22 août 2007
Chronique de l'occupation israélienne
Extrait d'un article de Gideon Lévy publié par le quotidien israélien de gauche Haaretz : "Qu’est-il passé par l’esprit des soldats qui l’ont battu, à coups de gourdin, de crosse de fusil, de coups de pieds portés à la tête, aux dires des témoins, et cela jusqu’à ce qu’il meure ? Se peut-il qu’il ait tenté de les attaquer avec un couteau, ce couteau que n’ont pas vu les deux témoins ? Et si c’est le cas, pourquoi les soldats ont-ils continué à le frapper furieusement, alors même qu’il était étendu par terre, inconscient et peut-être menotté comme nous l’a rapporté un témoin oculaire ? Et pourquoi, par-dessus le marché, l’armée israélienne s’est-elle empressée, «après une première enquête» au cours de laquelle aucun des témoins visuels n’a été interrogé, de classer cet incident grave avec ces mots : «les soldats ont agi de manière adéquate» ? Quel genre d’adéquation y a-t-il à ce que des soldats battent un adolescent à mort et que l’armée israélienne les blanchisse diligemment sans aucune enquête sérieuse ? Et quelle est cette monstruosité qui consiste à menotter le père en face du corps de son fils battu et agonisant, et de le laisser ainsi une heure durant comme un animal attaché ?"
Commentaires
et lire régulièrement ce que met en ligne "la paix maintenant"
Théâtre
J'ai joué, cette année une pièce de théâtre de Coline Serreau "Le Salon d'Eté".
Je tenais le rôle de David -revenant des camps- , qui en scène 2, dans un long monologue (10 minutes) disait:
" ...Se heurter à l'indifférence ou à l'incrédulité lorsqu'on raconte les camps, c'est l'antichanmbre de la douleur absolue, mais la douleur absolue c'est d'avoir vu des soldats blondinets tuer en riant une vieille à coups de crosee, et de ne pas comprendre.
Cela fait perdre le sens, l'essence de l'existence...."
Ce texte, je l'ai en bouche. L'incompréhension aussi, la perte de sens, itou...
Mais de là à justifier l'inqualifiable «les soldats ont agi de manière adéquate» je pense que nous ne sommes pas dans la douleur absolue mais dans la mort absolue de l'Homme.
La majuscule
Oui, GPMarcel, la majuscule à l'Homme, est importante… Ça dure depuis combien de temps ce massacre en forme de revanche ? Ce ne sont pourtant pas les Palestiniens qui ont fomenté l'extermination, non ? A-t-on le droit de le dire ?
Combien ?
Combien de Jihad Al-Shaer depuis que les Israéliens "génocident" lentement les Palestiniens ?
Parenthèse hors sujet @David
Libre à vous de penser le contraire, mais les nazis avaient bien planifié l'extermination systématique des juifs vivant en Europe, me semble-t-il. Jusqu'à ce qu'on m'ait démontré le contraire, je tiens tous les détracteurs de cette affirmation pour des révisionnistes (ce que vous semblez revendiquer) qui sont pour moi des faussaires de l'histoire.
itou - mais cela ne donne aucun droit à l'état d'Israël de ne pas respecter le droit international et le droit des gens (je ne fais pas de comparaison) - le seul lien étant que notre culpabilité nous paralyse. Les rescapés ont ils été reçus très bien au début par Israël qui se voulait fière ?
Censure légale
Le commentaire de David tombe sous le coup de la loi et je l'ai donc supprimé.
INCOMPREHENSIBLE.
Bonjour Olivier !
Je suis toujours assez surpris par l'ostracisme dont sont victimes (en France) tous les Juifs qui critiquent Israël.
Il s'agit d'un principe simple: il faut discuter. D'un côté, il y a un envahisseur, et de l'autre, des gens qui défendent leurs terres, certains avec des méthodes détestables c'est sûr, mais, tout de même, ne doit-on pas revenir aux frontières de 1967 pour qu'il y ait une "vraie" paix ?
Bonne journée !
@ La majuscule
"en forme de revanche", c'est peut-etre en trop là, non? On peut le dire?
@ brigetoun
je suppose que l'accueuil leur aura semblé meilleur que celui qu'ils avaient reçu là d'où ils sortaient.
@ Olivier B
Le fait est qu'en Israel, un journaliste peut écrire et publier un article comme celui que vous citez. On ne peut pas dire la meme chose de certains autres pays de la région, me semble-t-il.
@ Lory
Vous dites vrai, mais ça n'excuse en rien cette ignoble "bavure" scandaleusement couverte par la tsahal.
Effroi sans fin
Bonjour.
La seule chose qu'on puisse constater, me semble-t'il, c'est que, sans même parler de ce que vivent les Palestiniens, mais du point de vue d'Israël lui-même, l'occupation des "territoires" depuis 1967 et la politique conduite depuis sont folles et mortifères, ainsi que Yeshayahu Leibowitz - peu suspect d'antisémitisme - le prophétisait dès les années 80.
Oui Lory, Israël est, par rapport aux régimes arabes qui l'environnent, une démocratie. Mais, sans même parler, ici non plus, de ce que vivent les Palestiniens, et comme le demande Avraham Burg - peu suspect, lui non plus, d'antisémitisme -, "aimeriez-vous être un arabe israélien" ?
[Je précise pour qu'il n'y ait aucune ambiguité que je n'aimerais pas non plus être un israélien que menacent les attentats commis par des mômes dont les parents, le lendemain, célèbrent le "martyre" sur des vidéos tremblotantes].
Le problème, c'est que, comme le dit le personnage qu'incarne Dallio à la fin de "la Règle du Jeu", "tout le monde a ses raisons".
Et ces raisons sont aussi bonnes ou aussi mauvaises les unes que les autres.
Chaque "camp" est enfermé dans sa paranoïa, ses rêves de terre et d'état, sa haine, son militarisme.
Folie !, ces défilés de gamins palestiniens fanatisés, kalachnikov au côté, hurlant des slogans dont ils ne comprennent même pas la portée.
Folie aussi, ces soldats israéliens, à peine sortis de l'adolescence, quadrillant les "territoires" et tuant un jeune arabe à coups de crosse.
D'où viendra la prise de conscience qu'il faut, quand même, arrêter ça ?
D'une lassitude collective devant un tel bain de sang ?
D'un homme d'état, d'un côté ou de l'autre, qui montrera plus de clairvoyance et de grandeur que ceux qui sont aujourd'hui aux manettes, qu'ils s'agissent des leaders palestiniens, corrompus jusqu'à la moëlle, ou des dirigeants israéliens, timorés, tétanisés à l'idée de la moindre concession, perdus dans leur jeux d'appareils ?
En attendant, on constate, on dénonce, on déplore, plus ou moins d'ailleurs selon le "camp" dans lequel on est ou dont on se dit solidaire.
Et on relativise la mort de l' "autre", qui n'est toujours, bien sûr, que bavure ou accident de parcours.
Désolé de ne pas prendre parti, mais je ne suis moi solidaire de personne dans ce bordel.
Ou de tout le monde.
Tous ceux qui prennent des roquettes ou des coups de crosses dans la gueule.
Les estropiés, dans leur corps ou dans leur âme.
Les jeunes israéliens dont beaucoup sont aujourd'hui des malades psychiatriques et ne se remettent pas de ce qu'ils ont du faire dans les "territoires".
Les mômes de Gaza dont la seule perspective est d'être parqués à vie dans un authentique bantoustan.
Les gueules cassées, comme, ailleurs, de retour d'Irak, ce jeune marié américain dont Françoise publie la photo terrifiante sur son blog.
Assez.
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