15 juillet 2006
La gueule de bois du football italien
Les juges de l'opération "Pieds propres" ont la main lourde : la Juventus, la Fiorentina et la Lazio de Rome sont rétrogradés. Et l'un des championnats les plus cotés au monde s'avère n'être qu'une pantalonnade. Dur, le réveil des champions du monde !
Cinq jours durant, les Italiens ont pu savourer leur titre de champions du monde. Le sixième jour, la justice trancha. Rien à voir avec le Weltmeisterschaft victorieux. Ce qui s'effondre avec fracas, c'est tout simplement le plus grand club de la péninsule. Vingt-neuf titres de champion d'Italie, la dernière fois en juin dernier, deux fois championne d'Europe et autant de succès en coupe intercontinentale. Un des plus grands clubs du monde : la Juventus de Turin. La respectable vecchia signora. Enfin, qu'on croyait telle. Bien qu'on eut déjà des doutes, en fait. Déjà, un procès fameux, tenu de 2002 à 2004, avait dévoilé l'usage systématisé de la créatine, pour doper de 1995 à 1998 les performances des joueurs bianconeri. Créatine classée produit dopant en France... mais, alors, pas en Italie. Ce procès répertoriait aussi 281 types de médicaments dans la pharmacie du médecin du club ! Qui sera condamné en première instance puis relaxé en appel... Avec Zizou et Deschamp dans l'équipe de l'époque. Des doutes aussi concernant l'impartialité des arbitres à l'égard du club piémontais. Souvent un petit pénalty pour forcer la décision... Mais ce qui n'était que soupçons est avéré : le club bianconero a triché. Un vaste système orchestré par son directeur général
Luciano Moggi a été mis en place, incluant petits arrangements sympathiques et autres échanges de faveurs. Pris la main dans le sac, ou plutôt la bouche dans le combiné du téléphone sous écoutes, à discuter de choix d'arbitres, réclamant la nomination de ceux estimés favorables au club, ou à évoquer des coups de mains sur la pelouse. Et Moggi ne parlait évidemment pas tout seul, lors de ces sulfureuses conversations ! Sont éclaboussés l'ancien président de la fédération italienne en personne, Franco Carraro, et le président démissionnaire de la ligue professionnelle des clubs, également vice-président du Milan AC, le club de Berlusconi, Adriano Galliani. Le gratin du calcio dans la combinazione : les matchs étaient truqués. Un championnat qui fait battre le coeur des tifosis par millions chaque dimanche complètement décrédibilisé. Maculé de la boue de la honte.
Sales tricheurs !
Alors donc, la Juve a pris cher : rétrogradation en Série B et 30 points de pénalisation au démarrage de la prochaine saison, en même temps qu'infâmant retrait de ses deux derniers titres de championne d'Italie. Mais
l'accompagnent en deuxième division la Fiorentina et la Lazio de Rome, ce sympathique club aux supporters ouvertement mussoliniens, galvanisés par un capitaine adepte du "salut romain", l'ignoble Paolo Di Canio. Les deux équipes partiront elles aussi avec un handicap, respectivement de 12 et 7 points. Le Milan AC s'en sort mieux : il sauve sa tête en série A, mais se voit privé de Ligue des champions et affligé d'un retard de 15 points au démarrage de la saison prochaine. Les sanctionnés - toute honte bue, ils crient au scandale avec une belle unanimité - disposent de trois jour pour faire appel. L'Inter Milan (club de Materazzi !) et l'AS Roma se frottent les mains devant ces condamnations. Mais ils sont bien les seuls. Le football italien, qui vient de toucher le paradis, replonge en enfer - on se souvient de l'affaire du totonero. Et treize des vingt-trois champions du monde évoluent dans les clubs condamnés (comme nos Thuram, Vieira et Trezeguet). Au moins ne leur retirera-t-on pas leur Coupe du monde ? Pas si sûr : l’article 55 du Code disciplinaire de la FIFA prévoit formellement la
disqualification d’une équipe en cas de geste discriminatoire. Materazzi convaincu d'avoir prononcé des paroles racistes, l'Italie perdrait son titre ! Hypothèse tout de même peu plausible. Si toutefois le verdict de l'affaire du coup de boule devait être celui-là, espérons que la France aurait la décence de refuser une deuxième étoile acquise dans ces conditions. Entre comportements inacceptables dans les tribunes et sur les terrains, dopage et tricherie dans les coulisses, dans quel état est donc ce sport que nous aimons tant ?
Mise à jour du 27 juillet : on sait depuis avant-hier que la sévérité de la justice italienne s'est dégonflée comme une baudruche en appel. La Lazio et la Fiorentina sont réintégrés en Série A et le nombre de points de pénalité frappant les quatre clubs a été singulièrement réduit. Le Milan pourrait bien, dès lors, disputer le tour préliminaire de la Ligue des champions et la Juve remonter en un an. Un seul mot nous vient à l'esprit pour qualifier cette scandaleuse mansuétude : vergogna* ! *honte en italien
15 février 2006
Tapie : la parole d'un expert
Exclu : pas lu dans le dossier de Playboy !
Bernard Tapie a qualifié le fameux match PSG-Bordeaux de 1999, qui devait priver l'OM du titre de champion, Bordeaux l'ayant emporté 2-3, d' "exemple flagrant de corruption". Venant d'un connaisseur... Mais on le prend très mal dans le Sud Ouest : "Le FC Girondins de Bordeaux a pris connaissance des accusations scandaleuses et infondées de Monsieur Bernard Tapie (...) ne peut accepter qu'il porte atteinte à l'honneur du Club, de ses dirigeants, de ses joueurs et de ses supporters et donnera la suite qu'il convient à ces déclarations", indique un communiqué vengeur. Avec ledit Tapie qui a porté plainte contre Eydelie, L'Equipe, Wenger et que sais-je encore - quoi, contre le magazine Playboy aussi ? Et même Plume de presse ? -, ça va se bousculer sévère dans les prêtoirs et causer ballon...
Voir : Football, le cancer de la corruption
14 février 2006
Du football amateur à la Coupe d'Europe
Football, le cancer de la corruption
Croix de Savoie et Jean-Jacques Eydelie.
Football : le cancer de la corruption
Partout dans le monde sortent des affaires de corruption concernant des matchs de football. A quelques mois du grand barnum quadriennal de la Coupe du Monde, tout est-il pourri sur la planète foot ? Quand le ballon ne tourne plus rond.
« Le président du club adverse s’est approché de nous sur le terrain d’échauffement, juste avant le match, à 20 h 15, avant de retourner au vestiaire pour enfiler les maillots. Nous étions en fin de saison, le match était important pour son équipe, pas pour la nôtre. Il nous a demandé combien on touchait de prime en cas de victoire. À l’époque, c’était entre 25 000 et 50 000 francs, suivant les joueurs et leur réussite. Il a proposé le double (...) en liquide à chacun de nous si nous les laissions gagner. (...) Pendant 80 minutes, on a joué normalement et, à dix minutes de la fin, alors que nous étions à deux buts partout, nous avons laissé filer l’attaquant adverse. (...) Le type a marqué un joli but. Ils ont gagné. Tout le monde était content. » Facile, non ? Le mystère plane toujours, six ans après, sur l’identité du témoin cité par le mensuel Capital en mars 2000, qui ne précise pas non plus quel match a ainsi été « arrangé », comme l’on dit pudiquement. Le PSG-Bordeaux qui devait offrir le titre aux Girondins au détriment de l’OM en 1999 ? Même score final, match de fin de saison, enjeu pour une équipe et pas pour l’autre, but victorieux dans les dix dernières minutes, et la rumeur d’enfler… Jusqu’à ce que Capital démente : le match concerné est plus ancien et le corrupteur est un club de première division du sud de la Loire. Le rédacteur en chef adjoint, François Genthial, ajoute qu’il ne peut en dire plus mais précise : « Je vais vous dire que tout le monde serait vachement déçu parce que c’est du petit. » La corruption ordinaire, banalisée, en somme… Comme l’illustre la dernière affaire qui agite le Landerneau du football français et implique deux clubs amateurs ! Le 13 janvier dernier, Claude Courgey, président du RC Besançon, porte en effet plainte contre X pour une affaire qui concerne la rencontre
Croix-de-Savoie-Tours (2-1), comptant pour la dernière journée du championnat National 2004-2005. A l’issue du match, Croix-de-Savoie sauve sa place in extremis alors que Besançon est relégué en CFA. Le président bisontin disposerait de preuves émanant de proches du club savoyard : quatre joueurs de Tours se seraient partagés 12 000 euros afin de laisser Croix-de-Savoie gagner. Un mal qui gangrène donc le foot français des amateurs à la Ligue 1, pour éviter la relégation en CFA ou être sûr de ne pas compter de blessés avant une finale de coupe d’Europe !
Des icônes nationales éclaboussées
Jean-Jacques Eydelie, l’ancien joueur de l’OM qui publie ses révélations explosives, 13 ans après, sur l’affaire VA-OM dans son livre Je ne joue plus (Editions de l’Archipel), explique ainsi la motivation qui animait Bernard Tapie en 1993 pour tenter de corrompre trois joueurs valenciennois avant de s’en aller affronter le grand Milan et obtenir le sacre que l’on sait, unique succès français dans la compétition reine d’Europe. Eydelie
raconte aussi comment il aurait informé l’ensemble de l’équipe de toute l’affaire, dans le bus qui ramenait l’OM à la maison, de quelle façon aussi Tapie aurait auparavant fait de claires allusions à sa volonté d’arranger le match devant des internationaux français, lors d’un rendez-vous à bord du Phocéa digne d’un roman d’espionnage ! Même 13 ans après, tout cela ne sent pas très bon… En témoigne le concert de réactions dignes de vierges effarouchées qu’a déclenché le témoignage de l’ancien joueur, à la notable exception de celle d’Arsène Wenger (voir encadré Ils l’ont dit !). Tout le monde savait, et c’est bien ce qui dérange… Même si Jean-Pierre Bernès, à l’époque âme damnée de Bernard Tapie, l’avait déjà dit, à l'ouverture du procès en mars 1995 : « Tous les joueurs savaient que le match était arrangé, demandez à Desailly ou Deschamps ». Des icônes nationales éclaboussées ! Ces temps sont-ils révolus ? L'ancien juge Éric Halphen, actuel membre de la Commission d'éthique de la Ligue, affirme qu'il est persuadé que des rencontres continuent d'être arrangées… Mais le phénomène de la corruption dans le football est loin de ne concerner que la France.
Le prix du penalty
Coup de tonnerre au Portugal le 8 février dernier : après presque deux ans d’enquête et 15 000 heures d’écoutes téléphoniques, 27 mises en examen frappent le gratin du football portugais, à commencer par le
président de la Ligue nationale, Valentim Loureiro (photo ci-contre), accusé de 26 crimes de corruption active, notamment de l’achat d’arbitres « arrosés » pour laisser gagner l’équipe de la ville dont il est le maire, Gondomar, et lui permettre d’être promue. Pas moins de 16 arbitres sont impliqués dans l’affaire joliment baptisée « sifflet doré », qui remonte jusqu’à l’ancien président et plusieurs membres de la très officielle Commission d’arbitrage de la Fédération lusitanienne. Nombreux petits cadeaux, « des objets en or », en échange de faveurs arbitrales… Jusqu’au président Pinto Da Costa du FC Porto, ancien champion d’Europe, qui est soupçonné d’avoir proposé à des arbitres des sommes d’argent et des… prostituées ! En république tchèque, ils sont également 16 arbitres à se retrouver mis en examen, trois clubs convaincus de tentatives de corruption et le vice-président de la Fédération démasqué lui aussi par des écoutes téléphoniques. Un dirigeant d’une formation de l’élite, le FC Synot, a été surpris par la police dans une station service en train de remettre 5500 euros à un arbitre assistant qui venait d’officier le long de la touche lors d’une rencontre de son club. Si l’on touche sur la touche, tout hors-jeu est litigieux ! Pour une poignée de billets, un penalty suspect…
Un million d'euros le match
Alors les arbitres, maillons faible de la lutte contre ce cancer ? Au Brésil, la mafia des paris jette son dévolu sur des membres de la corporation criblés de dettes de jeu, financièrement acculés et donc forcément plus enclins à siffler du bon côté. Pas moins de 11 matchs du dernier championnat national ont ainsi été truqués et seront rejoués. C’est bien que lorsqu’on ne roule pas sur l’or, certains montants donnent le vertige : un mystérieux pays africain a offert 50 000 dollars à la star égyptienne de l’arbitrage, Essam Abdel Fattah, pour avantager son équipe lors d’un match éliminatoire pour la Coupe du Monde 2006. Le vertueux homme en noir l’a aussitôt dénoncé à la FIFA, et l’enquête est en cours. Rappelons qu’une qualification à l’épreuve qui se déroule en Allemagne en juin prochain rapporte au minimum – en cas d’élimination au premier tour - 3,9 millions d’euros à chaque fédération concernée. Alors qu’est-ce que 50 000 dollars ? Ou même un million (environ 901 000 euros), comme l’aurait proposé des émissaires grecs au président de la fédération arménienne pour obtenir la victoire de la Grèce… Là encore, l’enquête est en cours et le doute plane encore. Mais une chose est sûre : au vu des enjeux financiers concernés, de la valse des millions que danse la planète foot, il semble hélas que la corruption ait encore de beaux jours devant elle.
Dossier publié dans le magazine Playboy d'avril 2006
Lire aussi : Ils l'ont dit ! Arsène Wenger, Eric de Montgolfier et Bernard Tapie; Le tour du monde des pots de vin; Combien ça coûte ?
Foot & corruption : Combien ça coûte ?
Professionnaliser totalement l’arbitrage, et garantir aux membres de sa corporation des revenus suffisants pour les mettre tant que possible à l’abri de la tentation, diminuerait bien sûr le risque de corruption… Ce qui est aussi valable pour les salaires que touchent les moins bien lotis des footballeurs. Mais plus le niveau de vie grimpe, plus les corrupteurs mettent le paquet : 25 000 euros par joueur en Belgique pour « lever le pied » lors d’un match, c’est le tarif avoué aux enquêteurs par des footballeurs – mal payés, ils jouent dans le petit club de La Louvière - impliqués dans une affaire de paris (au moins 6 matchs de championnat truqués et une équipe sanctionnée par une rétrogradation). En Italie, c’est dix fois plus : 250 000 euros, retrouvés dans la voiture du directeur général du club de Venise pour avoir laissé Gênes gagner et monter en Série A (montée caduque depuis la découverte de l’affaire). En Pologne, on achète les arbitres pour 24 000 euros le match (deux sifflets arrêtés en mai 2005). Et en Allemagne, 30 000 euros en échange d’une victoire grâce à un penalty imaginaire : c’est ce qu’avoue avoir touché Robert Hoyzer, jeune arbitre à présent radié à vie.
Voir : Football, le cancer de la corruption
Mise à jour du 18 avril : 40 000 dollars pour les arbitres de la coupe du monde
Foot & corruption : Tour du monde des pots de vin
Scandale en Allemagne juste avant la Coupe du monde
L’énorme scandale fait très mauvais genre outre-Rhin, à quelques mois de la Coupe du monde : 23 matchs disputés entre le 10 avril et le 3 décembre 2004 ont fait l'objet de manipulations au profit de parieurs malhonnêtes. Sur le banc des accusés, deux arbitres, un joueur et trois frères croates, initiateurs d’une opération qui les a vus brasser plusieurs millions d’euros. Une des sociétés de paris sportifs aurait même averti la fédération allemande – ce qu’elle nie ! -, dès juin 2004, de quelques anomalies comme la présence de mises importantes sur un match. Une affaire qui rappelle bien sûr le précédent du « Totonero » en Italie à la fin des années 70, qui avait notamment vu Paolo Rossi, futur champion du monde, accusé d'avoir truqué un match et condamné à deux ans de suspension.
Excuses à Pékin, prison à Hanoï
En Asie, largement concernée par le phénomène des paris clandestins, il y a diverses manières de lutter contre la corruption. En janvier 2005, 7 clubs sur les 12 que compte le championnat de première division de Chine ont ainsi officiellement menacé de ne pas finir la saison, dénonçant pêle-mêle matches truqués, sifflets noirs (arbitres achetés) et paris clandestins. Le président de la fédération a présenté ses excuses, le championnat a repris et rien n’a vraiment changé… On est plus énergique au Vietnam, où quatre internationaux – dont un attaquant vedette - ont été écroués en décembre dernier à la prison de la province de Ha Tay, pour avoir accepté 20 millions de dongs (1095 euros) pour faire perdre l’équipe nationale face à la Birmanie et que des parieurs empochent le paquet. Une quinzaine de manageurs de club, d'arbitres et d'entraîneurs ont été également arrêtés par les autorités de Hanoï qui semblent décidées à faire le grand ménage qui s’impose.
Opération dribble en Afrique du Sud
En juin 2004, la police sud-africaine met le paquet en arrêtant 22 personnes à l’occasion de la bien nommée « Opération dribble ». Plus d’une dizaine d’arbitres et trois directeurs de clubs se retrouvent ainsi sous les verrous. Les arbitres recevaient 10 000 rands (1 800 euros) par match de championnat et trois à quatre fois plus pour les matchs de Coupe. « La corruption a toujours été là, depuis des saisons. Ce qui a décrédibilisé le championnat et détourné l’intérêt des supporters, de moins en moins nombreux à aller au stade », explique Germaine Craig, journaliste sportif au quotidien local The Star.
Voir : Football, le cancer de la corruption
Foot & Corruption, ils l'ont dit ! Eric de Montgolfier
"Une
confirmation"
Eric de Montgolfier, procureur
à Valenciennes lors de l'affaire VA-OM en 1993, estime que les révélations de
l'ancien footballeur Jean-Jacques Eydelie sur les pratiques de Marseille
version Bernard Tapie, sont « une confirmation » : « Sur le fond, cela
n'apporte pas grand-chose au dossier, estime Montgolfier, aujourd'hui en
poste à Nice. Mais ces déclarations apportent tout de même des
détails. Par exemple le fait que tous les joueurs de l'OM aient menti. J'ai le
souvenir que l'équipe entière, entendue à Font-Romeu par le juge Beffy,
prétendait ne rien savoir. Or, Jean-Jacques Eydelie dit qu'il les a tous
informés. C'est une confirmation de ce que nous subodorions. »
Voir : Football, le cancer de la corruption
Foot & Corruption, ils l'ont dit ! Arsène Wenger
"Ca ne me
surprend pas"
Après
les révélations d’Eydelie, une seule voix s’est élevée pour briser la loi du
silence, mais pas la moindre : celle d’Arsène Wenger, entraîneur plusieurs fois
titré champion de France puis d’Angleterre (trois fois !), où il officie sur le
banc de l’Arsenal de Thierry Henry. « Ca
ne me surprend pas, a-t-il déclaré. J'affirme en tous cas que
cela ressemble à cent pour cent à ce que j'ai connu. Ce sont des choses que je
savais, que beaucoup de gens savaient. On parle ici de la pire période qu'a
connu le football français. Il était gangrené de l'intérieur par l'influence et
les méthodes de Tapie à Marseille. C'était très dur. A l'époque, on vivait dans
le sentiment de la corruption et du dopage. Il n'y avait rien de pire que de
savoir que les dés étaient pipés. » L'ex-entraîneur de Monaco affirme même
avoir soupçonné certains de ses propres joueurs de « lever le pied » pour
fausser le résultat de matches : « J'ai eu des doutes et j'en ai parlé à
certains d'entre eux », confesse-t-il, sans citer de noms.






