Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

12 août 2007

L'abjection des mutilations sexuelles féminines

excision_afficheL'excision, qui consiste à pratiquer l'ablation du clitoris et de tout ou partie des petites lèvres, censément pour protéger l'honneur et la virginité des filles et les mettre à l'abri du désir sexuel (donc de l'infidélité), en leur supprimant le plaisir, est officiellement interdite en Egypte depuis 10 ans. Pourtant, une étude systématique publiée en 2003 par l'Unicef a montré qu'elle concernait 97% des femmes mariées ! En juin dernier, le décès d'une adolescente de 12 ans, à la suite d'une excision, avait abouti à la publication d'un décret condamnant tout médecin qui pratique cette opération à l'interdiction d'exercer. Ce qui n'a pas empêché l'un d'entre eux d'exciser Karima Rahim Massoud, 13 ans, dont la mort a été découverte vendredi dernier, lorsque son père a réclamé à un autre médecin un certificat de décès pour... "mort naturelle". Le cabinet médical du village de Kafr Gaafar (province de Gharbiyah), où a été pratiquée l'intervention, a été fermé et le médecin responsable mis en examen, en compagnie du père de la victime.

Contrairement à ce que l'on pense souvent, l'excision n'a rien à voir avec l'islam. En Egypte, aussi bien chrétiennes que musulmanes sont ainsi mutilées. Même si les chefs religieux, qu'il s'agisse du cheikh d'Al-Azhar, Mohammed Sayyed Tantaoui, principal leader spirituel de l'islam sunnite, ou du patriarche de l'Eglise copte, Chenouda III, se tuent à répéter que cette pratique n'a "aucune base dans les textes religieux". Même son de cloche chez les religieux d'Afrique noire, où l'on perpétue (et perpètre) massivement l'excision : l'Unicef estime que 100 à 130 millions de femmes africaines actuellement en vie ont subi une mutilation sexuelle. On l'observe "au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en République Centrafricaine, en Côte d’Ivoire, en Gambie, au nord du Ghana, en Guinée, en Guinée Bissaü, au Kenya, au Mali, en Mauritanie, au Nigeria, en Ouganda, au Sénégal, en Sierra Leone, en Tanzanie, au Togo, au Tchad", énumère le docteur Marie-Hélène Franjou, présidente fondatrice du Groupement pour L'Abolition des Mutilations Sexuelles, mais aussi sur d'autres continents : Yémen, Indonésie, Malaisie, Bahreïn, Sultanat d'Oman, Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Inde. Sans oublier que l'excision a cours aussi en Occident - en France par exemple -, du fait des migrations internationales de populations.

logo_mutilations_sexuellesL'excision est une barbarie sans nom. "La vulve est une région du corps très vascularisée et très innervée, particulièrement au niveau du clitoris. La section du clitoris et des petites lèvres entraîne une douleur très intense, intolérable, accompagnée de peur, d’angoisse et parfois d’un grave état de choc. Un saignement éventuellement hémorragique peut entraîner la mort", explique le docteur Franjou. Mais il y a pire encore que l'excision : l'infibulation, ou ablation de la totalité des organes externes avec suture des moignons des grandes lèvres bord à bord. Une abjection totale qui concerne 15% des cas de mutilations génitales féminines. La description de la présidente du GLAMS soulève le coeur : "il ne reste rien de la vulve qui est remplacée par une cicatrice fibreuse dure où on ne retrouve qu’un minuscule orifice destiné à l’écoulement des urines et du sang des règles. L’ouverture est si étroite qu’elle ne permet pas un rapport sexuel. Au pays d’origine, le mari ouvre sa femme avec un instrument coupant le jour du mariage. Dans les cas les plus heureux, une incision de la cicatrice est faite à l’hôpital. Dans d’autres cas, le mari déchire progressivement sa femme et un rapport complet n’est possible qu’après des mois de tentatives infructueuses. En Occident, il n’est pas rare de voir consulter en maternité une femme enceinte qui n’a jamais été pénétrée. Le sperme du mari, déposé sur la cicatrice, a pu la féconder au travers de l’orifice existant. Pour que l’accouchement puisse se faire, on incise la cicatrice afin que l’enfant puisse passer. Après l’accouchement, le couple demandera parfois, comme cela se fait au pays d’origine que la femme soit "recousue aux dimensions du mari ". Insoutenable. Un seul mot pour désigner ces mutilations sexuelles : il s'agit de torture, pure et simple. Injustifiable.

Posté par Olivier Bonnet à 11:26 - Société - Commentaires [49] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Merci pour cet article Olivier .

Vaste débat que les mutilations génitales féminine.

Je ne pense pas qu'il soit évident de l'entreprendre içi :))

Posté par abrezolecloporte, 12 août 2007 à 11:53

Pour moi, il n'y a pas à débattre. Un homme qui est favorable à ce genre de pratique est l'équivalent d'un nazi, et donc un ennemi, à combattre, sans négociation, et au besoin à abattre. Au nom de la légitime défense.

Posté par Lory, 12 août 2007 à 13:18

Les promesses

il m a semblé entendre un jour un type ambitieux déclarer (durant la campagne présidentielle) que toutes les femmes martyrisées auraient la nationalité française... pour beneficier de notre protection :) mais j'ai du mal entendre....la presse ne s'est guère emue du budget de réalisation d'une telle déclaration et nous sommes passé à d'autres "conneries" plus vendeuses (sic)

allez je retourne surveiller les cons de bureau, quoi que je devrais m'interresser aux bureaux politiques :)
Tonvoisin Debureau
http://www.travailleravecdescons.com

Posté par tonvoisin, 12 août 2007 à 13:23

Bon article sur un sujet grâve et important dont les grands médias parlent très peu. l faut combattre cette horrible chose qu'est l'excision des femmes là où ça se produit.

Posté par Aurélien, 12 août 2007 à 17:14

Droit du plus fort...

Une horreur sans nom (parmi trop d'autres subies par trop de femmes dans le monde). Toujours du "droit des hommes", plus fort que les Droits de l'Homme (formulation à laquelle il faudrait, pour rappel toujours ajouter "et de la Femme").

Posté par Françoise, 12 août 2007 à 17:17

@ Lory et Françoise : s'emparer de cette question sous l'angle "féministe" (droit des hommes, droit des femmes, droit du plus fort, etc), c'est mettre de côté un fait indubitable (et incompréhensible à mes yeux) : ce sont les femmes qui transmettent, perpétuent, et dans ce cas, perpètrent, les traditions.
Peut-être bien qu'à l'origine, c'est un homme qui a demandé que l'on "couse" sa femme. Mais ça ne change rien : hommes et femmes s'entendent pour perpétuer une coutume abjecte.
Il s'agit là de dignité humaine, de droit à l'intégrité physique. Comment expliquer que les exciseuses soient elles-mêmes excisées ?...

Bises et bonne soirée à tous

Posté par Flo Py, 12 août 2007 à 22:31

@ Flo Py

"Comment expliquer que les exciseuses soient elles-mêmes excisées ?..."

Comparaison n'est pas raison, mais on sait bien, pour prendre un autre exemple, que les parents maltraitants ont assez souvent été des enfants maltraités.
En dépit de ce que vous dites de la responsabilité des femmes, il est difficile quand même de ne pas "s'emparer de [la] question [des mutilations sexuelles] sous l'angle féministe"...

Posté par Clarence, 13 août 2007 à 08:42

une marque archaique de la domination patriarcale

@ Flo py

Perso (et pas plus que Françoise je pense),je ne m'empare de rien sous aucun angle particulier.

Je considère l'excision comme un crime contre l'humanité et ceux qui la pratiquent ou en réclament, exigent, prèche la pratique, des criminels.

Il est faux de dire que ce sont essentiellement les femmes qui le transmettent, contrairement à la pratique du repassage des seins; je ne mets donc rien de coté.

Si ce sont pour une bonne part des femmes qui la pratiquent dans les campagnes les plus reculées (sans anesthésie, au couteau de cuisine ou à l'éclat de verre), il s'agit de paysannes analphabètes, ce qui n'est pas le cas des médecins-bourreaux qui, eux, ont fréquenté une université.

"Comment expliquer que les exciseuses soient elles-mêmes excisées ?"

Elles reproduisent ce qu'elles ont subi (selon le meme processus qui fait que souvent qui a subi une forme de violence la reproduit à son tour s'il ne peut évacuer le choc psychologique par le biais d'une psychothérapie) parce qu'elles sont aliénées, ayant intégré cette forme concrète de la marque physique de cette forme archaique de la domination patriarcale: il est impossible d'aborder ce sujet en excluant la pensée féministe, sinon il manque une pièce du puzzle pour comprendre le phénomène.

Posté par Lory, 13 août 2007 à 08:57

Tout à fait

D'ac avec Lory lorsqu'elle invoque l'argument de l'aliénation pour expliquer comment des femmes peuvent être (parfois farouchement) partisanes de cette abomination. Aliénation, intériorisation de la norme et de la domination, reproduction du rapport de force, incapacité à seulement imaginer un autre monde : on retrouve ces grands schémas pour tout un tas d'autres sujets féministes moins "graves"...

Mariages forcés...
enfermement des filles (parfois pour les "protéger")...
stigmatisation de celle qui ose porter mini-jupe/mini-top le soir au péril de sa ""vertu""...
stigmatisation de celles qui vivent une sexualité libre (saaaaalopes !) et de celles qui sont femmes sans avoir besoin d'être mères (sans-coeur !)...
harcèlement moral en entreprise, aussi par des supérieurs femmes (ou toléré par lesdites)...
placardisation au retour du congé mat' parce qu'elle sera forcément moins disponible (là aussi, pratique tant féminine que masculine)...
soumission totale, enthousiaste, voire militante aux dogmes du paraître et de l'avoir (être mince et modeuse !) dans une presse féminine qui se targue de féminisme et qui est un des plus puissants moteurs de ces reproductions de la soumission douce (peut-être pire à long terme, car sa douceur la rend trop souvent invisible)

Remarque : l'expression "droits humains" remplacerait avantageusement, à mon sens, "droits de l'homme", car il faudrait y ajouter "et de la femme" et aussi "et de l'enfant"... Et quid de ceux qui remettent en question le genre ? Bref, je n'ai jamais vraiment compris les réticences à adopter cette expression "droits humains" (comme quoi ce serait une transposition d'un concept anglosaxon qui ne recouvrirait pas complètement l'esprit initial de la Décla... quelqu'un saurait-il m'en dire plus ?)

Posté par ko, 13 août 2007 à 10:52

declarations declarations

la citation dont je parlais...

"Chère Simone Veil, si je suis élu président de la République je serai fidèle au combat qui a été le vôtre pour les femmes françaises en portant dans le monde une parole forte de la France", a-t-il déclaré. "Chaque fois qu'une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés."
"Il faut mettre les droits de l'homme au service des droits de la femme dans le monde", a ajouté l'ex-ministre de l'Intérieur, dont la proposition de "ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale" a indisposé Simone Veil.

NB : j'attend !

Tonvoisin Debureau expert en conologie appliquée au travail..
Minitere autonome de la valeur travail
http://www.travailleravecdescons.com TRAVAILLER MOINS GAGNER PLUS DE FA9ON INDECENTE

Posté par tonvoisin, 13 août 2007 à 14:22

@ Lory, Ko... A tout le monde

Je suis évidemment consciente et d'accord avec ce qui pourrait être un excellent résumé de La domination masculine de Bourdieu (intériosation de la domination, etc).

Je voulais simplement dire que l'angle féministe (avec tout ce que ce terme peut contenir de négatif, dans l'inconscient collectif, car il faut bien reconnaître que tout le monde ne l'emploie pas comme Benoîte Groult, par exemple), c'est donner une bonne excuse aux machos (hommes et femmes) de se désintéresser de la question. Si vous préférez, je pense que ça fait "diversion".

Bises et bonne journée à tous

PS : Pardon si j'ai offensé quelqu'un ; ce n'était pas mon intention.

Posté par Flo Py, 13 août 2007 à 14:35

Le livre noir de la condition des femmes .Éditions XO. Existe en poche .

Comment et pourquoi les femmes sont-elles mutilées, enfermées, déplacées, négociées, marchandées, souvent avec la complicité tacite des États, même démocratiques ? Comment peut-il manquer quatre-vingt-dix millions de femmes en Asie ? Est-ce un hasard si le SIDA en Afrique tue aujourd’hui plus de femmes que d’hommes ? Pourquoi, en matière de viol et de violences conjugales, privilégie-t-on les explications culturelles ou religieuses dans les pays du Sud pour préférer les causes d’ordre psychologique et individuel dans les pays du Nord ? Pourquoi les femmes sont-elles davantage brutalisées lorsqu’elles sont instruites et qu’elles accèdent à l’autonomie ? Pourquoi, partout, les femmes sont-elles les plus pauvres d’entre les pauvres... ?L’ingéniosité des civilisations humaines en matière de violences exercées contre les femmes est sans limites. Nous les avons parcourues dans leurs multiples dimensions : violences physiques, en temps de guerre comme de paix, violences collectives et individuelles, violences économiques, sociales, politiques, religieuses, violences psychologiques aussi...

Posté par abrezolecloporte, 13 août 2007 à 16:55

en lisant, en y pensant j'ai mal.
Vaste débat : non, il ne doit pas y avoir débat. Vous voulez parler des traditions ? Curieuse cette habitude que l'on a de ne respecter les traditions que lorsqu'elles sont mauvaises,... et ne s'appliquent pas à vous.
A-t-on interrogé les petites filles sur leur profond désir de respecter cette tradition ?

Posté par brigetoun, 13 août 2007 à 19:24

Ce qui me semble abject, en dehors de l'horreur de la réalité, c'est que ce sujet, depuis si longtemps ramené sous les feux des projecteurs par X ou Y, je l'ai fait il y a quelques années, soit encore d'actualité ! Comment réellement faire pour que ça cesse ?! Demander à Cécilia?

Posté par La Lésion, 13 août 2007 à 22:15

Continuer à en parler, convaincre, et surtout, sur le terrain. Il y a des gens et des institutions (assoces, organismes) qui font un excellent boulot, notamment en ayant convaincu, dans plusieurs pays, les autorités religieuses locales de condamner ces pratiques : ça ne suffit pas encore à les stopper, mais c'est un pas essentiel dans la bonne direction. Il faut lutter contre l'ignorance et l'assujettissement des femmes ; il faut permettre la prise de parole. C'est lorsque les populations locales elles-mêmes s'impliquent dans ce combat qu'il progresse, pas lorsque "l'extérieur" le porte.
A ce sujet j'avais visionné un reportage très beau et très dur sur Arte. Il rappelait notamment le cadre historique de la lutte contre les mutilations génitales. Le colonisateur anglais avait eu, dans les années 30, des velléités de lutte contre ces pratiques. Il avait mené campagne de façon assez offensive, en s'en prenant aux exciseuses (qui sont des femmes de pouvoir, localement, et cela aussi explique qu'elles aient du mal à abandonner ce statut) et aux parents des jeunes filles mutilées. C'est en Somalie, ou en tout cas, dans cette zone d'Afrique, que des populations locales ont apporté une réponse, disons radicale, à cette politique du colon : les hommes ont enlevé des femmes anglaises, et ont menacé de leur faire subir les mutilations rituelles si les autorités coloniales ne cessaient pas la politique de répression... Cette fois-là, la "tradition" a eu gain de cause. Les Anglais avaient au moins eu le mérite de tenter quelque chose contre ces pratiques ; ce qui n'est pas le cas, me semble-t-il, des vaillants colonisateurs français, héritiers des Lumières et porteurs de la bonne parole du Progrès et de l'Instruction...

Posté par ko, 14 août 2007 à 09:25

Il y a aussi...

... un médecin français, contemporain, qui a développé une technique de reconstruction des organes sexuels extérieurs féminins, et il a formé une équipe (ils opèrent aussi bien en France qu'en Afrique). Un honnête homme.

Posté par ko, 14 août 2007 à 09:28

@ Flo py

"Je voulais simplement dire que l'angle féministe (avec tout ce que ce terme peut contenir de négatif, dans l'inconscient collectif, car il faut bien reconnaître que tout le monde ne l'emploie pas comme Benoîte Groult, par exemple), c'est donner une bonne excuse aux machos (hommes et femmes) de se désintéresser de la question. Si vous préférez, je pense que ça fait "diversion"."

C'est vraiment un discours qui manque de clarté. En tout cas, je n'en comprends pas la finalité.

Qu'est-ce à dire? Que ça fait peur aux pauv'zommes et que donc il ne faut pas en parler? Qu'il ne faut pas faire peur aux machos?

Je répète qu'on ne peut pas comprendre un phénomène comme l'excision ni le démonter pour le combattre si on fait abstraction de la pensée féministe.

Evidemment, que le féminisme dérange les machos puisqu'il remet en question leur privilèges. Mais fort heureusement, tous les hommes ne sont pas des machos.

Posté par Lory, 14 août 2007 à 10:04

"""C'est en Somalie, ou en tout cas, dans cette zone d'Afrique, que des populations locales ont apporté une réponse, disons radicale, à cette politique du colon : les hommes ont enlevé des femmes anglaises, et ont menacé de leur faire subir les mutilations rituelles si les autorités coloniales ne cessaient pas la politique de répression.."""

Le complexe du colon n'est pas mort .
Mais pas du tout .L'excision fut partout.

Plusieurs sociétés, dont celles de l’Europe, l’ont pratiquée à divers moments de leur histoire. En effet, une secte chrétienne russe, les « skoptzis », invoquant une citation du Christ, aurait obtenu de ses fidèles mâles qu’ils se châtrent eux-mêmes, les femmes étant contraintes de s’exciser et de se couper les seins (Brisset 1979). Le médecin français, Michel Erlich (1986 : 80), qui a pratiqué en Afrique de l’Est pendant plus de 10 ans, confirme ces faits : « Les peuples exotiques n’ont pas l’exclusivité des pratiques sanglantes : un foyer européen de mutilations génitales masculines et féminines d’inspiration religieuse s’est développé durant deux siècles en Russie. »

De même, d’après Brisset (1979), selon un rapport de 1864, l’excision a été pratiquée dans des hôpitaux psychiatriques en Grande-Bretagne et en France, pour lutter contre la masturbation des jeunes filles. Il en a été de même en Amérique du Nord. Belal et Blanchot (1999) rapportent un autre exemple de la pratique de l’excision en Occident : « Au XXIième aux États-Unis, l’Orificial Surgery Society se fit la propagandiste de l’ablation des organes où siégeait le diable. » Tous ces faits historiques démontrent le caractère universel de la pratique des MGF.

Cependant, en ce début du XXIième siècle, ce n’est que la situation en Afrique au Sud du Sahara qu’on connaît un tant soit peu. On retrouve les MGF dans 27 pays africains situés sur la bande allant d’Est en Ouest et au long de la vallée du Nil où elles touchent 120 millions de femmes. Mais, ce nombre ne serait que la pointe de l’iceberg, car il n’indique que les femmes qui en sont affectées en Afrique au Sud du Sahara. Or, les MGF se pratiquent également dans certaines parties du Moyen Orient et de l’Asie du Sud et de l’Est, soit au total dans 40 pays au monde, selon la Dre Nafis Sadik, Directrice du Fonds des Nations Unies en matière de population (FNUAP). Mais, en dehors de l’Afrique, on n’a pas de données. Tout s’y passe dans un silence complice tant au Moyen-Orient qu’en Asie et dans des pays d’émigration de leurs populations.

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2150

Posté par abrezolcloporte, 14 août 2007 à 13:54

Merci beaucoup de cette contribution très intéressante.

Posté par Olivier B., 14 août 2007 à 21:44

imprécision

"L'excision, qui consiste à pratiquer l'ablation du clitoris et de tout ou partie des petites lèvres,[...]"

"ou" et non "et"
il n'y a pas ablation du clitoris dans tous les cas

http://www.1monde.net/index.php/weblog/clitoris_fantome/

Posté par tao, 15 août 2007 à 00:04

Ouais moi je trouve ca d'un autre age,dégeulasse.
Mais comme je me melle de mes oignons, la pédophilie me préoccupe d'avantages étant papa.
Quelle hyprocrisie de se meler des clito's d'Afrique et se la jouer bonne mesure.
Les chapeaux coloniale deguisé en sauveur de clito.

Posté par Ramo, 15 août 2007 à 13:32

@abrezolcloporte

"Complexe du colon" ? Où ça ?
Dans mes propos, je relate une anecdote, car je la trouve intéressante. Point barre. Je n'en fais pas le support d'autre chose que ce qu'elle est : un épisode, localement et historiquement circonscrit, de la lutte contre les mutilations génitales. Où vois-tu là-dedans un colonialisme (culturel, j'imagine) voilé ? C'est assez drôle, en outre, de m'attribuer ce type d'attitude (c'est assez mal me connaître, mais ça fait partie du jeu sur internet...)
Il faut arrêter de lire les autres à travers ses propres prismes, et se contenter de lire ce qu'ils disent réellement.

Par ailleurs, comme Olivier, je dis merci pour le reste de la contribution.

Posté par ko, 15 août 2007 à 20:03

En faire..

son affaire voilà le frein..Quand on préfère "se meller de ses oignons" ou quand on en revient éternellement aux racines historiques, on se donne de bons prétextes pour ne rien voir et rien faire..Partout les intégristes de "la tradition" tentent de faire reculer la réflexion...Et Youpi pour l'excision, l'esclavagisme, l'inceste, la chasse, la corrida..Et la liste est longue, si longue..
"Se meller de ses oignons"??? Berk!

Posté par ka, 15 août 2007 à 20:24

Si on pouvait éviter de mêler "chasse et corrida" à "excision, esclavagisme et inceste"... Car les deux premières activités concernent des animaux, et oui, non des êtres humains, et même avec toutes leurs dérives, cela fait toute la différence. Je sais qu'on m'opposera qu'être cruel envers des animaux est suspect, mais je maintiens le distinguo.
Avant de s'en prendre aux chasseurs et aficionados, qui aiment réellement la nature, même si c'est à leur façon, et préservent la diversité biologique (si-si, renseignez-vous : sans chasseurs, plus de garenne, plus de perdrix, plus de gibier ; sans corridas, plus de toros sauvages) intéressons-nous donc aux poulets de batterie et autres boeufs industriels...

Posté par ko, 16 août 2007 à 10:03

D'accord pour trouver inopportun le parallèle entre chasse / corrida et les persécutions dont sont victimes les femmes dont nous parlons.

Posté par Olivier B., 16 août 2007 à 10:17

Aucun parallèle

Je ne confonds rien, je constate que le terme "tradition" freine bien des réflexions..Le discours "Dans ma culture, c'est comme ça..Dans mon histoire, c'est comme ça, dans mon village c'est comme ça..etc.."

Posté par ka, 16 août 2007 à 11:12

D'accord aussi avec ça, chère Ka !

Posté par Olivier B., 16 août 2007 à 11:14

En +

Nous avons vu plus haut que les taureaux savent parfois être utiles à la chevelure des femmes...

Posté par Lalala, 16 août 2007 à 17:14

Merci d'en parler...
C'est effectivement toujours un sujet très délicat car en France la plupart des femmes ne peuvent juste pas comprendre. Je comprend les cris les indignations mais cela ne resoud rien. Dans ma famille, toutes les femmes sont mutilées: je dois mon intégrité à ma mère, française, et à mon père qui a fuit son pays justement pour que je ne subisse pas le même sort, pour nous donner une chance. Ma mère a travaillé longtemps pour lutter contre ce fléau mais ce n'est certainement pas en hurlant que l'on fait disparaître une babarie qui se pratique depuis la plus haute antiquité (référence égyptienne et grecque).
Tous les continents ont pratiqué ou pratiquent des horreurs sur le corps des femmes, souvent de leur propre consentement et meme sur leur demande, cela ne disparaitra que quand cette culture ouvrira les yeux. Et on ouvre les yeux de soi-même, certainement pas parce qu'on nous crie de le faire...

Posté par Aspasy, 17 août 2007 à 15:10

Je ne crois pas..

qu'il faille attendre que tous et toutes "ouvrent les yeux". Il faut des responsables politiques courageux. S'il avait fallu "attendre", le commerce des esclaves, le travail des enfants, l'avortement , la peine de mort, etc.. seraient toujours à l'oeuvre chez nous...

Posté par ka, 17 août 2007 à 21:14

Il a tout de même fallu attendre que la société soit prête à accepter de telles lois, sinon la peine de mort aurait été supprimée au Moyen âge et l'esclavage aux Lumières...
Il a fallu attendre que la population soit éduquée, sensibilisée et comprenne assez la situation pour élire ces députés qui ont voté ces lois!
C'est triste à dire, mais on parle de l'Afrique! Pas de l'Europe! Pensez qu'en Afrique du Sud, la rumeur veut que violer une vierge vous guérit du SIDA!!!
Il y a une loi en France interdisant les mutilations, et pourtant je peux vous affirmer que cela a court, et souvent, et sur beaucoup de jeunes filles... hélas!

Posté par Aspasy, 18 août 2007 à 11:36

@ Aspasy

On dit beaucoup de choses sur l'Afrique et les Africains, et cela relève beaucoup trop souvent du pur fantasme. Que nous devrions veiller à ne pas reprendre tel quel.
Que cette fameuse rumeur existe, c'est exact. Mais combien y croient réellement, et combien s'en "servent" pour "justifier" d'éventuelles agressions sexuelles ? Comme tout fantasme bien atroce, une telle rumeur est instrumentalisée, à bien des niveaux.

Posté par ko, 18 août 2007 à 17:49

@ Tao
"L'excision, qui consiste à pratiquer l'ablation du clitoris et de tout ou partie des petites lèvres,[...]"

"ou" et non "et"
il n'y a pas ablation du clitoris dans tous les cas

Désolé de contredire mais L'excision est l’ablation de la partie externe prépondérante du clitoris et de son capuchon et des petites lèvres.
Suivant les régions du monde la pratique n'est pas la même car on trouve :
- la clitoridectomie qui consiste à l'ablation du clitoris seul
- l'excision, qui consiste à enlever partiellement ou totalement le clitoris et, souvent, les petites lèvres
- L'infibulation ou circoncision pharaonique qui est la forme de mutilation génitale féminine la plus extrême qui soit. Elle consiste à l’ablation totale du clitoris, des petites lèvres et des grandes lèvres à l’entrée du vagin. De plus, l’entrée de ce dernier est cousue jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une fine ouverture servant aux écoulements menstruels (le plus souvent, pour préserver la virginité d’une petite fille)
- l’introcision (pratiquée par les aborigènes Pitta-Patta d’Australie et les Conibos, branche des indiens Panos, au Pérou) qui consiste à élargir l’orifice vaginal avec une lame en pierre.
il faut noter qu'aucun verset coranique, aucun propos prophétique ne recommandent cette pratique.

C'est dans tout les cas, que ce soit "et" ou "ou" une abomination.

Posté par Pem, 24 août 2007 à 08:36

Merci pour les détails, t'as au moins fait 4 ans de médecine. Ce matin ma copine m'a demandé ce que j'avais, j'ai rien pu faire (j'espère qu'elle va pas se rattraper avec un collègue de bureau).

Posté par alaise, 24 août 2007 à 09:36

@ alaise

Non, pas d'études de médecine, j'en suis bien loin (des études et de la médecine). Juste quelques recherches sur Internet histoire d'apporter des précisions.

ps : moi, ce matin, j'aurais bien voulu, c'est elle qui n'était pas "open"...On verra ça une autre fois !

Posté par Pem, 24 août 2007 à 09:54

Ben tiens, je pourrais te présenter ma copine. Non je rigole, sauf si ....

Posté par alaise, 24 août 2007 à 09:56

Merci, mais la mienne me convient. sauf si...?

Posté par Pem, 24 août 2007 à 10:15

Ben, sauf si elle se tire avec un collègue de bureau par exemple.

Posté par alaise, 24 août 2007 à 10:21

Echangisme

Hey vous deux ! Vous ne songez tout de même pas à organiser des parties carrées à partir de ce blog, si ?

Posté par Olivier B., 24 août 2007 à 10:26

@ Olivier

Non, absolument pas. j'ai trouvé "amusant" (tout est relatif) de parler de l'excision et de finir en "site de rencontre virtuel".
Pas de "quadrature" envisagée... :)

Posté par Pem, 24 août 2007 à 10:30

Sueurs froides

Pour ce qui me concerne, à voir la gueule que tirait ma copine en partant au boulot ce matin, je suis même pas certain de la revoir à la maison ce soir. Alors avant de l'échanger, faudra surtout que je m'attache pour savoir comment je vais pouvoir la récupérer, et c'est pas encore gagné....

Posté par alaise, 24 août 2007 à 10:44

@ alaise

Va acheter quelques fleurs, emmène la au resto (si elle rentre) et tout ira mieux....j'espère pour toi !

Posté par Pem, 24 août 2007 à 10:47

Bon, bon merci pour le conseil, jv'ais faire comme tu dis mais inutile de dire que je suis pas aussi à l'aise que Blaise, ni relax que Max comme on dit au café du commerce.

Posté par alaise, 24 août 2007 à 10:51

Explication des doublons

Après avoir posté un commentaire, il ne faut pas réactualiser la page, sinon ça renvoie le même com. Il faut cliquer ailleurs, par exemple sur le titre du message commenté dans la colonne de gauche.
Bonne journée !

Posté par Olivier B., 24 août 2007 à 11:02

@ Olivier

Merci pour l'info, j'y ferais attention pour la prochaine fois. ;)

Posté par Pem, 24 août 2007 à 11:04

Savoir persister 1

Bravo à Olivier pour ce qui a dû être bien plus qu'un article de blog habituel à élaborer et rédiger, et merci à celleseux (ou ceuxelles) qui ont ajouté des informations en commentaire, en particulier Aspasy pour avoir rapporté son expérience et évoqué l'exportation en Europe de ces pratiques (il semblerait qu'il faille insister là-dessus).

Peut-être faudrait-il rappeler que l'UNICEF, qui par l'intermédiaire de son fonds d'aide aux populations (UNFPA) verse des fonds aux associations et ONG impliquées, ne s'implique encore que très symboliquement. Récemment les associations maliennes se sont vues remettre 13,6 millions de Francs CFA (à peine plus de 20.000 euros !). Nous sommes très loin de l'effort entrepris pour une maladie majeure. Ce devrait plutôt être l'OMS qui devrait s'engager sur le sujet, non ?
Au Burkina Faso, par exemple, une loi a été votée en 1996 (http://courantsdefemmes.free.fr/Assoces/Burkina/CNLPE/CNLPE.html), mais, comme cela a été évoqué précédemment par Aspasy, et comme l'a appuyé précédemment Claude Lévi-Strauss et bien d'autres ethnologues avec lui, ce n'est pas une voix extérieure, fut-elle forte, voire violente qui change le paradigme qui amène à l'emploi et la prorogation d'une tradition mais un changement interne à la population impliquée. Et jusqu'à présent, on a pas trouvé mieux pour provoquer ce changement que d'éduquer, sans relâche...

Posté par Alexis Chazard, 24 août 2007 à 13:46

Savoir persister 2

J'avais une suite de liens concernant la question à poster ici, mais il semble que le moteur de blog refuse tous ces liens, les prenant sûrement pour du spam.

Voyez au moins celui-ci http://www.afrik.com/article7362.html : où est rappelé que si Mahomet a dit qu'il fallait faire attention si on doit exciser une fille il ne mentionne aucunement que cela doit être fait, et lui-même ne l'a pas fait sur ses filles (il semblerait plutôt qu'il ait voulu là se prononcer vis-à-vis d'une tradition le précédant et sur laquelle on peut voir ici son opinion).


Enfin, et je ne veux surtout pas troller, mais @ alaise et Pem, cela ne me semble vraiment pas être le lieu pour ce genre d'échange, je sais qu'il est difficile de rester sur le sujet mais il nous le réclame. Plus encore, il me semble pour le moins indélicat de parler de vos désagréments justement ici. Pensez à la différence de gravité entre votre mésaventure et ne serait-ce que celle d'une seule de ces femmes.
Allez, encouragements à toustes (ou toutess, c'est selon :)

Posté par Alexis Chazard, 24 août 2007 à 13:50

@ Alexis Chazard

Si sur un blog qui prône la liberté d'expression (je trouve cela admirable de créer un tel blog de la part d'Olivier) on ne peut plus se permettre le moindre écart, où est la tolérance ? où est la liberté ?
Alaise à repondu à quelques précisions en y rajoutant une pointe d'humeur (du moins, je le pense) et je m'y suis quelque peu engouffré. De là à ne rien laisser passer je trouve cela un peu dur. En me promenant sur d'autres sujets, j'ai pu constater que les intervenants n'étaient pas toujours "en phase" avec le sujet traité.
A ce moment là il faudrait qu'olivier modère tous les commentaires et n'y laisse apparaitre que ceux qui ont un réel lien avec le sujet qu'il a lancé. Il n'en resterait guère plus que la moitié, du coup !
Concernant votre précision sur l'excision par rapport à Mahomet, je l'avais déjà précisé, je "me" cite : il faut noter qu'aucun verset coranique, aucun propos prophétique ne recommandent cette pratique.

Morale de ce com : parler pour ne rien dire ou de rien dire en parlant devrait être la devise des gens qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir...

Allez, sans rancunes et un peu d'ouverture que diable !

Posté par Pem, 24 août 2007 à 15:39

mon avis

je suis une jeune femme de 20ans qui a une passion pour la lectur je vien de lire resament le livre de NURA ABDI "larmes de sable" au dela du poids des coutumes..cette jeune somalienne y raconte son excision a l'age de 4ans et toutes celle de ses amies pour la plus part déscédé pendant l'excison , d'infection ,la nuit "de noce"ou l'accouchement se livre ma révolté comment en 2007 de tel chose peuvent encor arrivé

Posté par sandrine, 28 septembre 2007 à 17:04

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