projection
"Marchand" n'est pas un gros mot sur mon clavier ou dans ma bouche, c'est toi qui le lis comme ça. C'est juste en opposition à service public qui, pour couvrir égalitairement la totalité d'un territoire doit avoir des branches déficitaires et donc hors d'une logique marchande.
Si l'isolé (âgé ou handicapé ou de peu de revenus) a accès à un service de qualité grâce un fournisseur passé du public au privé, je ne parlerai plus de "c'était mieux avant".
Heureusement qu'il y a de la conccurence et plus de libéralisme aussi dans un pays qui sombre dans le conversatisme économique et un souverainisme en ce qui concerne le progrès scientifique et technologique.
On voit le progrès en matière de choix d'opérateurs de téléphones fixes. Certains offrent des services de meilleurs qualités que d'autres.
Le progrès technologique a besoin de la conccurence aussi comme l'a rappelé si bien John Margueritte.
Autre exemple, maintenant on peut choisir Poweo comme fournisseur d'électricité. Pas mal, c'est un progrès.
Les services publics doivent être mis en conccurence pour bien marcher sinon ils y perderont de leur qualité.
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