06 février 2008
La Maison Blanche légalise la torture
«Si j'avais de l'eau emplissant mon nez, mon Dieu, je ne peux pas
imaginer à quel point ce serait douloureux ! Qu'il s'agisse de torture
ou non selon la définition de n'importe qui d'autre, pour moi ce serait
de la torture», déclarait Mike Mac Connell, directeur du renseignement américain, le 13 janvier dans une interview, relayée par Cyberpresse, au magazine The New Yorker. Il était interrogé à propos de la technique d'interrogatoire que les Américains appellent waterboarding, couramment connue en français sous le nom de supplice de la baignoire. La CIA, qui a avoué avoir détruit des enregistrements d'interrogatoires "musclés", était en effet soupçonnée de la pratiquer. «Le prisonnier est attaché à une planche inclinée, les jambes levées
et la tête légèrement plus basse que les pieds, décrit un article d'ABC News du 18 novembre 2005 cité par Wikipédia. On lui enveloppe la
tête de cellophane et de l'eau lui est versée dessus. Inévitablement,
les réflexes de suffocation s'enclenchent et une peur panique de la
noyade force le prisonnier à supplier que l'on arrête le traitement.
D'après nos sources, les officiers de la CIA qui se sont soumis à la
technique du waterboarding ont résisté en moyenne 14 secondes avant de craquer. Ils rapportent que le prisonnier d'Al Qaida le plus dur, Khalid Cheikh Mohammed,
s'est attiré l'admiration des interrogateurs en résistant entre deux
minutes et deux minutes et demi avant de supplier qu'on le laisse
parler". Torture ou pas ? "La personne croit qu'elle est en train de se faire tuer, ce
qui équivaut à un simulacre d'exécution, ce qui est illégal d'après les
lois internationales", répond clairement John Sifton de l'organisation Human Rights Watch. Mais qu'on se rassure : «nous ne torturons pas», assurait Mac Connel. Sauf qu'hier, Michael Hayden, directeur de la CIA, a reconnu devant une commission parlementaire que la "simulation de noyade" a bien été infligée à "Khaled Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 Septembre,
Abou Zoubaydah, premier membre influent présumé d'Al-Qaida capturé par
les Etats-Unis après le 11 Septembre, et Abd Rahim Al-Nashiri, un autre
responsable présumé du réseau islamiste", comme le résume 20 Minutes. Concluons donc que le directeur du renseignement ne le savait pas...
Les enregistrements d'interrogatoires détruits par la CIA étaient justement ceux des trois hommes. Le ministre de la Justice, Michael Mukasey, avait annoncé l'ouverture d'une enquête le 2 janvier à propos de cette affaire, mais la voilà résolue : la centrale ne voulait pas que l'on sût qu'elle passait des prisonniers à la baignoire. Inutile désormais de le nier, comme encore Mac Connel le 13 janvier, puisque Hayden a avoué. Alors reposons la question : torture ou pas torture ? Et donnons la parole au sénateur Ted Kennedy, interpellant le ministre de la Justice devant la Commission parlementaire le 30 janvier : «Est-ce que la simulation de noyade serait considérée comme de la torture si elle vous était appliquée ?» Réponse de Mukasey : «Je pense que je le ressentirais comme cela». Torture, alors ? Eh bien non, ça dépend des cas, selon lui : «Dans certaines circonstances, la législation actuelle interdirait
clairement l'utilisation de la simulation de noyade. Dans d'autres
circonstances, la question serait beaucoup plus serrée». Position intellectuellement intenable !
Mais qui est désormais
officiellement celle de Washington, puisque le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Fratto, a annoncé aujourd'hui que les Etats-Unis pourront utiliser à l'avenir la simulation de noyade
pendant des interrogatoires de personnes soupçonnées de terrorisme : «Cela dépendra des circonstances. Si l'on croit qu'une attaque pourrait être
imminente, cela pourrait être une circonstance dont on voudra vraiment
tenir compte», a-t-il précisé. Comme justement après le 11 septembre, le traitement infligé aux trois al qaidistes étant justifié par la crainte d'un autre attentat sur le territoire américain, en l'occurrence infondée. Et l'on note que les personnes susceptibles d'être soumises à cette pratique sont "soupçonnées de terrorisme", donc possiblement innocentes ! Ajoutons que Fratto refuse de qualifier la simulation de noyade de torture : «La torture est illégale. Chaque technique avancée utilisée par la CIA
dans ce programme avait été soumise au département de la Justice et ils
avaient estimé que, dans des circonstances particulières, et avec des
garde-fous, c'était légal». Ben voyons ! Parce qu'en plus, il y a d'autres techniques qui pourront être légales si des circonstances particulières les rendent telles : «Interrogé sur les facteurs que Bush pourrait prendre en compte pour
décider ou non de réautoriser l'utilisation de la simulation de noyade
ou "d'autres techniques avancées", le porte-parole n'a pas donné de
détail», écrit l'AFP. Pourquoi pas des décharges électriques dans les parties génitales ? Ce n'est sans doute pas de la torture, dans certaines circonstances particulières... Finissons avec le témoignage du docteur Allen Keller, directeur du Programme pour les Survivants de la Torture de Bellevue/N.Y.U, interviewé à propos du waterboarding dont il a soigné des victimes, par The New Yorker. Il «affirme que c'était bien de la torture. Certaines victimes sont encore
traumatisées des années après. L'un des patients ne pouvait pas prendre
de douche, et était pris de peur panique lorsqu'il pleuvait. La peur
d'être en train de mourir est une expérience terrifiante».
Rappelons que Bush prétend toujours que la mission des Etats-Unis est de promouvoir dans le monde entier la civilisation, la démocratie et les droits de l'Homme.
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28 janvier 2008
Allemagne : l'extrême gauche montre la voie
A l'heure où le congrès de la LCR a lancé le processus de création d'un nouveau parti anticapitaliste apte à fédérer la gauche radicale française, les kameraden d'outre-Rhin montrent la voie : les élections régionales de Hesse et de Basse Saxe viennent d'offrir le premier succès de son histoire à Die Linke (la gauche), le parti créé en juin 2007 par l'ancien leader de l'aile gauche du SPD (le PS allemand), Oskar Lafontaine, associé à Lothar Bisky, le patron du Parti de gauche (PDS). L'analyse nous est livrée par Les Echos, quotidien peu suspect de néo-bolchévisme : "le grand vainqueur de ces élections régionales, c'est le parti
d'extrême-gauche, Die Linke, qui réunit depuis l'été dernier
néo-communistes et déçus de la social-démocratie. Près de vingt ans
après la chute du Mur de Berlin, le parti (...) a obtenu entre 7 et 7,1% des voix à l'élection de Basse-Saxe, et 5% en
Hesse, selon les résultats provisoires. Sachant qu'il faut obtenir au
moins 5% des voix pour siéger au Parlement, Die Linke décroche son
ticket d'entrée dans les parlements de deux grands Etats régionaux de
l'ouest de l'Allemagne. (...) Le doublé de dimanche entérine incontestablement la montée du parti,
qui menace de bouleverser l'échiquier politique, en gênant la formation
de coalitions. Et ce d'autant plus que Die Linke pourrait bientôt siéger
aussi au Parlement de Hambourg (nord) : il est crédité de 5 à 7% des
voix à l'élection du 24 février." Bonne nouvelle, vraiment, d'autant que le grand perdant de ces élections est la CDU d'Angela Merkel : "Les chrétiens-démocrates (CDU) ont subi un très sérieux revers aux
élections au Parlement du Land de Hesse. Le parti de la chancelière
allemande a recueilli 36,8% des vois, contre 48,8% lors des dernières
élections régionales en 2003, selon des résultats officiels
provisoires. Il s'agit de sa plus mauvaise performance depuis 1966. La
CDU se retrouve au coude-à-coude avec le SPD crédité de 36,7% des
suffrages. Par conséquent, les deux blocs traditionnels se retrouvent
chacun avec 42 sièges au Parlement. En Basse-Saxe, aussi, l'heure est
à la déception pour la CDU. Certes, les chrétiens-démocrates y
conservent une confortable majorité (plus de 50%), mais le parti a
perdu plus de cinq points par rapport à 2003." Pour qui souhaite transposer cet exemple allemand à la France, précisons que la CDU avait cru bon de faire campagne sur les thèmes ultra-sarkozistes de la sécurité et de l'immigration, n'hésitant pas à utiliser des slogans flirtant avec la xénophobie. "Le scénario tant redouté par les grands partis traditionnels allemands
est devenu réalité: jusqu'à présent essentiellement cantonnée en
Allemagne de l'Est, la gauche radicale s'établit à l'Ouest", écrit pour sa part Le Monde. "La percée de Die Linke reflète un glissement à gauche de l'opinion
allemande. Alors que la croissance est de retour depuis 2006, les
débats sur le pouvoir d'achat et les inégalités sociales n'ont cessé de
prendre de l'ampleur." Aujourd'hui l'Allemagne, demain la France ?
Article en ligne sur Le Post : pour aider l'auteur, merci de cliquer ici.
04 octobre 2007
Bush dans toute sa splendeur
Sarkozy, Fillon, Bachelot et toute la clique ? Des petits joueurs ! Non, sérieux, avec leurs franchises médicales qui prétendent être prévues pour financer les plans cancer et Alzheimer, une bande d'amateurs on vous dit. Ils veulent démanteler la Sécurité sociale pour la livrer à leurs amis du secteur privé, mais ils n'assument pas, ils n'osent pas le dire, ces honteuses. Prenez au contraire les vrais pros : au hasard, George W. Bush. "Je crois dans la médecine privée, pas dans la gestion par le gouvernement fédéral du système de santé", dit-il franchement. Gloussons au passage en constatant à quel point la médecine privée a prouvé sa faillite aux Etats-Unis, justement. Mais bon, Bush est croyant, alors il croit. En dieu, en la médecine privée, en la guerre. Et il n'est pas stupide (si, d'accord, un peu, mais pas tant que ça): le système de santé américain est sinistré et la guerre en Irak est une immense tragédie, mais pas pour ses amis les riches, des labos pharmaceutiques ou du complexe militaro-industriel, qui peuvent applaudir des deux mains une politique qui conforte à ce point leur indécente domination. Donc, Bush croit en la médecine privée. Aussi, quand le Congrès vote une rallonge de 35 milliards d'euros à SCHIP (State children's health insurance program - programme d'assurance d'Etat pour la santé des enfants), financée par une augmentation de 0,61 dollar de la taxe fédérale sur les cigarettes, pour étendre la couverture à 4 millions d'enfants supplémentaires, il brandit son véto. L'explication la plus claire de sa position se trouve dans ce
brûlot d'extrême gauche qu'est Le Figaro : "de son point de vue, si le programme était étendu, un tiers des
nouveaux bénéficiaires renoncerait à leur assurance privée au profit de
Schip." Vous imaginez la catastrophe que tous ces jolis profits envolés pour les assureurs ? Alors tant pis si 72% de l'opinion américaine est en faveur du texte, Bush s'asseoit royalement dessus avec son véto quand même. Ironie de l'histoire : au moment où il refuse d'accorder ces 35 milliards pour la santé des enfants, il en réclame 42 pour les guerres en Irak et en Afghanistan. En attendant celle d'Iran. Non, vraiment, Sarkozy a encore bien du chemin à faire avant d'arriver aux chevilles de son modèle. Mais laissons-lui un peu de temps : il n'est élu que depuis mai. Et Bush, malgré son calamiteux premier mandat, a été réélu. Nos néo-cons français peuvent donc nourrir tous les espoirs.
28 septembre 2007
Le Parti des femmes à la conquête du Parlement polonais
Le 21 octobre se tiendront en Pologne des élections législatives anticipées. Le Parti des femmes, Partia Kobiet en v. o., créé en janvier dernier, frappe un grand coup de communication avec cette affiche représentant sept de ses candidates nues : sacrée provocation dans un pays ultra catholique et sous la gouvernance des hyper conservateurs frères jumeaux Kaczynski ! L'affiche porte ces slogans : "La Pologne est une femme" et "Tout pour l'avenir et rien à cacher". "Le dernier débat lancé par la Ligue des familles polonaises (LPR)
sur le durcissement de la loi anti-avortement a fait déborder le vase", explique la fondatrice et présidente du parti, l'écrivain Manuela Gretkowska, pour justifier son entrée en politique. Cette affiche a pour but de briser les stéréotypes du monde
anachronique de la politique, où dominent le plus souvent des hommes
renfermés dans leur costumes cravates noirs. Nous, nous sommes belles, nues, fières. Nous sommes vraies,
sincères dans l'âme et le corps. Ce n'est pas de la pornographie, ça
n'a rien à voir avec le sexe, nos visages sont intelligents,
préoccupés, fiers. Nous n'avons pas les lèvres entrouvertes ni les yeux
fermés." Le Parti des Femmes, soutenu par des personnalités connues comme l'actrice Krystyna Janda
ou la championne du monde de boxe Agnieszka Rylik, compte aujourd'hui
1 500 membres. Un sondage réalisé le 16 septembre le crédite de 3% des intentions de vote, sous le
seuil d'éligibilité de 5% nécessaire à une entrée au Parlement. Manuela Gretkowska ne se décourage pas : "C'est un bon résultat, avec une tendance à la hausse", estime-t-elle. Ne se réclamant d'aucune idéologie politique, Partia Kobiet "prône entre autres le libre choix pour une femme de fonder une famille
ou non, une meilleure assistance médicale aux femmes notamment en
période de grossesse, d’accouchement, d’examens médicaux, le
rétablissement d’un fonds alimentaire, des allocations suffisantes pour
l’éducation des enfants et les familles en difficulté, l’assistance
sociale aux mères célibataires, une meilleure éducation sexuelle dans
les écoles, la réforme du système d’accès aux
contraceptifs,
l’égalisation des salaires homme-femme, le durcissement des peines pour
les coupables envers les femmes de maltraitance, violence ou obligation
de prostitution", résume la revue Regard sur l'Est. La Pologne est le seul pays d'Europe où aucune loi ne proclame l'égalité des hommes et des femmes.
La présidente du Parti des femmes, Manuela Gretkowska
12 septembre 2007
Japon : la droite nationaliste perd son Premier ministre
"Je suis bien conscient qu'il existe un courant d'opinion selon lequel
je devrais démissionner. Mais nous avons besoin de sortir à tout prix
du régime de l'après-guerre. J'ai décidé de rester au pouvoir car je
suis intimement convaincu que nous ne devons pas interrompre les
réformes",
déclarait le 10 septembre le Premier ministre japonais, Shinzo Abe. Ex
Premier ministre, devons-nous désormais écrire : deux jours plus tard,
il a annoncé sa démission ! Miné par les scandales financiers à
répétition au sein de son gouvernement, le chef de file des
conservateurs ne disposait plus que du soutien de 30% de ses
compatriotes. Au moment où le parlement nippon doit décider de
l'extension des opérations japonaises en Afghanistan, qu'Abe appelle de
ses voeux, il a jugé sa position politique intenable et préféré jeter
l'éponge. L'opposition de centre-gauche, majoritaire au Sénat depuis
les élections de juillet dernier, refuse la participation nippone à "des guerres américaines".
La voie paraît désormais libre pour son retour au pouvoir. Une bonne
nouvelle quand on sait que l'ex Premier ministre avait fait preuve
de proximité idéologique avec les thèses de l'extrême-droite
nationaliste, dont il avait déjà entrepris de réaliser le programme politique.
C'est ainsi que son ministre de l'éducation, Bunmei Ibuki, avait fait passer
en décembre dernier une réforme réintroduisant des cours de patriotisme
à l'école et prévoyant des punitions pour les professeurs qui
refuseraient de chanter l'hymne à l'empereur et de rendre hommage au
drapeau. Mais Ibuki ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin, puisqu'il
souhaitait allonger les heures de cours et réintroduire de
légers châtiments corporels. "Le japon a jusqu'à maintenant accordé trop d'importance aux points de vue individuels, expliquait-il. Les droits de l'Homme sont importants, mais s'ils sont trop respectés
la société japonaise finira par avoir un désorde
métabolique de droits
de l'Homme." La démission du Premier ministre aura au moins pour effet de stopper l'inquiétante progression de ce genre de conceptions.
Shinzo et Sarko : la fin d'une love story
"Je l'ai rencontré en janvier dernier lors de ma visite en France, disait de Nicolas Sarkozy Shinzo Abe, et au
cours de notre entretien, j'ai pu réellement sentir chez Monsieur
Sarkozy une volonté très forte de faire de la France une belle et
grande nation. Monsieur Sarkozy
et moi-même avons presque le même âge, à un an près. Aussi, étant de la même génération, je voudrais coopérer avec le
nouveau Président français pour développer davantage les relations
franco-japonaises et ouvrir avec lui une nouvelle ère entre la France
et le Japon." Patriotisme, atlantisme et populisme : ces deux-là étaient faits pour s'entendre. Avec la démission d'Abe, Sarkozy perd un copain sur la scène internationale. Mais il lui reste toujours Bush, Eltsine Poutine et Khadafi !
31 août 2007
Pire que Sarkozy, si, si : Mswati !
Laissons un peu la déprimante actualité hexagonale pour faire
connaissance avec un curieux personnage, fuyant ainsi à des milliers de
kilomètres de la Sarkozie, ne fut-ce que virtuellement et un instant seulement.
Mswati III, qui arbore un sourire jovial sur toutes les
photos, a tout l'air d'un homme heureux. Chacun son truc. Le sien, c'est
monarque absolu. Le dernier d'Afrique, à la traditionnelle avec peaux de bêtes
et tout. Mswati III est donc le roi du Swaziland, ancienne colonie britannique
d'Afrique australe, bord à bord avec l'Afrique du Sud, indépendante depuis 1968. Son régime politique interdit les partis : à quoi bon, puisque le souverain décide de tout ? (non, non, on a dit qu'on fuyait loin de Sarkozie, pas d'allusion !) Superficie du Swaziland :17 363 Km2, pour 1 104 343
âmes (recensement 2001, comme nous
l'enseigne Wikipédia). Le pays à l'espérance de vie la plus
courte de la planète, à peine 35,65 ans (en 2004) et celui où frappe le plus durement l'épidémie du SIDA. Economiquement, ce n'est évidemment pas le pied non plus : 170ème taux de chômage du monde (sur 225 pays), 34%. Mais pendant que son peuple meurt de faim - un tiers des habitants souffre de malnutrition - ou du SIDA - environ 40% des adultes infectés -, Mswati III, lui, s'éclate. Porter des parures folkloriques n'empêche pas d'être passionné de belles voitures. Vingt BMW séries 5 et 7 achetées en 2004 et 2005, révèle La tribune de Genève, ainsi qu'une Daimler-Chrysler à 500 000 dollars. Mais plus encore que les bolides de luxe, Mswati aime les femmes. Ça tombe bien, à 40 ans en avril prochain, il en a déjà treize (plus deux fiancées officielles, c'est-à-dire avec qui il n'a pas encore eu d'enfants, puisqu'il n'épouse une femme qu'enceinte). Sa progéniture comptait aux dernières statistiques 24 enfants. Petit joueur : n'est-il pas le 67ème enfant du roi Sobhuza II ? Alors il ne faut pas mollir: il s'apprête à prendre une quatorzième épouse à l'occasion de la cérémonie annuelle dite des roseaux, qui va se dérouler ce week-end. Pour célébrer l'événement avec faste, Mswati III a ordonné à 40 000 vierges d'aller ramasser des roseaux, qu'elle utiliseront pour danser devant lui les seins nus. Depuis le début de la semaine, elles affluent dans la "capitale spirituelle"
du pays, Ludzidzini. (juste pour le fun, la capitale officielle s'appelle Mbabane). Où finalement, sous des dehors traditionnalistes, le roi du Swaziland est à la pointe de la modernité : chaque année, la cérémonie des roseaux attire de plus en plus de touristes, dont une bonne partie vient se repaître du spectacle de ces jeunes filles dénudées. On peut être monarque absolu africain et appliquer la recette marketing TF1 : "du cul, du cul, du cul !"
Recette appliquée aussi sur Plume de presse !
PS : dans la série dictateurs tarés, ayons une pensée pour les regrettés Augusto Pinochet et Saparmourad Niazov, ainsi que pour le successeur de ce dernier qui n'a pas l'air mal non plus.
24 août 2007
Chine : un cyberdissident interné de force
Ses
articles dénonçant la corruption et en faveur des droits de l'Homme
gênaient les autorités : le blogueur et cyberdissident chinois He
Weihua a été tout bonnement interné de force dans un hôpital
psychia-trique. "Il est inacceptable que les autorités chinoises usent de telles méthodes pour réduire au silence des citoyens qui n’ont fait que s’exprimer pacifiquement sur Internet. (...) Nous craignons que cette nouvelle affaire démontre que les autorités chinoises n’ont toujours pas renoncé à utiliser la répression psychiatrique contre ceux qui révèlent les abus et défient la censure", proteste Reporters sans frontières.
23 juillet 2007
Histoire belge
Le futur Premier ministre belge, Yves Leterme, qui appartient au parti démocrate-chrétien, est surtout un militant de la cause nationaliste flamande. On se souvient outre-Quiévrain de l'émoi causé en Wallonie (francophone) par ses propos tenus l'année dernière, quand il estimait que les Wallons "ne sont apparemment pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais". Le 10 juin, ses partisans ont fêté sa victoire aux législatives en agitant une forêt de drapeaux : tous noirs et jaunes ornés du lion des Flandres et pas un seul tricolore, aux couleurs de la Belgique... On pourrait rêver homme plus consensuel pour diriger un pays constamment agité de tensions communautaires ! Toujours est-il que Leterme assistait, à l'occasion de la fête nationale belge, le 21 juillet, au Te Deum donné pour l'occasion à la cathédrale de Bruxelles. Une équipe de la télévision nationale francophone en a profité pour l'interpeller, lui demandant s'il connaissait les paroles de La Brabançonne, l'hymne national paradoxalement très peu connu des Belges. "Un peu", répondit-il, avant d'entonner : "Allons enfants de la patrie". Un comble !
Mise à jour : la vidéo en ligne ici.
12 juillet 2007
Bush : la religion contre la science
"Tout ce qui ne rentre pas dans le cadre du programme idéologique, religieux ou politique des responsables au pouvoir est ignoré, marginalisé, ou tout simplement enterré" : l'ancien chirurgien-général (secrétaire à la Santé) du gouvernement américain, qui a occupé ce poste de 2002 à 2006, le docteur Richard Carmona, balance un beau pavé dans la mare, accusant l'administration Bush d'avoir censuré ses discours et de l'avoir empêché de s'exprimer publiquement sur des dossiers comme la recherche sur les cellules-souches, la contraception, ou encore ses réserves sur la politique gouvernementale limitant l'éducation sexuelle... à la promotion de l'abstinence ! Ces déclarations interviennent alors même que le Sénat doit examiner aujourd'hui la nomination du nouveau titulaire du poste, le docteur James Holsinger, accusé par des militants des droits homosexuels ainsi que plusieurs éminents hommes politiques démocrates d'avoir publié des écrits hostiles à l'homosexualité.
01 juillet 2007
Le nouveau président turkmène sur les traces de Niazov
- Consonne.
- Voyelle.
- Consonne.
- Monsieur ?
- 24 lettres !
- Pas mieux.
- Gurbanguli Berdymukhamedov.
- Félicitations : vous êtes le nouveau président du Turkménistan !
Berdymukhamedov, donc, court sur les traces de son très mégalomane prédécesseur : il vient de fêter son cinquantième anniversaire en s'auto-décorant de l'Ordre de la mère-patie, une breloque d'or et de diamant pesant près d'un kilo, pour récompenser son "oeuvre immense". On n'est jamais si bien servi que par soi même. 200 pièces d'or et autant d'argent ont été frappées pour commémorer l'événement. "Tous mes efforts visent à faire
en sorte que les Turkmènes aient une vie décente, que la population ne
manque de rien, qu'elle soit heureuse", a-t-il déclaré sans rire. Pour mémoire, cet Etat d'Asie centrale est une dictature où le peuple crève de faim. Pour bien montrer à quel point il songe au bien être de sa population, Berdymukhamedov s'est accordé, en même temps que sa décoration, la somme de 15 000 euros ainsi qu'une augmentation de 30% de son salaire et de ses pensions de retraite.
