Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

25 mai 2008

Royal, Delanoë et la gauche "moderne" : libérale ou centriste ?

segolene_royal_bertrand_delanoeSégolène Royal passe à l'offensive ! "J'ai envie de pouvoir agir, avec beaucoup d'autres, pour produire et distribuer autrement les richesses, pour garantir à chacun un avenir meilleur, pour lutter contre les excès insupportables du capitalisme et tout ceci n'a rien de libéral. Ma conviction, c'est qu'au XXIème siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible". Elle réagissait ainsi à la prise de position du maire de Paris Bertrand Delanoë, son adversaire pour conquérir la premier secrétariat du Parti socialiste, exprimée dans son ouvrage De l'audace (Robert Laffont) : "M. Sarkozy se veut souverain omnipotent : le libéralisme, c'est le contraire, c'est la tolérance devant les démarches individuelles. Je suis libéral. La droite ne l'est pas. La gauche doit se réapproprier avec fierté le mot et la chose. (...) Si les socialistes du XXIème siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme, s'ils ne tiennent plus les termes de “concurrence” ou de “compétition” pour des gros mots, c'est tout l'humanisme libéral qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique. Il faut choisir : la synthèse est morte. Voici venu le temps des différences assumées." Bon. On connaissait DSK le grand privatisateur (sous le gouvernement Jospin, il a davantage encore privatisé que la droite n'avait osé le faire sous Balladur !), on connaissait aussi Manuel Valls aux dents longues (lire Manuel valse avec la droite), voici que Delanoë se positionne clairement à son tour dans ce camp des "socialistes" entre guillemets.

parti_socialiste_rose_logoEt face à lui, on trouve donc Ségolène Royal, repositionnée en rempart "contre les excès insupportables du capitalisme".  Rappelons que c'est la même qui a déclaré : "Le Smic à 1 500 euros brut dans cinq ans ou la généralisation des 35 heures sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j'ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n'ont pas été du tout crédibles". Ou encore qui a tenté de convaincre François Bayrou, entre les deux tours de la présidentielle, d'accepter d'être son premier ministre si elle venait à être élue. Et qui persistait à l'occasion des dernières municipales à préconiser une alliance généralisée avec le Moudem. Voilà donc l'auto-proclamée néo-héroïne de la vraie gauche du PS - face aux "socialistes" libéraux de la tendance Delanoë : la femme qui trouve que 1500 euros pour le Smic, non pas net mais brut, non pas tout de suite mais sur cinq ans, c'est encore beaucoup trop. Et qui veut gouverner en compagnie des centristes bayrouistes. Inacceptable ! Pas question ici de sectarisme : s'il s'avérait que des centristes pouvaient adopter des positions authentiquement progressistes, ce qui passe forcément par une remise en question globale du système capitaliste mondialisé néolibéral, ça se saurait. Bayrou n'est pas Sarkozy, mais il n'est pas de gauche, loin de là. La famille politique dont il entend aujourd'hui se libérer avec pertes et fracas, prétendant présenter une troisième voie entre gauche et droite, est la sienne depuis ses débuts dans la carrière. Forcément qu'il serait un peu plus social que Sarkozy - comment l'être moins ? - mais sa vision de la société et ses choix idéologiques resteront toujours ceux de la droite modérée. L'alliance avec les centristes implique donc de facto l'abandon d'une politique de gauche.

Si l'on résume alors le choix entre les personnes de Delanoë et Royal, offert aux militants socialistes, du leader qui impulsera la rénovation du parti, ils arbitreront entre "socialisme" libéral ou "socialisme" centriste ! Il est vrai que cette alternative est dictée par la pensée unique qui veut qu'une gauche "moderne" soit... de droite. Mélenchon, Filoche, Hamon... partants pour porter cette bannière ? En tout cas sans nous.

Posté par Olivier Bonnet à 20:29 - Social, politique - Commentaires [32] - Rétroliens [1] - Permalien [#]


Commentaires

encore heureux que la terre soit ronde

à force de dériver vers la droite ils finiront bien par se retrouver à gauche un jour mais dans longtemps après la fin du monde quoi

heureusement on a jean paul Huchon hihihi (un peu dommage quand même qu'il trouve Delanoé trop à gauche)

Posté par tgb-rue-affre, 25 mai 2008 à 22:32

boudiou !

C'est un peu le piège qui se referme que les électeurs. Où l'on voit qu'en politique comme dans le commerce, la multiplication des enseignes n'est pas gage d'une plus grande diversité de l'offre faite aux consomma-élec-teurs. C'est un vrai dilemme pour l'avenir.

Il n'y a pas si longtemps, le terme de "social-libéralisme" était considéré par les socialistes comme une insulte. désormais ils en revendiqueraient plutôt le titre. Cela fait décidément beaucoup de monde à droite. La barque chavirera-t-elle un jour ? Et qui restera dessus ?

Posté par off, 25 mai 2008 à 23:18

Ségolène Royal, candidate à la succession de François Hollande à la tête du PS, a de nouveau reproché dimanche au maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, de se dire "socialiste ET libéral", estimant que le libéralisme "est le mot de nos adversaires politiques".

"Je ne pourrais jamais dire comme a dit Bertrand Delanoë +je suis libéral+. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l'héritage des libertés individuelles", a-t-elle déclaré sur Canal +, en citant trois fois Jean Jaurès.

"Réhabiliter ce mot de libéralisme, non ! Je ne veux pas caricaturer sa position. Le mot libéralisme a des connotations positives dans certains autres pays. En France, non. Il est tellement chargé et tellement synonyme de capitalisme débridé et de dégâts".

Selon Mme Royal, "ce n'est pas utile et pas possible de réhabiliter le libéralisme". Bertrand Delanoë "peut peut-être évoluer, se rendre compte aussi" de ce qu'elle considère comme une incompatibilité, a-t-elle lâché.

L'ex-candidate à la présidentielle a toutefois souligné que "les socialistes ne sont pas pour le social contre l'économique, ils pensent que l'un ne va pas sans l'autre".

Revenant sur les critiques du maire de Paris sur la démocratie participative, la présidente de la région Poitou-Charentes a jugé qu'il ne fallait "pas tourner en dérision" son concept.

La démocratie participative "est source d'efficacité". "Je ne renonce pas à convaincre tous ceux qui n'ont pas encore compris jusqu'où on pouvait aller pour améliorer l'efficacité de notre système grâce à la démocratie, notamment participative", lui a-t-elle lancé.

"Quant aux attaques sur mon caractère ou sur mon irrationnalité, je les ai déjà entendues. Les caricatures sont inutiles. Les attaques contre les personnes ne servent à rien", a-t-elle dit.

Selon elle, "il faut rassembler les socialistes sur les valeurs qui sont les nôtres". "Tous les socialistes doivent chercher à se rassembler autour du projet politique le plus crédible, le plus porteur de valeurs".

Source : AFP

Posté par David75, 25 mai 2008 à 23:32

Véritables convictions politiques...

Quant on lit tous ces sujets qui se résument à des "combats" de chef pour se placer pour les prochaines présidentielles, on peut se demander si ces gens ont véritablement des convictions politiques...ou un ego surdimensionné.
Quant à la troisième voie, elle ne viendra que du désintéressement personnel,d'une autre vision du monde...une improbable quatrième dimension ???
Bayrou n'est plus crédible à force de compromissions pour tenter de sauver quelques strapontins.
Personnellement, je suis convaincu que temps qu'il n'y aura pas une vraie réflexion politique capable d'infléchir les appétits des grands financiers en proposant des solutions alternatives, démocratiques et réalistes au regard des hommes et des femmes qui ont des besoins et nourrissent des envies multiples.
Mais quand on observe nous "d'en bas" (désolé pour la Raffarinade) comment ils se débattent "là haut" en portant toujours les mêmes discours, il y a de quoi s'interroger sur la portée des idées que nous défendons.
La preuve : les franchises médicales et la réforme du système de santé qui finit par s'imposer de gré (plutôt de force) alors qu'il devrait constituer le socle, les fondations d'une société non pas égalitaire mais où chacun aurait sa chance de vivre normalement.
De vivre, pas de survivre !!

Posté par kiros, 26 mai 2008 à 00:03

et radios et journaux ont fait leur choix et dissertent pour savoir lequel de ces deux là,le reste n'existera pas puisqu'on n'en parle pas, et débats, réunions etc... resteront invisibles et sont donc inutiles
bientôt les sondages dicteront

Posté par brigetoun, 26 mai 2008 à 06:04

C'est plutôt réducteur Olivier

Je vois plus Royal se mettre en capacité de rassembler le PS dans son ensemble, ce qui lui sera extrêmement difficile je te l'accorde (à cause de la diabolisation dont elle est victime).

Au delà, je la vois bien plus populaire et proche du peuple que Delanoë.

Posté par jon, 26 mai 2008 à 07:27

Réducteur ?

Et le Smic à 1500 euros brut en 5 ans pas crédible ? Et l'alliance généralisée avec le Moudem ? Et Bayrou 1er ministre d'une présidente "socialiste" ?

Posté par Olivier B., 26 mai 2008 à 07:36

Des mots...

Toujours des mots sur lesquels on va s'étendre sans s'entendre pendant 3, 4 jours, se gausser, se moquer, s'amuser...
Alors ça me gonfle à se désespérer de nouveau.
Plus envie.
Qu'il s'appelle Robsepierre,
Qu'il s'appelle Danton
Qu'il s'appelle libéral
Qu'il se prétende socialiste.

Un seul bruit. Pffftttt!!!! Couperet. Panière.

Plus jamais je ne pourrais prétendre rêver un jour avec ses félons.
Exit.

Posté par GPMarcel, 26 mai 2008 à 08:39

Oui, sans moi. Mais avec qui ? Les français en escarpins de gauche ? Les français en goguette bobo ? Cela ne fait pas masse me semble-t-il. Les mêmes qui ont gobé Sarko vont-ils gober ces deux petits bourgeois tout aussi bling bling allant des uns aux autres sans la moindre réflexion autre que celle du dernier titre de Gala ?

Posté par duszka, 26 mai 2008 à 08:57

échelle

Le départ pour un positionnement à gauche est l'acceptation d'une "échelle des revenus". Comment se positionnent Ségolène et Bertrand sur ce sujet? Et nous-même?

Posté par Luto Pick, 26 mai 2008 à 09:08

Un point pour GPMarcel

Bah, je trouve que ça reste du vent : on assiste encore et toujours aux luttes fratricides du PS.
Le jeu consiste à être libéral, un concept capitaliste donc de droite, tout en affirmant que le mot est plus ou moins sale, et en disant "c'est moi que je suis le plus à gauche, d'abord".

Bien entendu ,au delà de la réthorique, peu de véritable projet. Alors comment juger, si ce n'est par et pour leur personnalité ? Regardez-nous : d'une certaine manière nous jouons au même jeu, puisque nous analysons leur façon de parler...

Le fait qu'une partie de plus en plus grande de la population ne vote pas, montre bien le peu d'espoir et/ou le dégout pour ces "élites".

Posté par galien, 26 mai 2008 à 09:20

Échelle des revenus

Voulez-vous développer ?

Posté par Olivier B., 26 mai 2008 à 09:21

Bravo, Mr Olivier !

Juste journalisme sans méchanceté ni sectarisme de votre part !
Constat accablant que j'ai pu mettre en commentaire (ailleurs sur votre blog).
Le P.S veut-il diriger ou continuer à faire de la figuration ?

Il faudra bien un jour qu'on les pende "haut et court".
La dictature mondiale est en marche forcée alors que le premier rôle d'un politique est de conserver la spécificité de son pays, son indépendance .
Personnellement je me demande si nous ne devrions pas tous rendre nos cartes d'électeurs pour aller "veau-ter" aux états unis ...
Apparemment ce serai plus utile !

L'Europe est bien mal partie, nous allons simplement devenir une étoile de plus sur le drapeau Yankee...
Plus calmement, quitte à choisir entre Royal et Delanoe partons pour Royal.
Delanoe est fin prêt pour intégrer le gouvernement de Shark 0 !

Posté par Liberty, 26 mai 2008 à 10:40

Voilà c'est ce que je voulais dire.
Quand on regarde la majorité des médias, de quoi parle-t-on ?
Des personnalités de nos "élites", pas beaucoup de leur projets nationaux.
Par exemple, dimanche sur Canal, avec Ségo (puisqu'il en est question), on a pu assisté à une défense et une analyse entre Delanoë et Ségo.
Et le socialisme dans tout ça ?
Concrêtement, quel est le projet de l'opposition ?
Si c'est rare comme en ce moment, à quoi sert-elle ?
On nous fait des promesses, on ne tient qu'une partie, la mauvaise évidement, l'antisociale !, et que voit-on aux JT ?
"Ouinn ! Y a machin qu'a dit ça sur moi, alors que c'est même pas vrai ! C'est lui, d'abord"
Nos politiques ne sont que des escrocs.

Posté par galien, 26 mai 2008 à 10:58

Définition de la gauche

Pour moi être de gauche veut dire avoir une autre vision de société, plus encline à intégrer les autres et surtout faire tout pour que vivre ensemble soit agréable avec évidemment un concept de solidarité pour les plus faibles ou démunis.
Alors pour le moment, je ne vois pas de projet de gauche, je ne vois que quelques propositions timides pour se dire de gauche, le reste c'est pareil que la droite.
Je n'ai guère envie de dériver jusqu'à l'extrème gauche mais il y a des jours en les écoutant (UMP/PS) me viennent des envies de leur casser leurs jouets pour qu'ils comprennent;
La politique dans notre pays est devenue une rente pour un certain nombres de privilégiés, des exonérations et cadeaux fiscaux à quelques autres, quand au petit et moyen peuple, il est là pour subir.
J'arrête là, je vire à la desperate house wive et je voudrais encore garder mon humour, c'est la seule chose qui me permette de les supporter.

Posté par Nade, 26 mai 2008 à 11:13

effet de ces gens et de la conivence journalistique: je suis sans parti (pas grave mais je ne suis pas seule) et désespère de revoir une gauche autre que de contestation et témoignage de mon vivant (et ici je n'aurais pu avoir une micromicro influence pour le congrès)

Posté par brigetoun, 26 mai 2008 à 12:58

@ Nade

"L'humour, c'est ce qui reste quand on a tout perdu"

Idem que toi sur tes considérations UMP/PS mis à part qu'une force pour être arrêtée (mondialisation diktat) nécessite une autre force inversement proportionnelle ...
"Casser leurs jouets" d'accord mais il faut me convier au festin !

Dériver jusqu'à l'extrême gauche pourquoi pas, s'il ne reste que cela ...

Posté par Liberty, 26 mai 2008 à 12:58

Vice-versa

Bayrou, premier ministre sous Royal présidente non, par contre: Royal, premier ministre sous Bayrou président m'eut paru être un couple prometteur qui à priori ne m'aurait pas déplu.
Bayrou n'ayant pas passé le premier tour, le rêve s'est vite évanoui et tranformé en cauchemar, cauchemar ultra-libéral qu'un Delanoë ou un DSK promettent de prolonger: après sarko 2007, un sarklone du ps en 2012.

Posté par christian, 26 mai 2008 à 13:12

Delanoë,Royal,blanc bonnet,bonnet blanc!
Pas de divergence idéologiques entre les deux,tout les deux sont sur un horizon soi-disant indépassable "ultra-libéral".
Quelle différence avec la droite?16 députés PS votent pour la "réforme" des institutions de Sarko de plus de personnalisation du pouvoir.Montebourg conduit les tractations avec la droite du PS,et l'aile gauche fait ses propositions.
Et...on nous prends pour des cons tous ça finira dans une synthése vasouilarde qui finira par la grande baise généralisée des électeurs croyants voter à gauche auront voté social-libéral!

Posté par J.C Goujat, 26 mai 2008 à 14:21

Vice-versa (suite)

Le couple Bayrou-Royal m'aurait plu en attendant que la société se réveille, reconnaisse son intérêt en une démocratie multi-partite diversifiée (et non bipartisane comme à l'heure actuelle, avec un parti "à droite" et un autre "encore plus à droite", mais s'accordant tous deux sur une vision du monde impérialiste et une vision de la socièté capitaliste, sur le modèle américain) et commence par appeler les choses par leur classement désigné en langue française (la novlangue, ça suffit !):
ump: extrème-droite mondialiste
fn et assortis: extrème-droite
souverainiste
ps actuel: centre-droit (Royal, Fabius), droite libérale (DSK, Delanoë)
pc: gauche néo-communiste
lcr: gauche tradionnelle sociale
Il est entendu que ce classement tient quelque peu du cliché et ne tient pas compte des personnalités composant ces partis, mais uniquement des déclarations d'intention et des programmes (appliqués dans le cas de l'ump, pour le malheur de la France et au-delà)
Et si la gauche cherche sincèrement(!) à reconquérir un électorat de gauche et à porter fièrement les valeurs de gauche que Royal évoquait, mais sans en tirer aucune conclusion ou ligne de conduite, passant ainsi pour une hypocrite, dimanche avec Laurence Ferrari, ainsi qu'à s'opposer au "capitalisme sauvage", que cette gauche s'inspire de ce qui se fait en Amérique du Sud, où une gauche réélle, démocratique, sociale, solidaire et empathique marque des points !

Posté par christian, 26 mai 2008 à 14:21

Viva la revolucion, hombre !

Posté par Olivier B., 26 mai 2008 à 14:41

échelle des revenus

Pour préciser l'idée d'une échelle des revenus: en France, les plus gros revenus avoisinent 2000 fois le SMIC, et les entreprises du CAC 40 plus de 350 fois le SMIC (en moyenne)! Et il n'existe aucune justification économique sérieuse à de telles inégalités des revenus. Alors une échelle des revenus s'impose. A combien peut-on estimer le mérite, le mépris ou la décence? 5 fois plus, 50 fois plus, 500 fois plus?... Pour moi être de gauche, c'est ne pas pouvoir se considérer gagnant, si l'un de nous est à la traine. C'est faire en sorte que l'énergie des plus forts puisse entraîner les moins forts. Ainsi compacte, la nation sera bien plus forte, et ira plus loin, plus vite.

Posté par Luto Pick, 26 mai 2008 à 14:42

C'est mathématique

//Et le Smic à 1500 euros brut en 5 ans pas crédible ? Et l'alliance généralisée avec le Moudem ? Et Bayrou 1er ministre d'une présidente "socialiste"//

Bonjour,

1/Le smic 1500 € brut/5 ans: ben ouais pas crédible, car il sera à 1500 € en 2012
Le smic augment de 2% par ans avec des coups de pouce avant élections et donc allant jusque des 3 voir 4%.
1280 € 2007
1308 € 2008
1334 € 2009
1360 € 2010
1387 € 2011
1415 € 2012

1415€ et donc avec les coups de pouce avant élection ça fait du 1500 € assuré pour 2012

De plus pas crédible parce que la grande majorité des ouvriers et employès gagnent guère plus que le smic, d'où la crainte pour eux de se retrouver smicard, malgré déjà de nombreuses années au turbin.

2/ Toujours mathématique

Résultat du premier tour:
Ségolène Royal: 25.87% (9.501.295 voix)
Olivier Besancenot: 4.08% (1.498.835 voix)
Marie-George Buffet: 1.93% (707.327 voix)
Dominique Voynet: 1.57% (576.758 voix)
Arlette Laguiller: 1.33% (488.119 voix)
José Bové: 1.32% (483.076 voix)
Gérard Schivardi: 0.34% (123.711 voix)

Soit total gauche: 36.44 %
36.44%, y'a pas à tortiller, si tu veux battre Sarkozy-Le Pen au second tour : faut faire risette aux 18.57% (6.820.914 voix) de Bayrou

Hé, c'est mathématique!

Posté par Perjo, 26 mai 2008 à 15:13

J'attendais votre réaction Perjo : j'étais sûr en écrivant ce billet que vous viendriez.
Votre mathématique ne me convainc pas sur le Smic : il me semble que Ségolène, en affirmant cete mesure non crédible, la jugeait irréaliste, car trop généreuse.
Sur l'alliance avec les centristes : c'est le choix du moins pire. Mais la logique est l'abandon des idées au profit de la conquête du pouvoir, dans l'optique de limiter les dégâts, pas de changer les choses.
Sans doute est-ce le réalisme.
Mais "soyons réalistes : demandons l'impossible" (Ernesto Guevarra) !

Posté par Olivier B., 26 mai 2008 à 15:43

@ nade

nade, " Je n'ai guère envie de dériver jusqu'à l'extrème gauche "...peut être. Mais ce qui me gêne le plus c'est le verbe "dériver" qui montre que tu te laisses emporter malgré toi, sans maîtrise.
C'est là où se trouve le noeud de notre seule et unique issue : se réapproprier la politique confisquée de main de maître par des professionnels qui l'ont, de plus anesthésiée.
Le régime démocratique de représentation a abouti à la création d'une caste politique se différeniant à la marge, à la virgule, au point d'indice + ou - social...
Pour ne pas dériver. Boutons hors les politiciens (qui nous amènent sûrement dans le mur tant économique qu'écologique) en se disant qu'on est capable de, qu'on peut penser sans eux...les alter, les anti, les anars, les ailleurs, les décroissants, les utopistes...peuvent réfléchir et penser autrement.
C'est peut être une des seules choses véritables léguées par l'esprit de 68 que nous n'avons pas encore essayé.
Malgré l'an 01 de Gébé: on arrête, on s'assoit, on réfléchit qui avait tenté l'idée.
Ce sera douloureux.
Ca c'est un véritable choix.
Et ça, si ce n'est pas du programme, qu'est-ce?

A nos cerveaux ou à ce qu'il en reste.

Posté par GPMarcel, 26 mai 2008 à 17:04

Un billet sur l'opposition ça ferait du bien si elle n'était pas aussi pathétique en ce moment

Sinon Perjo a raison pour le Smic..mathématiquement, et quel que soit l'homme ou la femme au pouvoir, le Smic sera bien à environ 1500 euros en 2012, avec les augmentations légales et coups de pouces.
Pourtant Royal disait in fine que c'était illusoire...ce qui témoigne de bien des choses peu attrayantes pour l'avenir.

Mais bon c'est un détail par rapport au folklore du PS, ça promet...

Posté par le chat huant, 26 mai 2008 à 17:18

lapaix avec les résultats qu'elle a eu au premier tour ! combien d'entre nous ont voté pour elle à contre-coeur ? La gauche hors PS ayant été incapable d'union on n'avait pas le choix

Posté par brigetoun, 26 mai 2008 à 20:34

ben voyons

Mathématique,mathématique ouais,bof
C'est vrai que si on abandonne la bataille idéologique,la bataille des idées,que l'on sombre dans..les mathématiques.
Et quand on oublie que rien est figé et que les gens réflechissent!

Posté par J.C Goujat, 26 mai 2008 à 21:09

Faites l'amour, pas la guerre

"La guerre des chefs, les militants n'en veulent pas et il n'y en aura pas" avait déclaré Royal. "La gauche doit se réapproprier avec fierté le mot et la chose" nous dit Delanoë. Si seulement il voulait parler du mot de la chose chers à l'Abbé de Lattaignant :

Madame, quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose ?
On vous a dit souvent le mot,
On vous a souvent fait la chose.
Ainsi, de la chose et du mot
Pouvez-vous dire quelque chose.
Et je gagerai que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose !

etc...

Posté par Trust, 27 mai 2008 à 12:25

du mot et de la chose, pardon

Posté par Trust, 27 mai 2008 à 12:26

Ouais

C'est sûr que Bayrou premier ministre, j'en veux pas non plus !

Posté par jon, 27 mai 2008 à 18:50

Si la présence de Le Pen au second tour de la Présidentielle a fortement incité la droite UMP à mener une politique répressive en surfant sur la vague sécuritaire, la réciproque sera également vraie : si on arrête avec cette connerie de "vote utile" et qu'on vote radicalement à gauche, le P"S" sera contraint de redevenir socialiste.

Posté par Fares, 28 mai 2008 à 00:23

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Référencé le 26 mai 2008 à 00:03