22 octobre 2007
Guy Môquet, assassiné par le grand patronat français
Nous serions professeur, nous ne refuserions pas de lire la lettre de Guy Môquet à nos élèves, comme une directive de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, y oblige les enseignants aujourd'hui sur ordre du président. Nous désobéirions ainsi à leur principal syndicat, le SNES, dont Claudie Martens, la co-secrétaire générale, dénonce en cette initiative une "récupération politique" : "Nous obliger à parachuter en plein cours un savoir sur un seul et
unique personnage, sorti de son contexte, c'est manquer de respect à
notre métier", estime-t-elle. Elle se trompe, en ce que nul n'empêche le professeur de resituer le contexte, et c'est justement ce qu'il convient de faire. Darcos est très clair : "On le dit depuis le début, les enseignants peuvent faire ce qu'ils veulent autour de cette lettre". Chiche ! Il faut alors prendre Sarkozy à son propre piège et expliquer en quoi Guy Môquet est mort non en tant que résistant, mais parce qu'il était communiste. Henri Guaino, conseiller du président, explique à propos du jeune fusillé, dans Libération : "Il tombe victime de la barbarie nazie". La part de vérité de cette affirmation est si partielle qu'elle en devient presque mensongère. Ce sont certes les nazis - en l'espèce le général Stülpnagel - qui ordonnent qu'en représailles à la mort du lieutenant-colonel Holtz, abattu à Nantes par la résistance, on fusille 50 otages. Mais lesquels ? Les Allemands
n'interviennent pas dans le choix des victimes. L'homme qui désigne les suppliciés s'appelle Pierre Pucheu, le ministre de l'Intérieur de Pétain. C'est donc lui qui condamne à mort les 27 fusillés de Châteaubriant, groupe auquel appartient le jeune Guy Môquet. Tous sont communistes et le hasard n'a rien à y voir : Pucheu explique clairement son choix comme dicté par la volonté d' "éviter de laisser fusiller 50 bons Français". A ses yeux, un communiste n'est pas un bon Français. Or celui qui était alors le candidat Sarkozy a déclaré : "Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue
à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune
communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et
à la liberté l’offrande de sa vie". Absurde, puisqu'on a vu que Môquet est mort justement parce qu'il est communiste ! Et pourquoi Pucheu choisit-il les otages dans leur rangs ? C'est tout simplement qu'il est un digne représentant de cette droite collaborationniste viscéralement anti-rouges, au point de faire sienne la devise : "plutôt Hitler que le Front populaire". Au moment d'entrer en politique, Pucheu n'est pas n'importe qui. "Administrateur des fonderies de Pont-à-Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du Cartel international de l’acier, énumère l'ancien sénateur communiste Maurice Ulrich dans L'Humanité, il est l’un des plus éminents représentants de ce qu’on appelait alors
le Comité des forges et de cette bourgeoisie qui, après le triomphe de
Hitler, entend prendre sa revanche sur le Front populaire. Pucheu,
donc, choisit. Politiquement. Charles Michels, secrétaire général des cuirs et peaux CGT ;
Jean-Pierre Timbaud, dirigeant de la métallurgie CGT ; Jean Poulmarch,
dirigeant du syndicat des produits chimiques CGT ; Jules Vercruysses,
dirigeant du textile CGT ; Désiré Granet, dirigeant du papier-carton
CGT ; Jean Grandel, secrétaire de la fédération postale CGT..." En somme, se débarrassant des syndicalistes, il joint l'utile (pour le patronat) à l'agréable (trucider la vermine rouge).
Voilà donc la vérité historique qu'il faut rappeler, à l'occasion de ce que le pouvoir a baptisé "commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés". En faisant d'abord observer que l'utilisation du mot "compagnons" est inappropriée et que le vocabulaire a un sens : les résistants gaullistes se donnaient du "compagnon" quand les communistes s'appelaient "camarade". Et Môquet lui-même parle de ses co-suppliciés ainsi : "mes 26 camarades". Mais évidemment, le mot "camarade" lui-même, fortement connoté, évoque le communisme comme si on le prononçait en langue soviétique, "tovaritch". On a donc remplacé le mot honni de la droite par un "compagnon" moins "ringard", dixit Guaino. Cette précision utilement apportée aux élèves, il faudra ensuite leur conter comment la frange la plus puissante du patronat français, en cheville avec l'Etat pétainiste, a profité de l'exigence allemande d'exécuter des otages pour éliminer ses opposants politiques en même temps que les animateurs du mouvement social, pour mieux le décapiter. Et enfin leur lire la lettre de ce jeune homme de 17 ans, qui va mourir simplement parce qu'il est le fils de Prosper Môquet, député communiste élu en 1936, et que cette seule filiation suffit aux yeux du gouvernement français de Vichy à lui faire mériter la peine capitale. "Victime de la barbarie nazie" ? Plutôt martyr politique aux bourreaux bien Français.
PS : on pourra aussi opérer un rapprochement très pédagogue avec l'actualité, en précisant que Guy Môquet était fils de cheminot, profession dont le régime spécial de retraite va être réformé par le gouvernement. Qu'en aurait pensé le jeune militant communiste ? Que dirait-il aujourd'hui en lisant le numéro 2 du MEDEF, Denis Kessler, qui affirme tranquillement, analysant la politique sarkoziste : "Les annonces successives des différentes réformes par
le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles
paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses (...) A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. (...) Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !" On pourra enfin lire aux élèves cet autre texte de Guy Môquet, témoignage naïvement formulé de l'engagement qui le conduisit à la mort :
"Parmi
ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades
Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage
Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme
Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice."
Sur le même sujet, lire aussi Mort d'être communiste.
Commentaires
Salutaires précisions historiques
Bravo, camarade Bonnet.
Itou
Merci
Ça sonne bien mieux que compagnon Bonnet ![]()
A la lumière de ce que tu écris
Où est exactement le sens de cette circulaire imposant la commémoration sans lecture du parcours franco-français de ces martyrs de Pétain ? Quelqu'un de plus au fait que moi pourrait peut-être analyser ce qu'il y a exactement derrière cette piètre tragi-comédie ? Derrière les larmes "faciles" l'ignominie acceptée sans broncher...
Esprit d'escalier !
J'ai remarqué qu'en fait de devoir de mémoire en ce moment la télé publique fait dans la réhabilitation des français pas si méchants que ça en ces époques de déshonneur : ceci expliciterait-il cela ?
Très utile mise au point.
Ennuyeux
C'est plutôt ennuyeux pour ces messieurs, que Guy Môquet ait été communiste. Il est vrai qu'on n'avait pas encore inventé les "Jeunes Républicains Indépendants", mais quand même, il aurait pu faire un effort ![]()
Camarade Guy Môquet
J'ai trouvé ceci qui résume tout, qu'en pensez-vous ?
http://maester.over-blog.com/article-12513557.html
Liberté de re situer
On pourrait parfaitement faire ce qu'envisage l'auteur. On pourrait à l'inverse expliquer que le tract qu'il distribuait appelait moins à la résistance contre le nazisme que contre le capitalisme international et qu'il s'engageait moins pour son pays que pour son parti. On pourrait choisir de comparer la lettre du jeune Môquet avec d'autres lettres de résistants. On pourrait encore retracer son parcours et celui des autres otages fusillés ( pas tous communistes). On pourrait rappeler qu'il avait été arrêté en vertu d'un décret-loi signé Daladier et non Pétain, revenir sur les chronologies divergentes de l'entrée du PCF en résistance et de celle de ses militants. On pourrait également comme l'ont fait certains profs en venir à mettre en parallèle l'adieu de Môquet à l'adieu d'un jeune élève sans-papier. On pourrait toujours réfléchir sur les diverses phases historiques et modalités d'instrumentalisation de l'histoire du pacte germano soviétique au parti des fusillés, ou des compagnons de De Gaulle à ceux de l'ère Sarkozy.
On pourrait et on peut puisque les enseignants ont le droit, le devoir et la liberté de re-situer...
Le seul problème avec la liberté c'est quand on ne s'en sert pas et c'est pourquoi la position du SNES m'apparaît in fine absurde et suspecte elle aussi d'instrumentalisation. Mais je ne fais que passer.
Bravo pour ce papier parfaitement étayé ! C'est ça qu'il faudrait faire lire aux écoliers...
bis repetita
Je ne vais faire que répéter ce qu'ont dit mes petits camarades, mais bravo, tout est dit et bien dit !
On refuse pas
Nous serions professeur, nous ne refuserions pas de lire la lettre de Guy Môquet à nos élèves.
Nous serions professeur, nous ne refuserions pas d’effacer Mai 1968 de nos livres d’histoire
Et demain ,nous ne refuserons pas d’être les nouveaux collaborateurs d’un homme au dessus de tous soupçons ,le Président de la République
Imposition
Tout a été dit et je m'associe moi aussi .
Merci camarade Bonnet.
Il n'est pas du bon usage de la Liberté que d'imposer au jour dit, à l'heure dite un texte.
Imposition et Liberté ne vont pas ensemble.
Laisse faire, Actu75 les profs d'histoire dans leur cours sur la résistance et la collaboration, la guerre et la paix et tous les liens dont tu parles seront mis en avant, discutés, critiqués, pensés, parlés. Ne pas imposer.
L'imposition donne des boutons, des rejets qui sont souvent plus épidermiques qu'intellectuels.
Donc interpellons la pensée plutôt que l'émotif.
Ce midi, avant les infos de France2, nous avons eu droit, avec nos impôts cette fois si, à la lecture en voix off de la lettre sur fond d'exécutions au poteau en relation, égalmeent avec une fiction-réelle diffusée mardi sur la même chaîne.
Ce n'est plus de la liberté, c'est un diktat du Prince relayé par les outils de communications dont il dispose entre autre: Ministère de l'Education Nationale et Télévision.
S'il a, à un moment de son mandat, un élan mystique pour telle ou telle bulle papale, aurons nous droit à tout ce cinéma?
Libre pensée nom de D*** ( humour!)
Vous oubliez de dire que les communistes avaient approuvé le pact germano-soviétique. L'Allemagne et la Ruussie étaient des alliés, les communistes français étaient du côté des allemeand!
Très bon rappel, Olivier. Excellente pédagogie.
J'ajouterai qu'à l'époque où Guy Moquet a été arrêté, le pacte germano-soviétique "empêchait" les communistes de se battre "vraiment" contre les Allemands. Leur "combat" était social. Ils ne sont entrés dans la Résistance (avec héroïsme bien souvent) qu'ensuite.
Quand Môquet est fusillé, l'Union soviétique est en guerre avec les nazis depuis 4 mois et le pacte germano-soviétique est déjà caduc.
Et alors, vous devriez être content, les communistes ont le beau rôle, ils sont fusillés et la méchante droite qui est bien sûr exclusivement et globalement pétainiste, et pour le gouvernemet de Vichy,représente le mal absolu. Grâce à cette lettre vous pouvez vomir sur la droite et glorifier les communistes. Sarkozy vous donne un bel os à ronger. Non, le mal vous le faite à Guy Moquet. Moi si j'étais à sa place je serais heureux qu'on lise ma lettre aux lycéens 66 ans après. Toutes ces disputes mesquines et minables révèlent l'état de décomposition avancé du SNES et des socialo-communistes en général.
Sauf que
Sauf que Guy Môquet se battait en faveur d'idéaux à l'opposé de ceux que défend Sarkozy, qui veut "liquider" l'héritage du programme du Conseil national de la résistance. Il glorifie ainsi un héros qui, aujourd'hui, se dresserait politiquement, en tant que communiste, en travers de la route des réformes sarkozistes. C'est un peu cocasse.
Et bien, riez et soyez content, au lieu de maugréer.
donner à commenter
aux lycéens le texte sur le programme du Conseil National de la Résistance(rappel sur son actualité fait il y a déja qq mois sur le site de "l'autre campagne")en leur demandant d'examiner les rapports avec les idéaux et programmes d'aujourd'hui.
Non Non Non
La droite n'est pas exclusivement et globalement Petainiste je ne peux laisser dire ça!!
La droite est globalement petainiste, colonialiste et esclavagiste!
D'accord je sors (Ne nourissez pas le troll)
Excellente proposition de Michel Got ci-dessus !
J'oubliais
Brillante intervention d'Actu75.
Rappel salutaire.
Bonjour.
Olivier, de ma part aussi, un grand bravo pour le billet d'aujourd'hui, qui remet quelques pendules à l'heure juste...
A propos de Pétain, il avait envisagé de se constituer prisonnier auprès des Allemands en échange des otages, ce dont son entourage l'avait dissuadé.
Et Manouchian ?
La Ligue des droits de l'Homme aurait souhaité qu'on lise aussi la lettre de Manouchian, bouleversante et magnifique tout autant (plus encore ?), mais ce héros-là n'était pas Français...
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2051
Relayé par le camarade Birenbaum : http://www.lepost.fr/article/2007/10/21/1039511_manouchian.html
Pendant ce temps là, à Lisbonne...
Si j'étais enseignant voilà le texte des résistants que j'aurai lu aux enfants. De plus il est d'une brûlante actualité puisque SKY en ratifiant le mini-traité se fout impérialement du résultat du vote de 2005.
"Référendum sur le projet de « traité constitutionnel » européen, nous appelons à voter NON
Anciens résistants, anciens déportés, nous n’admettons pas que le 60ème anniversaire de la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie et de la libération des camps de la mort soit instrumentalisé pour promouvoir le projet de « Constitution » européenne soumis à référendum.
Nous incitons chacune et chacun à prendre connaissance et conscience par soi-même du contenu et de la portée de ce texte.
Pour notre part, nous considérons que le projet de « constitution » européenne va à l’encontre des idéaux de la Résistance qui continuent d’animer notre engagement.
En effet ce texte, tout dédié aux marchés pour les puissances d’argent, programme la destruction du socle même des conquêtes démocratiques et sociales de la Libération, issues du Programme du Conseil national de la Résistance.
Nous nous sommes battus, beaucoup de nos camarades sont morts, pour la restauration de l’indépendance de notre pays et de la souveraineté de son peuple. Nous refusons aujourd’hui que ces libertés fondamentales soient bradées, sous couvert d’Europe, aux « grandes féodalités économiques et financières », maintenant multinationales, que dénonçait le CNR.
Nous nous sommes battus pour un monde de fraternité, pour la coopération sincère entre tous les peuples. Rien n’est plus contraire à cet idéal que le primat universel attribué au principe de « concurrence », de tous contre tous, sous le règne du marché, par le projet de « constitution » européenne.
Epris de paix au plus profond de nous-mêmes, mobilisés depuis 1945 contre toutes les guerres de domination, nous rejetons ces « contre-valeurs » porteuses de l’injustice sociale et de l’écrasement des plus faibles qui firent le lit du fascisme et de la guerre. Nous dénonçons l’avènement d’un bloc militaire européen intégré et la hausse des dépenses d’armement explicitement inscrits dans le texte.
Pour toutes ces raisons, fidèles à notre engagement, nous nous associons à l’appel à voter NON au référendum émanant de militants syndicalistes, politiques, associatifs... ci-dessous.
Nous appelons à voter NON
Parce que nous refusons la soumission du peuple français et des peuples d’Europe à la dictature des technocrates de l’Union européenne au service de l’ordre capitaliste.
Parce que nous voulons sanctionner les politiques de régression sociale et économique menées en France au service du MEDEF et des marchés financiers au nom de Maastricht et des traités européens que le projet de « constitution » européenne veut pérenniser.
Parce que nous refusons de voir sacrifier sur l’autel de l’Eurodémolition de Maastricht les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple , l’héritage des luttes en France, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front Populaire, du programme du Conseil national de la Résistance, de 1968, l’égalité républicaine, la laïcité.
Parce que nous refusons que la France s’intègre dans un bloc européen militarisé et aligné sur l’OTAN, ce qui est à l’opposé d’œuvrer pour la paix.
Parce que nous voulons préserver le droit de notre peuple à disposer de lui-même, à pouvoir encore à l’avenir dire NON !
Parce que nous voulons le développement d’échanges et de coopérations entre peuples souverains mutuellement avantageuses pour les travailleurs de chaque pays d’Europe (comme de tous les continents).
Les premiers signataires :
Georges ABBACHI, ancien interné résistant.
Georges ANGELI, déporté résistant, Buchenwald 14824.
Simone BENHAMU, déportée politique.
Lucien CHAPELAIN, déporté Buchenwald 20186.
COTHIAS DU MEIX Josette, déportée résistante, chevalier de la Légion d’honneur.
Béqui COVOIDIS, déportée politique.
Jacques DAMIANI, lieutenant FTPF, Dachau 77710, Président d’une association d’anciens déportés résistants du Val de Marne.
André DAUDONNET, résistant, agent de liaison entre Paris et Lyon sous la directive de Jacques Duclos.
Rémi DUPONT, résistant, Jeunesse française libre.
Jacqueline DURAND, veuve de Pierre DURAND, Buchenwald 49749.
Léo FIGUERES, combattant volontaire de la Résistance, ancien maire de Malakoff.
Jacqueline FOURRE, internée-résistante, évadée, agent de liaison FNL/FTPF/Rol-tanguy/CNRL Auguste Gillot, carte du combattant, crois de guerre, Légion d’honneur.
Georges FRISCHMANN, résistant, ancien député au Parlement européen.
Suzanne GATELLIER, déportée résistante.
Jean GAUTIER, déporté résistant, Sachsenhausen-Langenstein.
Robert GELLY, cheminot résistant (janv 43-janv 44), puis maquis régional Cévennes (janv 44- sept 44).
HUARD Raymond, déporté résistant, chevalier de la Légiron d’honneur.
Yvon JOUY, FFI 40/44 Marne.
Odette LAURAIN, Croix du combattant, Croix de Combattant volontaire de la Résistance.
LEROUX Eugène, déporté politique, Oranienburg-Sachsenhausen, chevalier de l’ordre du mérite, palmes académiques.
MERCIER Pierre, clandestin dès juillet 39, section des cadres du Comité central du PCF, Médaille militaire, Croix de guerre, Médaille de la Résistance.
Georges MEURIOT, interné Santé-Fresnes-Poissy-Clairvaux-Melun-Châlons sur Marne, déporté Buchenwald, 49978.
André MORONI, responsable à Paris sous l’occupation de la jeunesse communiste et des Forces vives de la jeunesse patriotique.
Eva PIERONI, déportée politique.
André PIPARD, Résistant (Front National-Loire Inférieure).
André PRENANT, ancien militant du Front national étudiant depuis 1942, FTPF depuis juillet 1943, lieutenant FTP-FFI pendant l’insurrection de Paris, chef du groupe de reconnaissance régimentaire de la brigade Fabien.
Madeleine RABITCHOV, déportée-résistante, Auschwitz Ravensbrück.
Gérard SCHMITZ, résistant FTPF.
Lucienne ROLLAND, déportée résistante, officier de la Légion d’honneur.
André SERRES, FTPF, Brigade Fabien (groupe de garde), Croix de guerre, croix du combattant volontaire, médaille militaire.
Emile TORNER, déporté résistant, maquis FFI du Cher, « Compagnie Surcouf », Buchenwald 81 655, Président d’une association d’anciens déportés résistants de Paris.
Camille TREBOSC, déporté résistant, Buchenwald 51372.
C'est un joli nom "Camarade"!
Vous n'êtes pas "Prof"... c'est bien dommage!
Article à conserver
Cher Olivier,
Votre article résume parfaitement l'état de la société française en 1940. Vous pourriez chanter comme Aznavour : « Je vous parle d'un temps » ... Je l'ai collé sur un fichier word afin de le garder dans mes archives pour le faire lire à mes frère, soeur, fils, fille, neveux et nièces chaque fois qu'une occasion se présentera. Je crois hélas que la société française d'aujourd'hui présente beaucoup de ressemblances avec celle de 1940.
Un grand merci !
BIEN JOUE !
Bonjour,
En effet, la société Française actuelle a mal à son histoire. La Faute revient au fait que le devoir de mémoire sur le COLLABORATION n'a pas été assez profond. Comment s'en sortir alors que les Femmes servaient défouloir à la libération en lieu et place des vrais pourris, ceux là qu'on a souvent recasé dans la haute administration. Caruso, c'est vrai, il y a de grandes similitudes, c'est ce qui fait, par exemple, que l'on passe sa nuit devant l'Olympia pour acheter un billet de concert de Paul Mc Cartney, ce qui serait impossible à faire pour lutter contre le SARKOZYSME rampant. Eh oui !
Tenez, je consacre un billet à Guy Môquet de l'Elysée sur mon blog.
A+
Très fort
Convoquer Guy Môquet pour le faire défendre les régimes dits "spéciaux" post mortem et en hurlant dans le même temps à la récupération sarkozyste tout en en dénonçant les contradictions. C'est fort, c'est très fort comme on disent les têtes à claques.
Décidément Olivier tu utilises de plus en plus les grosses ficelles de tes pires adversaires, sous les applaudissements de tes fidèles de plus en plus éperdus d'admiration. Ca vire sectaire par ici. Mais les vrais copains sont là pour t'ouvrir les yeux s'il en est encore temps.
Bisous quand même.
Ce qui est très fort, c'est d'honorer la mémoire de Guy Moquet en gommant le plus possible son engagement communiste et en même temps qu'on s'attache à "liquider" l'héritage du programme du Conseil national de la résistance.
Bisous quand même aussi.
Ah... Les dates
"Quand Môquet est fusillé, l'Union soviétique est en guerre avec les nazis depuis 4 mois et le pacte germano-soviétique est déjà caduc."
Olivier,
Quand le père de Guy Môquet a été arrêté, et que Guy Môquet ensuite a distribué les tracts, ce n'était pas encore le cas. Il est arrêté le 15 octobre 1940, les forces allemandes ont attaqué l’Union Soviétique le 22 juin 1941.
ESCROQUERIE.
Quelle hypocrisie pour ce SARKO qui met en place une nouvelle course mémorielle HONTEUSE.
Merci
MERCI
bravo Olivier!
j'avais justement envie de lire une analyse intelligente sur cette fameuse lecture.
@ Olivier Bonnet sur Pucheu
Monsieur Bonnet, pourriez-vous me citer vos sources quant à l'affirmation selon laquelle Pierre Pucheu aurait déclaré "vouloir éviter de laisser fusiller 50 bons Français" en désignant lui-même les personnes à abattre ?
Je ne mets pas en doute votre affirmation mais je cherche à vérifier la réalité d'une décision qui ne colle absolument pas avec ce que je lis dans les notes rédigées en détention à partir de 1943 par Pierre Pucheu à Meknès puis à Alger.
Dans ses notes Pierre Pucheu aurait ainsi menti de façon éhontée :
"Quoiqu'il en soit, la question (celle des représailles) fût tranchée par un ordre formel du G.Q.G. allemand venu du front russe, dont nous ne fûmes même pas informés au préalable. On apprit brusquement que 50 otages venaient d'être fusillés à Bordeaux, 50 à Nantes et que, dans les deux cas, le même nombre d'otages serait encore fusillé, si les coupables respectifs n'éient pas trouvés dans un nouveau délai de 10 jours. Le Maréchal protesta solennellement auprès d'Hitler. J'atteste qu'il était et, nous avec lui, affreusement bouleversé par ces hécatombes. Dans chaque cas, les Allemands avaient eux-mêmes choisi les victimes sans aucunement nous prévenir ou nous consulter, et ce fût une odieuse, une abominable calomnie de prétendre que quiconque des membres ou des agents du Gouvernement français les avait désignés. C'est ainsi qu'à Nantes, ils fusillèrent 35 "communistes" (l'auteur a placé lui-même les guillemets) enlevés au camp de chateaubriant, parmi lesquels deux ouvriers dont j'avais décidé récemment la libération et dont le dossier était en cours d'instance auprès des services allemands compétents. Ils y ajouèrent 15 détenus de leurs propres tribunaux militaires, dont le Colonel Jost, président de l'U.N.C. de Nantes et des jeunes gens condamnés par eux pour avoir fait franchir la ligne de démarcation à des prisonniers militaires évadés. Jamais, ni moi, ni aucun des préfets sous mes ordres, nous ne participâmes à aucune désignation.
.../ je fis savoir au Général Stulpnagel que, si l'on voulait passer à l'exécution des cent personnes qui restaient menécées, le Maréchal se présenterait lui-même comme otage unique à la ligne de démarcation. Ces cents victimes furent ainsi sauvées.
.../ Pour ma part, dans le temps précis où j'intervenais nuit et jour, contre le principe même et contre les applications, à chaque cas particulier, de cet afrreux système de représailles collectives, j'étais dénoncé à tout instant par les tracts et les journaux communistes clandestins comme fournissant à l'ennemi des otages. La radio de Londres, avec une incroyable légèreté, reproduisit cet affreux mensonge. Elle ajouta même, dans une de ses émissions, que j'avais fait procéder parfois aux exécutions par des gardes mobiles français.
.../ Je demande à tout ami, à tout indifférent, à tout ennemi de bonne foi, à tout homme de coeur, le redressement de cette monstrueuse calomnie. Je ne demande aucune apologie, aucune excuse, aucune faveur. Je demande le rétablissement de la simple vérité et la fin d'une légende odieuse".
Voilà pour les propos du menteur qui sera exécuté plus tard en mars 44.
Merci encore une fois, Monsieur Bonnet, de me citer vos sources afin que je puisse vérifier de mon côté à que point ce Monsieur Pucheu était tout sauf un homme droit et honnête comme aurait cru bon de le qualifier le Général de Gaulle lui-même à ses avocats venus à sa rencontre plaider sa défense.
Ah la misérable opération de com’ avec la récupération de Guy Môquet. Alors que Mme Dati s’est fait huer en « y allant » (elle au moins été courageuse), Mr Sarkozy ne s'est pas rendu au Lycée Carnot, officiellement pour des « raisons d’agenda » s’il faut en croire Guaino son âme damnée. Décidément, que son agenda est mal tenu ! (L’argument avait déjà été sorti pour une autre dérobade.) Vivement que Cécé revienne ; car là, ça fait vraiment « tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire ».
Beaucoup de choses à dire sur l’affaire Môquet.
D’abord que je cautionne le refus du « caporalisme mémoriel », et que je crois que nombre d’enseignants pour ne pas déplaire au chien de son maître, ont pu insérer cette lettre dans un ensemble pédagogique et fait ce qui doit être fait de tout document étudié : une mise en perspective.
Ensuite que je déplore ce qui fut dès le début une obscénité. Obscénité : lire publiquement une lettre privée. ON est bine à l’époque du Loft, sauf que lui n’a jamais demandé à jouer sur M6. Obscénité dont le premier coupable fut le PC époque stalinienne, histoire de faire passer son attitude indigne au début de la guerre. Ben justement, si ce PC fut un bon élève du totalitarisme, ce n’est pas au sarkozysme d’en copier les procédés. Quoique…
Guy Môquet c’est du nanan pour les spins doctors de la com’ sarkozienne : grâce à son histoire, mais réduite aux simplismes guainistes et débarrassé de la référence coco aux « camarades » remplacé par le gaulliste « compagnons » (autre détournement, Sarko l’exhibitionniste atlantiste étant au secret « grandeur de la France » ce qu’un nain de jardin est à la Statue du Commandeur).
Mais grâce aussi à sa photo, très Che Guevarra, en jeune dieu nimbé d’une beauté qui va pourrir. Hier, sur un Salon des Collectionneurs, je suis tombé en arrêt devant le stand d’une dame qui reproduisait des photos en canevas. Un portrait de femme et deux adolescents. L’un banal mais l’autre, fulgurant. Et j’appris en parlant avec elle que c’était tout ce qui lui restait de son père, avec un certificat de la Résistance (un frère de Môquet, au fond). Mais tous les héros n’ont pas des têtes de héros, et l’autre ado, le banal, avait peut-être autant de valeur que le prince altier au regard de vrille… Si Môquet à 17 ans, comme souvent les ados, avait eu une allure de jeune échassier raté, ces manipulateurs en aurait-ils fait l’icône du sarkozysme triomphant ?
Moquet / Manouchian ?
@ Olivier B
NS a choisi Guy Moquet pour son âge : 17ans ! La lettre est à destination des jeunes de cet âge (suite aux émeutes de 2005).
Manouchian avait 36 ans.
Merci pour cet article. Vous m'avez inspiré celui-ci:
Pour Guy Môquet, c'est Internet!
http://www.lepost.fr/article/2007/10/22/1040397_guy-moquet-internet_1_0_1.html
Par ailleurs et à propos du MEDEF, j'ai commis celui-ci il y a quelques temps:
Les nouveaux révolutionnaires
http://www.lepost.fr/article/2007/10/02/1029709_les-nouveaux-revolutionnaires_1_0_1.html
Pourquoi ?
@ Toto,
Pourquoi pas la lettre d'Henri Fertet, mort à 16 ans ? Il devait bien y avoir des jeunes de cet âge-là aussi, dans les émeutes. Pourquoi Guy Moquet plus qu'un autre ? La question se pose.
Biographie d'Henri Ferté :
http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/342.html
Sa lettre :
http://www.larecherchedubonheur.com/article-10311165-6.html
Une lettre et une Histoire
Merci pour cette mise perspective.
Quelqu'un pour dire à l'écrivain "fêlé" de l'Elysée, que sa culture reader's digest ne suffit pas pour endosser l'habit de spin doctor décompléxé.
Il faut que le Président apprenne l'Histoire de son pays s'il ne veut pas aller dans droit dans platane. Hélas, il faudra du temps car c'est un manque consubstantielle de sa politique.
@ Françoise
@ Françoise
Je répondais à la question pourquoi pas Manouchian.
Vous me parlez de Henri Ferté. Eh bien oui pourquoi pas ? Mais alors pourquoi pas Guuy Moquet ? Puisqu'ils ont le même âge. Si NS avait parlé de Henri Ferté, peut-être auriez vous dit "mais pourquoi pas Guy Moquet".
Sur google, la citation "laisser fusiller 50 bons Français" renvoie sur 436 pages différentes, toujours attribuée à Pucheu.
Sinon, je l'ai au départ puisée dans cet article de l'Humanité http://www.humanite.fr/2007-05-18_Politique_Guy-Moquet-le-courage-d-un-combat, cette notice d'un documentaire de France 2 http://programmes.france2.fr/documentaires/index-fr.php?page=supplement&id_article=37
Ou encore...
...dans cet article du Journal du dimanche http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200720/guy-moquet-dans-les-classes_19986.html
@ Toto
Toto,
Ce n'était pas une critique. Je pose la question, parce que si le choix est une question d'âge, Henri Ferté a fait des actes de résistance. Ce que l'on ne peut pas vraiment dire de Guy Môquet.
L' autorité de la chose répétée
C'est ennuyeux. J'ai comme le sentiment d'avoir mis le doigt où il ne fallait pas... Je gratte et mince je ne trouve pas ce que je cherche.
Partout, dans tous les articles que vous évoquez avec ses 436 références Google, l'affirmation est entre guillemets sans que jamais ne soit citée l'origine et la source de cette position qu'aurait eu Pucheu pour éviter de "laisse fusiller 50 bons français".
Pourriez-vous m'aider dans mes recherches ?
Puisque chacun reprend dans son coin cette idée de Pucheu, c'est que celle-ci ne peut être qu'une vérité historique parfaitement incontestable et aisément vérifiable.
Merci de votre aide.
Les faits sont têtus
J'ai entendu parler de Pucheu cet après midi à la radio. J'avais déjà l'intention d'en faire mon sujet. Puis j'ai lu ton excelent texte dans la foulée. A faire lire au plus grand nombre.
Moi j'ai fait plus court
Je crois finalement que toutes les initiatives de Sarkozy vont finir par se retourner contre lui.
Faut juste aider un peu.
Zgur
Pourquoi ce texte ?
Ce qui m'énerve avec cette histoire, au delà de l'insupportable récupération par des néo-collabos d'une histoire relevant de la résistance, c'est le choix d'un texte sans intérêt, je le dis avec tout le respect du à la personne, à l'Histoire et tout ce qsue vous voudrez.
Car l'inculte Nicolae n'a pas dit : j'ai eu la révélation, il faut absolument parler de cette affaire aux nenfants des zécoles. Non, il a dit : il faut lire cette lettre. Laquelle est bourrée d'émotion et d'absolument rien d'autre. Sarko a voulu cela : que l'on émotionne nos enfants. Pas qu'on leur apprenne quelque chose d'important sur la démocratie, la dictature, la guerre et la paix ou quoi ou caisse. Non, qu'on les fasse chialer un peu en pensant à ce pauvre gosse qui… on ne sait pas trop quoi, on s'en fout.
Parce qu'il pense, Sarkoléon, qu'il faut que nos enfants tirent une larme de temps à autre, à l'occasion de cérémonies où l'on sort des drapeaux et tout ça. Sa source d'inspiration, une fois encore : l'Amérique ! Là-bas, ils sont très fort pour larmoyer chroniquement sur les zéros de la patrie-i-e tout en ignorant superbement les grandes lignes de l'histoire de leur pays.
La vérité sur Pucheu
J'attends toujours que l'on me cite les sources et les preuves mettant en cause Pucheu quant à sa déclaration sur "les bons français" et son implication directe dans l'exécution des 27 otages de Chateaubriand.
Je suis persuadé que pour le lectorat particulèrement érudit et éclairé de ce blog, il est très facile d'apporter les preuves et les sources que je recherche.
Encore merci mes chers camarades !
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