08 mars 2007
Scandale ! Les petits candidats baillonnés
Puisque la politique française est dans l'impasse, avec deux candidats pré-déterminés inacceptables, l'homme des pots de vin ou la voleuse du Trésor public, il apparaît plus que jamais nécessaire aujourd'hui de se tourner vers une troisième voie. Or le système des parrainages, qui va de pair avec des pressions politiques pour empêcher que se présentent ceux qui sont jugés comme des "petits candidats", entraîne un déni de démocratie : certaines tendances et idées politiques, aptes pourtant à séduire un vaste électorat, n'ont pas le droit de s'inviter au bal de la présidentielle. C'est un scandale ! Ainsi, par exemple...

"Travailler tue" est le percutant slogan du Parti des Branleurs, dont le candidat Olivier Bourbier peine à trouver ses 500 signatures. A son programme, la semaine de 25 heures de travail pour tous. Plume de presse ouvre le débat, sans craindre de briser un tabou, en s'inspirant ainsi modestement du prestigieux hebdomadaire Le Point : pour le droit à la paresse ! Volem rien foutre al païs, comme le filment Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe, dont le long-métrage est sorti hier dans les bonnes salles de cinéma. Le premier cité le présente ainsi : "À côté des salariés qui manifestent dans la rue leur colère ou leur ras-le bol de la loi de la jungle libérale, par exemple en faisant brûler les locaux du patronat, il y a ceux qui de manière peut-être moins spectaculaire, moins visible, plus discrète, se battent aussi contre le système en inventant ou réinventant
des modes de vie alternatifs. Ceux-là, en règle générale, remettent en cause le dogme du productivisme, ne pratiquent pas la religion de la croissance, contestent le règne de la marchandise. Ce sont des hérétiques, au sens où ils refusent de célébrer le culte de la consommation, de se prosterner devant les temples de la marchandise. Même si aucun de ces groupes ou communautés n’a trouvé de solution généralisable à l’ensemble de la société, ils inventent à leur échelle d’autres manières de vivre que celle imposée par le salariat, la plupart du temps à la campagne où il est plus facile de vivre de manière autonome avec peu d’argent."
Et aussi, en clin d'oeil de cette journée de la Femme...
Le Parti du Plaisir revendique la silicone pour toutes "entend promouvoir les notions de plaisir et de liberté, dans tous les domaines touchant à la vie quotidienne" et présente dans son programme des objectifs tels qu'une sexualité épanouie pour tous, une société plus humaine, une vraie qualité de vie et un monde écologique : n'est-ce pas formidable ? Créé en 2001 pour les municipales à Paris (mais sa liste avait été interdite par la préfecture pour "raisons administratives"), le Parti du Plaisir et sa présidente, la strip-teaseuse Cindy Lee, se sont présentés aux législatives de 2002, toujours à Paris, et ont obtenu 0,41% des voix, puis 1,80% aux cantonales dans le Val-de-Marne, en 2004. Hélas, pas plus qu'Olivier Bourbier du Parti des Branleurs, Cindy Lee ne sera autorisée à se présenter à la présidentielle 2007. Mais nous entendons la voix de lecteurs courroucés qui nous houspillent : "la politique, c'est une chose sérieuse, tout de même !" Qu'ils l'expliquent plutôt aux principaux intéressés.
06 mars 2007
La Suisse a envahi le Liechtenstein !

On en a encore des sueurs froides. Au coeur même d'une Europe que l'on croyait pourtant pacifiée, le spectre de la guerre a pointé à nouveau son hideux museau dans la nuit de mardi à mercredi, lorsque un corps de 170 soldats suisses en armes a envahi le Liechtenstein ! On aurait pu craindre un embrasement général dans ce que l'on aurait alors nommé la "guerre des paradis fiscaux", les troupes andorranes entrant dans la danse, appuyées par les blindés belges et l'aviation monégasque ! Fort heureusement, les dirigeants helvètes et leurs homologues du Liechtenstein ont su garder des nerfs d'acier, évitant ainsi une terrible propagation du conflit. A l'origine de ce qu'il faut bien appeler l'agression de l'armée suisse, une compagnie qui effectuait une marche de nuit, dans de mauvaises conditions climatiques, et qui s'est égarée dans les Alpes, franchissant par mégarde la frontière de la Principauté et pénétrant même de deux kilomètres à l'intérieur de son territoire : un viol caractérisé de la souveraineté liechtensteinoise ! Comment allaient réagir les sujets du prince Hans-Adam II, qui trône sur le petit Etat et un confortable matelas de deux milliards de dollars de fortune personnelle ? Qu'on se rassure, Markus Amman, porte-parole du ministère de l'Intérieur, précise que personne dans la principauté n'a remarqué l'intrusion des soldats : "Ce n'est pas comme s'ils avaient fait irruption avec des hélicoptères de combat." Ou s'ils avaient bombardé le Liechtenstein : en 1985 s'était déjà produit un incident, lorsqu'un exercice de l'artillerie suisse, contrarié par des vents taquins, avait expédié des roquettes sur la principauté, mettant le feu à la forêt de Bannwald, site protégé ! Tremble, Europe : il est temps de dénoncer vigoureusement le dangereux bellicisme de l'armée confédérée helvète.
05 mars 2007
Brève rencontre sur le Net
Aujourd'hui, ça.

Ami lecteur, saurez-vous retrouver dans la photo ci-dessus Edwy Plénel et José Bové?
20 février 2007
L’incroyable ultra-marathon man
Bien plus extrême que le marathon,
l’ultra-marathon ! Porte-drapeau de cette discipline, Dean Karnazes ne
recule devant rien, de la Vallée de la Mort par 54 degrés au Pôle Sud par moins
quarante, en passant par 50 marathons en 50 jours consécutifs. Un vrai
malade !
abandonnée sur le paillasson ? Il enlève son pantalon pour ne garder que ses
sous-vêtements, chausse les baskets et se met à courir. Il commence à
dessaouler en arrivant à Daly City, à 24 Km au sud, vers 4 heures du matin. La
température est agréable, malgré un léger brouillard, et Dean prend conscience
du ridicule de la situation : il est en train de courir en caleçon, dans
une banlieue résidentielle endormie, ses foulées entrecoupées de renvois de
tequila ! Un sourire éclaire son visage et il se dit que ça fait un bout
de temps qu’il ne s’est pas amusé comme ça. Il continue donc sa course, plein
sud, sur la route 1, en direction de Santa Cruz. Lorsque le soleil se lève, il
a parcouru pas loin de 50 Km. Il juge alors qu’il est temps de s’arrêter et
téléphone à sa femme, d’une cabine, pour lui demander de venir le chercher.
C’est en
l’attendant qu’il prend soudain en pleine figure comme une révélation,
au sens métaphysique du mot : il possède un potentiel physique inutilisé
depuis 15 ans, quand il courait en junior. Il opère alors sa
conversion : « en une seule nuit, l’imbécile yuppie alcoolique est
mort pour naître à nouveau (born again) en athlète. (…) La plupart des
coureurs sont capables de garder une approche rationnelle de leur passion et de
la pratiquer de façon raisonnable. Moi pas. Je suis devenu un fanatique »,
écrit-il dans son autobiographie, Ultra marathon man, confessions of an
all-night runner. Une heure plus tard, sa femme le découvre hagard sur un
parking, il monte dans la voiture et s’évanouit. Nous sommes en août 1992 et
plus rien ne sera jamais comme avant : il sera coureur de longue distance
ou ne sera pas !
L’homme de tous les exploits
Quinze ans plus tard, Dean Karnazes a repoussé
presque toutes les limites connues de la course d’endurance, multipliant défis
insensés et exploits renversants. Pas toujours sans mal : lorsqu’il
s’aligne pour la première fois pour courir 80 Km, à l’arrivée de l’épreuve, il
monte dans sa voiture pour aussitôt vomir tripes et boyaux sur le tableau de
bord, son corps entier parcouru de crampes et de spasmes terriblement
douloureux. Mais son tout premier entraîneur, quand il était adolescent, un
ancien militaire du nom de Jack Mac Tavish, lui a inculqué la maxime
suivante : « si tu te sens bien, c’est que tu ne t’es pas assez
donné : c’est supposé te faire souffrir l’enfer ! » Alors
Dean insiste. En 1995, il participe pour la
première fois au Badwater
Ultramarathon, réputé comme la course la plus difficile du monde. Il s’agit de
parcourir 215 Km dans la Vallée de la Mort (Californie), en plein été, lorsque
la température avoisine les 50 degrés, en démarrant du bassin de Badwater, à
285 mètres en dessous du niveau de la mer, pour arriver jusqu’au sommet du Mont
Whitney, à 2548 mètres d’altitude ! Au bout de 115 Km, Dean perd
connaissance et s’effondre. Pas découragé par cet abandon, il n’a de cesse de
se réinscrire à la course, qu’il finira quatre fois, la remportant même enfin
en 2004, en un temps de 27 heures et 22 minutes. Cette année-là, le thermomètre
est monté jusqu’à 54 degrés et notre coureur fou, en combinaison synthétique
microfibre, s’est concentré pour ne poser les pieds que sur les bandes blanches
de signalisation, évitant ainsi que ses chaussures ne fondent ! Pour
arriver au bout, il lui a fallu boire 34 litres d’eau (et manger 6 Kilos de
nourriture), en s’aspergeant avec un brumisateur presque constamment, à l’eau
salée, pour éviter que ses sinus ne se dessèchent : un "truc"
de surfeur – parce que oui, Dean pratique aussi le surf et la planche à
voile ! Après le chaud, le froid : en 2002, un marathon inédit,
organisé pour la première fois dans l’Antarctique – et jamais réédité depuis -,
oblige notre homme à courir par moins quarante degrés, dans un vent glacé, sur 42,195
km jusqu'au Pôle Sud. Quand respirer sans masque risque de geler la trachée… Il finit deuxième, en 9 heures et 18 minutes,
mais en portant ses chaussures de course, alors que le vainqueur, l’Irlandais
Donovan, rallie le pôle 27 minutes avant lui avec des après-skis prêtés par…
Karnazes, qui s’offusque dès lors en affirmant que les coureurs s’étaient mis
d’accord pour ne pas faire la course : « pourquoi aurais-je prêté
à Donovan des moon-boots, ce qui lui donnait un avantage, si nous devions
être en compétition ? » Il revendique donc la victoire. Donovan
prétend pour sa part que les coureurs s’étaient mis d’accord pour cheminer
ensemble la plus grande partie du chemin seulement, pour finir au sprint les
derniers kilomètres. L’affaire sera finalement tranchée en justice (l’Irlandais
étant déclaré vainqueur) ! Nulle polémique par contre n’entache le
triomphe de Dean en 2000 dans les Outdoor World Championships : au menu
triathlon, planche à voile, snowboard et kayak, pour finir par une course de 24
heures en mountain bike ! A son palmarès figure aussi la victoire
au Vermont Trail 100 Miles Endurance Run de 2006 (160 Km) et la conquête de 11
(!) "Boucles d’argent" au Western States 100 Miles, trophée accordé pour
avoir fini la course en moins de 24 heures.
50 marathons en 50 jours
Vous voulez d’autres exploits ? Dean Karnazes a fini
9 fois le Providian Relay, course par équipe de 12 athlètes, en se relayant…
tout seul ! Sur 320 Km, quand même… Avec un accroc en 2002, quand il
s’endort tout en courant et est réveillé par des phares dans les yeux et le
bruit du klaxon d’une voiture qui fonce droit sur lui ! Avec cet
entraînement de choc, le voilà prêt à affronter une distance plus grande
encore, et sans dormir cette fois : c’est chose faite en octobre 2005,
quand il parcourt 563 km sans s'arrêter, en 80 heures et 44 minutes, dont trois
nuits blanches : « La troisième nuit, j'étais dans un état presque
psychotique, raconte-t-il. Mon esprit était totalement détaché de
mon corps. » L’idée vient-elle de cet intermède
mystique ?
Toujours est-il que le projet suivant dans lequel s’engage "ultra-marathon man" est sans doute le plus spectaculaire : à 43 ans,
courir 50 marathons, en 50 jours consécutifs, dans 50 Etats ! Ce défi, baptisé
Endurance 50, est conçu pour rapporter des fonds à l’organisation humanitaire
créée par Karnazes, Karno Kids, qui lutte contre l’obésité infantile en
favorisant la pratique du sport. Il débute le 17 septembre dernier dans le
Missouri, par le Marathon de Saint Charles. Juste avant la course, Dean
renouvelle ses vœux vis-à-vis de son épouse, le prêtre prenant ensuite le
départ, au milieu des 3400 coureurs présents ! Le lendemain, à Memphis,
Tennessee, seuls 17 marathoniens s’alignent au départ : lorsque
le champion ne peut participer à une course publique, on l’organise pour
lui et l’accompagne qui veut. L’opération, qu'il raconte au quotidien sur son blog, l'emmène le surlendemain dans le Mississipi, puis l’Arkansas, où le gouverneur de l’Etat en personne
court avec lui sur quelques Km, le Kansas, l'Iowa… En tout, au cours de ces 50 jours,
Karnazes parcourt 2108 Km. Durant les courses, il s’alimente en engloutissant
des pizzas, des cookies, et même un plateau de baklavas, offert par un "compatriote", comme lui originaire de Grèce, durant le Marathon de
Chicago. En réalité, il brûle ainsi toutes les calories : à l’arrivée, en
sept semaines d’efforts, il n’aura perdu que 500 grammes par rapport à son
poids de départ! Il termine en apothéose le 5 novembre, durant l’officiel
Marathon de New York. Il réalise ce jour-là son meilleur temps de l’Endurance
50, finissant à une minute tout rond de Lance Armstrong, en 3 heures et 30
secondes. Mais le lendemain en se levant, il ne peut se résoudre à
s’arrêter : cours, Forrest ! Il repart donc et parcourra 2080 Km de
plus, en 28 jours, pour retourner dans le Missouri, où il avait débuté son
équipée. Secret de celui qui se présente comme un homme comme un autre ?
« Ces courses sont autant physiques que mentales. On peut entraîner son
corps pour faire n'importe quoi mais, à un moment donné, il envoie des signaux
au cerveau pour lui demander d'arrêter. Il faut passer outre. Les limites sont
dans nos têtes. » Propos un peu irresponsable, à ne surtout pas
prendre au mot : il est surentraîné et tenter de l’imiter serait fatal à
un amateur. C’est qu’on tient à nos lecteurs !
Article à paraître dans le magazine Playboy.
06 février 2007
Soignez vos cheveux au sperme de taureau
Ce n'est pas une blague. Le salon de coiffure londonien ultra chic "Hari's" propose désormais à ses clients de soigner leurs cheveux en les massant avec un mélange de racines de plantes et de... sperme de taureau ! Explication du propriétaire, Hari Salem, dans les colonnes du quotidien Metro : "Vos cheveux sont merveilleusement doux et épais". Il se veut aussi rassurant: "Le sperme est réfrigéré avant son utilisation et est inodore". Voilà donc la semence de taureau estampillée par nos amis anglais, inventeurs du parfum au fromage,
produit miracle pour soins capillaires de luxe. Peut-être que Cherie Blair, qu'on sait dépenser des fortunes en coiffeur, pourrait se laisser tenter ? Sommes-nous bête : comme l'illustre cette photo, la femme du premier ministre britannique est certainement déjà une adepte du traitement !
29 janvier 2007
La vidéo de l’Homme sur la Lune perdue par la NASA !
Les images de Neil Armstrong marchant sur la Lune, vues par le monde entier, ne sont qu’une copie de très mauvaise qualité de la vidéo originale. Heureusement, un enregistrement en a été fait, qui restitue l’événement de façon visuellement bien meilleure. Mais problème : la Nasa en a perdu les bandes !
Le 20 juillet 1969 à 22 h. 50 exactement, quand le module Eagle atterrit sur la Lune et que sa trappe s’ouvre, les yeux du monde entier sont braqués sur l’astronaute Neil Armstrong. Mais jusqu’à ce moment précis, au Centre de contrôle de Houston, un certain
Stan Lebar vit la pire angoisse de toute sa vie… Jeune ingénieur prodige chez Westinghouse, il a en effet été chargé de mettre au point la caméra devant retransmettre en direct l’événement le plus important du vingtième siècle : les premiers pas de l’Homme sur la Lune. Parce que le but de la mission Apollo 11, plus qu’envoyer un astronaute sur le satellite terrestre, est surtout d’assurer la diffusion télévisée du spectacle, que le monde entier le voie. Notamment les Soviétiques, qui ont initié la conquête de l’espace avec le lancement en 1957 de Spoutnik. Et pour le cas où la liaison vidéo entre Apollo et Houston échouerait, c’est justement à Stan Lebar d’agir : il devra tourner la caméra vers lui et présenter ses excuses à un demi milliard de téléspectateurs ! On comprend son inquiétude, d’autant que tout un tas de raisons pourraient empêcher les images de parvenir à la Terre, tant le défi technologique de la mise au point de la caméra et le système mis en place pour assurer la diffusion sont complexes. Il a d’abord fallu que l’appareil puisse supporter la force de gravité du décollage et de l’atterrissage, et ensuite qu’il fonctionne malgré l’absence presque totale de gravité lunaire. Mais il ne s’agit là que d’une petite partie du problème : la place traditionnellement dévolue à la vidéo, dans le spectre des ondes émises depuis la Lune jusqu’au Centre de contrôle de Houston, est occupée par les données vitales concernant le vaisseau. Si bien qu’il n’en reste pas suffisamment pour le format standard de vidéo noir et blanc de l’époque (525 lignes numérisées à 30 images/seconde en 4,5 MHz). Alors est mis au point un format moins gourmand (320 lignes en 500 KHz). À charge pour les stations de réception sur Terre de convertir ce signal pour qu’il puisse être exploité par les télés, puis de le rediriger vers le Centre de contrôle, qui en assurera ensuite l’envoi aux chaînes du monde entier. Afin que la retransmission puisse s’opérer en direct, la réception sur Terre s’effectue depuis plusieurs stations situées sur trois continents : deux en Australie, une en Californie et une en Europe. Avec un tel dispositif, source de tant d’incertitudes techniques, Stan Lebar ne peut que retenir son souffle et prier ardemment pour que tout se passe comme prévu…
Une bouillie d’image
À 22 h. 54, Stan Lebar respire enfin : l’image de Neil Armstrong sur le seuil de la capsule spatiale apparaît bien sur les écrans de Houston. «Quand j’ai su que la caméra fonctionnait, l’exaltation fut totale !», se souvient-il. Le feu vert est dès lors envoyé à l’astronaute, qui peut entamer la descente par l’échelle vers la surface de la Lune. Arrivé au dernier échelon, il tend la jambe dans l’espoir de sentir le sol sous son pied, mais il est encore trop haut. Il doit donc sauter, ce qu’il fait, non sans s’être assuré qu’il serait capable d’ensuite remonter. Ça y est, Armstrong est sur la lune ! Il prononce alors sa célèbre phrase : «c’est un
petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l’humanité.» Au Centre de contrôle, les bouchons de champagne sautent dans la liesse générale. La joie de Lebar, scrutant son écran, est pourtant éphémère : même s’il se doutait que la qualité de l’image serait inférieure au format vidéo habituel, il ne s’attendait pas à ce que l’astronaute gambadant avec légèreté – son poids réduit à 25 kilos ! – au-dessus des cratères de la mer de la Tranquillité ressemble ainsi à une vague forme grisâtre et parfaitement floue. «Nous savions à quoi l’image était censée ressembler, confie-t-il, et certainement pas à "ça" ! On s’est tous regardé pour se demander : "que se passe-t-il ?"» Il est néanmoins vite rassuré : «autant cette image calamiteuse nous rendait soucieux, autant le public n’avait pas l’air d’en être dérangé. Tout le monde était content de voir le type sur la Lune…» Lebar n’a même jamais vu la transmission brute. Seuls les techniciens des stations de réception l’ont pu. Mais en même temps qu’ils convertissaient le signal pour Houston et les télévisions de la planète, ils ont pris soin de l’enregistrer sur d’énormes bandes magnétiques, promptement envoyées à la NASA pour être conservées en lieu sûr. Lebar, aujourd’hui âgé de 81 ans, n’a appris que récemment pourquoi l’image qu’il a vue ce soir-là ressemblait à de la bouillie : le transfert, la conversion et l’émission des images les avaient dégradées comme une photocopie de photocopie de photocopie ! «Ce que le monde a vu est une chose abâtardie, la postérité mérite mieux», s’indigne-t-il. Avec quelques anciens collègues de l’époque, il conçoit donc le projet de montrer enfin, 38 ans après, les images originales. Mais c’est là qu’intervient l’inconcevable : la NASA a perdu les bandes !
Recherche vidéo d’Apollo, désespérément
Tout commence en 2002, lors du pique-nique annuel qui réunit en Australie, au pied de l’antenne de la station de réception de Honeysuckle Creek, première à recevoir les images de la Lune, les vétérans de la conquête de l’espace. Cette année-là, l’un de ces retraités a emmené avec lui une bande magnétique de 14 pouces, souvenir de l’époque d’Apollo retrouvé au fond de son garage. Tout le monde s’amuse alors d’à quel point la taille en apparaît énorme, à l’ère actuelle de la miniaturisation, avant de s’en
retourner vers le barbecue. L’année suivante, un autre participant apporte cette fois une photo d’Armstrong marchant sur la Lune, capturée non pas d’après la version retransmise par les télés, mais directement depuis l’originale, diffusée sur un écran de la station de réception. Chacun est alors saisi en constatant combien l’image est d’une qualité incomparable avec celles que l’on connaissait jusqu’alors. Une deuxième photo, polaroïd celle-ci, est ensuite retrouvée, également de bonne qualité. L’idée naît alors – pourquoi personne n’y a-t-il songé auparavant ? – d’exhumer les bandes originales. Pour cela, nos vétérans s’adressent au seul homme en mesure de les aider, le dernier ingénieur vidéo de la mission Apollo 11 toujours en activité à la NASA, l’homme chargé en
1969 de la coordination des stations de réception, Dick Nafzger. Ils lui apportent la bande miraculeusement retrouvée dans un garage et il la passe sur un antique appareil analogique de deux mètres de haut, semblant tout droit sorti d’une vieille série de science-fiction et conservé en parfait état de marche. La déception est au rendez-vous : la bande date d’avant Apollo 11 et ne contient aucune image, seulement des sons et autres données de missions antérieures. Mais bonne nouvelle : même enterrée dans un capharnaüm depuis plus de 38 ans, elle demeure parfaitement lisible. Voilà donc nos vétérans plus que jamais motivés pour retrouver les bandes d’Armstrong sur la Lune. Stan Lebar les a rejoints : ce sentiment d’échec ressenti en 1969 face à la qualité médiocre des images le hante et, à la vue des deux photos, il comprend que sa caméra avait en réalité parfaitement fonctionné ! Il entend bien désormais, comme pour se réhabiliter, prouver la valeur de son travail de l’époque. Reste à localiser les 13 000 bandes, d’un quart d’heure chacune, au Centre national d’archives, situé à Suitland, dans l’Etat du Maryland. Facile ? Détrompez-vous. Les documents qui y sont conservés tiennent dans quatre millions de boîtes empilées dans des rayonnages jusqu’à six mètres de haut, sur une surface équivalente à 14 terrains de football : 7 millions 620 000 mètres cubes ! Et personne n’a le moindre commencement d’idée d’où peuvent bien être les bandes de la NASA là-dedans… Ni rien d’autre, d’ailleurs : les archives fédérales s’entassent sans code-barre ni trace informatique du détail de ce qu’elles abritent. Autrement dit, on y stocke, dans des conditions de conservation plus qu’aléatoires (les contenus de certaines boîtes pourrissent, d’autres tombent en poussière), des documents par millions sans aucune possibilité de les retrouver ! En outre, du côté de l’agence spatiale américaine, tout le monde s’en fiche, à vrai dire. Jusqu’à ce que des fuites dans la presse obligent les autorités à reconnaître, le 15 août dernier, que les bandes ont bel et bien été égarées, et qu’on les cherche depuis un an et demi ! L’affaire, rendue publique, s’avère si embarrassante que la NASA a chargé officiellement six personnes (dont Nafzger et Lebar) de les retrouver, et avance qu’elles le seront d’ici six mois. Pronostic optimiste : rien ne prouve qu’elles n’aient pas été détruites ou effacées pour enregistrer autre chose à la place, comme il était courant de le faire à l’époque. Le témoignage original de l’événement le plus important du vingtième siècle serait alors irrémédiablement perdu.
Article à paraître dans le magazine Playboy, d’après l’enquête publiée dans Wired.
Et si l’Homme n’était jamais allé sur la Lune ?
La mission Apollo 11 a échoué ! Pour éviter de perdre la face, dans le contexte de la guerre froide et la course vers l’espace engagée avec les Soviétiques, les Américains ont demandé au cinéaste Stanley Kubrick de filmer en studio les fameuses scènes qui voient les astronautes marcher sur la Lune. C’est ce que démontre le réalisateur William Karel dans son documentaire de 2002, Opération Lune, avec force témoignages dont ceux de la veuve Kubrick, d’Henry Kissinger, de Donald Rumsfeld et même de l’ancien d’Apollo, Buzz Aldrin lui-même ! Incroyable mais… faux : ce que Karel appelle joliment son "documenteur" mêle images d’archives détournées, interventions d’acteurs et bribes d’interviews de personnages réels, habiles montages de réponses obtenues à la suite de questions très vagues. Pour un résultat si convaincant qu’on jurerait l’existence du complot. Du reste, certains "conspirationnistes" continuent de prétendre que l’Homme n’a jamais mis le pied sur la Lune, alignant de soi-disant preuves en réalité réfutées par toute la communauté scientifique. Lire à ce sujet la fiche de Wikipédia Accusation de canular du programme Apollo.
23 janvier 2007
Tee-shirt anti-Bush interdit en avion
Allen Jasson, citoyen australien de 55 ans résidant en Grande-Bretagne, s'est vu empêché d'embarquer à bord d'un vol Melbourne - Londres, au motif qu'il portait un tee-shirt désignant George W. Bush comme premier terroriste mondial ! La compagnie australienne Qantas s'est justifiée dans un communiqué où elle indique que des commentaires imprimés sur un tee-shirt susceptibles de heurter la sensibilité d'autrui - et donc soi-disant menacer la sécurité de l'avion - "ne seraient pas tolérés". Il fut donc demandé au passager vêtu de façon jugée inappropriée de se changer. Mais celui-ci, qui menace de porter plainte, en fait une affaire de principe : "Je ne voyagerai pas sans ce tee-shirt. Je suis prêt à perdre le prix de mon billet mais je suis décidé à défendre le principe de la liberté de parole", a-t-il proclamé. Dans quel monde vivons-nous, où l'on prétend interdire l'affichage d'opinions personnelles au nom de la sécurité ? Non à la dictature du politiquement correct à la sauce anglo-saxonne !
16 janvier 2007
Frustration gastronomique criminelle
"Elle ne s'intéressait plus à moi, c'était insupportable. Depuis un mois, elle ne cuisinait que des nouilles", se lamente cet homme de 53 ans à la police de Trabzon, au nord-est de la Turquie. Alors il a tué sa femme, à coups de marteau. Assassinée pour ne lui avoir servi à manger depuis un mois que des pâtes. Meurtre en Turquie, génocide en Italie ?
01 décembre 2006
Fumeuse affaire de dopage aux fléchettes
Depuis le début de l'année, le championnat professionnel anglais de fléchettes est assujetti à des contrôles organisés par l'agence britannique antidopage. Rien que ça, c'est drôle. Mais voilà que le premier dopé de l'histoire des fléchettes vient de se faire pincer. Il s'appelle Robbie Green mais on le surnomme Kong, à cause du tatouage qu'il porte sur le cou. Pas de chance pour Kong : c'est justement le jour où il réussit la plus belle performance de sa carrière, un quart de finale à l'UK Open, qu'il est contrôlé positif... au cannabis ! Alors je ne sais pas vous, mais moi, il ne me viendrait pas à l'idée de fumer un gros pétard avant de disputer un championnat de fléchettes. Cette substance n'est pas exactement idéale pour optimiser la maîtrise de soi exigée par un "sport" de haute précision comme les fléchettes. Sans doute d'ailleurs que Kong avait fumé son joint bien avant la compétition, qu'il n'était absolument plus sous l'effet du cannabis du tout mais qu'il en restait des traces dans son organisme. Alors, il convient de s'insurger. Ceux qui classent la marijuana parmi les produits dopants sont des Tartuffe. On se souvient que Bernard Lama, le félin des cages d'un PSG de légende mort et enterré, avait eu en son temps des problèmes. Yannick Noah le tennisman était lui passé entre les gouttes. Pas ce pauvre Robbie Green, qui a été condamné à une suspension de huit semaines. Solidarité avec les joueurs de fléchettes fumeurs de haschich !
30 novembre 2006
Brève rencontre sur le Net
Aujourd'hui, Xavier Pétard.
