08 juin 2008
L'effet Carla ?
Mauvaise humeur dominicale à partager sur Plumedepresse.info !
05 juin 2008
Comment Total s'engraisse sur le dos des consommateurs
L’UFC-Que choisir met les pieds dans le plat : 47% de l’augmentation du prix du diesel sont liés à l’explosion des marges ! Quid de l'idée de la taxation des super profits pétroliers ?
Explications, analyse et perspectives à lire sur Plumedepresse.info !
24 mai 2008
Rions un peu avec le patron de Total
"Il faut que le monde entier s’habitue à un prix élevé du pétrole, y compris les pêcheurs français", a estimé Christophe de Margerie, le patron de Total, qui s'habitue pour sa part très bien à ce que sa société engrange des profits colossaux : 3,254 milliards d'euros en bénéfice net ajusté rien que pour le premier trimestre. Voilà donc une entreprise qui fait clairement son miel de
l'augmentation du prix du pétrole, sur le dos du consommateur captif. Ce qui n'empêche pas son dirigeant de le nier : lorsque les cours s'envolent, "ce n'est pas une augmentation des profits de la maison", a-t-il affirmé, la moustache frémissante, devant l'assemblée générale des actionnaires. Pourtant, sur les années 2005, 2006 et 2007, la facture du consommateur a augmenté de 33% tandis que
les revenus des pétroliers (dont Total) bondissaient de plus de 50% : fâcheuse corrélation. Autre déclaration amusante du PDG du pétrolier : "dans notre métier, dans notre manière de travailler, il n'y a aucune corruption, ni de près, ni de loin", répondit-il aux journalistes qui l'interrogeaient à propos de son intention proclamée de devenir numéro un en Angola, pays désigné par l'ONG Transparancy International comme l'un des plus corrompus du monde. Rappelons simplement que Christophe de Margerie est mis en examen pour "abus de biens sociaux et corruption d'agents publics étrangers" dans deux affaires distinctes, à la fois de dirigeants iraniens et irakiens, et qu'il fut aussi entendu dans le cadre d'une enquête portant sur des versements suspects à un ancien ministre de la Justice du Cameroun*. "Aucune corruption, ni de près, ni de loin"... Sacré Margerie, toujours le mot pour rire !
* : Tous ces faits sont détaillés dans notre billet du 22 mars 2007, Les démentis offusqués de Total.
30 janvier 2008
Sviatlana régularisée !
Dans un billet du 13 septembre 2007 titré Obscénité, qui fustigeait la politique des quotas mise en place par le ministère de la Persécution des étrangers, nous avions mentionné le cas d'une Bélarusse de 30 ans, Sviatlana Tchibissova, ayant perdu son titre de séjour quand elle avait fui son mari français, condamné à
3 mois de prison avec sursis pour menaces de mort à son encontre, et
qu'elle s'était réfugiée dans un foyer pour femmes battues. Au motif de
la "rupture de la vie conjugale", elle était sous le coup d'une
reconduite à la frontière et se cachait, la chaise de son fils
Arseni, 6 ans et parlant parfaitement le français, désespérément vide
dans la classe de CP où il devait faire sa rentrée. Nous
vous avions ensuite donné de ses nouvelles régulièrement, annoncé qu'elle avait gagné son procès en appel contre son désormais ex-mari, puis que la maire de sa ville Charleville-Mézières, Claudine Ledoux (PS), avait défié la Préfecture des Ardennes en accordant à la jeune femme un parrainage républicain. Eh bien, une fois n'est pas coutume, une bonne nouvelle sur ce blog : Sviatlana vient d'être régularisée. Preuve que les mobilisations peuvent payer - son comité de soutien, "Soeurs de coeur", a été très actif. Et le ciel sait si, en 2008, il en faudra encore, des mobilisations, pour s'opposer à l'expulsion des 25 000 têtes de bétail clandestins qui ont "vocation à quitter le territoire". Mais réjouissons-nous juste un instant que Sviatlana puisse à nouveau mener une vie normale et que le petit Arseni reprenne sa scolarité.
24 janvier 2008
Carla Bruni nue ?
Les photos de Carla Bruni nue, datant d'avant sa liaison présidentielle et publiées avec son accord dans le prestigieux magazine de charme espagnol DT ? Quoi, vous pensiez qu'il allait en être question sur Plume de presse ? Ah mais vous vous égariez, donc. Franchement, il y a bien plus important.
Et nous vous avons machiavéliquement attiré sur cette page justement pour vous le dire.
Il y a par exemple Hortefeux qui veut changer la Constitution. Pensez : elle proclame que tous les êtres humains sont égaux devant la loi, vaste blague droit-de-l'hommiste ! Rien ne doit se mettre en travers de la xénophobie d'Etat décomplexée. Puisque l'on entend trier aux frontières entre noirs, marrons, jaunes ou verts, on ne va pas se laisser embêter par une vieillerie aussi dépassée que la déclaration des droits de l'Homme. Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel, constate ainsi dans le quotidien 20 minutes : “Changer de constitution pour y inscrire les quotas, contraires au principe d’égalité entre les hommes, revient à remettre en cause des valeurs sur lesquelles repose la société française depuis 1789. Cela n’est jamais arrivé: ce serait la première fois dans l’histoire politique française depuis cette date."
Et il y a aussi tous ces coups de boutoir pour démolir le droit du travail, méthodiquement assénés par le tandem MEDEF et gouvernement. Et il y a le coût de la vie toujours plus lourd, avec déjà 11% des Français vivant sous le seuil de pauvreté. Avec tous les précaires, chômeurs, RMIstes, temps partiels subis, petits retraités, malades de longue durée franchisés. Tous ces galériens qui se tuent à essayer de survivre, la honte aux joues d'être constamment stigmatisés en feignants qui n'ont qu'à travailler plus, la rage et le désespoir au coeur.
Alors avec tout ça, Carla Bruni...
Ou si vous insistez, juste un truc : que la moitié de la planète rigole de voir la Sarko principessa à poil, tandis que l'autre en est sincèrement choquée dans ses principes moraux et culturels, voilà qui ne renforce ni le prestige ni la crédibilité française sur l'échiquier de la politique mondiale.
Et toujours le Bonnethon : merci de cliquer ici.
27 décembre 2007
GDF : et le scandale continue
"Vous êtes peut-être comme moi: vous avez peut-être été cueilli, au
réveil, par la désagréable nouvelle de la prochaine hausse du prix du
gaz, écrit aujourd'hui Daniel Schneidermann sur Arrêt sur images. Hausse non négligeable: 3,5%. Ou peut-être bien 4%, ou même 4,2%.
On n'a pas parfaitement compris. Mais on ne va pas s'arrêter à ces
peccadilles. On le verra bien sur les factures. Peccadilles, car aussitôt, vous avez été rasseréné par la seconde
partie de la phrase, dans la bouche des speakers unanimes du matin: "on
est loin de la hausse de 6% qui était demandée par Gaz de France". Là, votre journée a été sauvée. Rendez-vous compte: on a échappé à 6% ! Merci le gouvernement, tout de même. Cette information ainsi construite, c'est ce qu'on appelle: une certaine présentation des choses. Elle n'est pas fausse, notez bien. Il est sans doute exact que Gaz de France avait réclamé une augmentation de 6% des tarifs. Et si les speakers unanimes du matin adoptent cette présentation,
c'est parce qu'ils y sont incités par les agences de presse qui, dans
la nuit, ont livré la même présentation." Et le journaliste d'ensuite rappeler les éléments contenus dans notre billet du 19 décembre, Pourquoi la hausse du gaz est scandaleuse, en y renvoyant aimablement ses lecteurs. Voilà ainsi, souligné par Schneidermann, comment fonctionne l'information, façonnée suivant un moule unique, qui zappe d'un sujet à l'autre sans la mise en perspective qui permettrait aux citoyens de se forger une opinion.
Et justement, il est un autre élément dans cette affaire qu'il nous semble indispensable de préciser : alors même que ses dirigeants obtiennent du gouvernement la permission d'augmenter les tarifs du gaz, non seulement GDF fait d'énormes bénéfices, non seulement son PDG Jean-François Cirelli touche une prime sur résultats, qui l'incite à faire davantage payer les clients de l'entreprise pour augmenter sa rémunération personnelle, non seulement les dividendes distribués aux actionnaires explosent mais, comme si tout cela ne suffisait pas, GDF a entamé vendredi dernier un programme de rachat en bourse de ses propres actions, pour un montant d'un milliard d'euros ! L'information a été livrée par l'AFP, dans une dépêche en date du 21 décembre, reprise par le site de Paris Match et des Echos le jour même, puis par L'Humanité le 24. Objectif de l'opération expliqué par la direction : "redonner de l’argent aux actionnaires". Tel quel ! "Quand une entreprise rachète ses propres actions, elle diminue le
nombre de titres sur le marché et augmente donc la valeur de chaque
action, explique Anne Renaut pour l'AFP, reprise par Bétapolitique. Les bénéficiaires de cette opération seront les actionnaires
privés de GDF, car le groupe va racheter des actions qui sont sur le
marché, détenues par des investisseurs, et non la part de l’Etat". Mais pourquoi donc GDF va-t-il consacrer un milliard d'euros à ce rachat ? Selon les syndicats FO et CGT, qui parlent d'un "nouveau scandale financier", il s'agit de réduire le différentiel entre ses actions et celles de Suez, dans la perspective de la fusion. "Si GDF a un milliard d’euros à dépenser pour racheter ses actions, c’est qu’il n’a pas besoin d’une augmentation des prix du gaz", estime FO. On voit mal comment lui donner tort. Peut-on imaginer plus grand cynisme que celui des dirigeants de GDF, qui réclament à cor et à cris une augmentation des tarifs dans le même temps qu'ils dilapident un milliard dans le seul but de doper les profits de leurs actionnaires ?
En attendant, cette hausse des tarifs ne les contente pas, ces actionnaires qui osent faire grise mine, comme l'expose L'Express : "Jean-Francois Cirelli, le patron de Gaz de France,
demandait une augmentation de 6,1%. Les pouvoirs publics ont décidé
qu’elle serait de 4% le 1er janvier 2008. Si Gaz de France est déçu, la Bourse l’est également.
L’action de GDF a certes limité sa baisse, ce jeudi matin (- 1,68% à
39,80 euros), mais parce que le marché avait largement anticipé cette
déception. De fait, dès le 18 décembre, Christine Lagarde,
ministre de l’Economie, avait indiqué que la hausse des prix du gaz ne
serait pas aussi importante que le réclamait GDF. (...) les experts constatent que la fixation des tarifs domestiques reste
très politique, ce qui n’enchante guère les actionnaires qui espèrent
que l’Etat ne se mêlera plus de fixer les prix du gaz quand le mariage
avec Suez sera consommé." Qu'en termes clairs ces choses sont dites ! Le gaz, pour ceux qui l'utilisent comme source d'énergie, est un bien vital : impossible d'arrêter de se chauffer pour faire des économies. En cédant au secteur privé GDF pour des raisons purement idéologiques, le pouvoir sarkoziste va autoriser les gloutons actionnaires à tondre la laine sur le dos des ménages modestes, alors même qu'il prétend lutter contre la baisse du pouvoir d'achat ! L'énergie devrait pourtant évidemment rester un service public, puisque nul ne peut vivre sans elle. Mais non. Pas sous le règne de l'homme qui murmurait à l'oreille des patrons. Le jour où l'on coupera le gaz à ceux qui n'ont plus assez d'argent pour le payer et qu'ils mourront de froid, il faudra leur expliquer que c'est parce que les actionnaires de GDF-Suez exigent des dividendes toujours plus élevés.
Comme il est dit dans le film La haine de Mathieu Kassowitz, "jusqu'ici, tout va bien".
Mise à jour : enfin un opposant qui fait son travail ! Comme souvent, il s'agit d'un (apparenté) communiste. "Ces 4% de hausse ne sont pas justifiés par la situation de GDF qui a
réalisé, en 2006, des profits confortables (2 milliards d'euros)", mais
par "l'échéance de la fusion de GDF, maintenant privatisé, avec Suez. Le gaz étant un produit de première nécessité, et au moment où les
prix des denrées alimentaires, des loyers et des produits pétroliers
s'envolent, c'est un gel de son prix qu'il faut décider dans l'intérêt
du pouvoir d'achat des Français" : Jean-Pierre Brard, député- maire de Montreuil.
19 décembre 2007
Pourquoi la hausse du gaz est scandaleuse
Passée presque inaperçue hier, la confirmation de la prochaine augmentation du gaz est tombée de la bouche de la ministre de l'Economie. Sans susciter beaucoup de commentaires. Il faut pourtant rappeler que le PDG de GDF avait promis la stabilité des tarifs jusqu'en 2010, que son entreprise bat chaque année son niveau record de bénéfices, mais que ses actionnaires exigent des dividendes toujours plus élevés. Au moment où le gouvernement prétend se démener pour lutter contre la baisse du pouvoir d'achat, il donne son aval à une nouvelle ponction sur les revenus, sur un poste budgétaire vital. Les ménages modestes qui, déjà, ne s'en sortent plus, seront les premières victimes. Mais les actionnaires du futur GDF-Suez feront bombance.
Deux simples mots : service public. L'idée que certains biens ou prestations ne sont pas des marchandises comme les autres, qu'ils sont indispensables à une existence décente et que le rôle de l'Etat, dans un pays riche, est de s'assurer que ses ressortissants n'en soient pas privés : que chacun dispose d'un minimum, puisse par exemple se nourrir, se soigner s'il est malade, avoir un toit au-dessus de la tête, la possibilité de se chauffer... Une élémentaire solidarité nationale commande que ce type de besoins de base ne soit pas exploité pour que des actionnaires privés touchent de juteux dividendes.
Quand de plus en plus de Français tirent chaque mois le diable par la queue, n'y arrivent plus, décrochent peu à peu, plongent dans la spirale de l'endettement, ne peuvent pas se loger décemment, le pouvoir est impuissant à cacher que les inégalités se creusent et que, hormis la minorité qu'il chouchoute - qu'il a fallu protéger d'un bouclier fiscal -, la plupart de nos concitoyens vit de plus en plus difficilement. La pathétique réponse sarkoziste réside dans l'exhortation à toujours plus de labeur. Il faut travailler plus, sacrifier repos et vie personnelle, partir plus tôt, rentrer plus tard, abandonner le dimanche chômé qui permet de passer un peu de temps en famille, d'accompagner les petits faire du sport, bientôt renoncer aux vacances... Et l'on nous somme d'endurer cette existence pendant toujours plus longtemps, avant d'avoir droit à une retraite (de misère) : voilà le progrès social vu par le Président ! Sans compter que le "travailler plus pour gagner plus" et les mesures en passe d'être votées à l'Assemblée nationale, censées doper le pouvoir d'achat - se souvient-on que son amélioration figurait déjà dans l'objectif de la loi Lagarde de juillet et son paquet fiscal ? -, ne concernent bien évidemment qu'une minorité de Français. Les salariés à qui les employeurs accorderont des heures supplémentaires, consentiront à verser des primes défiscalisées, accepteront de racheter les RTT. Nombre de ceux-là, étranglés financièrement, n'auront d'autre choix que se résigner à l'allongement du temps de travail, si bien que mettre en avant le volontariat, dans ce contexte économique de bas salaires et de chute du pouvoir d'achat, est une nouvelle imposture. Et tous les autres ? Ceux à qui on ne propose pas plus de 20 heures par semaine, les temps partiels subis, les précaires, les chômeurs, les retraités, comment vont-ils faire pour travailler plus ? Eux sont juste condamnés à se serrer toujours davantage la ceinture. Et ils paieront des franchises médicales s'ils sont coupables d'être malades ! Et les anciens les plus modestes devront s'acquitter de la redevance audiovisuelle - qu'ils s'estiment heureux qu'on leur fasse royalement cadeau, juste pour cette année, de 50% de son montant ! Ce sont toujours sur les mêmes que pèse encore l'augmentation galopante des denrées alimentaires. C'est dans ce contexte général que la ministre de l'Economie annonce qu'elle va autoriser GDF à augmenter les tarifs du gaz.
Flash back. Nous sommes en mars 2006 et Gaz de France annonce un bénéfice record de 1,743 milliards d'euros, en hausse de 29%. Son PDG, Jean-François Cirelli, observe qu'il s'agit "du bénéfice le plus élevé de son histoire". "Nos perspectives de croissance sont favorables" ajoute-t-il. Et le groupe de claironner qu'il vise pour 2006 un bénéfice net supérieur à 2 milliards d'euros et qu'il va verser à ses actionnaires un dividende en hausse de 48% pour 2005, qui "progresse au-delà" de l'objectif fixé par le groupe lors de l'ouverture du capital, se félicite Cirelli. Formidable donc ? Eh bien non, ce n'est pas assez : il réclame à cor et à cris une augmentation des tarifs du gaz. La précédente remonte à novembre, de 3,8%. Après celle de juillet, de 4%. Avec la régularité d'un métronome, le prix grimpe tous les 5 ou 6 mois : Thierry Breton, alors ministre UMP de l'Economie, accorde une nouvelle augmentation de 5,8%, qui entre en vigueur le 1er mai dernier. On apprend au même moment qu'il donne également son accord à l'augmentation du... salaire du PDG, de 1,8% - Cirelli émarge désormais à 309 981 euros bruts annuels -, assortie pour la première fois d'un bonus sur résultats (plafonné à 40% du fixe). «70% de cette prime sont versés sur des critères purement financiers. En gros, si l'objectif de 2 milliards de résultat net fixé pour 2006 est dépassé, Cirelli touche sa prime. Or, les seules variables d'ajustement pour le bénéfice, c'est la hausse des tarifs et celle de la productivité», explique alors un responsable de la CGT dans Libération. Pour gagner (encore) plus, le PDG de Gaz de France n'a donc pas le choix : il doit augmenter la rémunération des actionnaires. Alors il tond la laine sur le dos des 11 millions de particuliers abonnés au gaz. Lors de l'augmentation de mai dernier, il avait pourtant juré qu'il ne s'en
produirait plus jusqu'en 2010 ! Il ne fallait pas le croire. Dans le contexte de la fusion annoncée avec Suez, sur le point d'aboutir, alors qu'on promet aux actionnaires une "politique dynamique de distribution de dividende" (+50% en 3 ans), il faut prendre l'argent là où il est : dans les poches des usagers ! Alors Christine Lagarde, ardente défenseure du pouvoir d'achat, a donné son feu vert à une nouvelle augmentation. De moins de 6%, c'est tout ce qu'on sait pour l'instant. La nouvelle est passée discrètement hier, parmi les brèves, sans que les médias ne questionnent la légitimité de l'opération, ni ne rappellent les chiffres : les bénéfices de GDF sont passés de 1,15 milliards d'euros en 2004, à 1,75 milliards en 2005, puis à 2,6 milliards en 2006 et, au premier semestre 2007, GDF a déjà réalisé un bénéfice de 1,51 milliards d'euros. Pendant ce temps-là, si l'on ajoute la hausse vertigineuse du prix du fioul, la voie est ouverte pour que, dans un pays qui comptait en 2005 11% de pauvres (vivant avec moins de 800 euros par mois), selon la statistique de l'INSEE publiée en juillet dernier, les gens meurent désormais de froid dans leurs maisons, faute de pouvoir payer une énergie de plus en plus chère. Mais pour les actionnaires du futur GDF-Suez, tout va bien.
Archives Plume de presse : Le PDG de Gaz de France se moque du monde (16 mars 2006), L'injustice sociale sent le gaz (22 mars 2006), Hausse des tarifs du gaz... et du salaire du PDG ! (4 avril 2006) et GDF-Suez : Sarkozy renie sa promesse (4 septembre 2007).
Mise à jour : l'augmentation accordée sera de 4% au 1er janvier, avant une nouvelle hausse annoncée pour après les municipales, tandis que GDF dilapide un milliard d'euros à racheter ses propres actions en bourse pour "redonner de l’argent aux actionnaires" privés ! Lire : GDF : et le scandale continue.
03 décembre 2007
Chavez Vs Sarkozy : qui est le dictateur ?

Ainsi donc le Président vénézuélien Hugo Chavez, que les médias français nous présentent le plus souvent comme un dictateur, a perdu - de justesse, le "non" ayant totalisé un peu moins de 51% - le référendum qu'il avait organisé en vue de modifier la constitution de son pays. Il ne pourra donc solliciter un nouveau mandat. Il est troublant que ce "dictateur" ait ainsi engagé une consultation populaire au lieu de faire voter sa réforme par le Congrès, au sein duquel il dispose d'une majorité confortable. Au moment de procéder à une modification constitutionnelle, le Président français envisage-t-il d'organiser pareil référendum ? Que nenni ! Pire : le Traité constitutionnel européen a été largement rejeté par le peuple français. Or que se prépare à faire Sarkozy ? La ratification par le Congrès d'une copie conforme dudit TCE, s'asseyant ainsi sur le résultat du référendum de 2005. Chavez, quant à lui, a annoncé qu'il respecterait le résultat du vote des Vénézuéliens. Si bien qu'une question, en apparence saugrenue, se pose : de Chavez ou de Sarkozy, qui est le dictateur ?
PS : lire aussi sur le même sujet le billet de Vive le Feu!
PS bis : si vous souhaitez vous opposer à la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne, vous pouvez vous associer à une plainte collective contre la France devant la Cour européenne des droits de l'Homme. Tous les détails sur le site 29mai.eu, Non au déni de démocratie.
21 novembre 2007
La bonne blague de Balkany sur la bite des juifs
Après Pascal Sevran et "la bite des noirs", voilà Balkany et celle
des juifs ! Où le député-maire de Levallois-Perret tente un jeu de mot
avec "coupé", faisant allusion à la circoncision de son interlocuteur
israélite : quelle classe !
Patrick Balkany, député-maire de Levallois-Perret et candidat à sa propre succession aux prochaines municipales, était ce soir en campagne chez Laurent Ruquier, dans On a tout essayé, sur France 2. On en est réduit à regarder de ces choses effrayantes quand l'ordinateur est en panne ! Mais le voilà réparé et ça tombe bien : que s'est-il donc passé durant cette émission que nous tenons à vous raconter ? Oh, pas le moment où il fut interrogé sur sa condamnation pour détournement de fonds publics : cet instant ne vint jamais ! Nous y avons pourtant cru lorsque Pierre Bénichou, chroniqueur de Ruquier mais surtout journaliste au Nouvel Observateur, s'en vint en personne interviewer l'UMPiste. Mais il n'est pas revenu sur l'épisode. A peine Ruquier a-t-il fait allusion au fait que Balkany avait dans le passé été mis en examen, en commentant l'actualité concernant Chirac ("Je lui dirais "Bienvenue au club !" répondit le député-maire, assumant sans complexe). Mais revenons à l'interview par Pierre Bénichou. Il pose une première question mais Ruquier lui coupe la parole, puis récidive alors que le journaliste tente une seconde fois de finir sa phrase. "Vous allez me couper jusqu'à quand ?" fait mine de s'emporter Bénichou. Et Balkany de glisser alors : "je croyais que c'était déjà fait". Personne n'a relevé sur le plateau. On s'est pincé mais il a bien fallu se résoudre à le croire : s'imaginant sans doute irrésistible, le député-maire s'est permis de plaisanter avec son co-religionnaire (lui-même est juif) sur le fait que ce dernier soit circoncis ! Humour de gland niveau cour de récré, où il nous souvient que circulait cette blague : "tu sais quelle est la voiture préférée des juifs ? L'alpine coupée." Ce Balkany, décidément, quelle classe !
16 novembre 2007
Franchises judiciaires pour Dati & dérapage psycho-islamophobe pour Sarkozy
A chaque jour ne suffit pas son indignation, sa rage, en même temps qu'on est de plus en plus abasourdi : non, c'est impossible, mais ils osent décidément tout ? Qu'est-ce qui est pire, d'une mesure antisociale et provocatrice de plus, la franchise judiciaire, ou d'un pétage de plombs présidentiel dans le registre psycho-islamophobe ?
Commençons par l'amie Calamity. A défaut d'un imaginaire Master of Business Administration, elle progresse à pas de géant vers l'obtention d'un brillant diplôme en droit antisocial, mention décomplexé. Ainsi, après avoir commencé à trancher dans le vif, de façon totalement arbitraire, pour réformer à la hache la carte judiciaire, après aussi avoir instauré les peines-planchers, pour coller au trou le récidiviste voleur de CD, ainsi qu'atténué l'excuse de minorité, pour l'envoyer bien jeune à l'école du crime, voilà la dernière de la Première favorite du Petit Néron : Rachida Dati envisage une franchise sur l'aide juridictionnelle, comme le titre L'Obs.com. Pour mémoire, l'aide juridictionnelle est destinée aux gens ne disposant pas d'assez de ressources pour pouvoir s'offrir un avocat, par exemple. Beaucoup de gens. Dont on imagine que, s'ils en sont là, ils ont forcément déjà bien d'autres problèmes que celui de ne pouvoir faire face à une dépense judiciaire - comme manger régulièrement de la viande, par exemple (ou bientôt se payer des pâtes). Et voilà donc qu'Attila Dati projette de leur infliger une franchise : "une part de la dépense de justice liée à son affaire" serait supportée par le bénéficiaire de l'aide. On parle aussi de "ticket modérateur justice". Chacun aurait toujours le droit à la justice, d'accord, mais il faudrait voir à mettre un peu la main à la poche. Parce que, vous comprenez, il faut responsabiliser le justiciable. Tous ces nécessiteux qui passent leur vie à engorger les tribunaux doivent comprendre qu'il commence à suffire. Les procès pour un oui ou un non, c'est fini ! Comme pour les malades : qu'ils ne fassent pas comme si ce n'était pas un peu leur faute, d'être malades, alors il peuvent bien payer leur médicaments, et puis arrêter de consulter à tort et à travers ! La franchise : remède miracle d'un gouvernement aux abois financiers, du fait des largesses accordées aux privilégiés en cadeau de bienvenue. Précisons que les effectifs de bénéficiaires de l'aide juridictionnelle sont passés de 348 000 personnes en 1991 à 904 000 en 2006, pour une inflation de 131 à 300 millions d'euros. Comment voulez-vous qu'on paye tout ça après le bouclier fiscal, les prêts immobiliers et l'exonération des droits de succession ? "La France est en faillite", souvenez-vous. Donc pour résumer, il y a aujourd'hui en France presque un million d' "assistés judiciaires" : insupportable ! Qu'ils se débrouillent donc ! Si le nombre de pauvres augmente en France (12% aux dernières statistiques de l'Insee, autant qu'aux Etats-Unis !), le remède naturel de la droite est de leur couper les vivres. Logique puisque, trop nombreux, ils coûtent trop cher. Il faut aller plus loin : la franchise judiciaire de la ministre de la Justice - qui fait heureusement un tollé de tous les diables tant l'idée est obscène - ne devrait pas concerner les bénéficiaires des minimas sociaux. Pourquoi cette mollesse ? Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas été élu pour éliminer tous les assistés ? Mais on peut compter sur le gouvernement Fillon pour poursuivre dans la voie de ce nouvel ordre social d'inspiration reagano-thatchérienne : que les riches se goinfrent (bling-bling, répond l'écho), que les pauvres crèvent.
Dénoncez en Rachida Dati la zélée exécutante d'une politique qui, sous prétexte de "réforme", enfonce la France qui souffre dans la régression sociale et le recul des libertés démocratiques, et l'on vous accuse alors de racisme, plus ou moins larvé. Terrorisme intellectuel, calomnie honteuse ! Et la droite de mettre aussitôt en avant, pour se dédouaner, ses alibis ethniques : malgré le discours de Dakar et le sinistre ministère de l'Identité nationale et de la Persécution des étrangers, Nicolas Sarkozy ne peut être raciste, puisqu'il y a Rama Yade, Fadela Amara, Rachida Dati ! Autant dire que l'Islam est son ami - mais pas quand il fait égorger un mouton
dans la baignoire, n'exagérons pas tout de même. Aussi imaginer qu'il vise une certaine catégorie de la population, quand il parle de nettoyer la racaille au kärcher, relève de la diabolisation, allons ! Voire. Le très respecté journaliste de Libération Jean Quatremer, correspondant permanent du quotidien auprès de l'Union européenne à Bruxelles depuis 1990, relate sur son blog l'ahurissant comportement du Président devant la délégation des Premiers ministres irlandais puis suédois, précisant le tenir de sources particulièrement fiables : "L’histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre
irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik
Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe
anti-musulmane devant ses invités. Selon mes sources, le chef de l’Etat
s’est lancé dans une diatribe confuse d’une
vingtaine de minutes, «dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire», contre le «trop grand nombre de musulmans présents en Europe»
et
leurs difficultés d’intégration. Il a aussi décrit de façon
apocalyptique le «choc de civilisation» qui oppose les musulmans à
l’occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à
l’adhésion de la Turquie à l’Union. Mais ses interlocuteurs, qui n’en
sont toujours pas revenus, ne sont même pas sûrs de l’avoir bien
compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec
l'objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18
et 19 octobre. Ils en ont, en tout cas, retiré la désagréable sensation
que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les
musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs." Les commentateurs autorisés se tuent à nous expliquer, offusqués de la comparaison, que Sarko n'a rien à voir avec Le Pen. Mais à la lecture de l'article de Quatremer, on peut tout de même se demander en quoi leurs discours diffèreraient-ils donc, tous deux en appelant de la même façon au spectre de l'islamisation ? Et puis il y a l'attitude : la confusion, l'exaltation, le langage choquant, la difficulté à maîtriser ses nerfs... Sarkozy perd complètement les pédales. Et ce n'est pas une bonne nouvelle pour la France.
