03 avril 2008
Le patron de la F1 mondiale, les nazis et les JO
La vidéo sadomaso de cinq heures montre un homme déguisé en prisonnier de camp de concentration, puis en gardien, qui parle allemand et batifole avec cinq créatures (dé)vêtues en nazies. Emoi du côté des associations juives après que la presse anglaise a publié des photos de la délicate sauterie: l’homme en question n’est autre que Max Mosley, tout-puissant patron de la Fédération internationale de l'automobile, organisme gérant le championnat du monde de Formule 1 et celui des rallyes. Fils d’Oswald Mosley, fondateur du British Union of
Fascists, leader des "chemises noires" britanniques et ami intime de Goebbels, au point que ce dernier lui a prêté son domicile pour se marier, en 1936 à Berlin… C'est lui qui parade fièrement ci-contre, salué par des female black shirts. Est-ce génétique ? Bien sûr, Mosley proteste d'une "intrusion complètement inopportune dans (sa) vie privée". Certes. Chacun est libre de vivre la sexualité de son choix. Sauf que mimer les persécutions nazies aux fins d'atteindre l'excitation est pour le moins malsain : "C’est une insulte à des millions de victimes, de survivants, ainsi qu’à
leurs familles. Il devrait s’excuser. Il devrait démissionner", s'étrangle
ainsi l’Holocaust Centre. Mosley reconnaît une situation "embarrassant(e) pour dire le moins" mais nie sa "connotation nazie". Il s'exprime sans doute en allemand en hommage à Goethe et les uniformes SS sont juste là pour faire joli. Il exclut donc de démissionner. Le tabloïd News of
the world, qui a sorti l'affaire en diffusant la vidéo sur son site, a-t-il bénéficié de complicités pour piéger Mosley ? Le viol de la vie privée et son étalage sur la place publique est évidemment condamnable, mais un tel personnage peut-il faire partie des dirigeants les plus influents du monde sportif ?
Coïncidence, Max Mosley est le successeur à la présidence de la FIA du Français Jean-Marie Balestre, mort tout récemment, le 27 mars dernier. L'homme détestait qu'on lui rappelle son adhésion en 1940 aux organisations collaborationnistes d'extrême droite Jeunes du Maréchal et Jeune Front. Et il nous souvient que Juan Antonio Samaranch régna sur le Comité international olympique (CIO) de 1980 à 2001. Pédigrée : chef des
sports de la délégation provinciale de la Phalange et des
Jeunesses phalangistes, puis responsable de la Délégation nationale
aux sports et président de la province de Catalogne sous le
régime fasciste de Franco. Dix-neuf ans plus tard, à la mort du vieux dictateur en 1975, Samaranch disait encore : "l’exemple
de Franco accompagnera toujours notre effort". Décidément, les valeurs du sport sont souvent censément défendues au
plus haut niveau par de bien curieux individus. A la différence de Balestre, le Marquis de Samaranch - le roi d'Espagne l'a annobli en 1982 pour services rendus à la patrie... - est bien vivant. A 87 ans, il milite activement contre le boycott des Jeux de Pékin. A ce sujet, deux mots pour finir de l'attitude du CIO, menaçant les athlètes qui manifesteraient en faveur des droits de l'Homme de disqualification ou d'exclusion des Jeux : à vomir.
02 février 2008
Sarkozy marié dans la clandestinité : la patrie en danger ?
Article 63 du Code civil : "Avant la célébration du mariage, l'officier de l'état civil fera une publication par
voie d'affiche apposée à la porte de la maison commune. Cette publication énoncera les
prénoms, noms, professions, domiciles et résidences des futurs époux, ainsi que le lieu
où le mariage devra être célébré." C'est ce que l'on appelle la publication des bans, qui est donc obligatoire avant tout mariage. Or Nicolas Sarkozy vient d'épouser Carla Bruni sans avoir satisfait à cette formalité légale. Ca s'est passé ce matin, à l'Elysée, mariage célébré par le maire du 8è arrondissement de Paris, qui a rendu la nouvelle publique. Détail piquant, cette pratique de la publication des bans date de bien avant l'instauration du mariage civil, exactement du concile de Latran, en 1215, et il se trouve que le Président est justement chanoine de Saint-Jean de... Latran ! Lui qui n'arrête pas d'invoquer à tort et à travers les valeurs et racines chrétiennes n'est même pas fichu de respecter la tradition religieuse ! Mais quelle en est, au fait, la justification ? Il s'agit d'interdire la possibilité d'un mariage dans la clandestinité, afin de permettre à tout un chacun de s'y opposer. Wikipédia résume ainsi la chose : "Cette mesure est destinée à lutter contre les unions consanguines, entre cousins et parents proches". A priori, il ne semble pas que Nicolas et Carla soient dans ce cas, mais sait-on jamais ? Et puis la loi est la loi, et elle est valable pour tous - même que nul n'est censé l'ignorer.
Revenons donc à cette légalité républicaine. Elle impose certes la publication des bans, mais il est néanmoins possible d'y déroger, aux termes de l'article 69 du Code civil : "Le procureur de la République dans l'arrondissement duquel sera célébré
le mariage peut dispenser, pour des causes graves, de la publication et
de tout délai ou de l'affichage de la publication seulement." Si Sarkozy a donc été dispensé de ce nécessaire préalable, c'est nécessairement, légalement, pour "des causes graves". Qui interviewera Jean-Claude Marin, Procureur de Paris, pour lui demander de préciser lesquelles ? Parce que dans l'ignorance où nous sommes plongé, nous sommes évidemment très inquiet : la patrie est-elle donc en danger ? La vie de notre Président est-elle menacée ? Ou celle de son épouse ? Ou bien la dégringolade dans les sondages peut-elle être qualifiée de "cause grave" ? De grâce, qu'on nous rassure ! Nous ne pouvons pas croire que c'est simplement que l'empereur Sarkozy se place au-dessus de la loi républicaine, juste bonne pour les manants. Si ?
Mise à jour : comme le fait remarquer avec pertinence un commentateur de ce billet, le mariage aurait également dû se dérouler en mairie et pas à l'Elysée. L'article 75 du Code civil énumère en effet les seuls cas où une dérogation est possible : "Toutefois, en cas d'empêchement grave, le procureur de la République du lieu du mariage pourra requérir l'officier de l'état civil de se transporter au domicile ou à la résidence de l'une des parties pour célébrer le mariage. En cas de péril imminent de mort de l'un des futurs époux, l'officier de l'état civil pourra s'y transporter avant toute réquisition ou autorisation du procureur de la République, auquel il devra ensuite, dans le plus bref délai, faire part de la nécessité de cette célébration hors de la maison commune." Une célébration à l'Elysée ne se justifie donc aucunement sur le plan légal. La loi de la République ne s'applique pas à Sarkozy : CQFD.
Sur Le Post, il y a ceux qui écrivent bénévolement et ceux qui sont rémunérés... Augmentez l'audience de ce billet en cliquant ici. Merci.
19 janvier 2008
Sarkozy : 34 000 euros de frais de maquillage !
Le détail des comptes de campagne des candidats à la présidentielle a été publié et il révèle un poste budgétaire insolite par l'ampleur des sommes concernées : Nicolas Sarkozy a dépensé en frais de maquillage quelque 34 000 euros ! Ca fait beaucoup, même en sachant que la prestation a parfois été facturée jusqu'à 450 euros de l'heure : pour justifier ce prix-là, sa maquilleuse a sûrement dû exécuter un véritable travail d'artiste ! Alors, maquillé comme une voiture volée, le futur Président ? Les Inrocks avaient tout compris !
PS : Ségolène Royal a pour sa part dépensé encore davantage pour se faire maquiller, 51 000 euros en tout ! Ah, les femmes... ;-)
11 janvier 2008
Plume de presse maraboutée
29 novembre 2007
Le Président du pouvoir d'achat
Merci au lecteur qui m'a fait parvenir l'image avec les têtes des personnages.
PS : vous aussi, amusez-vous à créer de fausses couvertures des Pieds nickelés, à cette adresse.
10 octobre 2007
Devedjian en petite forme
"C'est pas bien d'injurier les députés de la majorité", proteste Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP (et président du Conseil général des Hauts-de-Seine), qui s'y connaît en injures, à propos de la sortie de Fadela Amara trouvant "dégueulasse" l'instrumentalisation de l'immigration. Manifestement, la secrétaire d'Etat à la politique de la ville inspire moins ce proche de Sarkozy que l'ex candidate Moudem aux législatives, Anne-Marie Comparini. Sans quoi eût-il dit : "C'est pas bien d'injurier les députés de la majorité, salope !"
24 septembre 2007
Votez pour Montcuq !
La société Hasbro, qui commercialise le jeu Monopoly, a décidé d'en éditer une version France, où le nom des rues est remplacé par celui d'une ville, invitant les internautes à voter pour la leur. Mais les potaches responsables du site Tric Trac, le magazine Internet des jeux de société, ont eu l'idée d'appeler à voter, le 16 septembre dernier, pour la ville rendue célèbre par Daniel Prévost, qui lui avait consacré un reportage dans Le petit rapporteur : Montcuq ! Le bouche à oreille a fait le reste, jusqu'à l'entrée de Montcuq dans le classement des 22 premières villes - il y a 22 cases à attribuer -, ce qui lui a conféré une visibilité ayant entraîné davantage encore de votes, par l'effet boule de neige. Si bien qu'aujourd'hui, Montcuq est sur le trône, avec 38 557 votes à l'heure où ces lignes sont écrites, loin devant Dunkerque, deuxième ville du classement (23274 votes). Dans 16 jours, les votes seront clos - chacun peut voter une fois par jour - et, si la tendance se confirme, on verra Montcuq rue de la Paix (attention, contrepèterie) ! C'est Monsieur Hasbro qui doit être bien embêté... Osera-t-il ne pas respecter le vote des internautes et déclasser Montcuq ? En tout cas, si l'idée vous amuse, cliquez ici, choisissez d'aller sur la case joker et votez Montcuq, dans le Lot (46). Défendons les couleurs de Montcuq !
08 septembre 2007
Buvez, c'est ma femme
En arabe, le mot oulamâ désigne ceux qui détiennent la science (singulier : ilm). Les oulémas sont des dignitaires religieux du monde musulman, docteurs en théologie. Izzat Al Attiyah en est un, égyptien. Mais en parlant de docteur, c'est lui qui devrait consulter, et d'urgence ! Il n'a en effet pas trouvé mieux à faire que de promulguer une fatwa - qui n'est pas forcément une condamnation mais "un avis juridique donné par un spécialiste de loi religieuse sur une question particulière" (Wikipédia) - qui ordonne que "pendant le ramadhan, l’épouse doit donner le sein à téter aux amis de son mari.
Téter, oui, c’est-à-dire poser sa bouche sur le sein d’une femme pour
en aspirer du lait. La vache, c’est-à-dire la femme dans ce cas, se
doit d’accepter de servir de poupée gonflable lactée sous peine d’être
répudiée", comme s'en indigne le journal algérien El Watan. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, cette fatwa est
"en train de faire son chemin" de l'autre côté de la Méditerranée. Au grand dam du journaliste auteur de l'article, Chawki Amari, qui s'interroge : "Au-delà de l’absolue stupidité de cette fetwa qui en dit long
sur les débats qui agitent le monde musulman, deux questions demeurent
: pourquoi des adultes auraient-ils envie de téter du lait au sein
d’une femme, au lieu d’en acheter chez l’épicier comme tout le monde ?
Ensuite, comment un homme peut-il laisser ses amis de passage jouer
avec les seins de sa femme ?" Sans doute à cause d'un sens de l'hospitalité hypertrophié ! Amari dénonce ceux "qui utilisent l’islam pour leurs fantasmes" et rappelle que cette fatwa, que nous appellerons "du tétage de la femme du copain", vient en compléter une autre, qui lui conteste la palme du ridicule, de l'absurde et de l'outrage à la dignité de la femme : "pour
qu’une femme et un homme puissent travailler dans le même bureau, il
faut que l’homme tète la femme cinq fois". Au fou ! Qu'un abruti illuminé en vienne à ce type de divagations, passe encore. Qu'il soit honoré du titre de docteur en théologie en Egypte est déjà légèrement plus problématique. Et que des musulmans pratiquants en Algérie se mettent en tête d'appliquer ses préceptes et d'ainsi offrir le sein de leur secrétaire à ses voisins de bureau, ou celui de leur femme à leurs amis, est parfaitement renversant. Sans le consentement de la belle et en dehors des clubs échangistes, s'entend.
28 août 2007
Non mais !
On ne prononce pas American staffordshaïeur mais staffordsheur, comme pour le Yorkshire ou le Lancashire. Zut alors.
18 juillet 2007
Saoul comme un Polonais
Coup sur coup, deux faits divers viennent illustrer la réputation qu'ont les Polonais de particulièrement goûter les joies de l'alcool. C'est d'abord ce nouveau-né venu au monde à l'hôpital de Zabrze totalement ivre, sa mère ayant accouché dans le même état. Privée de ses droits parentaux, elle en est à son cinquième enfant, dont la garde est confiée aux grands-parents. Douze heures après sa naissance, le bébé avait encore 1,2 g d'alcool dans le sang. Dans un état stationnaire au sein de l'unité de soins intensifs, il pourrait avoir subi d'irrémédiables lésions au cerveau. Quant à ces deux routiers polonais qui traversaient les Alpes françaises, ils se sont arrêtés vendredi soir sur une aire de repos pour attendre de pouvoir reprendre la route à la fin du week-end. Et ils ont un peu arrosé la soirée, à la bière et au whisky - un litre chacun de ce dernier breuvage ! Leurs collègues les ont allongés pour la nuit mais les deux hommes, âgés d'une cinquantaine d'années, ont alors sombré dans le coma et sont morts, en dépit de désespérées tentatives de réanimation. On dirait qu'ils tiennent mieux la vodka.


