Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

22 octobre 2007

Guy Môquet, assassiné par le grand patronat français

b24b6710ceb934f1dd60531cb67ef155Nous serions professeur, nous ne refuserions pas de lire la lettre de Guy Môquet à nos élèves, comme une directive de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, y oblige les enseignants aujourd'hui sur ordre du président. Nous désobéirions ainsi à leur principal syndicat, le SNES, dont Claudie Martens, la co-secrétaire générale, dénonce en cette initiative une "récupération politique" : "Nous obliger à parachuter en plein cours un savoir sur un seul et unique personnage, sorti de son contexte, c'est manquer de respect à notre métier", estime-t-elle. Elle se trompe, en ce que nul n'empêche le professeur de resituer le contexte, et c'est justement ce qu'il convient de faire. Darcos est très clair : "On le dit depuis le début, les enseignants peuvent faire ce qu'ils veulent autour de cette lettre". Chiche ! Il faut alors prendre Sarkozy à son propre piège et expliquer en quoi Guy Môquet est mort non en tant que résistant, mais parce qu'il était communiste. Henri Guaino, conseiller du président, explique à propos du jeune fusillé, dans Libération : "Il tombe victime de la barbarie nazie". La part de vérité de cette affirmation est si partielle qu'elle en devient presque mensongère. Ce sont certes les nazis - en l'espèce le général Stülpnagel - qui ordonnent qu'en représailles à la mort du lieutenant-colonel Holtz, abattu à Nantes par la résistance, on fusille 50 otages. Mais lesquels ? Les Allemands pucheun'interviennent pas dans le choix des victimes. L'homme qui désigne les suppliciés s'appelle Pierre Pucheu, le ministre de l'Intérieur de Pétain. C'est donc lui qui condamne à mort les 27 fusillés de Châteaubriant, groupe auquel appartient le jeune Guy Môquet. Tous sont communistes et le hasard n'a rien à y voir : Pucheu explique clairement son choix comme dicté par la volonté d' "éviter de laisser fusiller 50 bons Français". A ses yeux, un communiste n'est pas un bon Français. Or celui qui était alors le candidat Sarkozy a déclaré : "Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie". Absurde, puisqu'on a vu que Môquet est mort justement parce qu'il est communiste ! Et pourquoi Pucheu choisit-il les otages dans leur rangs ? C'est tout simplement qu'il est un digne représentant de cette droite collaborationniste viscéralement anti-rouges, au point de faire sienne la devise : "plutôt Hitler que le Front populaire". Au moment d'entrer en politique, Pucheu n'est pas n'importe qui. "Administrateur des fonderies de Pont-à-Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du Cartel international de l’acier, énumère l'ancien sénateur communiste Maurice Ulrich dans L'Humanité, il est l’un des plus éminents représentants de ce qu’on appelait alors le Comité des forges et de cette bourgeoisie qui, après le triomphe de Hitler, entend prendre sa revanche sur le Front populaire. Pucheu, donc, choisit. Politiquement. Charles Michels, secrétaire général des cuirs et peaux CGT ; Jean-Pierre Timbaud, dirigeant de la métallurgie CGT ; Jean Poulmarch, dirigeant du syndicat des produits chimiques CGT ; Jules Vercruysses, dirigeant du textile CGT ; Désiré Granet, dirigeant du papier-carton CGT ; Jean Grandel, secrétaire de la fédération postale CGT..." En somme, se débarrassant des syndicalistes, il joint l'utile (pour le patronat) à l'agréable (trucider la vermine rouge).

aodetteVoilà donc la vérité historique qu'il faut rappeler, à l'occasion de ce que le pouvoir a baptisé "commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés". En faisant d'abord observer que l'utilisation du mot "compagnons" est inappropriée et que le vocabulaire a un sens : les résistants gaullistes se donnaient du "compagnon" quand les communistes s'appelaient "camarade". Et Môquet lui-même parle de ses co-suppliciés ainsi : "mes 26 camarades". Mais évidemment, le mot "camarade" lui-même, fortement connoté, évoque le communisme comme si on le prononçait en langue soviétique, "tovaritch". On a donc remplacé le mot honni de la droite par un "compagnon" moins "ringard", dixit Guaino. Cette précision utilement apportée aux élèves, il faudra ensuite leur conter comment la frange la plus puissante du patronat français, en cheville avec l'Etat pétainiste, a profité de l'exigence allemande d'exécuter des otages pour éliminer ses opposants politiques en même temps que les animateurs du mouvement social, pour mieux le décapiter. Et enfin leur lire la lettre de ce jeune homme de 17 ans, qui va mourir simplement parce qu'il est le fils de Prosper Môquet, député communiste élu en 1936, et que cette seule filiation suffit aux yeux du gouvernement français de Vichy à lui faire mériter la peine capitale. "Victime de la barbarie nazie" ? Plutôt martyr politique aux bourreaux bien Français.

PS : on pourra aussi opérer un rapprochement très pédagogue avec l'actualité, en précisant que Guy Môquet était fils de cheminot, profession dont le régime spécial de retraite va être réformé par le gouvernement. Qu'en aurait pensé le jeune militant communiste ? Que dirait-il aujourd'hui en lisant le numéro 2 du MEDEF, Denis Kessler, qui affirme tranquillement, analysant la politique sarkoziste : "Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses (...) A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. (...) Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !" On pourra enfin lire aux élèves cet autre texte de Guy Môquet, témoignage naïvement formulé de l'engagement qui le conduisit à la mort :   

cache_107x100_arton289_107x100"Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades

Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage

Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme

Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme

Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice
."

Sur le même sujet, lire aussi   Mort d'être communiste.

 

Posté par Olivier Bonnet à 10:29 - Social, politique - Commentaires [103] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Salutaires précisions historiques

Bravo, camarade Bonnet.

Posté par zozo, 22 octobre 2007 à 11:07

Itou

Posté par duszka, 22 octobre 2007 à 11:12

Merci

Ça sonne bien mieux que compagnon Bonnet ;-)

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 11:14

A la lumière de ce que tu écris

Où est exactement le sens de cette circulaire imposant la commémoration sans lecture du parcours franco-français de ces martyrs de Pétain ? Quelqu'un de plus au fait que moi pourrait peut-être analyser ce qu'il y a exactement derrière cette piètre tragi-comédie ? Derrière les larmes "faciles" l'ignominie acceptée sans broncher...

Posté par duszka, 22 octobre 2007 à 11:17

Esprit d'escalier !

J'ai remarqué qu'en fait de devoir de mémoire en ce moment la télé publique fait dans la réhabilitation des français pas si méchants que ça en ces époques de déshonneur : ceci expliciterait-il cela ?

Posté par duszka, 22 octobre 2007 à 11:37

Très utile mise au point.

Posté par yelrah, 22 octobre 2007 à 11:51

Ennuyeux

C'est plutôt ennuyeux pour ces messieurs, que Guy Môquet ait été communiste. Il est vrai qu'on n'avait pas encore inventé les "Jeunes Républicains Indépendants", mais quand même, il aurait pu faire un effort :-)

Posté par Luc, 22 octobre 2007 à 11:53

Camarade Guy Môquet

J'ai trouvé ceci qui résume tout, qu'en pensez-vous ?

http://maester.over-blog.com/article-12513557.html

Posté par Made, 22 octobre 2007 à 11:55

Liberté de re situer

On pourrait parfaitement faire ce qu'envisage l'auteur. On pourrait à l'inverse expliquer que le tract qu'il distribuait appelait moins à la résistance contre le nazisme que contre le capitalisme international et qu'il s'engageait moins pour son pays que pour son parti. On pourrait choisir de comparer la lettre du jeune Môquet avec d'autres lettres de résistants. On pourrait encore retracer son parcours et celui des autres otages fusillés ( pas tous communistes). On pourrait rappeler qu'il avait été arrêté en vertu d'un décret-loi signé Daladier et non Pétain, revenir sur les chronologies divergentes de l'entrée du PCF en résistance et de celle de ses militants. On pourrait également comme l'ont fait certains profs en venir à mettre en parallèle l'adieu de Môquet à l'adieu d'un jeune élève sans-papier. On pourrait toujours réfléchir sur les diverses phases historiques et modalités d'instrumentalisation de l'histoire du pacte germano soviétique au parti des fusillés, ou des compagnons de De Gaulle à ceux de l'ère Sarkozy.
On pourrait et on peut puisque les enseignants ont le droit, le devoir et la liberté de re-situer...
Le seul problème avec la liberté c'est quand on ne s'en sert pas et c'est pourquoi la position du SNES m'apparaît in fine absurde et suspecte elle aussi d'instrumentalisation. Mais je ne fais que passer.

Posté par Actu75, 22 octobre 2007 à 12:13

Bravo pour ce papier parfaitement étayé ! C'est ça qu'il faudrait faire lire aux écoliers...

Posté par antennerelais, 22 octobre 2007 à 12:32

bis repetita

Je ne vais faire que répéter ce qu'ont dit mes petits camarades, mais bravo, tout est dit et bien dit !

Posté par SuperNo, 22 octobre 2007 à 12:52

On refuse pas

Nous serions professeur, nous ne refuserions pas de lire la lettre de Guy Môquet à nos élèves.

Nous serions professeur, nous ne refuserions pas d’effacer Mai 1968 de nos livres d’histoire

Et demain ,nous ne refuserons pas d’être les nouveaux collaborateurs d’un homme au dessus de tous soupçons ,le Président de la République

Posté par eric Claxon, 22 octobre 2007 à 13:06

Imposition

Tout a été dit et je m'associe moi aussi .
Merci camarade Bonnet.

Il n'est pas du bon usage de la Liberté que d'imposer au jour dit, à l'heure dite un texte.
Imposition et Liberté ne vont pas ensemble.

Laisse faire, Actu75 les profs d'histoire dans leur cours sur la résistance et la collaboration, la guerre et la paix et tous les liens dont tu parles seront mis en avant, discutés, critiqués, pensés, parlés. Ne pas imposer.
L'imposition donne des boutons, des rejets qui sont souvent plus épidermiques qu'intellectuels.
Donc interpellons la pensée plutôt que l'émotif.

Ce midi, avant les infos de France2, nous avons eu droit, avec nos impôts cette fois si, à la lecture en voix off de la lettre sur fond d'exécutions au poteau en relation, égalmeent avec une fiction-réelle diffusée mardi sur la même chaîne.

Ce n'est plus de la liberté, c'est un diktat du Prince relayé par les outils de communications dont il dispose entre autre: Ministère de l'Education Nationale et Télévision.

S'il a, à un moment de son mandat, un élan mystique pour telle ou telle bulle papale, aurons nous droit à tout ce cinéma?

Libre pensée nom de D*** ( humour!)

Posté par GPMarcel, 22 octobre 2007 à 13:34

Vous oubliez de dire que les communistes avaient approuvé le pact germano-soviétique. L'Allemagne et la Ruussie étaient des alliés, les communistes français étaient du côté des allemeand!

Posté par Georges, 22 octobre 2007 à 13:43

Très bon rappel, Olivier. Excellente pédagogie.

J'ajouterai qu'à l'époque où Guy Moquet a été arrêté, le pacte germano-soviétique "empêchait" les communistes de se battre "vraiment" contre les Allemands. Leur "combat" était social. Ils ne sont entrés dans la Résistance (avec héroïsme bien souvent) qu'ensuite.

Posté par Françoise, 22 octobre 2007 à 13:50

Quand Môquet est fusillé, l'Union soviétique est en guerre avec les nazis depuis 4 mois et le pacte germano-soviétique est déjà caduc.

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 13:54

Et alors, vous devriez être content, les communistes ont le beau rôle, ils sont fusillés et la méchante droite qui est bien sûr exclusivement et globalement pétainiste, et pour le gouvernemet de Vichy,représente le mal absolu. Grâce à cette lettre vous pouvez vomir sur la droite et glorifier les communistes. Sarkozy vous donne un bel os à ronger. Non, le mal vous le faite à Guy Moquet. Moi si j'étais à sa place je serais heureux qu'on lise ma lettre aux lycéens 66 ans après. Toutes ces disputes mesquines et minables révèlent l'état de décomposition avancé du SNES et des socialo-communistes en général.

Posté par Georges, 22 octobre 2007 à 14:09

Sauf que

Sauf que Guy Môquet se battait en faveur d'idéaux à l'opposé de ceux que défend Sarkozy, qui veut "liquider" l'héritage du programme du Conseil national de la résistance. Il glorifie ainsi un héros qui, aujourd'hui, se dresserait politiquement, en tant que communiste, en travers de la route des réformes sarkozistes. C'est un peu cocasse.

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 14:16

Et bien, riez et soyez content, au lieu de maugréer.

Posté par Georges, 22 octobre 2007 à 14:23

donner à commenter

aux lycéens le texte sur le programme du Conseil National de la Résistance(rappel sur son actualité fait il y a déja qq mois sur le site de "l'autre campagne")en leur demandant d'examiner les rapports avec les idéaux et programmes d'aujourd'hui.

Posté par got michel, 22 octobre 2007 à 14:25

Non Non Non

La droite n'est pas exclusivement et globalement Petainiste je ne peux laisser dire ça!!

La droite est globalement petainiste, colonialiste et esclavagiste!

D'accord je sors (Ne nourissez pas le troll)

Posté par kid_a, 22 octobre 2007 à 14:45

Excellente proposition de Michel Got ci-dessus !

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 15:13

J'oubliais

Brillante intervention d'Actu75.

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 15:26

Rappel salutaire.

Bonjour.

Olivier, de ma part aussi, un grand bravo pour le billet d'aujourd'hui, qui remet quelques pendules à l'heure juste...

Posté par Clarence, 22 octobre 2007 à 16:09

A propos de Pétain, il avait envisagé de se constituer prisonnier auprès des Allemands en échange des otages, ce dont son entourage l'avait dissuadé.

Posté par rocky, 22 octobre 2007 à 16:09

Et Manouchian ?

La Ligue des droits de l'Homme aurait souhaité qu'on lise aussi la lettre de Manouchian, bouleversante et magnifique tout autant (plus encore ?), mais ce héros-là n'était pas Français...
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2051
Relayé par le camarade Birenbaum : http://www.lepost.fr/article/2007/10/21/1039511_manouchian.html

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 16:27

Pendant ce temps là, à Lisbonne...

Si j'étais enseignant voilà le texte des résistants que j'aurai lu aux enfants. De plus il est d'une brûlante actualité puisque SKY en ratifiant le mini-traité se fout impérialement du résultat du vote de 2005.


"Référendum sur le projet de « traité constitutionnel » européen, nous appelons à voter NON

Anciens résistants, anciens déportés, nous n’admettons pas que le 60ème anniversaire de la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie et de la libération des camps de la mort soit instrumentalisé pour promouvoir le projet de « Constitution » européenne soumis à référendum.

Nous incitons chacune et chacun à prendre connaissance et conscience par soi-même du contenu et de la portée de ce texte.

Pour notre part, nous considérons que le projet de « constitution » européenne va à l’encontre des idéaux de la Résistance qui continuent d’animer notre engagement.

En effet ce texte, tout dédié aux marchés pour les puissances d’argent, programme la destruction du socle même des conquêtes démocratiques et sociales de la Libération, issues du Programme du Conseil national de la Résistance.

Nous nous sommes battus, beaucoup de nos camarades sont morts, pour la restauration de l’indépendance de notre pays et de la souveraineté de son peuple. Nous refusons aujourd’hui que ces libertés fondamentales soient bradées, sous couvert d’Europe, aux « grandes féodalités économiques et financières », maintenant multinationales, que dénonçait le CNR.

Nous nous sommes battus pour un monde de fraternité, pour la coopération sincère entre tous les peuples. Rien n’est plus contraire à cet idéal que le primat universel attribué au principe de « concurrence », de tous contre tous, sous le règne du marché, par le projet de « constitution » européenne.

Epris de paix au plus profond de nous-mêmes, mobilisés depuis 1945 contre toutes les guerres de domination, nous rejetons ces « contre-valeurs » porteuses de l’injustice sociale et de l’écrasement des plus faibles qui firent le lit du fascisme et de la guerre. Nous dénonçons l’avènement d’un bloc militaire européen intégré et la hausse des dépenses d’armement explicitement inscrits dans le texte.

Pour toutes ces raisons, fidèles à notre engagement, nous nous associons à l’appel à voter NON au référendum émanant de militants syndicalistes, politiques, associatifs... ci-dessous.

Nous appelons à voter NON

Parce que nous refusons la soumission du peuple français et des peuples d’Europe à la dictature des technocrates de l’Union européenne au service de l’ordre capitaliste.

Parce que nous voulons sanctionner les politiques de régression sociale et économique menées en France au service du MEDEF et des marchés financiers au nom de Maastricht et des traités européens que le projet de « constitution » européenne veut pérenniser.

Parce que nous refusons de voir sacrifier sur l’autel de l’Eurodémolition de Maastricht les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple , l’héritage des luttes en France, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front Populaire, du programme du Conseil national de la Résistance, de 1968, l’égalité républicaine, la laïcité.

Parce que nous refusons que la France s’intègre dans un bloc européen militarisé et aligné sur l’OTAN, ce qui est à l’opposé d’œuvrer pour la paix.

Parce que nous voulons préserver le droit de notre peuple à disposer de lui-même, à pouvoir encore à l’avenir dire NON !

Parce que nous voulons le développement d’échanges et de coopérations entre peuples souverains mutuellement avantageuses pour les travailleurs de chaque pays d’Europe (comme de tous les continents).




Les premiers signataires :




Georges ABBACHI, ancien interné résistant.

Georges ANGELI, déporté résistant, Buchenwald 14824.

Simone BENHAMU, déportée politique.

Lucien CHAPELAIN, déporté Buchenwald 20186.

COTHIAS DU MEIX Josette, déportée résistante, chevalier de la Légion d’honneur.

Béqui COVOIDIS, déportée politique.

Jacques DAMIANI, lieutenant FTPF, Dachau 77710, Président d’une association d’anciens déportés résistants du Val de Marne.

André DAUDONNET, résistant, agent de liaison entre Paris et Lyon sous la directive de Jacques Duclos.

Rémi DUPONT, résistant, Jeunesse française libre.

Jacqueline DURAND, veuve de Pierre DURAND, Buchenwald 49749.

Léo FIGUERES, combattant volontaire de la Résistance, ancien maire de Malakoff.

Jacqueline FOURRE, internée-résistante, évadée, agent de liaison FNL/FTPF/Rol-tanguy/CNRL Auguste Gillot, carte du combattant, crois de guerre, Légion d’honneur.

Georges FRISCHMANN, résistant, ancien député au Parlement européen.

Suzanne GATELLIER, déportée résistante.

Jean GAUTIER, déporté résistant, Sachsenhausen-Langenstein.

Robert GELLY, cheminot résistant (janv 43-janv 44), puis maquis régional Cévennes (janv 44- sept 44).

HUARD Raymond, déporté résistant, chevalier de la Légiron d’honneur.

Yvon JOUY, FFI 40/44 Marne.

Odette LAURAIN, Croix du combattant, Croix de Combattant volontaire de la Résistance.

LEROUX Eugène, déporté politique, Oranienburg-Sachsenhausen, chevalier de l’ordre du mérite, palmes académiques.

MERCIER Pierre, clandestin dès juillet 39, section des cadres du Comité central du PCF, Médaille militaire, Croix de guerre, Médaille de la Résistance.

Georges MEURIOT, interné Santé-Fresnes-Poissy-Clairvaux-Melun-Châlons sur Marne, déporté Buchenwald, 49978.

André MORONI, responsable à Paris sous l’occupation de la jeunesse communiste et des Forces vives de la jeunesse patriotique.

Eva PIERONI, déportée politique.

André PIPARD, Résistant (Front National-Loire Inférieure).

André PRENANT, ancien militant du Front national étudiant depuis 1942, FTPF depuis juillet 1943, lieutenant FTP-FFI pendant l’insurrection de Paris, chef du groupe de reconnaissance régimentaire de la brigade Fabien.

Madeleine RABITCHOV, déportée-résistante, Auschwitz Ravensbrück.

Gérard SCHMITZ, résistant FTPF.

Lucienne ROLLAND, déportée résistante, officier de la Légion d’honneur.

André SERRES, FTPF, Brigade Fabien (groupe de garde), Croix de guerre, croix du combattant volontaire, médaille militaire.

Emile TORNER, déporté résistant, maquis FFI du Cher, « Compagnie Surcouf », Buchenwald 81 655, Président d’une association d’anciens déportés résistants de Paris.

Camille TREBOSC, déporté résistant, Buchenwald 51372.

Posté par henri, 22 octobre 2007 à 16:42

C'est un joli nom "Camarade"!

Vous n'êtes pas "Prof"... c'est bien dommage!

Posté par Infovite, 22 octobre 2007 à 16:45

Article à conserver

Cher Olivier,

Votre article résume parfaitement l'état de la société française en 1940. Vous pourriez chanter comme Aznavour : « Je vous parle d'un temps » ... Je l'ai collé sur un fichier word afin de le garder dans mes archives pour le faire lire à mes frère, soeur, fils, fille, neveux et nièces chaque fois qu'une occasion se présentera. Je crois hélas que la société française d'aujourd'hui présente beaucoup de ressemblances avec celle de 1940.

Un grand merci !

Posté par caruso, 22 octobre 2007 à 17:09

BIEN JOUE !

Bonjour,

En effet, la société Française actuelle a mal à son histoire. La Faute revient au fait que le devoir de mémoire sur le COLLABORATION n'a pas été assez profond. Comment s'en sortir alors que les Femmes servaient défouloir à la libération en lieu et place des vrais pourris, ceux là qu'on a souvent recasé dans la haute administration. Caruso, c'est vrai, il y a de grandes similitudes, c'est ce qui fait, par exemple, que l'on passe sa nuit devant l'Olympia pour acheter un billet de concert de Paul Mc Cartney, ce qui serait impossible à faire pour lutter contre le SARKOZYSME rampant. Eh oui !
Tenez, je consacre un billet à Guy Môquet de l'Elysée sur mon blog.

A+

Posté par A2N, 22 octobre 2007 à 17:45

Très fort

Convoquer Guy Môquet pour le faire défendre les régimes dits "spéciaux" post mortem et en hurlant dans le même temps à la récupération sarkozyste tout en en dénonçant les contradictions. C'est fort, c'est très fort comme on disent les têtes à claques.
Décidément Olivier tu utilises de plus en plus les grosses ficelles de tes pires adversaires, sous les applaudissements de tes fidèles de plus en plus éperdus d'admiration. Ca vire sectaire par ici. Mais les vrais copains sont là pour t'ouvrir les yeux s'il en est encore temps.
Bisous quand même.

Posté par Jihème, 22 octobre 2007 à 18:09

Ce qui est très fort, c'est d'honorer la mémoire de Guy Moquet en gommant le plus possible son engagement communiste et en même temps qu'on s'attache à "liquider" l'héritage du programme du Conseil national de la résistance.
Bisous quand même aussi.

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 18:17

Ah... Les dates

"Quand Môquet est fusillé, l'Union soviétique est en guerre avec les nazis depuis 4 mois et le pacte germano-soviétique est déjà caduc."

Olivier,

Quand le père de Guy Môquet a été arrêté, et que Guy Môquet ensuite a distribué les tracts, ce n'était pas encore le cas. Il est arrêté le 15 octobre 1940, les forces allemandes ont attaqué l’Union Soviétique le 22 juin 1941.

Posté par Françoise, 22 octobre 2007 à 18:35

ESCROQUERIE.

Quelle hypocrisie pour ce SARKO qui met en place une nouvelle course mémorielle HONTEUSE.

Posté par ALLAIN JULES C@M, 22 octobre 2007 à 20:44

Merci

MERCI

Posté par GAUVRIT Dominiqu, 22 octobre 2007 à 20:58

bravo Olivier!

j'avais justement envie de lire une analyse intelligente sur cette fameuse lecture.

Posté par céleste, 22 octobre 2007 à 21:11

@ Olivier Bonnet sur Pucheu

Monsieur Bonnet, pourriez-vous me citer vos sources quant à l'affirmation selon laquelle Pierre Pucheu aurait déclaré "vouloir éviter de laisser fusiller 50 bons Français" en désignant lui-même les personnes à abattre ?

Je ne mets pas en doute votre affirmation mais je cherche à vérifier la réalité d'une décision qui ne colle absolument pas avec ce que je lis dans les notes rédigées en détention à partir de 1943 par Pierre Pucheu à Meknès puis à Alger.

Dans ses notes Pierre Pucheu aurait ainsi menti de façon éhontée :

"Quoiqu'il en soit, la question (celle des représailles) fût tranchée par un ordre formel du G.Q.G. allemand venu du front russe, dont nous ne fûmes même pas informés au préalable. On apprit brusquement que 50 otages venaient d'être fusillés à Bordeaux, 50 à Nantes et que, dans les deux cas, le même nombre d'otages serait encore fusillé, si les coupables respectifs n'éient pas trouvés dans un nouveau délai de 10 jours. Le Maréchal protesta solennellement auprès d'Hitler. J'atteste qu'il était et, nous avec lui, affreusement bouleversé par ces hécatombes. Dans chaque cas, les Allemands avaient eux-mêmes choisi les victimes sans aucunement nous prévenir ou nous consulter, et ce fût une odieuse, une abominable calomnie de prétendre que quiconque des membres ou des agents du Gouvernement français les avait désignés. C'est ainsi qu'à Nantes, ils fusillèrent 35 "communistes" (l'auteur a placé lui-même les guillemets) enlevés au camp de chateaubriant, parmi lesquels deux ouvriers dont j'avais décidé récemment la libération et dont le dossier était en cours d'instance auprès des services allemands compétents. Ils y ajouèrent 15 détenus de leurs propres tribunaux militaires, dont le Colonel Jost, président de l'U.N.C. de Nantes et des jeunes gens condamnés par eux pour avoir fait franchir la ligne de démarcation à des prisonniers militaires évadés. Jamais, ni moi, ni aucun des préfets sous mes ordres, nous ne participâmes à aucune désignation.
.../ je fis savoir au Général Stulpnagel que, si l'on voulait passer à l'exécution des cent personnes qui restaient menécées, le Maréchal se présenterait lui-même comme otage unique à la ligne de démarcation. Ces cents victimes furent ainsi sauvées.

.../ Pour ma part, dans le temps précis où j'intervenais nuit et jour, contre le principe même et contre les applications, à chaque cas particulier, de cet afrreux système de représailles collectives, j'étais dénoncé à tout instant par les tracts et les journaux communistes clandestins comme fournissant à l'ennemi des otages. La radio de Londres, avec une incroyable légèreté, reproduisit cet affreux mensonge. Elle ajouta même, dans une de ses émissions, que j'avais fait procéder parfois aux exécutions par des gardes mobiles français.
.../ Je demande à tout ami, à tout indifférent, à tout ennemi de bonne foi, à tout homme de coeur, le redressement de cette monstrueuse calomnie. Je ne demande aucune apologie, aucune excuse, aucune faveur. Je demande le rétablissement de la simple vérité et la fin d'une légende odieuse".

Voilà pour les propos du menteur qui sera exécuté plus tard en mars 44.

Merci encore une fois, Monsieur Bonnet, de me citer vos sources afin que je puisse vérifier de mon côté à que point ce Monsieur Pucheu était tout sauf un homme droit et honnête comme aurait cru bon de le qualifier le Général de Gaulle lui-même à ses avocats venus à sa rencontre plaider sa défense.

Posté par Chouan, 22 octobre 2007 à 21:22

Ah la misérable opération de com’ avec la récupération de Guy Môquet. Alors que Mme Dati s’est fait huer en « y allant » (elle au moins été courageuse), Mr Sarkozy ne s'est pas rendu au Lycée Carnot, officiellement pour des « raisons d’agenda » s’il faut en croire Guaino son âme damnée. Décidément, que son agenda est mal tenu ! (L’argument avait déjà été sorti pour une autre dérobade.) Vivement que Cécé revienne ; car là, ça fait vraiment « tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire ».

Beaucoup de choses à dire sur l’affaire Môquet.

D’abord que je cautionne le refus du « caporalisme mémoriel », et que je crois que nombre d’enseignants pour ne pas déplaire au chien de son maître, ont pu insérer cette lettre dans un ensemble pédagogique et fait ce qui doit être fait de tout document étudié : une mise en perspective.

Ensuite que je déplore ce qui fut dès le début une obscénité. Obscénité : lire publiquement une lettre privée. ON est bine à l’époque du Loft, sauf que lui n’a jamais demandé à jouer sur M6. Obscénité dont le premier coupable fut le PC époque stalinienne, histoire de faire passer son attitude indigne au début de la guerre. Ben justement, si ce PC fut un bon élève du totalitarisme, ce n’est pas au sarkozysme d’en copier les procédés. Quoique…

Guy Môquet c’est du nanan pour les spins doctors de la com’ sarkozienne : grâce à son histoire, mais réduite aux simplismes guainistes et débarrassé de la référence coco aux « camarades » remplacé par le gaulliste « compagnons » (autre détournement, Sarko l’exhibitionniste atlantiste étant au secret « grandeur de la France » ce qu’un nain de jardin est à la Statue du Commandeur).

Mais grâce aussi à sa photo, très Che Guevarra, en jeune dieu nimbé d’une beauté qui va pourrir. Hier, sur un Salon des Collectionneurs, je suis tombé en arrêt devant le stand d’une dame qui reproduisait des photos en canevas. Un portrait de femme et deux adolescents. L’un banal mais l’autre, fulgurant. Et j’appris en parlant avec elle que c’était tout ce qui lui restait de son père, avec un certificat de la Résistance (un frère de Môquet, au fond). Mais tous les héros n’ont pas des têtes de héros, et l’autre ado, le banal, avait peut-être autant de valeur que le prince altier au regard de vrille… Si Môquet à 17 ans, comme souvent les ados, avait eu une allure de jeune échassier raté, ces manipulateurs en aurait-ils fait l’icône du sarkozysme triomphant ?

Posté par Jean Dupont, 22 octobre 2007 à 21:34

Moquet / Manouchian ?

@ Olivier B

NS a choisi Guy Moquet pour son âge : 17ans ! La lettre est à destination des jeunes de cet âge (suite aux émeutes de 2005).

Manouchian avait 36 ans.

Posté par toto, 22 octobre 2007 à 21:34

Merci pour cet article. Vous m'avez inspiré celui-ci:
Pour Guy Môquet, c'est Internet!
http://www.lepost.fr/article/2007/10/22/1040397_guy-moquet-internet_1_0_1.html
Par ailleurs et à propos du MEDEF, j'ai commis celui-ci il y a quelques temps:

Les nouveaux révolutionnaires
http://www.lepost.fr/article/2007/10/02/1029709_les-nouveaux-revolutionnaires_1_0_1.html

Posté par RichardTrois, 22 octobre 2007 à 21:43

Pourquoi ?

@ Toto,

Pourquoi pas la lettre d'Henri Fertet, mort à 16 ans ? Il devait bien y avoir des jeunes de cet âge-là aussi, dans les émeutes. Pourquoi Guy Moquet plus qu'un autre ? La question se pose.

Biographie d'Henri Ferté :

http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/342.html
Sa lettre :

http://www.larecherchedubonheur.com/article-10311165-6.html

Posté par Françoise, 22 octobre 2007 à 21:48

Une lettre et une Histoire

Merci pour cette mise perspective.
Quelqu'un pour dire à l'écrivain "fêlé" de l'Elysée, que sa culture reader's digest ne suffit pas pour endosser l'habit de spin doctor décompléxé.
Il faut que le Président apprenne l'Histoire de son pays s'il ne veut pas aller dans droit dans platane. Hélas, il faudra du temps car c'est un manque consubstantielle de sa politique.

Posté par belka, 22 octobre 2007 à 21:49

@ Françoise

@ Françoise

Je répondais à la question pourquoi pas Manouchian.

Vous me parlez de Henri Ferté. Eh bien oui pourquoi pas ? Mais alors pourquoi pas Guuy Moquet ? Puisqu'ils ont le même âge. Si NS avait parlé de Henri Ferté, peut-être auriez vous dit "mais pourquoi pas Guy Moquet".

Posté par toto, 22 octobre 2007 à 21:53

Sur google, la citation "laisser fusiller 50 bons Français" renvoie sur 436 pages différentes, toujours attribuée à Pucheu.
Sinon, je l'ai au départ puisée dans cet article de l'Humanité http://www.humanite.fr/2007-05-18_Politique_Guy-Moquet-le-courage-d-un-combat, cette notice d'un documentaire de France 2 http://programmes.france2.fr/documentaires/index-fr.php?page=supplement&id_article=37

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 22:05

Ou encore...

...dans cet article du Journal du dimanche http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200720/guy-moquet-dans-les-classes_19986.html

Posté par Olivier B., 22 octobre 2007 à 22:06

@ Toto

Toto,

Ce n'était pas une critique. Je pose la question, parce que si le choix est une question d'âge, Henri Ferté a fait des actes de résistance. Ce que l'on ne peut pas vraiment dire de Guy Môquet.

Posté par Françoise, 22 octobre 2007 à 22:21

L' autorité de la chose répétée

C'est ennuyeux. J'ai comme le sentiment d'avoir mis le doigt où il ne fallait pas... Je gratte et mince je ne trouve pas ce que je cherche.

Partout, dans tous les articles que vous évoquez avec ses 436 références Google, l'affirmation est entre guillemets sans que jamais ne soit citée l'origine et la source de cette position qu'aurait eu Pucheu pour éviter de "laisse fusiller 50 bons français".

Pourriez-vous m'aider dans mes recherches ?

Puisque chacun reprend dans son coin cette idée de Pucheu, c'est que celle-ci ne peut être qu'une vérité historique parfaitement incontestable et aisément vérifiable.

Merci de votre aide.

Posté par Chouan, 22 octobre 2007 à 22:30

Les faits sont têtus

J'ai entendu parler de Pucheu cet après midi à la radio. J'avais déjà l'intention d'en faire mon sujet. Puis j'ai lu ton excelent texte dans la foulée. A faire lire au plus grand nombre.

Moi j'ai fait plus court

Je crois finalement que toutes les initiatives de Sarkozy vont finir par se retourner contre lui.

Faut juste aider un peu.

Zgur

Posté par Zgur, 22 octobre 2007 à 22:47

Pourquoi ce texte ?

Ce qui m'énerve avec cette histoire, au delà de l'insupportable récupération par des néo-collabos d'une histoire relevant de la résistance, c'est le choix d'un texte sans intérêt, je le dis avec tout le respect du à la personne, à l'Histoire et tout ce qsue vous voudrez.
Car l'inculte Nicolae n'a pas dit : j'ai eu la révélation, il faut absolument parler de cette affaire aux nenfants des zécoles. Non, il a dit : il faut lire cette lettre. Laquelle est bourrée d'émotion et d'absolument rien d'autre. Sarko a voulu cela : que l'on émotionne nos enfants. Pas qu'on leur apprenne quelque chose d'important sur la démocratie, la dictature, la guerre et la paix ou quoi ou caisse. Non, qu'on les fasse chialer un peu en pensant à ce pauvre gosse qui… on ne sait pas trop quoi, on s'en fout.
Parce qu'il pense, Sarkoléon, qu'il faut que nos enfants tirent une larme de temps à autre, à l'occasion de cérémonies où l'on sort des drapeaux et tout ça. Sa source d'inspiration, une fois encore : l'Amérique ! Là-bas, ils sont très fort pour larmoyer chroniquement sur les zéros de la patrie-i-e tout en ignorant superbement les grandes lignes de l'histoire de leur pays.

Posté par pvdg, 22 octobre 2007 à 23:07

La vérité sur Pucheu

J'attends toujours que l'on me cite les sources et les preuves mettant en cause Pucheu quant à sa déclaration sur "les bons français" et son implication directe dans l'exécution des 27 otages de Chateaubriand.

Je suis persuadé que pour le lectorat particulèrement érudit et éclairé de ce blog, il est très facile d'apporter les preuves et les sources que je recherche.

Encore merci mes chers camarades !

Posté par Chouan, 22 octobre 2007 à 23:13

Quand on impose un cérémonial dans les écoles

Mon institutrice a toujours refusé de nous faire chanter "Maréchal nous voilà" ... d'autres pas. Quand on impose un cérémonial larmoyant dans les écoles on est à deux pas de la dictature. La roublardise d'aller chercher un jeune communiste mort pour cette raison-là (être militant communiste) relève de la perversion. Ce n'est même plus de la com, c'est s'affubler en plastronnant des linceuls d'une Histoire que l'on bafoue chaque jour un peu plus à Sarkoland. Il y a des morts qui ont dû se réveiller brutalement.
Le recours au larmoyant n'est pas près de cesser : le bon peuple est éduqué par télé-cul-cul.

Posté par duszka, 22 octobre 2007 à 23:32

Pourquoi Guy Môquet?

Lors de la campagne présidentielle, Sarkozy a récupéré Jaurès dans ses discours. Cela a irrité Pierre Louis Basse auteur d'un livre sur Guy Môquet une jeunesse fusillée qui a publié une tribune dans le Monde. Tribune qui parlait de la récupération des valeurs de gauche par notre futur président. Tribune qui a circulé sur internet, et qui a du arriver aux oreilles des conseillers en com de Sarko. Ils ont pu lui conseiller de se servir du symbole pour piller d'avantage l'héritage de la Gauche "socialo-communiste". Vive la récup'.Ce n'est pas forcément la bonne explication, mais Sarko entend occuper le terrain médiatique en ratissant large de l'extrême droite à l'extrême droite. IL utilise même ses déboires avec son épouse pour torpiller les effets dévastateurs d'une grève des transports dans les médias.
Sinon excellent article vu le nombre de trolls qui réagissent, c'est bon signe

Posté par eve, 23 octobre 2007 à 00:42

J'ai toujours aimé Eva Joly,
ce matin après ses déclarations sur France Inter,
je suis carrément amoureux!

Posté par yenamarre, 23 octobre 2007 à 07:44

Merci Arte info

(Et surtout merci Olivier pour cet article, plus fouillé, plus clair et complet que tous ceux que j'ai pu lire sur la chose)

Hier soir, le reportage d'Arte Info Nuit (à minuit, donc, j'avais loupé les infos de 19h45) était plus qu'équilibré : carrément "critique" au beau sens du terme : présentant les raisons annoncées du pouvoir et décortiquant les tenants et aboutissants de l'opération... Il n'a hélas pas été question des relations de Pucheu avec le grand capital de l'époque, mais la volonté de choisir des communistes, et le fait que ce fut fait par le régime de Vichy, était bien mis en évidence.
Ç'en devenait quasi ironique sur la fin, tellement il était manifeste que l'opération s'était retournée contre le simplisme de ceux qui l'avaient mise en oeuvre...

Mais, qui regarde les infos d'Arte la nuit ?

Posté par ko, 23 octobre 2007 à 08:57

Info tronquée et opinion publique

C'est une réflexion qu'on m'a faite, Ko, que Sarkozy tend le bâton pour se faire battre et cette histoire se retourne contre lui. Sauf qu'OpinionWay va recenser 94% de Français qui trouvent que Sarkozy est incroyablement sexy et 113% qu'il a bien fait de faire lire cette lettre.
L'écume des choses... Combien de gens en restent à cette strate de l'information, sans mise en perspective, en réalité impropre à se forger une opinion si l'on n'effectue pas des recherches supplémentaires. Mais qui les consent ?

Posté par Olivier B., 23 octobre 2007 à 09:10

@ Françoise

@ Françoise

Je ne pense pas que NS a choisi Guy Moquet pour des faits de résistance. Il ne faut pas chercher de midi à quatorze heure , il s'agit d'un symbole positif adressé aux jeunes d'aujourd'hui qui étaient impliqués dans les émeutes de 2005. Peut-être pour leur montrer qu'ils ont de la chance de vivre dans une société non soumise à une dictature comme ds la période de la 2d guerre.

Guy Moquet, lui, n'a pas eu cette chance.

Maintenant si NS a récupéré Guy Moquet comme il l'a fait avec Blum et Jaurès évidemment que ce serait critiquable.

Posté par toto, 23 octobre 2007 à 09:36

Pas d'accord

Cher olivier,
je suis prof et je n'ai pas lu la lettre hier. Sur le fond, je suis bien d'accord avec toi, il y a beaucoup de choses à dire...mais je le dirais dans le cadre de ma progression pédagogique et des attentes de mon programme et avec l'appareil pédagogique que je juge adéquat (ou que mes pairs plus qualifiés considèrent comme pertinents).
Il faut bien comprendre que la principale critique du SNES, ce n'est pas le problème de dé-contextualisation, c'est surtout le caractère de "fait du Prince" (choix du thème, de la date, du support) de cette décision.
C'est cela qui est extrêmement grave, vraiment tès inquiétant.
Le Président (élu, donc légitime pendant son mandat) doit normalement indiquer une direction, mais c'est aux corps de l'Etat de droit spécialisés et experts (le MEN) d'étudier un moyen de mettre en application l'objectif : sinon, c'est de la dictature !
Prochaine étape, une lettre de Lorie ??

Posté par Prof, 23 octobre 2007 à 09:43

Bonjour prof

Ne réactualisez pas la page juste après avoir posté un commentaire, ça le remet en ligne à chaque fois. Cliquez ailleurs, sur le bandeau du haut par exemple, pour revenir à la page d'accueil, et revenez ensuite sur la page. Merci.

Pour le reste, je partage votre point de vue sur le fait qu'il est inacceptable que les lubies présidentielles aient force de loi à chaque fois que ça lui pète - pour parler comme un Guy Môquet d'aujourd'hui, un djeuns de 17 balais, le dirait ;-).

Posté par Olivier B., 23 octobre 2007 à 09:53

Bug ?

Euh, désolé, j'ai clické qu'une fois !

Posté par Prof, 23 octobre 2007 à 09:54

Etrange, il y avait 4 fois votre commentaire. Ah, les mystères de l'informatique...

Posté par Olivier B., 23 octobre 2007 à 09:55

@ Chouan

Dans votre héroïque tentative de réhabiliter Pierre Pucheu, vous reprochez à Olivier Bonnet de ne pas citer ses sources concernant la désignation par Pucheu lui-même des otages à fusiller au décours de la mort de Karl Hotz à Nantes, mais les sources que vous-même lui opposez sont les déclarations ... de Pierre Pucheu lui-même.
De Pucheu une fois placé, qui plus est, en détention en Algérie, après sa pitoyable tentative de ralliement à la France libre via le général Giraud.
Libre à vous bien sûr d’accorder foi aux déclarations d’un homme qui à l’époque risquait sa tête, et qui d’ailleurs la perdit un an plus tard.
Mais si vous prenez pour argent comptant les déclarations des collaborationnistes une fois ceux-ci emprisonnés, ou celles de leurs amis nazis lors de leurs procès ultérieurs, nul doute qu’alors vous considèrerez le régime de Vichy comme parfaitement démocratique, et le régime nazi comme un modèle de justice et de tolérance. C’est d’ailleurs peut-être bien ce que vous faites...

Pucheu a t-'il vraiment opposé verbalement les communistes qu’il a envoyés à la mort et les « bons français » ?
Je ne le sais pas, même s’il existe de très nombreux témoignages qui vont dans ce sens, à commencer par celui du sous-préfet Le Cornu, en poste alors à Chateaubriant.
Concernant par contre la responsabilité de Pucheu dans la désignation des otages, le problème, pour Pucheu, et pour vous, c’est que les sources existent.
Et qu’elles contredisent absolument les déclarations de Pucheu que vous citez.
Un seul exemple : cette lettre du sous-préfet de Chateaubriant aux autorités allemandes, en date du 20 octobre 1941, dont voici le texte : « Suite à notre entretien de ce jour, j’ai l’honneur de vous confirmer que M. le ministre de l’Intérieur a pris contact aujourd’hui avec le général Von Stüpnagel, afin de lui désigner les internés communistes les plus dangereux parmi ceux qui sont actuellement concentrés à Chateaubriant. Vous voudrez bien trouver ci-dessous la liste des 60 individus fournie ce jour ».
En post-scriptum, la lettre précise même, montrant à quel point les autorités françaises suivront l’affaire jusqu’à, si j’ose dire, son terme: « Après examen plus approfondi de nos listes d’internés, l’état ci-joint sera révisé, et une nouvelle liste définitive vous sera dressée ».
[ Fac-similé de cette lettre à l’adresse suivante : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/ ].

Posté par Clarence, 23 octobre 2007 à 10:10

Pucheu

Une autre version:

``Les Allemands avaient envoyé à Vichy une liste de 50 noms, comprenant 10 communistes et 40 non-communistes. Pucheu retourna à Paris une liste corrigée. Celle-ci comprenait 44 communistes. «Je ne pouvais pas laisser fusiller de bons Français», s’était-il justifié.''

La suite:

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p1604/dossier/a12581-pour_l’exemple.html

Posté par millou, 23 octobre 2007 à 10:40

suite

Chouan, peut-être trouverez vous la source du commentaire de Pucheu dans

Pierre-Louis Basse, Guy Môquet, une enfance fusillée, Stock, 2000

cf. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20071019.OBS0591/des_otages_et_des_lettres.html

Posté par millou, 23 octobre 2007 à 10:48

source toujours

Peut-être également dans le livre de l'historien Fred Kupferman

Le procès de Vichy : Pucheu, Pétain, Laval, Editions Complexe, Bruxelles, 1980.

http://ldg.francaislibres.net/forum/sujet.php?sujet=663

Posté par millou, 23 octobre 2007 à 11:03

Quand l'histoire supplante l'Histoire

juste pour signaler, fort inélégament, que j'ai commis mon petit billet sur la question
http://sauce.over-blog.org/article-13266576.html

Posté par Martin P., 23 octobre 2007 à 12:23

merci de remettre cette histoire dans son veritable contexte historique - c'est curieux quand même que ce sont les journalistes non rémunérés qui font bien leur boulot

Posté par tgb-rue-affre, 23 octobre 2007 à 13:11

...que ce soient les journalistes....qui fassent bien leur boulot
(çe me génait un peu en relisant)

Posté par tgb-rue-affre, 23 octobre 2007 à 13:13

Bonne lecture

Que de bonnes lectures!
Des sources que ne renierait pas Manon.

En bout de course, Olivier, tu avais bien raison.

Posté par GPMarcel, 23 octobre 2007 à 15:54

Pour poursuivre sur l'idée de l'écume des choses : il me semble que ces dernières semaines - en tout cas c'est ce à quoi j'assiste autour de moi - chacun renforce ses convictions ou rejoint clairement un "camp".
Les convaincus des capacités de nuisance de sarko sont confortés dans leur rejet ; certains qui doutaient que ce soit à ce point finissent par reconnaître que oui, peut-être, on avait raison de crier au loup ; ses admirateurs demeurent dans la foi (et donc la raison ne les atteint pas) ; mais on entend de moins en moins de gens pour temporiser : le "ventre mou" se vide.
Bien sûr, c'est lié à la fin de "l'état de grâce" : mais ça va au-delà. Des indécis, des peu politisés qui se seraient moqués comme d'une guigne de "la politique" une fois l'élection terminée commencent à s'interroger sur le projet présidentiel (z'auraient mieux fait de s'interroger avant, je suis bien d'accord...).
Il va donc y avoir les "anti", clairement, et les "fanas", mais ce coup-ci, je ne pense pas qu'il y ait autant "d'indifférents" que d'habitude, pendant une législature.
Ce n'est pas très bon pour une société, d'être ainsi divisée catégoriquement.

Posté par ko, 23 octobre 2007 à 16:01

Pierre louis Basse vient de commettre "Guy Môquet au Fouquet's" à l'Equateur. Quelqu'un l'a-t-il lu ? Chez Mermet une très belle émission vient de se terminer.

Posté par duszka, 23 octobre 2007 à 16:15

Cinéma

Et on pourra aussi,pour ceux qui aiment le cinéma quand il n'est pas un divertissement mais un combat et un manifeste, rappeler le début des 120 jours de Sodome, où Pasolini figure les notables fascistes choisissant les victimes de leur pacte parmi des lycéens, enfants très précisément choisis parmi les filles et garçons de leurs adversaires politiques, en quelques scènes simples, quasiment muettes et atroces.
Certes, c'est du cinéma, et le cinéma n'est pas l'histoire, mais Pasolini le poète dit bien des choses ....
Oui, Olivier Bonnet a raison, les enseignants ont le choix de faire du contexte, du vrai, et de l'histoire, de la vraie, au delà des oukazes des spin doctors du Fouquet's.
Merci pour ce beau rappel : tout le monde ne mange pas du kitékat.

Posté par Paprika, 23 octobre 2007 à 17:24

PUCHEU encore

Merci pour ces liens que j'ai étudiés attentivement.

Le parcours de Pucheu, son procès, les conditions et le déroulement étonnant de son exécution, la manière dont il s'est opposé au tournant collaborationniste de 1942, son ralliement à la France combattante avec l'accord de Giraud qui le trahira aussitôt, l'embarras de De Gaulle et ses propos élogieux sur le condamné, la question de l'authenticité du document le mettant en cause sont autant de sujets passionnants pour quiconque cherche à aller au delà de l'émotion de la tragédie du destin de Guy Moquet.

Une chose est sûre, ce n'est pas dans les minutes des procès de l'épuration qu'il faut chercher la vérité.

Posté par Chouan, 23 octobre 2007 à 20:45

Exception

Bon, Chouan, je profite de cette exception : contente de me sentir en accord avec votre quête de la vérité sur l'affaire Môquet/Pucheu… ;)

Posté par Fajua, 23 octobre 2007 à 21:12

les communistes

ma mère et mon père étaient communiste pendant la guerre de 39-45 (et le sont encore).Ils n'ont pas attendu que la Russie entre en guerre pour être résistants.
Ma mère a été agent de renseignements, a transporté des armes, caché des parachutés de Londres. Beaucoup de ses camarades ont fait sauter des trains. Mon père était aux premières loges dans les actions de résistance. A aucun moment ils n'ont attendu les ordres de Moscou et il est indigne d'oser dire que les communistes ne fesaient pas de résistance avant 1941!
En revanche, je peux vous parler d'un fait qui s'est passé lors de la prise de Caen par les allemands. Avec l'approche des allemands, la police française a vidé les prisons de Caen. Enfin presque car les seuls détenus qui n'ont pas été libérés étaient des activistes communistes et des syndicalistes (étrange non?). Quand les allemands sont arrivés, ils ont fusillé les prisonniers. D'où je tiens cette histoire? De ma mère, normande et en relation (bien que communiste) avec des dirigeants politiques "bien placés".

Posté par nikou, 23 octobre 2007 à 23:21

Pour abonder...

J'ai eu l'occasion de travailler sur la biographie d'une militante communiste de toujours (pour le dictionnaire Maitron) : à Montpellier, le petit groupe de camarades auquel elle appartenait n'a pas non plus attendu les ordres de Moscou, bien au contraire ! Ils se sont mis en péril, d'ailleurs, par rapport aux officiels du Parti de l'époque, car ils ont rapidement tiré des tracts subversifs et commencé à organiser un réseau. (Z'étaient bien contents, plus tard, les officiels, de trouver des réseaux déjà constitués de résistants communistes !).

Posté par ko, 23 octobre 2007 à 23:51

Ce que vous racontez est terrible.

Posté par Olivier B., 24 octobre 2007 à 00:00

D'aucuns semblent ici trouver falacieux que l'on affirme ici que c'est avant tout contre la droite déchainée et décomplexée de son époque que se battait Guy Moquet. J'aimerai donc procéder ici à un petit rappel historique: je ne sais pas pour Guy Moquet, mais c'est pas contre les nazis, c'est contre la droite de la IIIeme République que les communistes sont entrés en résistance en 1939 (et même plus que la droite puisque des socialistes à l'extrême droite on a voté la suspension des députés communistes en janvier 40, 5 mois avant Pétain). C'est elle qui a plongé dans l'illégalité et pourchassé les communistes qui, malgré l'interdiction dont leur parti a fait l'objet, continuaient à imprimer L'Humanité en cachette et à distribuer des tracts. C'est elle qui dés l'hiver 39-40 a commencée à condamner à mort les communistes pris à diffuser des tracts ou L'Humanité, du moins si je juge Les Communistes d'Aragon comme une source un tant soit peu fiable, ce que je crois. Il est vrai que je ne pense pas que ce soit sous la IIIeme République qu'on ait commencé à procéder aux executions. La barbarie nazie n'était qu'un des aspects de la droite contre laquelle les gens comme Guy Moquet (j'ai pas dit les résistants, mais en tout cas les résistants communistes) sont entrés en résistance. Il faut être honnête quand à la vérité historique de la motivation des personnes, même si contrairement à moi on croit que leur motivation était mal placée!

Par contre c'est vrai que je trouve le paralèle avec la retraite des cheminots est tout à fait hors de propos. C'est dans les lois sur l'immigration Sarkozy I, Sarkozy II, Hortefeu (et j'ai oublié le nom des lois de juin)qu'elle est, la filiation du sarkozysme envers Vichy. C'est entre la construction des camps pour républicains espagnols (Argelès et autres) et la construction de camps pour immigrés du monde entier (Roissy (93), St Jacques de la Lande(35), etc..) qu'il est le prolongement actuel du "fascisme" français (ne polémiquons pas sur le mot, vous savez de quoi je parle).Alors pourquoi chercher là où elle n'est pas vrai l'allégance du sarkozysme à l'oeuvre de Vichy quant il y a d'autres domaines où elle est frappante?

Posté par Axel, 24 octobre 2007 à 00:01

Récupération

Cette lettre qu'est qu'une honteuse récupération de Sarko… ou plutôt de Guaino, nouvelle star du gouvernement qui pour un nègre fait beaucoup parler de lui. Je pense que ces l'hommes des "bons coups" de Sarkozy. Ils diront tout et son contraire tant que cela pourra émouvoir et les servir… Ah la belle équipe !

Posté par Cécile, 24 octobre 2007 à 00:23

Camps

Je ne peux pas laisser dire que "la construction des camps pour républicains espagnols (Argelès et autres)" était une expression du fascisme français. C'est faux et c'est mensonger. La construction de ces camps était la seule réponse que la France a pu fournir en très peu de temps, sans aucune aide internationale au déplacement de plus de 500 000 personnes en quelques jours et en plein hiver. En 1939, les Pyrénées-orientales étaient un tout petit département, totalement dépourvu de capacités d'accueil pour un tel déplacement de population (bien supérieur à sa propre population). On a inauguré ce qu'on appelle maintenant les "couloirs humanitaires" et les "camps d'urgence". C'était des camps MILITAIRES, des cantonnements, contruits à toute vitesse pour ne pas laisser les gens dehors comme les premiers jours (février 1939, au plus froid de l'hiver, en plein vent sur les plages à la tramontane et au mistral sur le littoral du Roussillon). Conforts spartiate effectivement, mais des latrines, des distributions de nourriture, un abri contre le vent (les barraques du Barcarès sont des dortoirs militaires avec des pans coupés pour prévenir les infiltrations de sable), des services postaux, un recensemetn des émtiers des gens pour elur trouver du travail hors des camps en France. Cela n'était pas indigne, c'était ce que les soldats avaient, rien de moins. Rivesaltes existait déjà, c'était un camps de cantonnement et de pour les troupes coloniales rentrant en Afrique ou allant vers l'océan Indien à Madagascar : l'armée s'est même faite tirer l'oreille pour le mettre à la disposition de populations civiles, car il était quasiment neuf ! . On ne savait pas faire autre chose et on a fait ce qu'il était possible de faire. J'ai lu en entier la correspondance adminsitrative du préfet des Pyrénées-orientales au cours de l'année 1938 : parfaitement conscient de ce qui allait arriver dès mars-avril 1938 (un afflux de population à loger et à nourrir, des blessés ne nombre, une foule sur la frontière en très peu de temps, des risques bien réels de massacres) , il cherché désespérément à anticiper les choses : il n'a rien obtenu du gouvernement français qui était fort peu à l'écoute d'un fonctionnaire et d'une adminsitration qui tenaient compte de toute les informations qui lui parvenaient du front de l'Ebre et qui s'attendaient au pire. Le préfet n'a cessé d'avertir, d'appeler au secours, d'exiger qu'on prévoit les choses. Il a du improviser absolument tout, les différents instances internationales refusant même qu'on crée une zone démilitarisée pour abriter les population en territoire espagnol et éviter les massacres. Toutes sortes de gens ont franchi en janvier 1939 la frontière que la France a fini par ouvrir jusqu'au 9 février, parfaitement consciente qu'elle ne maitrisait plus la situation mais qu'il fallait agir et sauver des vies : sont ainsi passés, certes des unités régulières de l'armés républicaine en pleine débandade, mais aussi des populations civiles rurales et urbaines (quartiers entiers de Gérone et Barcelone, par exemple) qui fuyaient les opérations du front de l'Ebre et l'arrivée des troupes franquistes, des unités de l'armée franquiste, poussées elles-mêmes par les autres groupes de réfugiés, la totalité des blessés républicains des hôpitaux de Gérone, évacués avec le personnel médical par les hôpitaux de Gérone vers l'hôpital de Perpignan, blessés dans lequesl ont trouvaient des brigades inernationales qui n'avaient pas quitté l'Espagne lors du renvoi des brigades par le gouvernement républicain espagnol et poruqui erster en territoire espagnol signifiait une mort assurée. A l'époque, ces 600 personnes ont été logées et prises en charge par l'hôpital de Perpignan, qui disposait encore de tout un domaine foncier médiéval en terres, champs, troupeaux, droits de pêche, etc. et qui pouvait nourrir tout le monde. L'hpotial de gérone a mêe transféré en france le ficheir des malades,, sans doute pour éviter qu'il tombe ent re de mauvaises mains, et dont les iches ont servi retournées à faire les fiches de malades de l'hôpiral de Perpignan : elles sont aujoud'hui heureusement conservées et témoignent de cet épisode. L'hôpital a même accueilli des enfants en bas âge qui étaient devenus orphelins pendant la Retirada et que des soldats ont amenés et déposés à la crèche sans même connaître leur nom (plus tard adoptés par des parents français)
Tout le monde a d'abord cantonné en Cerdagne, à Prats-de-Mollo, sur le bord des routes, dans des villages minuscules sans réserve de nourriture, ou même les communications routières étaient difficile, dans les champs, coupant les arbres, abattant les troupeaux et brûlant tout ce qui pouvait être brûlé pour se chauffer ("la montagne toute entière brûlait", ont rapporté les témoins). IL fallait de toute urgence faire descendre sur la côte ces populations qu'on ne pouvait ni loger ni nourrir sur place et qu'il était hors de question d'expulser, pour les disperser sur un territoire plus grand par le train, ce serait-ce que pour pouvoir les nourrir (on est à une époque où il n'y a pas d'entrepâts frigoriques, où le Roussillon ressemble quasiment à une terre médiévale, avec de petits villages, pas de grande ville, pas d'infrastructures, pas de super-marchés ....). C'était la quatrième fois qu'il y avait des déplacements de population (trois guerres carlistes au XIXème avaient déjà provoqué des exils en masse par les routes des Pyrénées, dont beaucup dans les Pyrénées-orientales), mais c'était la première fois qu'une telle masse passait la frontière en quelques jours
L'année jusqu'en novembre 1939 s'est passé en constructions de camps, retour de beaucoup de gens en Espagne, transfert ailleurs à l'intérieur du territoire français, de gens que l'opinion publique prenant tout de même pour des assassins et des criminels (l'homme au couteau entre les dents de la propagande ...). Beaucoup ont trouvé du travail en France et y ont fait souche, je ne l'apprendrai à personne : toute la sociologie électorale du Midi toulousain s'en est trouvée durablement bouleversée. Des communes comme Argelès, Saint-Cyprien, Le Barcarès, Collioure abritent encore aujoud'hui d'importants effectifs de descendants de réfugiés "espagnols" (souvent d'ailleurs catalans)
Des chantiers forestiers ont permis à nombre d'anarchistes de se planquer pendant la guerre, en même temps que d'autres allaient remplir les camps allemands (Bergen Belsen, notamment), par prélèvement de militants politiques repérés à la fois par les allemands (listes transmises par els autorités franquistes) une fois l'occupation de la zone nord réalisée et ensuite à partir de 1942.

En novembre 1939, ces camps du Roussillon étaient à peu près vidés de leur "population" civile et militaire et c'est une autre histoire qui commence, sur d'autres bases....

Tout ceci a été fait dans un pays en guerre (ou pré-guerre), battu et occupé six mois après, quand personne d'autre n'a rien fait pour éviter des pertes humaines à la fin de la Guerre d'Espagne.

Posté par Paprika, 24 octobre 2007 à 06:44

Voilà qui est documenté !

Posté par Olivier B., 24 octobre 2007 à 07:40

Les Salauds

Pour faire écho au remarquable texte de Paprika, une archive du Canard Enchaîné :

LES SALAUDS

Sur l’une des photos de réfugiés espagnols publiées par les journaux, vous avez peut-être remarqué un petit garçon qui, vêtu d’une veste d’homme lui tombant aux chevilles, marchait gauchement le long d’une colonne de femmes et d’enfants en haillons.

Au moment même où ce muchacho qui peut bien avoir cinq ans mettait le pied sur la terre de France, on pouvait lire dans Le Jour, sous la signature de l’honorable M. Léon Bailby, un article ainsi intitulé « La France s’ouvrirait aux tueurs ? »

De ces tueurs, les photos nous en montrent des centaines. Il en est que leur mère transporte dans des couvertures parce qu’ils ont la fièvre et qu’il fait froid au Perthus. D’autres clopinent sur leur unique petite guibolle, ayant laissé l’autre à Barcelone ou à Granollers. Un autre, particulièrement précoce, est né dans le tunnel international de Cerbère : un sans-patrie, quoi ! D’autres encore, laissant pour un instant toute pensée meurtrière, se précipitent sur un butin de morceaux de pain blanc que leur tend un Sénégalais. Il en est un, de ces tueurs, qui a le toupet de rire de toutes ses quenottes de lait parce qu’il a retrouvé sa madre qui l’avait perdu dans la cohue.

L’un d’eux est mort de faim en arrivant. Celui-là du moins ne troublera plus le sommeil de M. Léon Bailby. Mais les autres, les autres avec ces yeux sans visage, ces têtes hirsutes, ces pieds nus, ces dos déjà voûtés sous les loques, comme on comprend qu’ils terrifient M. Bailby. Ils sont capables de le dégoûter à jamais des petits garçons.

Au fait, que viennent-ils faire chez nous ces marxistes en layette, ces rouges en culotte courte, ces Passionarias en herbe qui se font les dents sur des quignons de pain en attendant de croquer des gorges d’ecclésiastiques? Et que viennent y faire leurs mères ? « Est-ce que Franco massacre les enfants et les femmes ? »

Cette question, c’est notre bon confrère, Stéphane Lauzanne, qui la pose dans Le Matin de lundi dernier. Et qui la pose avec une ingénuité si désarmante qu’elle arrête la paire de claques au vol.

Son article porte ce titre charmant « Le chantage à la pitié. » Et M. Lauzanne d’écrire « Il y a plusieurs sortes de chantages il y a le chantage à la menace et il y a le chantage à la pitié. La France qui est inaccessible à l’un doit s’employer à faire cesser l’autre. »
Hep, là-bas, le marmot haut comme trois pommes qui marche empêtré dans la veste de son père, c’est compris ?
La France est inaccessible au chantage.


Robert Treno

Le Canard Enchaîné
1 février 1939

(Bizarre, mais ces gosses qui toquaient timidement à notre porte m'en rappellent d'autres. "Chantage à la pitié" : on dirait du Hortefeux)

Posté par PMB, 24 octobre 2007 à 13:02

Pour boucler la boucle, on peut comprendre la remise en question de cette série d'avancées sociales, qui datent peu ou prou d'après la seconde-guère mondiale. Je pense (mais je ne suis pas sûr), que c'est l'excellent Frédéric Lordon qui rappelait que si de telles avancées ont pû être imposées notamment au patronnat Français, c'est surtout en raison de la supériorité des communistes de l'époque, compréhensible quand on connaissait la sévère compromission d'une bonne partie de la droite avec les Nazis ou avec Vichy, ou les deux. 60 ans plus tard, ragaillardie par la victoire de Sarkozy (et/ou la vague de droite en Europe), celle-ci estime le délai expiatoire suffisamment long pour affirmer haut et fort sa volonté d'en finir avec tous ces acquis du CNR, qu'elle voit plus comme des "privilèges" intolérables à la liberté d'entreprendre. Certains, dans leur enthousiasme, vont même plus loins. Les différents éditos du Figaro le lundi qui suivit le deuxième tour de la présidentielle étaient vraiment à vomir dans leur réhabilitation à peine voilée de Vichy ou du colonialisme.

Posté par David.A, 24 octobre 2007 à 13:50

Ivan Rioufol du Figaro écrit toujours ce genre de choses aujourd'hui.

Posté par Olivier B., 24 octobre 2007 à 13:51

Au détour d'un reportage de France2 hier, je trouvais qu'un vieux militant du PC (sans oublier cet élève culotté, lui demandant pourquoi, si ce n'était pas une operation de com, il y avait tant de caméra), admonestant Xavier Darcos à Périgueux, où celui-ci devait lire cette lettre devant les élèves d'un lycée, résumait assez bien la farce que ce opération de relation publique représente : "tout ce pourquoi Guy Moquet est mort, vous vous acharnez à le détruire. Vous ne manquez pas de culot!" (citation approximative). Tout est dit...

Posté par David.A, 24 octobre 2007 à 14:02

Un peu de vérité

Excellent article du monde : http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-3224,49-969567,0.html
écrit par un chercheur en histoire et un doctorant. Du solide et du moins engagé/plus neutre.

Posté par Un peu de vérité, 24 octobre 2007 à 14:06

"...Moins engagé, plus neutre", c'est plutôt le contraire, dès les premières phrases de cet article. C'est étonnant de voir avec quel acharnement une certaine presse tente de présenter "les communistes" comme un bloc monolithique, obéissant comme un seul homme aux dictats résultants du pacte germano-soviétique. On voudrait discréditer l'apport communiste dans la seconde guerre mondiale qu'on ne ferait pas mieux...

Posté par David.A, 24 octobre 2007 à 14:21

Pas d'accord

Oh non, David A., pas le discréditer : seulement le mettre plus bas que là où l'a mis notre PC, résistant plus longtemps que d'autres à un aggiornamento qui aurait peut-être pu lui sauver la vie, lui qui est maintenant dans un coma (c'est le mot) dépassé.

Attention, la majorité des militants lambda étaient et sont sincères. Si j'en avais été, j'aurais aimé être un mille-pattes pour botter les culs de tous les chefs et sous-chefs qui ont trahi la cause et manipulé la base.

Ici, la "certaine presse" a bien fait son travail.

Posté par PMB, 24 octobre 2007 à 14:44

David A., merci d'avoir parlé de cet élève décachant la merde au chat.

De la com', de la mystification, de la manipulation. Le PC avait commencé ça à la fin de la guerre, le PS (attention, ici : Parti Sarkozyste) continue. Même procédé emprunté aux régimes totalitaires.

Posté par PMB, 24 octobre 2007 à 14:48

@PMB

Tenter de mettre sur le même pied le PC moribond d'aujourd'hui avec le PC d'hier procède de la même logique tout de même un petit peu intelectuellement malhonnête. A la François Furet, si je puis dire, non ?

Posté par David.A, 24 octobre 2007 à 15:07

David, je ne mets pas sur le même pied le PC d'hier et le PC d'aujourdhui moribond.

(Mais c'est peut-être parce que j'ai écrit "notre" PC sans préciser que cela visait non le PC tel qu'il est maintenant mais celui (Thorez-le-planqué et successeurs aidant) qui est resté longtemps arc-bouté sur ses certitudes "globalement positives).

Donc je vais m'abstenir de trouver la vôtre de logique malhonnète, ce qui là pour le coup serait, oui, malhonnête ;-)

Posté par PMB, 24 octobre 2007 à 17:32

Bravo,

C'est une amie blogueuse qui m'a signalé votre blog. Je trouve qu'au final votre attitude est la bonne. Prendre Sarkozy à son propre piège. Ce qui finalement a un peu été fait, puisque de nombreux journaux ont tout de même fait des rappels historiques.
Sinon, j'aime votre blog, et je vous met en lien chez moi.

Posté par leunamme, 24 octobre 2007 à 18:32

tribune libre

je suis admiratif du courage de GUY MOQUET
son message est grand: il s'est opposé à la barbarie allemande qui violait notre pays.
ce rappel auprès des scolaires n'est pas inutile au temps actuel de négation de nos valeurs,l'histoire nous rappelle que des gens ont donné leur vie pour cela.
se servir de ce sacrifice pour critiquer tel ou tel est assez minable.

Posté par andré, 25 octobre 2007 à 09:18

Vous dites un peu n'importe quoi.
Môquet distribuait des tracts pour la libération de ses camarades communistes emprisonnés. C'est contre la droite vichyssoise qu'il résistait.
Il n'a pas donné sa vie mais a été condamné à mort en tant que communiste.
L'exemple est donc affreusement mal choisi par un président qui, en outre, entend défaire ce que les camarades de Môquet ont contribué à bâtir, le programme du Conseil National de la Résistance.

Posté par Olivier B., 25 octobre 2007 à 09:29

"Vous dites un peu n'importe quoi".

Olivier, vous êtes un peu gentil ;-)

"se servir de ce sacrifice" pour brouiller les pistes et draguer l'électeur sur le registre de l'émotionnel est, André, assez minable.

Posté par PMB, 25 octobre 2007 à 13:04

Bonjour !

Il y a un article super intéressant sur le Contre journal : "Le théâtre politique de Nicolas Sarkozy"

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/10/guy-mquet-et-le.html
(Merci à Kiki)

Bises et bonne journée à tous

Posté par Flo Py, 25 octobre 2007 à 15:10

les communistes: des traitres en 1939-40!

Les communistes pas de bons Français? Non, effectivement, tout simplement des traitres en 1939-1940: leur puissance de tutelle, l'URSS, poignarde dans le dos la Pologne et s'associe à Hitler pour démanteler ce malheureux pays et le réduire en esclavage. Le PCF appelle alors à saboter l'effort de guerre des démocraties et à déserter de leurs armées: c'est ce que fait le courageux Maurice Thorez, qui se réfugie à Moscou en septembre 1939. A ce titre, le PCF porte une responsabilité écrasante dans la défaite française qui a permis l'avènement du régime de Vichy. Non, Guy Moquet n'est pas un résistant, c'est le fils d'un apparatchik communiste qui est mort parce que Hitler n'a pas respecté le pacte qu'il avait signé avec Staline, "petit père des peuples" et de tous les communistes européens.

Posté par Cassiodore, 25 octobre 2007 à 16:04

Le pacte germano-soviétique était de circonstance pour Staline aussi. Et vous ne parlez que des dirigeants communistes : de nombreux militants ont résisté bien avant la rupture du Pacte.
Et Môquet est mort parce que Pierre Pucheu, éminent représentant de notre droite bien française, a voulu qu'il meure.

Posté par Olivier B., 25 octobre 2007 à 16:17

En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace
les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60

Posté par eric, 25 octobre 2007 à 21:00

moquet et la résistance d'aujourd'hui

j'ai pu crier dans les couloirs de la PAF de coquelles (48h de garde à vue en mai 2007), mais aussi en courant derrière les CRS qui couraient eux aussi mais après des réfugiés politiques, le nom de Guy Moquet, la France de Guy Moquet...

"C'est ça la police de Guy Moquet?" ai-je hurlé, frisant l'outrage mais heureusement ils étaient trop occupés à chasser des hommes qui avaient fui leur dictature.

sinon, j'ai eu droit à ma petite garde à vue de 24h, le 23 octobre 2007, pour avoir tenté de photographier une course poursuite que j'ai malencontreusement voulu réaliser en présence d'un obstacle CRS. torsion de bras pour me faire plier au sol. 24h au commissariat de Calais. outrages inventés pour la justification et rébellion pour avoir résisté avec violence à deux CRS. 1m63, 48kg. Je suis devenue tout à coup très forte.

Mais leur répression est habituelle: 6 gardes à vue, 2 mises en cellule de dégrisement, trois agressions physiques, procès et procès et procès. C'est difficile de surveiller la police à Calais quand l'Angleterre ferme ses frontières mais accueille les demandeurs d'asile qui réussissent à franchir ce mur de répression intense. On se croirait en dictature dans ma ville. Je crois qu'on a toutes les catégories de police plus celle des anglais. 2000 personnes travailleraient pour les forces de l'ordre, d'après un traducteur pakistanais.

Je ne serais pas fusillée comme Guy Moquet parce que je ne suis pas dangereuse.

Posté par zetkin, 29 octobre 2007 à 23:00

admiration

je voulais ajouter que j'admire tous ces gens qui ont su résister et continuer le combat contre le système capitaliste.

Et s'il fallait voir un lien avec ce qui se passe actuellement, Sarkozy est comme Pucheu, son objectif est de détruire tous les droits des salariés. Rappelons-nous qu'en mai 2005, il a dit que le travail libère l'individu. C'est ce qui était écrit au fronton des camps de travail allemand.

Depuis longtemps, j'ai remarqué que Sarkozy détestait le PC et la CGT. A chaque fois qu'il a été obligé de venir à Calais, une poignée de militants suffisait à repousser son entrée.

J'aimerais que des historiens se penchent sur l'histoire de sa famille paternelle.

Posté par zetkin, 29 octobre 2007 à 23:08

Pucheu et Môquet

Le nom de Guy Môquet était-il sur la liste que Pucheu a fourni aux Allemands ? C'est ce que j'ai toujours pensé, mais il semblerait que ce ne soit pas si sûr. Dans une émission récente de France Culture (Emission "Du grain à moudre" du 22 octobre 2007, que l'on peut encore consulter sur internet), l'historien Henri Rousso dit que non. Ce sont les Allemands qui ont rajouté son nom. Ce que semble confirmer Jean-Pierre Azema, dans la revue L'Histoire de septembre 2007: seuls 17 noms de "communistes particulièrement dangereux" (ce que n'était pas Guy Môquet) auraient été désignés par Pucheu, qui souhaitait en fait diminuer le nombre d'otages fusillés.
Le MBF (commandement militaire allemand en France)aurait rajouté les autres noms, dont celui de Guy Môquet. Il s'agissait en l'occurrence de désigner un jeune, pour l'exemple.
Ce qui change un peu l'interprétation des faits: Guy Môquet n'est pas mort tant pour avoir été communiste, que pour avoir été un jeune. Il fallait montrer à la jeunesse française que "la jeunesse n'est pas une excuse".
Quelqu'un connait-il exactement la réalité des faits, et l'implication de Pucheu: 17 ou 61 noms ?

Posté par René Fiévet, 29 octobre 2007 à 23:52

Pucheu et Môquet (suite)

L'enquête continue.
Contrairement à ce que j'ai écrit hier, Pucheu n'a pas désigné 17 noms "pour réduire le nombre de fusillés". En fait, sur les 61 noms de la liste fournie par le Ministère de l'intérieur aux allemands, il y a 17 des 27 fusillés de Chateaubriant; et Guy Môquet ne figure pas parmi les 17.
La chronologie des faits est éclairante: alors que les 17 désignés par Pucheu ont été, dès le 20 octobre, regroupés dans un baraquement à part, Guy Moquet écrit, le matin du 22 octobre, une première lettre à sa famille où, de toute évidence, il ne se doute de rien. Ce n'est que peu après qu'on lui annonce qu'il fait partie de la liste. D'où la seconde lettre...
Ce sont les Allemands qui ont décidé de mettre Guy Môquet sur la liste, pas Pucheu.

Posté par René Fiévet, 30 octobre 2007 à 21:07

Quelle honte !

Votre article est tout simplement scandaleux ! On sait aujourd'hui toute l'ambiguïté de l'attitude du PCF au moment de la défaite de 40. En premier le PCF "pacifiste" a milité pour la défaite des armées françaises. Obligé d'obéir à Staline, allié temporaire d'Hitler, l'appareil du parti n'a aucunement appelé à la résistance, a piteusement négocié avec l'occupant pour faire reparaître l'Humanité, a vu certains de ces membres courageusement déserter comme M.Thorez (curieuse attitude pour qui prétend vouloir s'opposer à la barbarie) ou fonder des partis collaborationnistes (PPF de Jacques Doriot), a fini par entrer dans la résistance "officielle" au moment de l'invasion de l'URSS pour finalement essayer d'accaparer le monopole de la résistance. Quant aux militants qui ont quand même résisté dès le début (il y en eut tout de même, mais Guy Moquet n'en faisait pas parti), le PCF s'est occupé de liquider ceux qui avaient survécu à la fin de la guerre pour désobéissance.
Le communisme qui a des dizaines de millions de morts sur la conscience n' a toujours pas été jugé contrairement au nazisme. Puisque vous êtes fiers d'être communistes, allez donc vivre en Corée du Nord, vous y serez dans le paradis dont vous rêvez.

Posté par TDB, 10 février 2008 à 18:47

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