Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

16 juin 2008

Téléphone portable : la mise en garde de vingt éminents scientifiques

Thierry_Bouillet"Nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'il y a cinquante ans pour l'amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu'il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants" : Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny, a signé l'Appel des vingt contre le portable dans le Journal du dimanche, qui le résume ainsi : "Dans leur liste de dix précautions à prendre, "basiques" selon eux mais tout de même radicales, ils vont jusqu'à demander aux parents d'enfants de moins de 12 ans d'interdire tout accès aux portables à leur progéniture, sauf en cas d'urgence."

Précisions et état des lieux sur Plumedepresse.info !

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22 septembre 2006

Dangers de la téléphonie mobile : SFR attaque en justice une journaliste

antenne_relaisA 13 h 30 s'est ouvert aujourd'hui à Paris le procès de Annie Lobé, journaliste d'investigation scientifique écrivant notamment pour Sciences et Avenir, poursuivie par SFR pour diffamation. Annie Lobé a écrit un article titré Les gens meurent sous les antennes, et c'est justement ce qui lui est reproché. Elle s'appuie pourtant sur des faits précis. A Saint-Cyr-L'Ecole (Yvelines), deux enfants d'un groupe scolaire, au toit garni d'antennes depuis 1992, décèdent en 1996 et 1998 d'un gliome du tronc cérébral. Forme rarissime de cancer du cerveau, qui touche 6 enfants par an en France. Mais à Saint-Cyr, deux morts, à deux ans d'intervalle. Et l'enquête sanitaire des parents d'élèves révèle 14 cas de pathologies lourdes chez d'autres enfants ou chez des adultes résidant de la zone ou travaillant à l'école, dont deux décès d'adultes de moins de 65 ans. Ca ne trouble pas outre mesure l'Institut de Veille Sanitaire (InVS), qui réalise une enquête officielle et estime "qu'il n'était pas justifié d'étudier une association entre des antennes de téléphonie mobile et l'apparition de pathologies." Pas justifié. Parce que le décès des enfants "peut être simplement dû au hasard". Si c'est peut-être le hasard, alors donc, pas la peine de s'embêter ! Ces antennes ont été démontées en 2003, mais les opérateurs veulent aujourd'hui à nouveau installer deux sites d'antennes relais à 293 mètres de cette école, sur un terrain appartenant à la DDE. Mais allons à l'ouest : à Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne, où des antennes relais sont implantées depuis 1993 sur un château d'eau, 30 personnes sont décédées en dix ans dans un rayon de 200 mètres. Et 17 personnes souffrent actuellement de cancer. Plus au sud, à Crest, dans la Drôme, les antennes relais sont installées depuis avril 2005 par Orange en plein centre urbain, sur le toit d'un central téléphonique, et là encore une importante surmortalité a été constatée dans une zone d'environ 300 mètres alentour. L'association ASL, qui l'a constatée, se bat depuis plus d'un an pour obtenir une étude de mortalité sur zone. En attendant, voilà Annie Lobé au tribunal. Comme avant elle Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des Toits. Les intérêts économiques de la téléphonie mobile sont si prodigieux que les opérateurs ne peuvent tolérer que des lanceurs d'alerte s'alarment haut et fort des dégâts sur la santé publique. Mais en l'occurrence, ces derniers ne sont pas mécontents de voir porté sur la place publique le débat de la dangerosité des antennes-relais. Un procès à suivre.

Mise à jour : Sur le site des militants de Next-up Organisation est téléchargeable un documentaire sur le sujet à voir absolument : Téléphonie mobile : sommes-nous tous des cobayes ? Il date de 2003. Les dangers de la téléphonie mobile continuent d'être cachés au public et de nouveaux futurs cancers se développent chaque jour.

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20 mars 2006

Danger des antennes relais : et si l'on nous mentait ?

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« Les opérateurs dissimulent les vraies expositions pour des histoires de gros sous » : pour cette phrase, prononcée dans une interview accordée au Journal du dimanche en novembre 2003, Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des Toits, est traîné devant les tribunaux par les trois opérateurs de téléphonie mobile (il s'en explique dans un entretien qu'il nous a accordé). Bouygues Télécom, qui lui réclamait 200 000 euros, a déjà obtenu sa condamnation en juillet 2005 à 5000 euros de dommages et intérêts, ce à quoi s'ajoutent 4000 euros pour divers frais. Jugement assorti d'une exécution provisoire, malgré l'appel interjeté : « En "tapant" les associations et leurs militants au porte monnaie, les opérateurs tentent d'étouffer ainsi ce qui a toutes chances de devenir demain un scandale majeur de santé publique », s'indigne Robin des Toits. Non imposable, Etienne Cendrier est incapable de payer cette somme. Aussi l'association a-t-elle lancé une souscription en sa faveur. En attendant, l'offensive juridique des opérateurs se poursuivait au pénal, le 14 mars dernier, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Mais il semble bien que le vent tourne, Orange et SFR, plaignants du jour, ayant été mis en difficulté par les témoignages d'experts indépendants cités par la défense.

Comme pour l'amiante ?

Pierre Le Ruze, chercheur spécialisé dans les effets des ondes électromagnétiques, a ainsi déploré : « Les travaux qui ne vont pas dans le sens d'une innocuité des expositions sont purement et simplement jetés à la poubelle ». Il a aussi confirmé que bon nombre des rapports officiels niant la nocivité des antennes relais sont rédigés par « le même noyau d'experts » français, financés en partie par... les opérateurs ! L'avocat de SFR a bien tenté une contre-attaque : « Est-ce qu'on peut donner raison à un lanceur d'alerte face à différentes institutions telles que l'OMS ? », a-t-il demandé à André Cicolella, un autre chercheur cité comme témoin par la défense. « Je vous renvoie à l'exemple de l'amiante», lui fut-il rétorqué. Pour mémoire, les dangers de cette fibre hautement cancérigène étaient connus dès 1906 et elle ne fut pourtant interdite en France qu'en 1997. Sur le fond de l'affaire, les opérateurs dissimulent-ils les vraies expositions, comme le prétend Etienne Cendrier ? René Dutrey, président du groupe Verts au Conseil de Paris, avoue avoir de sérieux doutes : « Au vu du relevé de mesures que je reçois dans la cadre de la campagne lancée par la ville, et où l'on trouve des résultats à zéro volt/mètre (impossible, d'après les scientifiques ! Ndlr), j'ai de fortes suspicions. Les opérateurs ont la capacité de baisser le seuil d'émission des antennes et ce sont eux qui financent toutes les mesures officielles. Ils se retrouvent ainsi juge et partie. » Au vu de tous ces élements, le Parquet a requis la relaxe, estimant que l'on pouvait légitimement douter de l'indépendance des bureaux de contrôle chargés des mesures de puissance des antennes. Une relaxe également défendue par une pétition de soutien aux lanceurs d'alerte, notamment signée par René Dutrey, l'artiste Rufus ou l'ex-ministre de l'environnement Corinne Lepage. Le verdict est attendu le 2 mai. Reste que, pour Robin des Toits, une exposition trop importante aux antennes relais pourrait entraîner migraines, troubles du sommeil, pathologies du cerveau et même cancers. Et si l'association avait raison ?

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03 mars 2006

Moi vouloir toits

« Les seuils minimaux fixés aujourd’hui nous garantissent juste contre la cuisson »

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L’association Robin des toits défend le principe d’un seuil de précaution dans les ondes émises par les antennes relais pour les télécommunications sans fil, au nom de la sécurité sanitaire. Et se heurte donc aux trois opérateurs nationaux, qui ont même attaqué en justice son porte-parole, Etienne Cendrier. Interview.

Robin des toits, c’est quoi ?

Etienne Cendrier : Une association qui milite, depuis il y a un peu plus d’un an, pour la sécurité sanitaire dans les télécommunications sans fil. Mais certains de ses fondateurs – dont je suis - travaillent sur le sujet depuis cinq ans déjà. Elle comprend une centaines d’associations adhérentes et près de 700 membres individuels.

Des actions en justice sont en cours…

Plusieurs textes établissent que les lieux de culte de l’église catholique doivent rester exclusivement cultuels et ne pas servir à une entreprise commerciale. Certains de nos adhérents, qui sont aussi des catholiques pratiquants, ont donc lancé une série d’assignations, contre les opérateurs (Bouygues, SFR et Orange) et les communes concernées, pour faire retirer les antennes relais des clochers d’églises, puisque ce sont des dispositifs commerciaux. Au fait, je précise qu’on attend toujours la position de la Conférence des évêques de France. On ne comprend pas qu’elle ne nous soutienne pas.

Vous avez trouvé une faille : la pénurie de lieux d’implantation pour les antennes a conduit les opérateurs à annexer nombre de clochers. Mais église ou pas, ce n’est pas le fond du problème…

C’est vrai. Au regard de toute la littérature scientifique internationale, la dangerosité est établie. Puisque, pour l’instant, il n’y a rien à faire, ni au niveau des industriels, ni à celui des pouvoirs publics, pour obtenir l’application d’un seuil de précaution, c’est-à-dire une limite de la dose reçue par les gens et émise par ces antennes, alors nous soutenons l’action concernant les églises. Déjà, ça règlera le problème de nuisance sanitaire à ces endroits-là. Et ce n’est pas fini, une deuxième vague d’actions en justice va suivre. Mais on arrêtera tout si on veut bien appliquer le seuil de précaution à 0,6 volt/m.

D’où sort ce chiffre ?

Les seuils auxquels nous sommes soumis actuellement viennent d’une simple recommandation européenne (non obligatoire) – et de plus contestée par le parlement européen - qui a été traduite en droit français entre les deux tours de la présidentielle de 2002, en catimini : il est, suivant la fréquence (les ondes passent par 3 fréquences différentes), de respectivement 41, 58 et 61 volt/m. Mais ils ne garantissent que contre les effets thermiques des ondes : on est garanti contre la cuisson, c’est tout ! Nous demandons le seuil de 0,6 volt/m, soutenu par de nombreux scientifiques internationaux, parce qu’en dessous de ce seuil, on n’a pas constaté d’effet nocif sur la santé. On n’arrête pas de nous balancer des rapports qui disent : « on manque de recul… », faits par une brochette de scientifiques qui ont reconnu eux-mêmes être financés par les industriels du secteur ! On ne comprend pas leur position qui tend à dire : pour l’instant, pas de problème. Tant qu’un risque n’est pas prouvé, il n’existe pas… Pas d’accord ! D’abord de nombreuses études montrent que le risque est prouvé, et de plus cette attitude, si on la transposait en sécurité routière, reviendrait à attacher la ceinture après l’accident !

Vous-même avez des ennuis avec Bouygues, Orange et SFR…

Bouygues me réclame 200 000 euros à titre personnel, à la suite d’une interview que j’avais donnée au Journal du dimanche en tant que porte-parole de Robin des toits dont je suis un militant bénévole. Ils m’accusent de diffamation et d’ « atteinte à l’honneur ». Comme Orange et SFR qui m’attaquent, eux, au pénal. On n’a pas le droit d’évoquer des affaires en cours, à cause du secret de l’instruction. Mais je peux juste dire que j’espère que ces procès seront l’occasion d’ouvrir le débat.

Entre nous, les 200 000 euros, vous les avez, non ?

Citoyen non imposable et père de deux enfants : bien sûr que je les ai ! (rires)

Interview publiée dans Coulisses Magazine de juillet 2005


Mise à jour du 20 mars : Danger des antennes relais : et si l'on nous mentait ?

Posté par Olivier Bonnet à 14:05 - Les opérateurs téléphoniques tuent - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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