Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

16 avril 2008

Répression du mouvement lycéen : l'arbitraire policier en question

Profitant d'être assermentés, les policiers abusent-ils d'accusations mensongères pour criminaliser la contestation sociale ? C'est ce que dénoncent les syndicats de l'Education nationale, stigmatisant un "acharnement répressif" contre le mouvement lycéen.

Le récit suivant est fait par le quotidien L'Humanité du 8 avril dernier : «Les lycéens étaient calmes, assure le jeune enseignant. Il n’y avait plus aucune tension, lorsque j’ai vu plusieurs policiers en civil, sans brassard, se diriger vers un groupe d’élèves. Je me suis aussitôt rapproché en me disant qu’il fallait qu’un professeur responsable soit là. Mais je me suis rendu compte que ma seule présence les gênait…» Pour le moins. Rodolphe est reçu par un «casse-toi de là, t’as rien à faire là, laisse-nous faire notre boulot !» Le jeune homme ne se dégonfle pas. «J’ai le droit d’être là, c’est une manifestation autorisée.» Le ton passe à la menace : «On t’a repéré, t’as dix secondes pour dégager…» Rodolphe ne dégage pas. Des policiers l’encerclent alors par derrière. Un premier le ceinture, un second le tient par le col. Il ne résiste pas. Son sac est vidé à terre, on le palpe brutalement. «Tu fais moins le malin ?» lui lâche un policier. «Vous ne pouvez que contrôler mon identité, répond Rodolphe, car je n’ai rien à me reprocher.» Suffisait de demander… Selon le jeune homme, un des policiers aurait alors regardé l’un de ses collègues, faussement interrogateur : «Tu l’as vu jeter un caillou sur la police, non ?» «Oui», répond l’autre. «C’est là que j’ai commencé à comprendre que cela sentait le roussi…», dit aujourd’hui Rodolphe Juge."

matraqueLa suite ? Le professeur stagiaire de 25 ans est placé en garde à vue au commissariat du VIIème arrondissement de Paris, à 16h 20. Comme il refuse de signer le procès-verbal faisant état de "violence aggravée" et "insulte", l’officier de police judiciaire aurait pris sa carte d’identité pour imiter sa signature ! Après une nuit en cellule, il est déféré le lendemain, à 11 heures, au Palais de justice où la procureure refuse de le juger en comparution immédiate et renvoie l’affaire au 17 avril. S’il était par malheur condamné, sa carrière naissante d’enseignant serait brisée. Très vite, ses collègues et sa hiérarchie se mobilisent : "C’est un jeune professeur très sérieux, très consciencieux et très apprécié, témoigne ainsi Sylvie Pugnaud, une de ses professeurs d’Institut Universitaire de Formation des Maîtres. Il est absolument impensable qu’il ait jeté des cailloux et on n'a aucun doute sur ce qu’il dit." Une pétition est lancée par la CGT-Educ’Action, dont il est l'un des élus, qui appelle à un rassemblement demain, 17 avril, à 9h devant le Palais de justice de Paris où il doit comparaître.

Par ailleurs, un communiqué commun, signé par les sections du Val-de-Marne de quatre organisations danger_flashballsyndicales (CGT-Educ’Action, SNES-FSU, Sud Education et FCPE), dénonce "les provocations policières" et porte de graves accusations : "Les lycéens sont régulièrement chargés par la police qui n’hésite pas à faire usage de flash-balls. Ainsi, ce mercredi 9 avril au lycée Darius Milhaud, une élève mineure a été hospitalisée après avoir reçu un tir de flash-ball dans le ventre. Depuis lundi, le lycée est le théâtre d’interventions policières répétées. Chaque jour, des élèves mineurs sont placés en garde à vue et mis en examen (pour «coups et blessures», «outrage et rébellion»…) sur la base des seules accusations policières, démenties par des témoignages. Certains des lycéens arrêtés tentaient même au contraire de calmer la situation. L’un d’entre eux a reçu des coups par les policiers sur le dos et sur la tête alors qu’il était au sol. Ses parents vont d’ailleurs porter plainte. Un autre lycéen a été placé en garde à vue sans que ses parents n’aient été informés. D’autres encore ont été arrêtés à plusieurs centaines de mètres du lycée, devant une école primaire. Tous ces mineurs ont été soumis à un prélèvement d’empreintes génétiques… Cet acharnement répressif et ces provocations n’ont qu’un but : étouffer l’élan citoyen d’une jeunesse qui s’indigne des conditions d’étude que le gouvernement lui réserve et détourner l’attention des revendications légitimes des parents, lycéens et enseignants : restitution des postes supprimés, abandon des suppressions des BEP au profit de la généralisation des bacs pro 3 ans, un collectif budgétaire garantissant un service public de qualité. Ces tentatives d’intimidation nous confortent dans notre volonté d’amplifier la mobilisation."
Nous nous associons à leur crainte d’assister à une criminalisation de la contestation sociale, par la généralisation des accusations mensongères des agents de la force publique, profitant d’être assermentés.

Mise à jour du 17 avril : le procès de Rodolphe Juge, après que 300 militants (d'après la CGT) se sont rassemblés devant le Palais de justice, a été ajourné au 24 septembre prochain. "C'est un premier recul, obtenu grâce au courant de solidarité animé par les organisations syndicales, notamment la CGT dont il est membre, ses collègues, ses formateurs de l'IUFM, ses élèves, se félicite le syndicat. Dans l'immédiat, la FERC-CGT et l'UNSEN-CGT appellent leurs organisations à poursuivre la campagne d'information et de pétition pour exiger la relaxe de Rodolphe."

Posté par Olivier Bonnet à 10:37 - Sarkoland - Commentaires [56] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ce genre de comportement n'est malheureusement pas nouveau et semble même se généraliser depuis plusieurs années en direction des "agitateurs" de tous poils - militants, syndicalistes, anarchistes, simples citoyens responsables et impliqués dans la vie sociale de leur ville.
On ne dit pas assez le mal que cela peut faire, quand bien même les accusations finissent par tomber, et si elles tombent. Pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, les accusés vivent dans le tourment : seront-ils condamnés pour quelque chose qu'ils n'ont pas fait ? Sur la foi de mensonges proférés par des dépositaires de l'autorité publique (ceux-là même qui devraient les défendre) ?
J'ai, personnellement, plusieurs histoires à raconter sur le sujet. Celle qui me touche le plus est sans doute celle de mon père (62 ans), accusé par des policiers de la BAC d'avoir commis des infractions routières et d'avoir refusé d'obtempérer. Le résultat fut 18 mois d'incertitude, de malheur, de colère, d'inhibition de l'action, de perte d'implication, en attendant la comparution en correctionnelle. Il fallut une heure de séance pour que mon père fut blanchi - "pas assez de preuves" - et les policiers n'ont reçu aucun blâme pour avoir sciemment et visiblement menti à la cour. Heureusement que mon père est professeur, s'exprime bien en public et sache se défendre. Pensons un instant à tous ceux qui n'ont pas ces facilités ! Que peut-il leur arriver ?
Dans tous les cas, que les gens soient condamnés ou pas, les policiers et l'état derrière eux obtiennent ce qu'ils cherchent : la peur et un appauvrissement (frais de justice et d'avocat), qui finissent par paralyser, inhiber, toutes les velléités de protestation ou de "questionnement du pouvoir".

Posté par LG, 16 avril 2008 à 11:24

Bonjour

Bonjour Olivier, bonjour amis Plumonautes

Les lignes qui vont suivre vont peut-être vous choquer, mais l'éducation nationale est un sujet qui me passionne depuis quelques mois et plus j'en lis sur la question, plus je perds le sens des nuances tant selon moi le danger qui plane sur notre société est grand :

L'éducation est effectivement le grand malade de notre société, et la répression policière de la contestation sociale lycéenne ne me réjouit pas loin s'en faut

MAIS

Ces mêmes lycéens ont-ils conscience que la déliquescence de l'éducation nationale est la conséquence de ravages causés par la formation des professeurs à la sauce IUFM ? Savent-ils qu'avec la théorie de l'élève au centre du système, les méthodes mixtes à départ global de lecture, la réduction comme peau de chagrin de la place des savoirs dans le contenu des programmes officiels, etc ces jeunes sont littéralement maltraités par les pédagogistes ?

Je lis et relis tout un tas de bouquins, je confronte avec mon expérience passée d'emploi jeune en école primaire, et progressivement j'ouvre les yeux sur l'horreur pédagogiste.

Je ne tiens pas à faire déraper le débat de ce billet et assume donc le caractère quelque peu provocateur de mon commentaire.

Je tiens seulement à dire qu'en l'occurence, lycéens et policiers et nous qui les observons sommes tous les dindons d'une sinistre farce socioconstructiviste.

Et si vous trouvez que j'abuse, écoutez alors au moins le collectif Sauver les Lettres et lisez le livre de Fanny Capel "Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ?"

Vous découvrirez pourquoi les libéraux s'accomodent si bien de la faillite de notre système, pourquoi Luc Ferry et Jack Lang sont également méprisables, vous en saurez plus sur le cynisme de l'OCDE... etc.

Posté par johnmarguerite, 16 avril 2008 à 12:38

La culture

Johnmarguerite, voici ma réponse :

La culture coûte chère, essayez l' ignorance.

Posté par Made, 16 avril 2008 à 13:05

Euh

J'ai la même, mais dans l'autre sens

"Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance" Abraham Lincoln

Par ailleurs, les pédagogistes savent parfaitement manier le chantage à l'éducation : un des ouvrages de Philippe Meirieu, grand inspirateur des IUFM, ne s'appelle-t-il pas : "L'école où la guerre civile" ?

En gros, cela veut dire qu'il faudrait accepter leurs délires de pseudo-universitaires sous peine d'être anti-progressiste voire attentatoires à la dignité de l'apprenant.

Et bien non, ça ne marche pas comme ça !

Posté par johnmarguerite, 16 avril 2008 à 13:26

L'horreur pédagogique

Bien que ce soit un peu hors sujet, je suis assez d'accord avec Johnmarguerite.
Le système éducatif est un moule dans lequel il est obligatoire de se couler.
Malheur à celles et ceux qui s'y refusent...
Pour ma part, l'école m'a appris à détester... l'école. Force est de constater que le niveau de nombre d'enseignants est affligeant. J'ai plus appris par mes propres lectures que pendant le cursus scolaire.
J'ai déniché sur le web des lectures passionnantes
quant à la critique du système éducatif:

Raoul Vaneigem- Avertissement aux écoliers et aux lycéens
http://kropot.free.fr/Vaneigem-Avertissement.htm
Insoumission à l'école obligatoire de Catherine Baker
http://tahin-party.org/cbaker.html

Posté par Pachenka, 16 avril 2008 à 13:36

il l'a regardé se noyer...

Je croyais que le billet parlait de l'arbitraire de la police.
Voir ce témoignage :
http://tranchedevue.hautetfort.com/archive/2008/04/10/il-l-a-regarde-se-noyer-puis-il-a-telephone.html

Posté par areuh, 16 avril 2008 à 13:50

l'opposition pas encore illégale

Moi aussi j'ai été confronté à l'agressivité de CRS lors d'une manifestation alors que ; je n'ai rien à voir avec le monde de l'éducation, je n'étais pas manifestant.
C'était lors des dernières manifs étudiantes, je ne cherchais qu'à aller prendre mon train. Un coup de matraque sur le bras ( ouf, veste en cuir et entrainement ont amorti l'impact ) par un crs au regard bovin, discours agressif, tutoiement et finalement un "casse-toi" ( ils ont peut-être tous suivi les mêmes cours de français lors de leur formation ).

Celà commence par nier la manifestation d'opposition, puis la dénigrer, puis la présenter comme téléguidée, et finalement la criminaliser.

Posté par FRK, 16 avril 2008 à 14:00

Le jour où on a inventé l'insulte à agent comme premier pas vers la grande criminalité on a fait un grand pas vers la criminalisation de tout comportement ne suivant pas celui du troupeau bêlant. J'ai vu aux Mureaux une fliquette hurler à un gamin qui n'en pouvait mais de baisser les yeux devant elle. De l'allégence à l'autorité policière à la répression du droit à manifester, nous y sommes et ça ne va pas s'arranger.

Posté par duszka, 16 avril 2008 à 14:15

POLICE.....ATTENTION DANGER !

La brutalité policière se généralise. Il fallai s'y attendre avec l'abruti de l'UMP. Et ce n'est qu'un début, vous verrez qu'il va s'octroyer les pleins pouvoir, profitant d'un pseudo attentat "islamiste". Cet homme est une honte pour la France, c'est bien ce que démontre le témoignage de Reine sur mon blog. Elle est Française ....mais Noire, ça lui a valu l'inimaginable. C'est normal, semble t-il. Le pire est à venir.

A+

Posté par A2N, 16 avril 2008 à 14:47

bien venue en dictature!!!

Posté par simbad, 16 avril 2008 à 15:34

ce qui est finalement aussi grave que cette répression policière ce sont la molle indignation ou la non dénonciation des medias face à ces methodes, ainsi que le silence de l'opposition (son absence dirais-je même)
et d'ailleurs j'ai lu par ailleurs que Hollande justifie le mutisme de la gauche pour laisser sarko mener à bien ses réformes destructrices et pour ne pas dévoiler leur stratégie (de la gauche) trop tôt...
mais attention après l'heure c'est plus l'heure !
j'ai comme l'impression d'un abandon....
Lu aussi sur la blogosphère que l'urgence n'était pas l'agitation des lycéens (jugée faisant partie des coutumes printanières, aussi récurrent que les équinoxes) mais ce qui gronde chez le quidam : la pression sur son pouvoir ,non plus d'achat , mais de vivre, parce qu'il s'agit maintenant de l'impossible pouvoir de vivre (salaires, hausse des prix, protection sociale, tout est laminé)
moi je veux bien, mais alors que ceux qui ont les leviers ds les oppositions de gauche sachent nous fédérer et nous mettre tous dans la rue.
On ira et nous serons plus nombreux que les forces répressives ,à moins que leurs collègues chinois leur aient donné de nouvelles méthodes.

Posté par anne, 16 avril 2008 à 16:27

Pour en savoir plus sur les exactions policières (pléonasme ?) :
http://quefaitlapolice.samizdat.net/

Posté par Dark Pioupiou, 16 avril 2008 à 17:13

Brutalités ordinaires et banales

@ le monsieur johnmarguerite

J'adore le mot "pédagogiste".
Il me fait toujours penser à "droitdelhommiste".
Toujours.

Marrant comme débarquent TOUJOURS (j'insiste, j'aime souligner) les "purs" dès lors qu'il est question d'école.
Je sais, ce n'est pas le débat.

Voilà AUSSI comment détourner un débat, celui des violences des policiers (?)qui se comportent de plus en plus comme des milices, irrespectueuses du Droit et de la Justice.

De ce Droit à l'éducation qui est un Droit fondamental.

Mais les "purs" préfèrent désigner un bouc émissaire, et haro !!! Donc flinguer Mérieu, c'est tendance chez les "purs".

En 2 mots, ils simplifient des années de pratiques & de réussites en sciences de l'éducation, taisent les ravages du libéralisme, l'excusent même, pour mieux jouer leur partition, tenir leur place et orchestrer leur petites frustrations quotidiennes dans la "pure" et terriblement simple détestation de ceux qui ne renoncent pas à se soumettre à l'ordre établi des marchands.

D’où les terribles violences policières exercées contre des mômes. Oui, des mômes.

Posté par EdkOb, 16 avril 2008 à 17:39

Bon !

Patchenka ne le sait pas mais la théorie de "l'élève au centre des savoirs" prônée par les IUFM correspond notamment à ceci:

d'abord, un refus du cours magistral : la leçon, et d'une manière générale la transmission des savoirs du professeur à l'élève est jugée pédagogiquement réactionnaire. En effet, les savoirs, l'enfant les porte déjà en lui. Il suffit donc de faire émerger ces savoirs enfouis au travers de la prise de parole et du travail en groupe.

ensuite, un refus d'imposer la culture dite légitime, c'est-à-dire bourgeoise, à un apprenant (comprenez l'élève) qui possède déjà la sienne propre. On devra donc toujours partir de la culture de l'élève si l'on veut que l'enseignement fasse sens et que l'élève "construise" lui-même ses savoirs.

D'une manière générale, l'ennui est évidemment à proscrire, le ludique doit l'emporter, tout échec de l'apprenant est un traumatisme inacceptable devant conduire à une remise en cause de la pédagogie de l'enseignant. Toute punition est à bannir.

Etc, ad nauseam.

Autrement dit, l'école telle que rêvée par les IUFM correspond assez à celle que souhaiterait Patchenka.

Le problème est que cela ne marche pas.

Ca ne marche pas !

Je sais bien que ce n'est pas le sujet de discussion du jour, mais est-ce que vous avez conscience de la catastrophe qui se déroule depuis 20 ans sous nos yeux ?

Réalisez-vous qu'avec des méthodes aussi ineptes que celles à l'oeuvre dans les IUFM, nous pourrions investir encore et encore en moyens et en personnel au lieu de dégraisser que les résultats ne seraient toujours pas au rendez-vous ?

Posté par johnmarguerite, 16 avril 2008 à 17:45

@ edkob : bof....

connaissant sur ce blog johnmarguerite depuis belle lurette, je n'ai jamais noté qu'il parlait avec haine et violence, ni qu'il était réac...
votre dernier post est pour le moins lapidaire et fait de l'amalgame ; il y eut d'autres digressions sur le s post d'olivier...et ici il ne me semble pas que johnMarguerite voulait justifier ou excuser les violences policières en détournant l'attention sur le problème de l'école. Vous le taxez facilement...

de toutes façons, il n'y aura jamais de solution au problème de l'école, parce que force est de constater que jamais on ne peut en discuter, jamais on ne peut admettre qu'il existe d'autres points de vue que le nôtre, bien à nous.L'autre qui suggère différemment ou qui tente d'imaginer autre chose est forcément l'ennemi.
(tiens ça me rappelle Ségolène Royal et ce qu'elle pensait du temps travaillé à domicile des profs ...)
il semble n'y avoir que deux camps qui se haïssent : ceux qui veulent garder tout ce qui existe aujourd'hui, meme si tout ne fait pas ses preuves, et ceux qui veulent en revenir aux solutions ancestrales
ce qui signe notre incapacité à être innovant, créatif,et surtout à remédier à ce qui laisse sur le carreau tant de jeunes....

Posté par anne, 16 avril 2008 à 17:58

fouille intégrale...

à propos des violences policières, une représentante de la ligue des droits de l'homme de ma région avec laquelle je discutais il y a quelque jours m'a expliqué que la LDH reçoit de plus en plus de témoignages de personnes interpelées par la police ayant subi ce qu'on appelle pudiquement une "fouille intégrale"...

j'imagine qu'il n'est nul besoin de vous faire un dessin détaillé pour que vous compreniez ce que ces fouilles peuvent avoir d'intégral.

il semblerait que ce soit de plus en plus fréquent dans certains commissariats : sous prétexte de sécurité (on ne sait jamais : si le quidam qu'on met en garde à vue n'a pas caché dans ses fondements deux mêtres de corde pour se pendre ou bien une lame de rasoir pour s'ouvrir les veines...), le récalcirant, le citoyen ayant la gueule un peu trop grande ouverte quand on piétine ses droits fondamentaux (aucun jeu de mot...) se voit ainsi humilié, et il y a fort peu de chance que le type retourne au commissariat pour porter plainte, à moins qu'il ait aimé ça, mais, là, ce n'est pas la question qui me turlupine... (aucun jeu de mot)

je ne sais pas quels sont les chiffres, ni même s'il en existe, tout ce que je sais, c'est que cette personne est digne de confiance, et qu'elle semblait vraiment inquiète de la banalisation de cette pratique, même dans des cas d'infractions routières assez banales d'après elle...


ça doit être ce qu'on appelle une police "décomplexée"...

Posté par krondstadt, 16 avril 2008 à 18:04

Oh non, je ne suis pas un pur !

Je suis une voix discordante tout au plus, et pour ce qui est de taire les ravages du libéralisme, c'est totalement faux !

Voici ce que dit Fanny Capel d'un extrait d'un rapport de l'OCDE , dans le livre que je citais plus haut quant aux conséquences d'un démnatèlement de l'école publique (page 110 dan l'édition publiée par Ramsay) :

Désormais, comme l'annoncent sans vergogne les prophètes de l'OCDE, les pouvoirs publics n'auront plus que la mission d'"assurer l'accès à l'apprentissage de ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable et dont l'exclusion de la société en général s'accentuera à mesure que d'autres vont continuer de progresser". On ne peut formuler en termes plus clairs ni plus cyniques l'éducation à deux vitesses qui est en train de naître sous nos yeux.

Pensez seulement aux dégâts causés par les méthodes de lecture à départ global auprès des élèves les moins favorisés socialement qui ne peuvent pas compter sur des parents disponibles pour réparer les dégâts en les faisant lire à la maison.

Posté par johnmarguerite, 16 avril 2008 à 18:04

Merci beaucoup Anne

J'ai dit ce que j'avais à dire, et je n'excuse pas les violences policières bien entendu !

Je dois avouer avoir lu une dizaine d'ouvrages sur la question dont quatre cette dernière semaine et je bouillais de sortir ce que j'avais lu !!!

Surtout, je ne voudrais pas occulter le fait qu'effectivement les économies imposées par le ministère du budget vont faire des dégâts, qu'il s'agisse du passage du Bac Pro de 4 à 3 ans, des suppressions de poste... etc.

Posté par johnmarguerite, 16 avril 2008 à 18:14

Je voulais juste dire

que la réussite de notre système éducatif n'était pas qu'une question de moyens financiers, hélas...

Bonne soirée

Posté par johnmarguerite, 16 avril 2008 à 18:17

Secousses et répliques

J'avais dis de négocier l'abandon du remboursement des lunettes, contre l'abandon de la lacrymo...je n'avais pas pensé aux baisers de la matraque. Peut être pourrions la jouer contre nos dents.

Il est a noter que 40 ans après ceux de Mai, ceux d'Avril (pourtant 1 mois en avance) retrouvent les même répliques.

Si le CRS est mauvais comme une teigne, quelle bestiole coltiner à sa hiérarchie?

De blog à blog j'ai repris vos mots de ce jour...et de secousses à secousses j'ai moi même ramassé, en provenance de chez vous, un CRSarkosyste venu polluer mon blog...saurez vous RAMACADES le matraquer à votre tour

Merci par avance
http://elyseesarkosy.canalblog.com/

Posté par carlogiuliani, 16 avril 2008 à 18:46

Faux témoignage de la part d'un représentant de l'ordre

Rassurez moi, un faux témoignage de la part d'un représentant de l'ordre... ce représentant de l'ordre est renvoyé sur-le-champ, avec peut-être une interdiction de témoigner dans un procès, non ? En tout cas, j'espère qu'il est sévèrement sanctionné... il doit montrer l'exemple quand même.

Posté par Candide, 16 avril 2008 à 19:16

Bonsoir à tous. J'étais absent toute la journée et vois que le débat fut vif !

@ Carlo : je n'ai pas trouvé trace du troll sur votre blog. Vous l'avez supprimé ?

Posté par Olivier B., 16 avril 2008 à 20:22

@ johnmarguerite

Juste une mise au point: je vois que vous m'avez très mal comprise. En effet, j'ai émis une critique et proposé des lectures, rien de plus. Je ne défends aucunement l'IUFM, je pars d'un simple constat sur l'école. Et c'est tout. :o)
Mais il est vrai que tout cela est du hors sujet !

Posté par Pachenka, 16 avril 2008 à 21:10

Candide : les flics font des faux à tour de bras. Truquent les dépositions, imitent les signatures… particulièrement quand il s'agit de couvrir un collègue.

Darcos ce matin a déclaré que "tout ceci peut mener à un incident" ; au vu de l'intensité des provocations policières, on peut considérer ses propos comme une pure et simple menace : ça va cogner demain.

Posté par Cobab, 16 avril 2008 à 21:29

@ Patchenka

j'ai pensé que les IUFM allaient dans le sens de l'école que vous désiriez, d'après les liens que vous proposiez (que j'ai parcouru seulement). Désolé d'être allé un peu vite !

Posté par johnmaguerite, 16 avril 2008 à 22:34

"Ils jettent nos gosses sous nos matraques!"

Darcos a fait mieux que ça ce matin sur France-Inter: il en appelle au sens des responsabilités de "certaines personnes" qui manipulent des lycéens "favorables à une réforme des lycées" face aux risques croissants qui se présentent à les voir défiler. En somme, ça va cogner mais ce sera la faute de ces pervers de syndicalistes.

Le vrai dans le texte et en images sur http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/
il faut se fader 6 minutes de mensonges chiffrés et minutieuses contrevérités mais on prend bien la mesure du personnage et l'intitulé de sa mission.
Il manque cependant les non-réponses aux questions des auditeurs qui s'inscrivent comme un modèle du genre.

Posté par paulovaz, 16 avril 2008 à 22:43

En complément

http://lamauragne.blog.lemonde.fr/2008/04/12/frenesie-securitaire/
jf.

Posté par Jacques, 16 avril 2008 à 23:28

Violences..!

Violences de la Poulice...La suite?
Réponse dans la Rue j- 15

A bientot!

Posté par Eric Claxon, 17 avril 2008 à 05:43

éconimies et lois

Bonjour vous tous,

On dit que l'EN coute chère, c'est pourquoi, on la taillarde.

Moi je dis que en respectant simplement la loi, on peut faire 10 milliards d'euro d'économie par an.
4 ans et plus de déficit en France.

Comment ?
En faisant respecter la loi constitutionnelle sur la laïcité.

En effet, l'état, via les asso, les aides diverses et variées, le payements de profs et diverses, finance les écoles privées par exemple.

Voici un extrait de comtabilité faite par des défenseurs de la laïcité :

financement public en millions d'euros de l'enseignement privé à 95% catho
état :
personnel : 7250
forfait 920
taxe d'apprentissage : 27
communes :
forfait : 425.3
article 89 : 42
aides facultatives : 31
départements /régions :
forfait : 293.7
facultatives : 41.6
investissment 130

soit au total 9161.1 millions d'euros qui sont dépensés dans les écoles privées malgrès l'article 1er de notre constitution : nous sommes dans une république LAIQUE.

neuf milliards d'euros qui partent du public vers le privé, çà fait réfléchir quand même ! Et pendant ce temps on ferme des écoles publiques. C'est tout simplement scandaleux.

Et aussi je viens de lire que le gouvernement a décider de donner 90 millions d'euros à l'enseignement confessionnal dans les banlieux.
Alors si à l'instar d'un Pinochet ou d'un Franco, on se sert de la religion pour matter les jeunes de banlieux en utilisant l'argent public, arrêtons de dire que l'EN coute cher, ce n'est que du mensonge désservi à ceux qui ne savent pas lire.


Plus la répression policière, la boucle et bouclée.

Posté par virginie, 17 avril 2008 à 07:02

C'est soit la fouille, soit la procédure pour outrage à agents. Ca fait du chiffre et ça répond à la demande du Ministre !
:-)

[voir la police aux ordres intégraux des chinois était assez révélateur, non ?]

Posté par Monsieur Poireau, 17 avril 2008 à 10:51

qui, mieux placé qu'une vieille ou presque mais hors circuit, pourrait faire un recensement des faux témoignages de la police.
Pour consoler le bon peuple qui doit commencer à être effaré par le nombre d'agressions à main nue (ou cailloutée) contre la réincarnation des reitres de Paolo della Francesca (je les trouve très esthétiques mais un rien angoissants), et de l'extrème fragilité et vulnérabilité de ces pauvres garçons.

Posté par brigetoun, 17 avril 2008 à 15:03

RévisionPolitiquesPubliques

Je profite de l'espace. Et c'est aussi dans le droit fil des revendications et de l'arbitraire policier:
mérite récompensé par matraquages interposés.
Voilà. Y'a urgence, il ya plus que démolition, il y a, en plus, enlèvement des gravas. Tabula rasa disait St Augustin....
Marcel

Contre la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP)

Lire et signer l'Appel : http://service-public-notre-richesse.fr/.
Bonjour,

A l'initiative de personnalités du monde associatif et syndical ainsi que de la société civile, un appel, soutenu par la Fondation Copernic, est lancé contre la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) :

"Nous assistons actuellement de fusion en restructuration, d'externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, à une vaste opération de destruction des fondements du Service public et de la Fonction publique.

La « Révision générale des politiques publiques »
(RGPP) est le plus récent développement de cette campagne dirigée par le gouvernement, encouragée par le patronat et menée par des cabinets privés.
Elle s'attaque frontalement à l'ensemble de la Fonction publique d'État, Territoriale et Hospitalière. Comme déjà dans d'autres secteurs (Poste, EDF, télécommunications, transports.), cela signifie la détérioration organisée des services rendus au public, ouvrant la voie à la privatisation des activités les plus profitables, à la disparition de nombreuses autres."

Posté par GPMarcel, 17 avril 2008 à 19:02

A y est

Signé. A diffuser largement tant le texte de la pétition est juste et complet.

Posté par Fajua, 17 avril 2008 à 19:37

Public - privé

@Virginie

Que l'Etat paye des profs dans le public ou dans le privé ne change rien (en première approximation) du point de vue économique : les élèves du privé iront dans des écoles publiques, qui devront embaucher les profs correspondants ! On n'économise donc rien du tout !
Le scandale du privé est ailleurs !

Posté par P. M. Boriliens, 17 avril 2008 à 20:25

certes, il y a aussi ceci :

268 millions d'euros prélevés chaque année pour la sécu du clergé
çà fait pas mal de paires de lunettes !

Posté par virginie, 18 avril 2008 à 06:55

C'est fait aussi ! Bonne journée !

Posté par duszka, 18 avril 2008 à 10:18

Bonjour

Je suis toujours hors-sujet, mais bon :

A partir du moment où on sait que la privatisation/décentralisation de l'école se profile à l'horizon, l'école étant par exemple ce "grand marché du 21ème siècle" selon Claude Allègre (lu dans le livre de Fanny Capel), demandez-vous pourquoi les gouvernants s'accomodent si bien du contrôle du système éducatif par les pédagogistes et leur mépris pour la transmission des savoirs.

A partir du moment ou les contenus des programmes deviennent secondaires et que le professeur se voit relégué au rang de gentil animateur, n'importe qui est en mesure de se retrouver en face d'une classe et quelle importance, puisque si l'école publique ne remplit plus sa fonction, les victimes seront toujours à chercher du côté des plus fragiles, les familles plus aisés ou prêtes aux sacrifices pouvant de toute façon payer les cours particuliers, l'école privée ou choisir les bonnes options qui permettront à leur progéniture d'atterrir dans les meilleurs établissements.

Je voudrais vous alerter sur le fait qu'il faut impérativement braquer les projecteurs sur le contenu des enseignements et non seulement sur les statuts.

En ce moment même, on discute du rôle des syndicats de l'éducation dans les commentaires du blog de Jean-Paul Brighelli ou vous retrouvez toutes les sensibilités politiques.

Si vous y allez, vous verrez les antagonismes à l'oeuvre en ce moment.

Posté par johnmarguerite, 18 avril 2008 à 11:06

Décidemment, il y a toujours un envahisseur...

nous voici, nous voilà avec un johnmarguerite qui nous envahit, qui nous fait la moral : vraiment nous me comprenez rien... moi je sais comment éléver et éduquer vos enfants...

Et le voilà qui se prend pour bling-bling, il y en a que pour lui.


Et bien non, j' ai encore envie de penser par moi- même et de " m' élancer seule vers l ' Avenir" comme une Africaine.

Excusez-moi mais des fois cela fait du bien.

Posté par Made, 18 avril 2008 à 11:47

Bonjour John

Le "contrôle du système éducatif par les pédagogistes et leur mépris pour la transmission des savoirs" n'est pas général.
Ni mon fils en primaire, ni ma fille au collège n'en sont victimes. Dans leurs établissements (publics), les matières sont enseignées d'une façon on ne peut plus traditionnelle, dirons-nous.

Posté par Olivier B., 18 avril 2008 à 11:49

Bonjour Olivier

Franchement, je me réjouis de la bonne scolarité de tes enfants.

Là ou je me dois d'être précis, c'est que ma colère n'est pas dirigée contre les enseignants mais contre les inspecteurs et formateurs d'IUFM.

En vérité, un prof, une fois confronté à la réalité, développe toujours ses propres trucs et astuces pour apprendre : il n'applique jamais à la lettre les cours types IUFM pondus par des individus qui justement sont loin, eux des réalités (quelle est, par exemple, l'expérience de Meirieu sur le terrain ?).

Mais s'il n'y prend pas garde, ces libertés qu'il prend avec les dogmes pédagogistes, il risque de les payer une fois venu le moment de l'inspection, confronté à un individu qui pourra lui reprocher de "faire écran avec son savoir", de recourir à une méthode de lecture (syllabique) dépassée, de faire preuve d'autoritarisme s'il a le malheur de donner une punition... etc

Bien sûr que la situation n'est pas uniformément catastrophique dans tout le pays.

Récemment, une professeure des écoles interrogée par Libération donnait son avis sur la réforme des programmes de l'école Primaire qu'elle jugeait nocive car remettant en question l'essence même de son métier.

Je connais très bien cette enseignante pour avoir travaillé avec elle en tant qu'emploi-jeune pendant 4 ans : elle a commencé sa carrière avec une classe de perfectionnenement dont per-sonne ne voulait et a tenu avec une foi, un courage et une abnégation dont je me sais incapable.

Mon problème, ce n'est pas elle : je suis prêt à la défendre si elle obtient de bons résultats avec ses méthodes inspirées de l'IUFM.

Mon problème, c'est que les IUFMs ne veulent pas entendre parler d'autres méthodes que les leurs.

Je ne développerai pas d'avantage, mais le livre de Fanny Capel mérite d'être lu et le collectif Sauver les Lettres, qui défend une très haute idée de l'éducation contre les menaces de privatisation et de décentralisation, d'être entendu.

Posté par johnmarguerite, 18 avril 2008 à 12:44

Bling bling le retour

Le lien vers le site de Sauver les Lettres

http://www.sauv.net/
Et, pour être tout à fait complet, Meirieu est à Freinet ce que Tony Parker est à Jacques Brel.

Posté par johnmarguerite, 18 avril 2008 à 12:58

@ johnmarguerite

Ca me titillait, je plonge et donne mon avis sur le hors-sujet que tu nous as proposé.
Je ne suis pas un défenseur de Meirieu. Mais, il fut, professeur de collège et de lycée et pendant sa préparation de thèse en sciences d'éduc il continuait à oeuvrer (je ne dis pas travailler)sur le terrain.
Il connaît et les enfants et les classes et les contenus et les "méthodes".
Des phrases à l'emporte pièce comme : " Meirieu est à Freinet ce que Tony Parker est à Jacques Brel." sont limites de l'injure.
De plus faire référence à Jean-Paul Brighelli et son blog me laisse pantois et très interrogatif quant à la véritable connaissance que tu peux avoir de la pédagogie et de son application sur le terrain "réel".
Je vais maintenant provoquer.
Le métier d'enseignant, d'éducateur-enseignant (le mensuel qui liait les instits Freinet dont j'ai fait partie de 1969 à 2003 - s'appelait, s'appelle : l'Educateur)ne s'apprend pas. Il se vit.
De la formation tu gardes tout ce qui est de la psychologie des enfants, des théories d'apprentissage, des neuro-sciences (maintenant), de la didactique des matières...
Le reste: les méthodes, les programmes, les modes ...tu en fais un paquet et tu le mets au fond de ta classe. Car tu ne retrouveras jamais la "classe standard, aseptisée des écoles annexes des IUFM situées pour la pluaprt dans des quartiers résidentiels"
Alors quand tu as 30 enfants, en classe unique (de 4 à 11 ans) tu jongles, tu vis, tu cours, tu voles et ta méthode tu te la fais et pire, tu te l'appropries. Oh! le vilain mot. Oui, elle t'appartient et pas à d'autre.
Ton but et tu le sais quand tu épouses le métier c'est d'amener les groupes d'enfants qui te sont confiés sur la lune et de leur dire qu'apprendre c'est pas "chiant" mais qu'au contraire, c'est tout plaisir et quelquefois de découvrir en même temps qu'eux.
Que l'enseignant soit traditionnel, didactique, frontal, ouvert, autogestionnaire, coopératif...l'important c'est qu'il respecte l'enfant, qu'il le protège, aussi, de tous les beaux parleurs, qu'il oeuvre, (et il le fait, en conscience, en amour- et non en put*** de professionnel [ je hais ce mot]) et qu'il l'amène à aimer s'enrichir, à aimer savoir, à aimer critiquer, à aimer argumenter, à aimer justifier...à comprendre qu'on peut se tromper, qu'on doit se tromper, qu'on peut comprendre ce que dit lautre...

Les mecs ou filles qui écrivent des bouquins sur l'enseignement, leurs résultats, leurs statistiques, leurs classements me font chier.
Ils ne vivent et non jamais vécu l'école.
Ils la mettent en fiche et la juge comme une dégustation de vin.

Pour situer, bien qu'à la retraite,
je suis et j'accompagne la formation en IUFM d'une jeune collègue dans le 93 à Créteil
j'anime toutes les semaines des ateliers de réflexion groupant toutes les tranches d'âge de MS de maternelle à CM2 dans les écoles autour des droits et devoirs de l'enfant (en classe, dans la cour, à la cantine...)
je suis grand-père et je vois et entends ce que font mes jeunes collègues auprès de mes petites filles.
Pas toujours d'accord sur les méthodes, c'est sûr, mais hautement respectueux du " travail" (et là j'emploie le mot) accompli.
On veut quoi, qu'il y ait un code barre sur la porte d'entrée des écoles avec la traçabilité affichés des enseignants, leurs opinions politiques et religieuses, les méthodes employées...un vulgaire super-marché, quoi!

Mais, tant que l'Ecole developpera des associations comme RESF elle montrera qu'elle est rêtive, grognon, pas suiveuse pou deux sous d'une Ecole libérale à actionnaires incorporés et à bilan de synthèse avec les feuilles de route et des points d'objectifs à atteindre.

Vive la résistance et la tortue.

Posté par GPMarcel, 18 avril 2008 à 15:04

@GP Marcel

C'est normal que cela te titilles : je recherche la confrontation et l'assume entièrement.

Déjà, je pense que mon précédent message aura clarifié la distinction que j'opère entre les enseignants et ceux qui les forment, c'est-à-dire les IUFM.

Tu as dit avec force raison ceci :

"Les mecs ou filles qui écrivent des bouquins sur l'enseignement, leurs résultats, leurs statistiques, leurs classements me font chier.
Ils ne vivent et non jamais vécu l'école.
Ils la mettent en fiche et la juge comme une dégustation de vin".

Alors que penses-tu, s'il te plaît des "recueils de conceptions", des "conflit socio-cognitif", des "évaluations cognitives, normatives, sommatives" et autres jargons pédants IUFMesques qui m'ont dégouté en moins d'une heure de temps de passer le concours de professeurs des écoles ?

Que penses-tu, à titre d'exemple (il y en a tant d'autres) de ce passage écrit par Meirieu ?

« Répertoire cognitif : Mémoire de travail constituée d'indicateurs de réussite corrélés à des types de tâche, d'indicateurs de structures de classes de problèmes corrélés à des programmes de traitement et d'indicateurs de correspondance corrélés à des stratégies personnelles efficaces. »

Est-ce le rôle des formateurs des enseignants de pondre ce genre de littérature sur des milliers et des milliers de pages ? Est-ce le rôle des IUFM de faire réciter aux professeurs stagiaires ce catéchisme pédagogique en vue de leur titularisation ?

De tout ce que j'ai lu et vécu, je retiens ceci :

l'autorité de l'enseignant est battue en brèche par l'idée que l'enfant est son égal en tant que détenteur d'un savoir que l'adulte devra simplement faire émerger.

la méthode de lecture à départ global est nocive car elle fait acquérir à l'enfant de mauvais réflexes dont il ne parviendra que très difficilement à se débarasser (jouer à la devinette plutôt que de déchiffrer les mots que l'on n'a pas photographié, comme j'ai vu le faire un mien futur cousin pas plus tard que le week end dernier).

Ces deux idées forces sont assénées par les inspecteurs et la hiérarchie aux enseignants en dépit du bon sens et, pour en revenir à la question de l'autorité, tu dois savoir combien la hiérarchie est parfois désireuse de ne pas faire de vagues lorsque des problèmes graves de violence se produisent à l'école.

Le métier d'enseignant,je l'ai vécu entre autres avec Clarisse Blanchaud(la prof à laquelle je me référais et dont je peux dire le nom puisqu'elle est citée par Libération) pendant 4 ans. Elle possède une intelligence des rapports humains que ceux qui interdisent les méthodes traditionnelles d'apprentissage n'ont pas.

Encore une fois, ce sont eux et pas elle le problème

Enfin, pour ce qui concerne Jean-Paul Brighelli, je le crois bien meilleur que tu ne le penses et c'est pourquoi je me réfère sans honte à son blog où je dois dire que beaucoup de sensibilités s'expriment dans une relative harmonie.

Posté par johnmarguerite, 18 avril 2008 à 16:01

Correction

Il faut lire ceci :

"Ces deux idées forces sont rejetées par les inspecteurs et la hiérarchie qui continue à catéchiser les enseignants en dépit du bon sens"

Posté par johnmarguerite, 18 avril 2008 à 16:23

La vérité, arme du faible contre la brute : nous les jugerons ..... tous !

Bonjour,

Je découvre 2 pages en ayant cliqué vers ici depuis CSP.

Je viens de lire tous les commentaires.
Il est dommage que le réactionnaire antipédagogique ait réussi à faire oublier le début.
je le rappelle :

"Je me suis aussitôt rapproché en me disant qu’il fallait qu’un professeur responsable soit là. Mais je me suis rendu compte que ma seule présence les gênait…» Pour le moins. Rodolphe est reçu par un «casse-toi de là, t’as rien à faire là, laisse-nous faire notre boulot !» Le jeune homme ne se dégonfle pas. «J’ai le droit d’être là, c’est une manifestation autorisée.» Le ton passe à la menace : «On t’a repéré, t’as dix secondes pour dégager…» Rodolphe ne dégage pas. Des policiers l’encerclent alors par derrière. Un premier le ceinture, un second le tient par le col. Il ne résiste pas. Son sac est vidé à terre, on le palpe brutalement. «Tu fais moins le malin ?» lui lâche un policier. «Vous ne pouvez que contrôler mon identité, répond Rodolphe, car je n’ai rien à me reprocher.» Suffisait de demander… Selon le jeune homme, un des policiers aurait alors regardé l’un de ses collègues, faussement interrogateur : «Tu l’as vu jeter un caillou sur la police, non ?» «Oui», répond l’autre. «C’est là que j’ai commencé à comprendre que cela sentait le roussi…», dit aujourd’hui Rodolphe Juge."

La suite ? Le professeur stagiaire de 25 ans est placé en garde à vue au commissariat du VIIème arrondissement de Paris, à 16h 20. Comme il refuse de signer le procès-verbal faisant état de "violence aggravée" et "insulte", l’officier de police judiciaire aurait pris sa carte d’identité pour imiter sa signature !"
=========================

J'ai,pour ma part une attitude globale différente de celle des contributeurs, même les plus lucides, même les plus gentils, même les plus rebelles.

Etant parvenu à la conviction de l'approche à court terme de 6 révolutions (dont la première est anticapitaliste) , j'ai donc, en conséquence, la conviction de l'approche de la proximité de la main d'Antigone.

Pour avoir lu Sophocle à 14 ans (le bénéfice des études bourgeoises accordé aux progénitures du prolétariat arriviste), j'ai acquis un sens de la justice illégale, de la légitimité historique qui outrepasse largement la bétifiante non-rétroactivité des lois.
Nous jugerons bientôt Sarkozy, Bolloré et toute cette France-à-fric gangstèrisée dont le crime s'affiche sur les pages du site de l'INED : 3 millions et 60 000 bébés de moins de un an assassinés, chaque année, par le vol des richesses africaines et les défauts de structures médicales.

Il y aura un Nuremberg de l'Afrique...

Et Sarkozy y sera jugé ...

Il sera jugé et transformé en jardinier
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Empereur
Si il persiste à mettre de l'huile sur le feu, les révolutionnaires auront des difficultés à calmer des foules semblables à celles du Chicago du Talon de Fer de Jack London.

Et Sarkozy finira assassiné par des émeutiers édentés et aux vues déficientes.

Chacune des 6 révolutions nourissant et faisant croître les 5 autres, cet avenir est ineluctable.

Sarkozy rêve tout debout s'il croit pouvoir faire ce que l'impérialisme américain a échoué à faire ;
la manipulation postérieure au 11 septembre ne les a amené à différer l'échéance que pour mieux sauter :le capitalisme est mort.

Les 200 milliards de tonnes supplémentaires de carbone que nous avons au-dessus de nos têtes vont déclencher la croissance inéluctable de la haine des enfants pour leurs parents.

Les adultes ont détruit, ils ont laissé le capitalisme détruire la Terre.

Chacun sera comptable de ses actes antérieurs.

A commencer par les déliquants en uniforme.

La véracité des faits rapportés ci-dessus, si elle établie par un organisme juste, amènera la condamnation des déliquants en uniforme.
Comme elle entraînera une enquète sur l'introduction de drogue à l'école de la police fait qui m'a été rapporté par une élève il y a dix ans....

Et l'arrestation de Charles Pasqua comme trafiquant pour ses réseaux dénoncés par François Xavier Vershave dans Noir Silence etc...!

Nous n'oublierons rien, absolument rien.

Et la peine minimale sera l'inscription sur Internet des délits.

Ces policiers ont un nom :il faut le trouver !
L'écrire sur Internet, le dupliquer sur Usenet, dans tous les forums...
Ils ont un visage : il faut l'afficher.

Le jeune prof naïf a oublié que, par les temps qui court, il faut s'approcher de la police sarkozyste avec une clé USB enregistreuse dans la poche... après avoir demandé à un élève - ou quelqu'un d'autre - de filmer la scène à distance.

Nous informerons les familles de ces fonctionnaires délinquants, nous informerons leurs enfants, leurs neveux, leurs petits enfants des délits qu'ils auront commis pour protéger ceux qui détruisent la Terre en aggravant LA CATASTROPHE de 1,5 % PAR AN

Google et les moteurs de recherche ne leur laisseront plus aucun répit : à peine, ils rencontreront une nouvelle connaissance que la page Google à leur nom affichera LA LISTE DE LEURS DELITS, en haut de colonne :le système wifi connectera automatiquement les deux portables.
Ils devront vivre dans des cités protégées comme dans le livre de London... mais sous le regard haineux de leurs enfants qu'ils entraînent dans le suicide géant de l'humanité qu'est la catastrophe climatique.

Les 6 révolutions, 3 sociales, une civilisationnelle, une scientifique et sa complémentaire - révolution philosophique qui rétéblira le matérialisme - balaieront les prétentions de ces petits valets obtus à incarner quoi que ce soit d'autre que le retour imbécile au moyen âge germinalesque que nous prépare le crétin.

Yanick Toutain

PS : dans leur mansuétude, les 6 révolutions accueilleront les repentis qui souhaiteront balancer leurs complices.
Mais qu'ils sachent que tout finira publié sur Internet.

Posté par Yanick Toutain, 19 avril 2008 à 04:48

appel à l'aide

Bonjour je m'appelle Mael Créput je suis étudiant en histoire et sociologie et lors de la dernière manifestation lycéenne contre les suppressions de postes à laquelle je me suis rendu jeudi 17avril 2008, j'ai été interpellé violament vers 16h30 (j'ai reçu une pluie de coup de mattraque et été neutralisé au sol) me blessant à plusieurs endroits: cheville ouverte avec contusions front brulé contre le béton, divers ématomes sur les cuisses douleurs à l'épaule et à la main gauche. j'ai donc vu le médecin en garde à vue vers 7h qui ma signalé inapte à continuer la garde à vue car il fallait me recoudre et donc m'envoyer à l'hôpital judiciaire. Je n'est pas voulu porter plainte ni prendre d'avocat sur le coup pour ne pas rallonger les procédures et sortir le plus vite possible. J'ai été remis en garde à vue et personne n'est jamais venu me chercher jusqu'à que, me plaignant trop de la douleur, il appellent les pompiers vers 11h-minuit du soir, ils m'emmenèrent, accompagné de policiers aux urgences où je du, vu la queue, attendre encore 4h sur une chaise pour être enfin soigné vers 4h du matin. Bien sur il était trop tard pour recoudre, ils me soignèrent (sortes de straps), je vit un médecin judiciaire qui me remis aucun papiers et faute de lits ils me ramenèrent en cellule. Le lendemin matin j'appris avant d'ètre libéré que j'était accusé de rebellion "avec violence" n'ayant pas blessé..(comme pour justifier leus gestes) et que je serai jugé le 21mai en comparition immédiate!! Face à la parole légitime de la police je me retrouve avec mon avenir compromit dans une folle angoisse je vous avoue que c'est un appel au secour!! j'ai biensur après avoir appris cela décidé de porter plainte, vu un médecin qui ma fait un certificat, et pris en photo les blessures. mais je ne sait pas comment écrire au procureur de la république pour porter plainte ni ou trouver un avocat et j'ai peu d'argent (juste beaucoup d'amis, employeurs, et profs qui pourront me soutenir et témoigner ma passivité). De + je doit partir avec ma mère demain pendant les vacance voir ma famille. Je vous remerci d'avance si vous pouvez m'apporter votre aide. pour me contacter: 0685376131

Posté par mael, 20 avril 2008 à 02:23

Conseil

J'ai trouvé ça :
"Il faut directement porter plainte auprès du Procureur de la République par lettre recommandée avec Accusé de Réception (AR) au Tribunal de Grande Instance (TGI) du lieu où les faits se sont produits.

Si l’on est certain , par expérience, que le parquet (Procureur) classe systématiquement ces plaintes, se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction du TGI du lieu où les faits se sont produits."

Posté par Olivier B., 20 avril 2008 à 13:11

Ca ne marche pas

"Il est dommage que le réactionnaire antipédagogique ait réussi à faire oublier le début."


J'aurais aimé répondre en vous invitant à suivre un lien, mais le message ne passe pas.

C'est un article intitulé "La syllabique est-elle réactionnaire ?", publié par Jean-Pierre Terrail dans le site internet "la revue du Mauss", mais comme il s'agit de toutes façons d'un organe antipédagogique réactionnaire bien connu, cela n'a pas d'importance...

Enfin, si vous avez l'occasion tapez "Léo et Léa" ou "La planète des Alphas" sur Google pour juger du caractère hautement aliénant de ces deux méthodes de lecture syllabiques...

Posté par jean colombani, 20 avril 2008 à 14:04

Je rêve

ou je suis devenu indésirable ici ?

Posté par johnmarguerite, 20 avril 2008 à 14:05

Comprend pas

Maintenant ça passe avec mon pseudo : il y a un problème technique ?

Posté par johnmarguerite, 20 avril 2008 à 14:06

Je ne sais ce qui se passe. Pas de censure de ma part en tout cas.

Posté par Olivier B., 20 avril 2008 à 17:03

@ M. Bonnet et @ Mael :
suite à votre question sur Avox, je post aussi le lien sur votre blog : http://1libertaire.free.fr/FaceViolencePolice.html
Section de Toulon de la LDH, artilce de juillet 2006.
Cordialement, E-fred.

Posté par E-fred, 20 avril 2008 à 17:31

Merci beaucoup E-Fred !

Posté par Olivier B., 20 avril 2008 à 17:36

Aide juridictionnelle

@ Olivier Bonnet et @ Mael
j'ai oublié le lien avec l'aide juridictionnelle,:
doc Pdf : http://www.conseil-etat.fr/ce/outils/pdf/Form12467v01.pdf
et la notice explicative : http://www.conseil-etat.fr/ce/outils/pdf/Notice51036n02.pdf
Il ne faut pas hésiter, si on ne gagne pas bcp d'argent, si on est au smic, etc...les démarches sont très simples, malgré la doc. Par contre, le tribunal met du temps à répondre.

Posté par E-fred, 20 avril 2008 à 20:05

Je suis halluciné par les divers témoignages, celui de Mael en dernier lieu.

Ai trouvé ça :
"Morale à l’école : Ça commence par le Flash-ball"
http://sarkopitheque.wordpress.com/2008/03/31/morale-a-ecole-ca-commence-par-le-flash-ball/
"Mobilisation des lycées : des cas de censure sur le Web"
http://sarkopitheque.wordpress.com/2008/04/20/mobilisation-des-lycees-des-cas-de-censure-sur-le-web/
Merci Olivier Bonnet de continuer ce boulot !

Posté par antennerelais, 21 avril 2008 à 13:15

Revenons sur Terre

En tant que riverains, je suis témoin de ce qui se passe au quotidien aux abords de ce lycée.
Ca ne correspond pas à ce qui est décrit chez les médias.
Le prétexte de ces interminables manifestations de lycéens, permet que nombre de participants, casseurs et dealers de drogue intégrant des membres parfaitement infiltrés chez les lycéens, se comportent ici comme de véritables délinquants.
Ces derniers méprisent les habitants du quartier et cela leur donnent la possibilité d’agir en toute impunité.
Ils peuvent ainsi s’adonner à la provocation sous les regards parfois amusés des professeurs.
L’irresponsabilité des dirigeants de ces manifestations est condamnable car elle n’est pas suffisamment bien gérée pour éviter ces comportements incontrôlables.
Ces revendications sont en décalage avec ce que nous sommes contraint de subir au quotidien.
Les incivilités succèdent aux dégradations gratuites.
A tel point que la vie dans ce secteur est devenue dangereuse pour chacun.
La situation est si déplorable que nous avons été contraint de nous réfugier chez des amis durant 8 jours afin de ne pas etre soumis à de multiples provocations et débordements.
Il serait certainement plus opportun de mieux cibler l’auditorium des manifestants en dirigeant ces actions vers d’autres sphères plutot que de pourrir la vie le citoyens qui revendiquent simplement le droit de vivre en paix.

Posté par alberto, 27 avril 2008 à 19:13

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