22 octobre 2007
Guy Môquet, assassiné par le grand patronat français
Nous serions professeur, nous ne refuserions pas de lire la lettre de Guy Môquet à nos élèves, comme une directive de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, y oblige les enseignants aujourd'hui sur ordre du président. Nous désobéirions ainsi à leur principal syndicat, le SNES, dont Claudie Martens, la co-secrétaire générale, dénonce en cette initiative une "récupération politique" : "Nous obliger à parachuter en plein cours un savoir sur un seul et
unique personnage, sorti de son contexte, c'est manquer de respect à
notre métier", estime-t-elle. Elle se trompe, en ce que nul n'empêche le professeur de resituer le contexte, et c'est justement ce qu'il convient de faire. Darcos est très clair : "On le dit depuis le début, les enseignants peuvent faire ce qu'ils veulent autour de cette lettre". Chiche ! Il faut alors prendre Sarkozy à son propre piège et expliquer en quoi Guy Môquet est mort non en tant que résistant, mais parce qu'il était communiste. Henri Guaino, conseiller du président, explique à propos du jeune fusillé, dans Libération : "Il tombe victime de la barbarie nazie". La part de vérité de cette affirmation est si partielle qu'elle en devient presque mensongère. Ce sont certes les nazis - en l'espèce le général Stülpnagel - qui ordonnent qu'en représailles à la mort du lieutenant-colonel Holtz, abattu à Nantes par la résistance, on fusille 50 otages. Mais lesquels ? Les Allemands
n'interviennent pas dans le choix des victimes. L'homme qui désigne les suppliciés s'appelle Pierre Pucheu, le ministre de l'Intérieur de Pétain. C'est donc lui qui condamne à mort les 27 fusillés de Châteaubriant, groupe auquel appartient le jeune Guy Môquet. Tous sont communistes et le hasard n'a rien à y voir : Pucheu explique clairement son choix comme dicté par la volonté d' "éviter de laisser fusiller 50 bons Français". A ses yeux, un communiste n'est pas un bon Français. Or celui qui était alors le candidat Sarkozy a déclaré : "Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue
à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune
communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et
à la liberté l’offrande de sa vie". Absurde, puisqu'on a vu que Môquet est mort justement parce qu'il est communiste ! Et pourquoi Pucheu choisit-il les otages dans leur rangs ? C'est tout simplement qu'il est un digne représentant de cette droite collaborationniste viscéralement anti-rouges, au point de faire sienne la devise : "plutôt Hitler que le Front populaire". Au moment d'entrer en politique, Pucheu n'est pas n'importe qui. "Administrateur des fonderies de Pont-à-Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du Cartel international de l’acier, énumère l'ancien sénateur communiste Maurice Ulrich dans L'Humanité, il est l’un des plus éminents représentants de ce qu’on appelait alors
le Comité des forges et de cette bourgeoisie qui, après le triomphe de
Hitler, entend prendre sa revanche sur le Front populaire. Pucheu,
donc, choisit. Politiquement. Charles Michels, secrétaire général des cuirs et peaux CGT ;
Jean-Pierre Timbaud, dirigeant de la métallurgie CGT ; Jean Poulmarch,
dirigeant du syndicat des produits chimiques CGT ; Jules Vercruysses,
dirigeant du textile CGT ; Désiré Granet, dirigeant du papier-carton
CGT ; Jean Grandel, secrétaire de la fédération postale CGT..." En somme, se débarrassant des syndicalistes, il joint l'utile (pour le patronat) à l'agréable (trucider la vermine rouge).
Voilà donc la vérité historique qu'il faut rappeler, à l'occasion de ce que le pouvoir a baptisé "commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés". En faisant d'abord observer que l'utilisation du mot "compagnons" est inappropriée et que le vocabulaire a un sens : les résistants gaullistes se donnaient du "compagnon" quand les communistes s'appelaient "camarade". Et Môquet lui-même parle de ses co-suppliciés ainsi : "mes 26 camarades". Mais évidemment, le mot "camarade" lui-même, fortement connoté, évoque le communisme comme si on le prononçait en langue soviétique, "tovaritch". On a donc remplacé le mot honni de la droite par un "compagnon" moins "ringard", dixit Guaino. Cette précision utilement apportée aux élèves, il faudra ensuite leur conter comment la frange la plus puissante du patronat français, en cheville avec l'Etat pétainiste, a profité de l'exigence allemande d'exécuter des otages pour éliminer ses opposants politiques en même temps que les animateurs du mouvement social, pour mieux le décapiter. Et enfin leur lire la lettre de ce jeune homme de 17 ans, qui va mourir simplement parce qu'il est le fils de Prosper Môquet, député communiste élu en 1936, et que cette seule filiation suffit aux yeux du gouvernement français de Vichy à lui faire mériter la peine capitale. "Victime de la barbarie nazie" ? Plutôt martyr politique aux bourreaux bien Français.
PS : on pourra aussi opérer un rapprochement très pédagogue avec l'actualité, en précisant que Guy Môquet était fils de cheminot, profession dont le régime spécial de retraite va être réformé par le gouvernement. Qu'en aurait pensé le jeune militant communiste ? Que dirait-il aujourd'hui en lisant le numéro 2 du MEDEF, Denis Kessler, qui affirme tranquillement, analysant la politique sarkoziste : "Les annonces successives des différentes réformes par
le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles
paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses (...) A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. (...) Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !" On pourra enfin lire aux élèves cet autre texte de Guy Môquet, témoignage naïvement formulé de l'engagement qui le conduisit à la mort :
"Parmi
ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades
Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage
Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme
Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice."
Sur le même sujet, lire aussi Mort d'être communiste.
Commentaires
Quand on impose un cérémonial dans les écoles
Mon institutrice a toujours refusé de nous faire chanter "Maréchal nous voilà" ... d'autres pas. Quand on impose un cérémonial larmoyant dans les écoles on est à deux pas de la dictature. La roublardise d'aller chercher un jeune communiste mort pour cette raison-là (être militant communiste) relève de la perversion. Ce n'est même plus de la com, c'est s'affubler en plastronnant des linceuls d'une Histoire que l'on bafoue chaque jour un peu plus à Sarkoland. Il y a des morts qui ont dû se réveiller brutalement.
Le recours au larmoyant n'est pas près de cesser : le bon peuple est éduqué par télé-cul-cul.
Pourquoi Guy Môquet?
Lors de la campagne présidentielle, Sarkozy a récupéré Jaurès dans ses discours. Cela a irrité Pierre Louis Basse auteur d'un livre sur Guy Môquet une jeunesse fusillée qui a publié une tribune dans le Monde. Tribune qui parlait de la récupération des valeurs de gauche par notre futur président. Tribune qui a circulé sur internet, et qui a du arriver aux oreilles des conseillers en com de Sarko. Ils ont pu lui conseiller de se servir du symbole pour piller d'avantage l'héritage de la Gauche "socialo-communiste". Vive la récup'.Ce n'est pas forcément la bonne explication, mais Sarko entend occuper le terrain médiatique en ratissant large de l'extrême droite à l'extrême droite. IL utilise même ses déboires avec son épouse pour torpiller les effets dévastateurs d'une grève des transports dans les médias.
Sinon excellent article vu le nombre de trolls qui réagissent, c'est bon signe
J'ai toujours aimé Eva Joly,
ce matin après ses déclarations sur France Inter,
je suis carrément amoureux!
Merci Arte info
(Et surtout merci Olivier pour cet article, plus fouillé, plus clair et complet que tous ceux que j'ai pu lire sur la chose)
Hier soir, le reportage d'Arte Info Nuit (à minuit, donc, j'avais loupé les infos de 19h45) était plus qu'équilibré : carrément "critique" au beau sens du terme : présentant les raisons annoncées du pouvoir et décortiquant les tenants et aboutissants de l'opération... Il n'a hélas pas été question des relations de Pucheu avec le grand capital de l'époque, mais la volonté de choisir des communistes, et le fait que ce fut fait par le régime de Vichy, était bien mis en évidence.
Ç'en devenait quasi ironique sur la fin, tellement il était manifeste que l'opération s'était retournée contre le simplisme de ceux qui l'avaient mise en oeuvre...
Mais, qui regarde les infos d'Arte la nuit ?
Info tronquée et opinion publique
C'est une réflexion qu'on m'a faite, Ko, que Sarkozy tend le bâton pour se faire battre et cette histoire se retourne contre lui. Sauf qu'OpinionWay va recenser 94% de Français qui trouvent que Sarkozy est incroyablement sexy et 113% qu'il a bien fait de faire lire cette lettre.
L'écume des choses... Combien de gens en restent à cette strate de l'information, sans mise en perspective, en réalité impropre à se forger une opinion si l'on n'effectue pas des recherches supplémentaires. Mais qui les consent ?
@ Françoise
@ Françoise
Je ne pense pas que NS a choisi Guy Moquet pour des faits de résistance. Il ne faut pas chercher de midi à quatorze heure , il s'agit d'un symbole positif adressé aux jeunes d'aujourd'hui qui étaient impliqués dans les émeutes de 2005. Peut-être pour leur montrer qu'ils ont de la chance de vivre dans une société non soumise à une dictature comme ds la période de la 2d guerre.
Guy Moquet, lui, n'a pas eu cette chance.
Maintenant si NS a récupéré Guy Moquet comme il l'a fait avec Blum et Jaurès évidemment que ce serait critiquable.
Pas d'accord
Cher olivier,
je suis prof et je n'ai pas lu la lettre hier. Sur le fond, je suis bien d'accord avec toi, il y a beaucoup de choses à dire...mais je le dirais dans le cadre de ma progression pédagogique et des attentes de mon programme et avec l'appareil pédagogique que je juge adéquat (ou que mes pairs plus qualifiés considèrent comme pertinents).
Il faut bien comprendre que la principale critique du SNES, ce n'est pas le problème de dé-contextualisation, c'est surtout le caractère de "fait du Prince" (choix du thème, de la date, du support) de cette décision.
C'est cela qui est extrêmement grave, vraiment tès inquiétant.
Le Président (élu, donc légitime pendant son mandat) doit normalement indiquer une direction, mais c'est aux corps de l'Etat de droit spécialisés et experts (le MEN) d'étudier un moyen de mettre en application l'objectif : sinon, c'est de la dictature !
Prochaine étape, une lettre de Lorie ??
Bonjour prof
Ne réactualisez pas la page juste après avoir posté un commentaire, ça le remet en ligne à chaque fois. Cliquez ailleurs, sur le bandeau du haut par exemple, pour revenir à la page d'accueil, et revenez ensuite sur la page. Merci.
Pour le reste, je partage votre point de vue sur le fait qu'il est inacceptable que les lubies présidentielles aient force de loi à chaque fois que ça lui pète - pour parler comme un Guy Môquet d'aujourd'hui, un djeuns de 17 balais, le dirait
.
Bug ?
Euh, désolé, j'ai clické qu'une fois !
Etrange, il y avait 4 fois votre commentaire. Ah, les mystères de l'informatique...
@ Chouan
Dans votre héroïque tentative de réhabiliter Pierre Pucheu, vous reprochez à Olivier Bonnet de ne pas citer ses sources concernant la désignation par Pucheu lui-même des otages à fusiller au décours de la mort de Karl Hotz à Nantes, mais les sources que vous-même lui opposez sont les déclarations ... de Pierre Pucheu lui-même.
De Pucheu une fois placé, qui plus est, en détention en Algérie, après sa pitoyable tentative de ralliement à la France libre via le général Giraud.
Libre à vous bien sûr d’accorder foi aux déclarations d’un homme qui à l’époque risquait sa tête, et qui d’ailleurs la perdit un an plus tard.
Mais si vous prenez pour argent comptant les déclarations des collaborationnistes une fois ceux-ci emprisonnés, ou celles de leurs amis nazis lors de leurs procès ultérieurs, nul doute qu’alors vous considèrerez le régime de Vichy comme parfaitement démocratique, et le régime nazi comme un modèle de justice et de tolérance. C’est d’ailleurs peut-être bien ce que vous faites...
Pucheu a t-'il vraiment opposé verbalement les communistes qu’il a envoyés à la mort et les « bons français » ?
Je ne le sais pas, même s’il existe de très nombreux témoignages qui vont dans ce sens, à commencer par celui du sous-préfet Le Cornu, en poste alors à Chateaubriant.
Concernant par contre la responsabilité de Pucheu dans la désignation des otages, le problème, pour Pucheu, et pour vous, c’est que les sources existent.
Et qu’elles contredisent absolument les déclarations de Pucheu que vous citez.
Un seul exemple : cette lettre du sous-préfet de Chateaubriant aux autorités allemandes, en date du 20 octobre 1941, dont voici le texte : « Suite à notre entretien de ce jour, j’ai l’honneur de vous confirmer que M. le ministre de l’Intérieur a pris contact aujourd’hui avec le général Von Stüpnagel, afin de lui désigner les internés communistes les plus dangereux parmi ceux qui sont actuellement concentrés à Chateaubriant. Vous voudrez bien trouver ci-dessous la liste des 60 individus fournie ce jour ».
En post-scriptum, la lettre précise même, montrant à quel point les autorités françaises suivront l’affaire jusqu’à, si j’ose dire, son terme: « Après examen plus approfondi de nos listes d’internés, l’état ci-joint sera révisé, et une nouvelle liste définitive vous sera dressée ».
[ Fac-similé de cette lettre à l’adresse suivante : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/ ].
Pucheu
Une autre version:
``Les Allemands avaient envoyé à Vichy une liste de 50 noms, comprenant 10 communistes et 40 non-communistes. Pucheu retourna à Paris une liste corrigée. Celle-ci comprenait 44 communistes. «Je ne pouvais pas laisser fusiller de bons Français», s’était-il justifié.''
La suite:
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p1604/dossier/a12581-pour_l’exemple.html
suite
Chouan, peut-être trouverez vous la source du commentaire de Pucheu dans
Pierre-Louis Basse, Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2000
cf. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20071019.OBS0591/des_otages_et_des_lettres.html
source toujours
Peut-être également dans le livre de l'historien Fred Kupferman
Le procès de Vichy : Pucheu, Pétain, Laval, Editions Complexe, Bruxelles, 1980.
http://ldg.francaislibres.net/forum/sujet.php?sujet=663
Quand l'histoire supplante l'Histoire
juste pour signaler, fort inélégament, que j'ai commis mon petit billet sur la question
http://sauce.over-blog.org/article-13266576.html
merci de remettre cette histoire dans son veritable contexte historique - c'est curieux quand même que ce sont les journalistes non rémunérés qui font bien leur boulot
...que ce soient les journalistes....qui fassent bien leur boulot
(çe me génait un peu en relisant)
Bonne lecture
Que de bonnes lectures!
Des sources que ne renierait pas Manon.
En bout de course, Olivier, tu avais bien raison.
Pour poursuivre sur l'idée de l'écume des choses : il me semble que ces dernières semaines - en tout cas c'est ce à quoi j'assiste autour de moi - chacun renforce ses convictions ou rejoint clairement un "camp".
Les convaincus des capacités de nuisance de sarko sont confortés dans leur rejet ; certains qui doutaient que ce soit à ce point finissent par reconnaître que oui, peut-être, on avait raison de crier au loup ; ses admirateurs demeurent dans la foi (et donc la raison ne les atteint pas) ; mais on entend de moins en moins de gens pour temporiser : le "ventre mou" se vide.
Bien sûr, c'est lié à la fin de "l'état de grâce" : mais ça va au-delà. Des indécis, des peu politisés qui se seraient moqués comme d'une guigne de "la politique" une fois l'élection terminée commencent à s'interroger sur le projet présidentiel (z'auraient mieux fait de s'interroger avant, je suis bien d'accord...).
Il va donc y avoir les "anti", clairement, et les "fanas", mais ce coup-ci, je ne pense pas qu'il y ait autant "d'indifférents" que d'habitude, pendant une législature.
Ce n'est pas très bon pour une société, d'être ainsi divisée catégoriquement.
Pierre louis Basse vient de commettre "Guy Môquet au Fouquet's" à l'Equateur. Quelqu'un l'a-t-il lu ? Chez Mermet une très belle émission vient de se terminer.
Cinéma
Et on pourra aussi,pour ceux qui aiment le cinéma quand il n'est pas un divertissement mais un combat et un manifeste, rappeler le début des 120 jours de Sodome, où Pasolini figure les notables fascistes choisissant les victimes de leur pacte parmi des lycéens, enfants très précisément choisis parmi les filles et garçons de leurs adversaires politiques, en quelques scènes simples, quasiment muettes et atroces.
Certes, c'est du cinéma, et le cinéma n'est pas l'histoire, mais Pasolini le poète dit bien des choses ....
Oui, Olivier Bonnet a raison, les enseignants ont le choix de faire du contexte, du vrai, et de l'histoire, de la vraie, au delà des oukazes des spin doctors du Fouquet's.
Merci pour ce beau rappel : tout le monde ne mange pas du kitékat.
PUCHEU encore
Merci pour ces liens que j'ai étudiés attentivement.
Le parcours de Pucheu, son procès, les conditions et le déroulement étonnant de son exécution, la manière dont il s'est opposé au tournant collaborationniste de 1942, son ralliement à la France combattante avec l'accord de Giraud qui le trahira aussitôt, l'embarras de De Gaulle et ses propos élogieux sur le condamné, la question de l'authenticité du document le mettant en cause sont autant de sujets passionnants pour quiconque cherche à aller au delà de l'émotion de la tragédie du destin de Guy Moquet.
Une chose est sûre, ce n'est pas dans les minutes des procès de l'épuration qu'il faut chercher la vérité.
Exception
Bon, Chouan, je profite de cette exception : contente de me sentir en accord avec votre quête de la vérité sur l'affaire Môquet/Pucheu… ![]()
les communistes
ma mère et mon père étaient communiste pendant la guerre de 39-45 (et le sont encore).Ils n'ont pas attendu que la Russie entre en guerre pour être résistants.
Ma mère a été agent de renseignements, a transporté des armes, caché des parachutés de Londres. Beaucoup de ses camarades ont fait sauter des trains. Mon père était aux premières loges dans les actions de résistance. A aucun moment ils n'ont attendu les ordres de Moscou et il est indigne d'oser dire que les communistes ne fesaient pas de résistance avant 1941!
En revanche, je peux vous parler d'un fait qui s'est passé lors de la prise de Caen par les allemands. Avec l'approche des allemands, la police française a vidé les prisons de Caen. Enfin presque car les seuls détenus qui n'ont pas été libérés étaient des activistes communistes et des syndicalistes (étrange non?). Quand les allemands sont arrivés, ils ont fusillé les prisonniers. D'où je tiens cette histoire? De ma mère, normande et en relation (bien que communiste) avec des dirigeants politiques "bien placés".
Pour abonder...
J'ai eu l'occasion de travailler sur la biographie d'une militante communiste de toujours (pour le dictionnaire Maitron) : à Montpellier, le petit groupe de camarades auquel elle appartenait n'a pas non plus attendu les ordres de Moscou, bien au contraire ! Ils se sont mis en péril, d'ailleurs, par rapport aux officiels du Parti de l'époque, car ils ont rapidement tiré des tracts subversifs et commencé à organiser un réseau. (Z'étaient bien contents, plus tard, les officiels, de trouver des réseaux déjà constitués de résistants communistes !).
Ce que vous racontez est terrible.
D'aucuns semblent ici trouver falacieux que l'on affirme ici que c'est avant tout contre la droite déchainée et décomplexée de son époque que se battait Guy Moquet. J'aimerai donc procéder ici à un petit rappel historique: je ne sais pas pour Guy Moquet, mais c'est pas contre les nazis, c'est contre la droite de la IIIeme République que les communistes sont entrés en résistance en 1939 (et même plus que la droite puisque des socialistes à l'extrême droite on a voté la suspension des députés communistes en janvier 40, 5 mois avant Pétain). C'est elle qui a plongé dans l'illégalité et pourchassé les communistes qui, malgré l'interdiction dont leur parti a fait l'objet, continuaient à imprimer L'Humanité en cachette et à distribuer des tracts. C'est elle qui dés l'hiver 39-40 a commencée à condamner à mort les communistes pris à diffuser des tracts ou L'Humanité, du moins si je juge Les Communistes d'Aragon comme une source un tant soit peu fiable, ce que je crois. Il est vrai que je ne pense pas que ce soit sous la IIIeme République qu'on ait commencé à procéder aux executions. La barbarie nazie n'était qu'un des aspects de la droite contre laquelle les gens comme Guy Moquet (j'ai pas dit les résistants, mais en tout cas les résistants communistes) sont entrés en résistance. Il faut être honnête quand à la vérité historique de la motivation des personnes, même si contrairement à moi on croit que leur motivation était mal placée!
Par contre c'est vrai que je trouve le paralèle avec la retraite des cheminots est tout à fait hors de propos. C'est dans les lois sur l'immigration Sarkozy I, Sarkozy II, Hortefeu (et j'ai oublié le nom des lois de juin)qu'elle est, la filiation du sarkozysme envers Vichy. C'est entre la construction des camps pour républicains espagnols (Argelès et autres) et la construction de camps pour immigrés du monde entier (Roissy (93), St Jacques de la Lande(35), etc..) qu'il est le prolongement actuel du "fascisme" français (ne polémiquons pas sur le mot, vous savez de quoi je parle).Alors pourquoi chercher là où elle n'est pas vrai l'allégance du sarkozysme à l'oeuvre de Vichy quant il y a d'autres domaines où elle est frappante?
Récupération
Cette lettre qu'est qu'une honteuse récupération de Sarko… ou plutôt de Guaino, nouvelle star du gouvernement qui pour un nègre fait beaucoup parler de lui. Je pense que ces l'hommes des "bons coups" de Sarkozy. Ils diront tout et son contraire tant que cela pourra émouvoir et les servir… Ah la belle équipe !
Camps
Je ne peux pas laisser dire que "la construction des camps pour républicains espagnols (Argelès et autres)" était une expression du fascisme français. C'est faux et c'est mensonger. La construction de ces camps était la seule réponse que la France a pu fournir en très peu de temps, sans aucune aide internationale au déplacement de plus de 500 000 personnes en quelques jours et en plein hiver. En 1939, les Pyrénées-orientales étaient un tout petit département, totalement dépourvu de capacités d'accueil pour un tel déplacement de population (bien supérieur à sa propre population). On a inauguré ce qu'on appelle maintenant les "couloirs humanitaires" et les "camps d'urgence". C'était des camps MILITAIRES, des cantonnements, contruits à toute vitesse pour ne pas laisser les gens dehors comme les premiers jours (février 1939, au plus froid de l'hiver, en plein vent sur les plages à la tramontane et au mistral sur le littoral du Roussillon). Conforts spartiate effectivement, mais des latrines, des distributions de nourriture, un abri contre le vent (les barraques du Barcarès sont des dortoirs militaires avec des pans coupés pour prévenir les infiltrations de sable), des services postaux, un recensemetn des émtiers des gens pour elur trouver du travail hors des camps en France. Cela n'était pas indigne, c'était ce que les soldats avaient, rien de moins. Rivesaltes existait déjà, c'était un camps de cantonnement et de pour les troupes coloniales rentrant en Afrique ou allant vers l'océan Indien à Madagascar : l'armée s'est même faite tirer l'oreille pour le mettre à la disposition de populations civiles, car il était quasiment neuf ! . On ne savait pas faire autre chose et on a fait ce qu'il était possible de faire. J'ai lu en entier la correspondance adminsitrative du préfet des Pyrénées-orientales au cours de l'année 1938 : parfaitement conscient de ce qui allait arriver dès mars-avril 1938 (un afflux de population à loger et à nourrir, des blessés ne nombre, une foule sur la frontière en très peu de temps, des risques bien réels de massacres) , il cherché désespérément à anticiper les choses : il n'a rien obtenu du gouvernement français qui était fort peu à l'écoute d'un fonctionnaire et d'une adminsitration qui tenaient compte de toute les informations qui lui parvenaient du front de l'Ebre et qui s'attendaient au pire. Le préfet n'a cessé d'avertir, d'appeler au secours, d'exiger qu'on prévoit les choses. Il a du improviser absolument tout, les différents instances internationales refusant même qu'on crée une zone démilitarisée pour abriter les population en territoire espagnol et éviter les massacres. Toutes sortes de gens ont franchi en janvier 1939 la frontière que la France a fini par ouvrir jusqu'au 9 février, parfaitement consciente qu'elle ne maitrisait plus la situation mais qu'il fallait agir et sauver des vies : sont ainsi passés, certes des unités régulières de l'armés républicaine en pleine débandade, mais aussi des populations civiles rurales et urbaines (quartiers entiers de Gérone et Barcelone, par exemple) qui fuyaient les opérations du front de l'Ebre et l'arrivée des troupes franquistes, des unités de l'armée franquiste, poussées elles-mêmes par les autres groupes de réfugiés, la totalité des blessés républicains des hôpitaux de Gérone, évacués avec le personnel médical par les hôpitaux de Gérone vers l'hôpital de Perpignan, blessés dans lequesl ont trouvaient des brigades inernationales qui n'avaient pas quitté l'Espagne lors du renvoi des brigades par le gouvernement républicain espagnol et poruqui erster en territoire espagnol signifiait une mort assurée. A l'époque, ces 600 personnes ont été logées et prises en charge par l'hôpital de Perpignan, qui disposait encore de tout un domaine foncier médiéval en terres, champs, troupeaux, droits de pêche, etc. et qui pouvait nourrir tout le monde. L'hpotial de gérone a mêe transféré en france le ficheir des malades,, sans doute pour éviter qu'il tombe ent re de mauvaises mains, et dont les iches ont servi retournées à faire les fiches de malades de l'hôpiral de Perpignan : elles sont aujoud'hui heureusement conservées et témoignent de cet épisode. L'hôpital a même accueilli des enfants en bas âge qui étaient devenus orphelins pendant la Retirada et que des soldats ont amenés et déposés à la crèche sans même connaître leur nom (plus tard adoptés par des parents français)
Tout le monde a d'abord cantonné en Cerdagne, à Prats-de-Mollo, sur le bord des routes, dans des villages minuscules sans réserve de nourriture, ou même les communications routières étaient difficile, dans les champs, coupant les arbres, abattant les troupeaux et brûlant tout ce qui pouvait être brûlé pour se chauffer ("la montagne toute entière brûlait", ont rapporté les témoins). IL fallait de toute urgence faire descendre sur la côte ces populations qu'on ne pouvait ni loger ni nourrir sur place et qu'il était hors de question d'expulser, pour les disperser sur un territoire plus grand par le train, ce serait-ce que pour pouvoir les nourrir (on est à une époque où il n'y a pas d'entrepâts frigoriques, où le Roussillon ressemble quasiment à une terre médiévale, avec de petits villages, pas de grande ville, pas d'infrastructures, pas de super-marchés ....). C'était la quatrième fois qu'il y avait des déplacements de population (trois guerres carlistes au XIXème avaient déjà provoqué des exils en masse par les routes des Pyrénées, dont beaucup dans les Pyrénées-orientales), mais c'était la première fois qu'une telle masse passait la frontière en quelques jours
L'année jusqu'en novembre 1939 s'est passé en constructions de camps, retour de beaucoup de gens en Espagne, transfert ailleurs à l'intérieur du territoire français, de gens que l'opinion publique prenant tout de même pour des assassins et des criminels (l'homme au couteau entre les dents de la propagande ...). Beaucoup ont trouvé du travail en France et y ont fait souche, je ne l'apprendrai à personne : toute la sociologie électorale du Midi toulousain s'en est trouvée durablement bouleversée. Des communes comme Argelès, Saint-Cyprien, Le Barcarès, Collioure abritent encore aujoud'hui d'importants effectifs de descendants de réfugiés "espagnols" (souvent d'ailleurs catalans)
Des chantiers forestiers ont permis à nombre d'anarchistes de se planquer pendant la guerre, en même temps que d'autres allaient remplir les camps allemands (Bergen Belsen, notamment), par prélèvement de militants politiques repérés à la fois par les allemands (listes transmises par els autorités franquistes) une fois l'occupation de la zone nord réalisée et ensuite à partir de 1942.
En novembre 1939, ces camps du Roussillon étaient à peu près vidés de leur "population" civile et militaire et c'est une autre histoire qui commence, sur d'autres bases....
Tout ceci a été fait dans un pays en guerre (ou pré-guerre), battu et occupé six mois après, quand personne d'autre n'a rien fait pour éviter des pertes humaines à la fin de la Guerre d'Espagne.
Voilà qui est documenté !
Les Salauds
Pour faire écho au remarquable texte de Paprika, une archive du Canard Enchaîné :
LES SALAUDS
Sur l’une des photos de réfugiés espagnols publiées par les journaux, vous avez peut-être remarqué un petit garçon qui, vêtu d’une veste d’homme lui tombant aux chevilles, marchait gauchement le long d’une colonne de femmes et d’enfants en haillons.
Au moment même où ce muchacho qui peut bien avoir cinq ans mettait le pied sur la terre de France, on pouvait lire dans Le Jour, sous la signature de l’honorable M. Léon Bailby, un article ainsi intitulé « La France s’ouvrirait aux tueurs ? »
De ces tueurs, les photos nous en montrent des centaines. Il en est que leur mère transporte dans des couvertures parce qu’ils ont la fièvre et qu’il fait froid au Perthus. D’autres clopinent sur leur unique petite guibolle, ayant laissé l’autre à Barcelone ou à Granollers. Un autre, particulièrement précoce, est né dans le tunnel international de Cerbère : un sans-patrie, quoi ! D’autres encore, laissant pour un instant toute pensée meurtrière, se précipitent sur un butin de morceaux de pain blanc que leur tend un Sénégalais. Il en est un, de ces tueurs, qui a le toupet de rire de toutes ses quenottes de lait parce qu’il a retrouvé sa madre qui l’avait perdu dans la cohue.
L’un d’eux est mort de faim en arrivant. Celui-là du moins ne troublera plus le sommeil de M. Léon Bailby. Mais les autres, les autres avec ces yeux sans visage, ces têtes hirsutes, ces pieds nus, ces dos déjà voûtés sous les loques, comme on comprend qu’ils terrifient M. Bailby. Ils sont capables de le dégoûter à jamais des petits garçons.
Au fait, que viennent-ils faire chez nous ces marxistes en layette, ces rouges en culotte courte, ces Passionarias en herbe qui se font les dents sur des quignons de pain en attendant de croquer des gorges d’ecclésiastiques? Et que viennent y faire leurs mères ? « Est-ce que Franco massacre les enfants et les femmes ? »
Cette question, c’est notre bon confrère, Stéphane Lauzanne, qui la pose dans Le Matin de lundi dernier. Et qui la pose avec une ingénuité si désarmante qu’elle arrête la paire de claques au vol.
Son article porte ce titre charmant « Le chantage à la pitié. » Et M. Lauzanne d’écrire « Il y a plusieurs sortes de chantages il y a le chantage à la menace et il y a le chantage à la pitié. La France qui est inaccessible à l’un doit s’employer à faire cesser l’autre. »
Hep, là-bas, le marmot haut comme trois pommes qui marche empêtré dans la veste de son père, c’est compris ?
La France est inaccessible au chantage.
Robert Treno
Le Canard Enchaîné
1 février 1939
(Bizarre, mais ces gosses qui toquaient timidement à notre porte m'en rappellent d'autres. "Chantage à la pitié" : on dirait du Hortefeux)
Pour boucler la boucle, on peut comprendre la remise en question de cette série d'avancées sociales, qui datent peu ou prou d'après la seconde-guère mondiale. Je pense (mais je ne suis pas sûr), que c'est l'excellent Frédéric Lordon qui rappelait que si de telles avancées ont pû être imposées notamment au patronnat Français, c'est surtout en raison de la supériorité des communistes de l'époque, compréhensible quand on connaissait la sévère compromission d'une bonne partie de la droite avec les Nazis ou avec Vichy, ou les deux. 60 ans plus tard, ragaillardie par la victoire de Sarkozy (et/ou la vague de droite en Europe), celle-ci estime le délai expiatoire suffisamment long pour affirmer haut et fort sa volonté d'en finir avec tous ces acquis du CNR, qu'elle voit plus comme des "privilèges" intolérables à la liberté d'entreprendre. Certains, dans leur enthousiasme, vont même plus loins. Les différents éditos du Figaro le lundi qui suivit le deuxième tour de la présidentielle étaient vraiment à vomir dans leur réhabilitation à peine voilée de Vichy ou du colonialisme.
Ivan Rioufol du Figaro écrit toujours ce genre de choses aujourd'hui.
Au détour d'un reportage de France2 hier, je trouvais qu'un vieux militant du PC (sans oublier cet élève culotté, lui demandant pourquoi, si ce n'était pas une operation de com, il y avait tant de caméra), admonestant Xavier Darcos à Périgueux, où celui-ci devait lire cette lettre devant les élèves d'un lycée, résumait assez bien la farce que ce opération de relation publique représente : "tout ce pourquoi Guy Moquet est mort, vous vous acharnez à le détruire. Vous ne manquez pas de culot!" (citation approximative). Tout est dit...
Un peu de vérité
Excellent article du monde : http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-3224,49-969567,0.html
écrit par un chercheur en histoire et un doctorant. Du solide et du moins engagé/plus neutre.
"...Moins engagé, plus neutre", c'est plutôt le contraire, dès les premières phrases de cet article. C'est étonnant de voir avec quel acharnement une certaine presse tente de présenter "les communistes" comme un bloc monolithique, obéissant comme un seul homme aux dictats résultants du pacte germano-soviétique. On voudrait discréditer l'apport communiste dans la seconde guerre mondiale qu'on ne ferait pas mieux...
Pas d'accord
Oh non, David A., pas le discréditer : seulement le mettre plus bas que là où l'a mis notre PC, résistant plus longtemps que d'autres à un aggiornamento qui aurait peut-être pu lui sauver la vie, lui qui est maintenant dans un coma (c'est le mot) dépassé.
Attention, la majorité des militants lambda étaient et sont sincères. Si j'en avais été, j'aurais aimé être un mille-pattes pour botter les culs de tous les chefs et sous-chefs qui ont trahi la cause et manipulé la base.
Ici, la "certaine presse" a bien fait son travail.
David A., merci d'avoir parlé de cet élève décachant la merde au chat.
De la com', de la mystification, de la manipulation. Le PC avait commencé ça à la fin de la guerre, le PS (attention, ici : Parti Sarkozyste) continue. Même procédé emprunté aux régimes totalitaires.
@PMB
Tenter de mettre sur le même pied le PC moribond d'aujourd'hui avec le PC d'hier procède de la même logique tout de même un petit peu intelectuellement malhonnête. A la François Furet, si je puis dire, non ?
David, je ne mets pas sur le même pied le PC d'hier et le PC d'aujourdhui moribond.
(Mais c'est peut-être parce que j'ai écrit "notre" PC sans préciser que cela visait non le PC tel qu'il est maintenant mais celui (Thorez-le-planqué et successeurs aidant) qui est resté longtemps arc-bouté sur ses certitudes "globalement positives).
Donc je vais m'abstenir de trouver la vôtre de logique malhonnète, ce qui là pour le coup serait, oui, malhonnête ![]()
Bravo,
C'est une amie blogueuse qui m'a signalé votre blog. Je trouve qu'au final votre attitude est la bonne. Prendre Sarkozy à son propre piège. Ce qui finalement a un peu été fait, puisque de nombreux journaux ont tout de même fait des rappels historiques.
Sinon, j'aime votre blog, et je vous met en lien chez moi.
tribune libre
je suis admiratif du courage de GUY MOQUET
son message est grand: il s'est opposé à la barbarie allemande qui violait notre pays.
ce rappel auprès des scolaires n'est pas inutile au temps actuel de négation de nos valeurs,l'histoire nous rappelle que des gens ont donné leur vie pour cela.
se servir de ce sacrifice pour critiquer tel ou tel est assez minable.
Vous dites un peu n'importe quoi.
Môquet distribuait des tracts pour la libération de ses camarades communistes emprisonnés. C'est contre la droite vichyssoise qu'il résistait.
Il n'a pas donné sa vie mais a été condamné à mort en tant que communiste.
L'exemple est donc affreusement mal choisi par un président qui, en outre, entend défaire ce que les camarades de Môquet ont contribué à bâtir, le programme du Conseil National de la Résistance.
"Vous dites un peu n'importe quoi".
Olivier, vous êtes un peu gentil ![]()
"se servir de ce sacrifice" pour brouiller les pistes et draguer l'électeur sur le registre de l'émotionnel est, André, assez minable.
Bonjour !
Il y a un article super intéressant sur le Contre journal : "Le théâtre politique de Nicolas Sarkozy"
http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/10/guy-mquet-et-le.html
(Merci à Kiki)
Bises et bonne journée à tous
les communistes: des traitres en 1939-40!
Les communistes pas de bons Français? Non, effectivement, tout simplement des traitres en 1939-1940: leur puissance de tutelle, l'URSS, poignarde dans le dos la Pologne et s'associe à Hitler pour démanteler ce malheureux pays et le réduire en esclavage. Le PCF appelle alors à saboter l'effort de guerre des démocraties et à déserter de leurs armées: c'est ce que fait le courageux Maurice Thorez, qui se réfugie à Moscou en septembre 1939. A ce titre, le PCF porte une responsabilité écrasante dans la défaite française qui a permis l'avènement du régime de Vichy. Non, Guy Moquet n'est pas un résistant, c'est le fils d'un apparatchik communiste qui est mort parce que Hitler n'a pas respecté le pacte qu'il avait signé avec Staline, "petit père des peuples" et de tous les communistes européens.
Le pacte germano-soviétique était de circonstance pour Staline aussi. Et vous ne parlez que des dirigeants communistes : de nombreux militants ont résisté bien avant la rupture du Pacte.
Et Môquet est mort parce que Pierre Pucheu, éminent représentant de notre droite bien française, a voulu qu'il meure.
En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace
les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60
moquet et la résistance d'aujourd'hui
j'ai pu crier dans les couloirs de la PAF de coquelles (48h de garde à vue en mai 2007), mais aussi en courant derrière les CRS qui couraient eux aussi mais après des réfugiés politiques, le nom de Guy Moquet, la France de Guy Moquet...
"C'est ça la police de Guy Moquet?" ai-je hurlé, frisant l'outrage mais heureusement ils étaient trop occupés à chasser des hommes qui avaient fui leur dictature.
sinon, j'ai eu droit à ma petite garde à vue de 24h, le 23 octobre 2007, pour avoir tenté de photographier une course poursuite que j'ai malencontreusement voulu réaliser en présence d'un obstacle CRS. torsion de bras pour me faire plier au sol. 24h au commissariat de Calais. outrages inventés pour la justification et rébellion pour avoir résisté avec violence à deux CRS. 1m63, 48kg. Je suis devenue tout à coup très forte.
Mais leur répression est habituelle: 6 gardes à vue, 2 mises en cellule de dégrisement, trois agressions physiques, procès et procès et procès. C'est difficile de surveiller la police à Calais quand l'Angleterre ferme ses frontières mais accueille les demandeurs d'asile qui réussissent à franchir ce mur de répression intense. On se croirait en dictature dans ma ville. Je crois qu'on a toutes les catégories de police plus celle des anglais. 2000 personnes travailleraient pour les forces de l'ordre, d'après un traducteur pakistanais.
Je ne serais pas fusillée comme Guy Moquet parce que je ne suis pas dangereuse.
admiration
je voulais ajouter que j'admire tous ces gens qui ont su résister et continuer le combat contre le système capitaliste.
Et s'il fallait voir un lien avec ce qui se passe actuellement, Sarkozy est comme Pucheu, son objectif est de détruire tous les droits des salariés. Rappelons-nous qu'en mai 2005, il a dit que le travail libère l'individu. C'est ce qui était écrit au fronton des camps de travail allemand.
Depuis longtemps, j'ai remarqué que Sarkozy détestait le PC et la CGT. A chaque fois qu'il a été obligé de venir à Calais, une poignée de militants suffisait à repousser son entrée.
J'aimerais que des historiens se penchent sur l'histoire de sa famille paternelle.
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