10 mars 2007
Premier anniversaire demain pour ReOpen911
Le site ReOpen911, 1 460 000 visiteurs, fêtera demain son premier anniversaire et organise une rencontre à Paris autour de projections de documentaires et de conférences-débats de 14 à 19 heures (s'inscrire sur leur forum), en partenariat avec les Editions Demi Lune, qui publient cinq ouvrages sur le 11 septembre 2001, dans la collection Résistances, parmi lesquels deux titres signés David Ray Griffin, professeur à l'Université de Claremont (Californie).
Le nouveau Pearl Harbor : sous-titré Questions gênantes à l'administration Bush et s'appuyant sur les déclarations contradictoires des autorités, les articles de presse et les travaux d'autres chercheurs, l'ouvrage démonte implacablement la version officielle des événements et lance un vibrant appel à une investigation approfondie.
Omissions et manipulations de la Commission d'enquête sur le 11 septembre : l'auteur dissèque le Rapport Kean-Zelikow qu'il qualifie "au mieux d'un travail plein de vices de forme, au pire d'un ensemble de mansonges audacieux".
Son traducteur, Pierre Henri Bunel, est par ailleurs un ancien officier des services secrets, expert en incendies et explosifs. Il sera présent à la manifestation d'anniversaire de ReOpen911, en compagnie du dirigeant d'un cabinet conseil spécialisé (architecture, ingénierie), qui a participé personnellement aux travaux préparatoires de la Commission d'enquête et dont on nous annonce qu'il a des révélations stupéfiantes à faire !
Pour ceux qui considèrent que tout questionnement n'équivaut pas à du conspirationnisme et que la vérité n'est toujours pas établie au sujet des attentats du 11 septembre, une manifestation à ne pas rater.
07 décembre 2006
Dominique Baudis : vive la calomnie !
Après une première condamnation pour diffamation à l'encontre de l'ex-gendarme Michel Roussel, à l'époque reponsable de l'enquête sur les affaires Alègre, Dominique Baudis a été une nouvelle fois condamné pour le même motif, ce coup-ci contre un journaliste de La dépêche du Midi, Gilles Souilles. Pas plus que l'ancien directeur de la cellule Homicide 31 n'était coupable d'avoir orienté les témoignages des deux anciennnes prostituées qui avaient impliqué l'ex maire de Toulouse et actuel président du CSA, le journaliste n'a "égaré" ni "intoxiqué" volontairement ses confrères pour mettre en cause Baudis, comme il le prétend dans son livre. Ainsi en a jugé le tribunal correctionnal de Paris le mardi 5 décembre. Baudis écope de 1000 euros d'amende... avec sursis. Une mansuétude à rapprocher de la sévérité avec laquelle Roussel avait été traité, condamné à 12 000 euros pour avoir impliqué le magistrat Marc Bourragué, produisant pourtant des preuves que le tribunal avait jugées irrecevables. Ce même magistrat, lourdement accusé par le rapport Bréard que la Chancellerie refuse toujours de rendre public, attaque derechef l'infortuné Roussel, qui comparaîtra demain, toujours devant le tribunal correctionnel de Paris (17è chambre, audience à 14 h). Un jugement dont nous ne manquerons pas de vous informer. En attendant, quand on se prétend Face à la calommnie, la défense qui consiste à diffamer ses contradicteurs ne discrédite-t-elle pas totalement son auteur ?
26 novembre 2006
Karl Zéro : dans les médias dominants, pas touche au 11 septembre !
"Ce n'est pas une théorie de la conspiration que de dire que quand tu es dans les médias dominants, les médias "officiels", y'a des trucs que t'as pas le droit de dire !" De quoi parle donc Karl Zéro, interviewé par la blogueuse Natacha Quester-Séméon ? Du 11 septembre : son avis sur la question ? "Je ne pense pas que, tout seuls, les mecs soient capables, avec des cutters et des barbes, de détourner deux avions et de les foutre dans les tours du 11 septembre. Je pense que l'administration américaine à fermé les yeux. (...) Quand on nous dit qu'ils avaient besoin d'une bonne raison d'envahir l'Irak, c'est vrai. C'est horrible d'avoir fait ça, mais je pense qu'ils l'ont fait." Mais alors, pourquoi ne pas avoir abordé la question dans le Vrai journal sur Canal + ? "Parce que c'était impossible. La direction de la chaîne disait : "non, on ne touche pas à ça". Dès qu'on disait : "on pourrait faire un truc qui donne un peu la parole aux deux", "non, tu ne peux pas." Dans la famille des tabous médiatiques, le 11 septembre se pose bien là !
A lire aussi sur ce sujet Omerta sur le 11 septembre 2001.
13 octobre 2006
OGM : maintenant, ça suffit !
Les OGM sont là. Sans débat, de façon insidieuse, à l'insu du consommateur, au mépris des opinions publiques. Les citoyens peuvent-ils encore reprendre le contrôle ? Etat des lieux.
Surtout ne vous inquiétez pas : les Organismes Génétiquement Modifiés sont strictement contrôlés, les parcelles cultivées le sont pour expérimentation scientifique, elles ne contaminent pas des champs alentour, on n'en trouve pas dans nos assiettes. On étudie d'abord les conséquences environnementales et l'impact éventuel sur la santé publique avant d'exploiter des OGM, c'est l'application même du principe de précaution. Vraiment ? C'est bien l'attitude raisonnable, responsable, que les autorités devraient adopter sur ce dossier. Rappelons les risques : contamination du sol, d'autres plantes, apparition d'insectes résistants, impact sur les insectes utiles comme les abeilles par exemple, développement d'allergies et apparition de nouvelles pathologies chez l'homme et l'animal... Avec les réactions en chaîne, les scientifiques sont aujourd'hui incapables de prédire quelles conséquences pourrait avoir une OGMisation massive de l'agriculture. On a eu le poulet à la dioxine, les farines animales et leur vache folle... N'est-il pas temps d'arrêter de jouer les apprentis sorciers ? Or que se passe-t-il dans la réalité ? Les OGM, portés par les millions de dollars des multinationales, sont déjà en train de coloniser la planète, dans l'opacité sournoise. La firme Bayer est directement accusée par Greenpeace d'être "responsable d'une contamination mondiale du riz par son riz transgénique non autorisé", provenant de champs expérimentaux aux Etats-Unis, qu'on a déjà retrouvé dans 13 pays, chiffre provisoire dans l'attente de nouveaux tests. Or le riz est la denrée alimentaire la plus importée au monde. Donc la dissémination s'opère bel et bien, et en dehors de tout contrôle démocratique.
Une opinion massivement contre
Prenons par exemple le pouls de l'opinion française sur le sujet : le sondage du 15 septembre réalisé par CSA pour Greenpeace révèle que 58
% des personnes interrogées demandent une interdiction temporaire de la
production et de la consommation d’OGM, le temps d’évaluer leurs conséquences
sur l’environnement et la santé, 28 % allant jusqu’à exiger leur interdiction
pure, simple et définitive. Soit au total une majorité de 86% des Français hostile aux OGM ! Vous n'en voulez pas ? Bouffez-en quand même. « Pour l’instant, les OGM pénètrent dans la chaîne alimentaire à l’insu
des consommateurs et malgré leur opposition. 80 % des plantes
transgéniques cultivées dans le monde servent à nourrir les animaux
d’élevage à partir desquels on fabrique des produits : laitages,
charcuterie ou plats cuisinés. Dans ce cas, la réglementation
européenne n’impose aucun étiquetage, privant ainsi les citoyens de
repères », explique l'organisation écologique. Elle édite un Guide des produits avec ou sans OGM (téléchargeable gratuitement ici) qui distribue tableaux d'honneur et bonnets d'ânes : « Bonne nouvelle au rayon fromages : Comté, Laguiole, Rocamadour… les
fromages d’appellation d’origine contrôlée (AOC) sont aujourd’hui
élaborés sans aucune utilisation d’OGM. (...) Seul
Heinz Frozen and Chilled foods garantit que ses petits pots pour bébé
sont élaborés sans OGM. Bonduelle fait de même pour ses poêlées, ainsi
que Barilla pour ses pâtes aux œufs (contrairement à son concurrent
Panzani). Bravo aussi à la filière qualité Carrefour (FQC), dont la
charte exclut les OGM depuis 1991. Dommage pour les gourmands : rares
sont les biscuits et autres confiseries à bannir les OGM. Ceux qui se
soucient de leur ligne ne sont guère mieux lotis : rien ne garantit que
les OGM ne sont pas utilisés dans l’élaboration des produits
diététiques Weight watchers, Slim fast, Distriborg ou Gerlinéa.
Concernant les produits laitiers, c’est pareil. Lactalis, Nestlé,
Yoplait ou Danone : pas une marque pour rattraper les autres. » Et non, les rayons de nos supermarchés ne sont pas sûrs !
« L’étendue de cette contamination génétique réclame une réponse urgente. Ce riz et ses produits dérivés peuvent être dans les rayons des supermarchés n’importe où dans le monde », s'alarme le responsable de la campagne OGM de Greenpeace France, Arnaud Apoteker. Que peut alors faire le citoyen et consommateur lambda ? « Avec ce Guide, nous voulons offrir à tous un moyen simple de ne pas consommer des produits dont la fabrication peut avoir fait intervenir des OGM. Le pouvoir est dans le caddie ! En privilégiant les produits classés en vert, les consommateurs font pression sur les industriels. Ils protègent à coup sûr leur santé et ils agissent concrètement pour barrer la route aux OGM et préserver l’environnement. » D'autres écologistes, ceux de CAP 21, le mouvement de Corinne Lepage, lancent eux aussi l'alerte : "La contamination génétique (des aliments) a pris une ampleur internationale". Ils citent de la nourriture pour bébés en Chine, la quasi totalité des farines de maïs et des céréales au Nicaragua, mais aussi du riz et des pâtes vendus en Allemagne, en Angleterre et... en France. Et de fait, la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes a fait savoir il y a deux jours que des traces d'OGM avaient été détectées sur 11 échantillons de riz américain, qui ont par conséquent été retirés des étals français. Nous sommes sauvés ! Jusqu'aux prochains arrivages, inéluctables.
28 septembre 2006
Affaires Alègre : lettre ouverte à Bernard Giraudeau
Cher Bernard,
Je
me permets de vous donner du "cher Bernard" parce que je vous estime, à
la fois comme artiste et homme. Plusieurs membres de ma famille ont eu
l'occasion de travailler avec vous en tant qu'agents artistiques et ils
sont unanimes pour louer votre fidélité à vos idées et valeurs. C'est
justement la raison pour laquelle je vous interpelle aujourd'hui : vous
auriez accepté de participer au téléfilm Notable donc coupable,
réalisé pour France 2 par Francis Girod, mais votre accord ne peut
s'expliquer que par une méconnaissance du dossier. On ne vous en
blâmera pas, chacun son métier. Vous savez bien sûr que le scénario est
écrit par les auteurs du livre Le bûcher de Toulouse, les journalistes Marie-France Etchegoin et Matthieu Aron, ouvrage censé
mettre un point final aux affaires Alègre. Mais ce que vous devez
ignorer, c'est que la version qu'ils délivrent est éminemment
contestée, notamment par l'association Stop à l’oubli,
qui regroupe des familles de victimes réclamant inlassablement la
vérité dans 48 dossiers de crimes ou de disparitions non-élucidés. Son
président, Gabriel Loubradou, dans une lettre adressée au président de
la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau, dresse
un état des lieux implacable : "Depuis trop longtemps, la justice toulousaine est montrée du doigt
pour de nombreuses affaires de disparitions, de meurtres classés en
suicides, de
meurtres non élucidés et pour des dysfonctionnements de
toutes sortes qui ont permis au tueur en série Patrice Alègre d’agir
en toute impunité durant une douzaine d’années (disparitions de
scellés, refus d’entendre certains témoins, menaces, entraves à la
recherche de la vérité et autopsies bâclées par deux médecins légistes)."
L'association recense ainsi par exemple 17 "suicides à la toulousaine",
ces cas flagrants de meurtres qu'on tente contre l'évidence de
camoufler. Saviez-vous par exemple, cher Bernard, que Hadja Benyoucef a
été retrouvée "suicidée" avec une corde au cou, une couche-culotte
pliée en huit dans la bouche et un couteau à travers la gorge ? Ou
qu'Edith Schleichardt, au cadavre découvert sur le bord d'une route,
jupe relevée, une bombe lacrymogène entre les cuisses, avec six dents
cassées et un éclat d'émail dans la gorge, dont l'autopsie a conclu à
la probable "mort violente avec intervention d'une tierce personne",
s'est pourtant "suicidée" elle aussi ? Stop à l'oubli a collecté nombre
de faits et témoignages concordants autant qu'explosifs sur les liens à
Toulouse entre policiers, milieu, notables et magistrats-enquêteurs, le
tout couvert par les deux derniers ministres de la justice.
Un magistrat en travers des procédures contre Patrice Alègre
Le premier garde des sceaux incriminé, Dominique Perben, a fait nommer procureur général Michel Barrau, l'homme qui n'eut de
cesse de faire
systématiquement obstacle aux investigations du juge Halphen sur les
milliards engrangés par la Chiraquie, l'étouffeur en chef des affaires gênantes pour le pouvoir ou ses amis. Le second, Pascal Clément,
a en sa possession un rapport écrit par l'ancien procureur de Toulouse,
Michel Bréard, qui met très gravement en cause l'ancien substitut
Pierre Bouragué, comme le révèle le journaliste Aziz Zemouri dans les
colonnes du Figaro : "Le haut magistrat s'étonne de le retrouver régulièrement en travers
des procédures qui mettent en cause Patrice Alègre. Michel Bréard fait
notamment état des témoignages de trois policiers qui ont reconnu
l'ancien substitut comme étant le magistrat présent, avant l'arrivée de
la police, sur les lieux du meurtre de Line Galbardi en 1992, crime
dont Alègre est suspecté. Marc Bourragué a toujours démenti. Mais
l'ancien procureur de Toulouse rapporte qu'en niant par écrit ces
faits, Marc Bourragué pourrait être inquiété pour "un délit
d'attestation faisant état de faits matériellement inexacts". Et
ce n’est pas tout ! Le journaliste précise aussi que le nom de
Bourragué figure dans le dossier de la disparition d'Hélène Loubradou,
la fille du président de Stop à l'oubli : "Lorsque le lieutenant-colonel de gendarmerie se saisit de
l'affaire, qui informe-t-il ? Marc Bourragué, spécialisé dans les
affaires financières au parquet".
On peut s'interroger sur le rapport entre les affaires financières et
la disparition de cette jeune femme de 26 ans... Mais le rapport avec
Bourragué ? Toujours le même, Patrice Alègre. Hélène Loubradou a en
effet noté dans son journal intime pour le jour de sa disparition un
rendez-vous avec "Pat", dans un bar juste devant le lac où Alègre avait
l'habitude de pêcher, et une photo est montrée au serveur de la
brasserie, qui reconnaît la disparue et dit l'avoir vue en compagnie
d'un homme dont le signalement correspond à celui d'Alègre. Mais le
lieutenant-colonel - dont on se demande pourquoi il a
prévenu Bourragué -, contre toute attente, n'ouvre pas d'enquête. Les hallucinantes révélations sur le rôle de Bourragué contenues dans le rapport Bréard,
qui dort dans un coffre-fort de la chancellerie depuis janvier 2005,
n'ont toujours pas été rendues publiques par Pascal Clément. Il a
chargé notre spécialiste de l'enterrement d'affaires cité plus haut, le
procureur général Michel Barrau, de déclarer avec un toupet ahurissant
: "ce rapport n'a révélé après examen aucun fait de nature à entraîner des poursuites disciplinaires ou pénales".
Tout va bien, donc. Chiche qu'on le publie, alors ! Mais le président
de Stop à l'oubli, malgré les rapprochements évidents dès le départ
avec Patrice Alègre, aura tout de même dû attendre 14 ans pour que le
dossier de la disparition de sa fille soit enfin rouvert. Lorsque
Gabriel Loubradou rencontre en 2003 le chef de la nouvelle section
Homicide 31, le gendarme Michel Roussel.
Une version déjà condamnée pour diffamation
Loubradou raconte ainsi son entrevue avec l'enquêteur : "Il
me faisait répéter ce que j'avais déjà dit aux gendarmes. La première
enquête datait de 1989, tout de même ! C'est alors que Roussel, excédé,
me montre enfin mon dossier : il était vide. J'étais stupéfait. Toutes
les pièces que j'avais fournies ainsi que les témoignages avaient
disparu. Je commence à comprendre qu'on s'était moqué de moi pendant
tout ce temps-là. Je me rends compte aussi que mon cas n'est pas isolé
: d'autres dossiers de "disparitions" ou de crimes maquillés en
suicides ont subi le même sort que le mien." De tout cela, sera-t-il question dans
Notable donc coupable
? Evidemment pas. Etchegoin et Aron, les scénaristes de cette
"fiction", relaient de façon zélée la version officielle, celle de
Dominique Baudis. Qu'il défend dans son livre Face à la calomnie, pour lequel il a été condamné à deux reprises pour diffamation envers Michel Roussel. L'ouvrage même adapté pour le film, Le bûcher de Toulouse, est poursuivi par la famille d'une des victimes, Line Galbardi, pour "atteinte à la dignité de la victime" et "outrage à la justice". La plainte devait être examinée le 29 mai dernier mais le tribunal de Toulouse, à la stupéfaction générale, s'est finalement déclaré "territorialement incompétent". Parce que Dominique Galbardi ne lui a pas fourni le ticket de caisse prouvant qu'elle avait bien acheté Le bûcher de Toulouse à... Toulouse ! La plaignante a évidemment fait appel. Que cache cette ahurissante décision,
jamais vue dans les annales de la justice française ? Fallait-il éviter
que le livre ne soit condamné avec d'en tirer un film ? Dans ce cas,
c'est raté : le 22 septembre dernier, la 17è chambre du tribunal
correctionnel de Paris a condamné l'éditeur Grasset pour diffamation, à
la suite d'une plainte déposée par l'ancien procureur Bréard lui-même -
celui du rapport enterré par Clément ! En janvier, c'est Dominique
Baudis qui sera jugé à son tour, "exactement pour les mêmes raisons qui viennent d'entraîner la condamnation" du Bûcher de Toulouse, précise l'avocat de Bréard, Maître Jacques Lévy.
France 2 lave plus blanc le président du CSA
Voilà donc l'histoire, déjà condamnée par la justice comme diffamatoire, que vous vous apprêtez à tourner.
Voilà la version que le grand public prendra forcément pour argent comptant, diffusée en prime time sur le service public et servie par des interprètes de votre trempe. Voilà
pourquoi, cher Bernard, je vous demande aujourd'hui de revenir sur
votre accord de participer à ce qui s'apparente à une opération de
désinformation. Une pantalonnade où il est décidé de raconter à sa
façon une affaire qui implique le président du Conseil Supérieur de
l'Audiovisuel, alors même que des procédures judiciaires sont toujours
en cours. Mais que l'on se rassure, on attendra pour diffuser l'oeuvre
que Baudis ait quitté la présidence du CSA ! Ne laissez pas
instrumentaliser votre talent de comédien et votre popularité au
service de la propagation d'une vérité officielle qui ne peut
convaincre quiconque se penche sur le dossier. Ne vous faites pas le
porte-parole du mensonge d'Etat, pas vous ! Pour finir de vous en
convaincre, lisez donc l'effrayant communiqué publié le 2 juin 2003 par
l'association Survie*, avec pour titre De Toulouse à Paris et à la
Françafrique : Débauches mortelles, méga-corruption et coopération
mafieuse sous le même édredon judiciaire ? (texte à lire en entier sur le site de l'association), qui commence ainsi : "Sans entrer prématurément dans le détail et le degré
des culpabilités, il est déjà clair que le serial killer et violeur en
série Patrice Alègre n'a longtemps pu agir en toute impunité que grâce
à des protections policières, judiciaires et politiques considérables.
Au-delà d'un séisme provincial, ce contexte rappelle une composante
taboue de la très grande corruption en France et de la criminalité
françafricaine (en Afrique et en France) : l'appartenance à des cercles
d'initiés. Un mode d'"initiation", parmi d'autres, est la participation
à des "partouzes" filmées, voire à des séances de crimes sexuels
(viols, pédophilie, tortures, dégénérant en certains cas extrêmes
jusqu'au meurtre des victimes). Un point commun à tout cela : tenir un certain nombre de gens par le chantage."
Mise à jour : suite au décès de Francis Girod, c'est à présent Dominique Béron qui est en charge de la réalisation du téléfilm. Bernard Giraudeau a fait savoir qu'il n'avait jamais été contacté pour tenir le rôle de Dominique Baudis. Dont acte. Charles Berling, par contre, l'a accepté. Et Antoine de Caunes figure également au sein du casting, dans le rôle de... Karl Zéro ! Un peu de conscience citoyenne, messieurs, que diable !
* : Survie est une association (loi 1901), fondée par le regretté François-Xavier Verschave, qui mène des campagnes d’information et d’interpellation des citoyens et des élus pour une réforme de la politique de la France en Afrique et des relations Nord-Sud, à la création inspirée par le manifeste-appel de 126 prix Nobel contre la faim et pour le développement (1981).
Article publié sur Le Monde Citoyen.
25 août 2006
"Complot de Londres" : jusqu'où va l'intox ?
Huit personnes ont finalement été inculpées pour avoir comploté en vue
de faire exploser plusieurs avions entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Mais
les autorités restent bien floues sur la date prévue pour les attentats. Aucun
des inculpés n’avait par exemple acheté ni réservé de billet d’avion. Certains
ne possédaient même pas de passeport, qui ne s’attribue pas en quelques jours.
Ces hommes étaient déjà surveillés depuis des mois par les services secrets et
sur la liste noire des aéroports. Pourquoi les avoir arrêtés le 10 août, avant
même qu’ils n’aient commencé à mettre leur nébuleux projet à exécution ?
La méthode suggérée pour cette vague d’attentats est en outre hautement
fantaisiste. On ne nous dit pas si l’explosif liquide contenu dans des bouteilles de limonade énergétique était de la
nitroglycérine ou du TATP. Et pour cause : la première demeure hautement
instable, susceptible d’exploser au moindre choc, et le second ne peut être
combiné à bord qu’en s’enfermant trois heures dans les toilettes, le temps de
la cristallisation du liquide en poudre explosive, au milieu d’émanations de
gaz toxiques, pour s’y livrer à des manipulations extrêmement dangereuses avec
bien peu de chance de réussir. Certaines voix s’élèvent donc, parmi lesquelles
celle de Craig Murray, ambassadeur britannique en Ouzbékistan de 2000 à 2004,
viré comme un malpropre pour avoir dénoncé la complaisance anglaise vis-à-vis de la torture locale, qui remarque que ces arrestations spectaculaires et ce « nouveau 11
septembre » empêché juste à temps tombent à pic pour servir le discours politique de Londres et de
Washington, dans le contexte du soutien à Israël au Liban. « Il
s’agit davantage de propagande que d’un complot terroriste », écrit-il
ainsi. Jusqu’où va l’intox ?
12 août 2006
Affaire Alègre : Baudis condamné pour diffamation
Quel comble de titrer son livre Face à la calomnie et d'être condamné pour diffamation ! Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse et actuel président du CSA, dans le plaidoyer qu'il a publié pour se défendre de sa mise en cause dans l'affaire Alègre, accusait l'ex-gendarme Roussel, à l'époque directeur de l'enquête, d'avoir orienté les témoignages des deux anciennnes prostituées qui l'avaient impliqué. Baudis avait déjà été condamné en première instance et la Cour d'Appel de Toulouse a confirmé la diffamation le 9 août. La sanction financière a par contre été réduite. Le président du CSA devait acquitter 1000 euros d'amende, confirmés en appel, mais le montant des dommages et intérêts qu'il devra verser à Michel Roussel
n'est plus que de 1000 euros, contre 3000 en première instance. Son éditeur, Fixot, d'abord condamné à 3000 euros d'amende et autant de dommages et intérêts, ne paiera plus pour sa part que 2000 euros d'amende et 1000 euros à l'ex-gendarme. On voit mal ce qui a conduit à cette magnanimité, d'autant plus discutable quand on sait que Michel Roussel a été condamné, lui, à 12 000 euros, également pour diffamation, à la suite d'une interview qu'il avait accordée à La Dépêche du Midi, où il accusait un magistrat d'avoir menti à la justice, toujours dans cette affaire Alègre. Or l'ex-gendarme possédait les preuves de ce mensonge, mais le tribunal les a jugées irrecevables * ! L'un, Roussel, dénonce un mensonge avéré, proféré par un magistrat devant la justice de son pays : cet officier public a prétendu ne pas s'être trouvé sur la scène d'un crime alors que sa présence est attestée par les procès-verbaux et le témoignage d'une
journaliste. Mais c'est le magistrat menteur qui gagne et celui qui dit la vérité qui prend 12 000 euros, pour la peine ! L'autre, Baudis, accuse l'enquêteur de malhonnêteté sans le moindre commencement de preuve et il s'en tire avec 2000. Inutile de préciser que les revenus et trains de vie de Dominique Baudis et Michel Roussel sont incomparables ! "Selon que vous soyez puissant ou misérable"... Reste que le tribunal a réfuté le fait que l'ex-gendarme ait orienté les témoignages gênants pour Baudis. Et que l'affaire Alègre conserve d'énormes zones d'ombre : plusieurs témoins déclarent que le tueur a été longtemps protégé par des policiers, Roussel dénombre 190 assassinats non élucidés… L’organisation Stop à l’oubli réunit des familles de victimes, qui continuent de réclamer la vérité sur l’affaire, et livre un implacable état des lieux en énumérant "ces disparitions, ces assassinats camouflés en suicide et ces enquêtes tronquées, déformées, bâclées, etc." La lumière sera-t-elle enfin faite un jour ?
* : Il faut sauver le gendarme Roussel
Mise à jour du 7 décembre : Deuxième condamnation pour des propos diffamatoires tenus dans Face à la calomnie !
29 juillet 2006
Omerta sur le 11 septembre 2001
A l'heure où l'imminence de la sortie du dernier film d'Oliver Stone, le 9 août aux Etats-Unis (et le 20 septembre en France) - vous pouvez en visionner ici la bande-annonce - fait à nouveau parler des événements du 11 septembre 2001, force est de constater, presque cinq ans après, qu'il règne à leur propos dans les médias un véritable terrorisme intellectuel.
Toute réflexion critique, toute enquête factuelle sur le 11 septembre se voit aussitôt accablée de l'épithète de "conspirationniste" et ainsi promptement disqualifiée. Or, le fait que certaines théories hautement fantaisistes aient circulé - merci Thierry Meyssan ! - ne devrait pas suffire à discréditer ainsi toute recherche sur le sujet. Carlo Revelli, fondateur d'Agoravox, a ainsi publié récemment un article à propos d'un livre dont la version française est sortie en avril dernier dans un silence assourdissant, Comment le Djihad est arrivé en Europe. Son auteur, Jürgen Elsässer, est un historien et journaliste allemand spécialiste
des Balkans, ancien rédacteur en chef du quotidien Junge Welt, au travail unanimement respecté. Que nous apprend son ouvrage? Une synthèse de son propos est en ligne sur le site d'Elsässer : "L'alliance " afghane " entre les États-Unis et les moudjahiddin a écrit une nouvelle page de son histoire dans les Balkans, et il n'y a rien d'étonnant à ce que les plus importants suspects du 11 septembre y aient vécu leur baptême du feu. (...) ce n'est que grâce aux influences occidentales que les courants musulmans modérés, qui y détenaient le pouvoir, ont pu être écartés au profit des partisans de la Guerre sainte. (...) le poids militaire des guerriers de Dieu était faible jusqu'à l'élection de William ("Bill") Clinton à la présidence des États-Unis en 1993, cependant que leur équipement s'organisait grâce à l'Iran, l'ennemi de toujours. Les services secrets américains ont vigoureusement bâillonné les officiers des Nations Unies qui critiquaient ces entorses à l'embargo international sur les armes. L'entreprise mercenaire MPRI y a joué un rôle prépondérant sur mandat du Pentagone avant de prendre le contrôle de l'armée bosniaque dès l'entrée en vigueur du cessez-le-feu de Dayton en 1995. Au lieu d'écarter les guerriers de Dieu, comme l'expliquent les légendes dorées de Washington, MPRI a engagé les combattants les plus capables et les a formés en Albanie, qui était à l'époque sous la coupe des
hommes de confiance de ben Laden (...) on peut se poser la question de savoir si al Qaïda existe bel et bien ou si ce n'est pas un concept de propagande qui fait partie de la politique étrangère américaine, puisque plusieurs des terroristes en chef sont fortement soupçonnés de travailler aussi pour les services secrets occidentaux. Cela concerne aussi les principaux suspects des attentats du 11 septembre, et en particulier les deux cerveaux présumés de l'affaire." Voilà tout de même des éléments qui auraient dû rencontrer davantage d'écho médiatique !
Jean-Pierre Chevènement : "une mine de révélations"
Surtout en France, dans la mesure où la préface de l'ouvrage a été écrite par rien moins qu'un ancien ministre de l'Intérieur, en l'occurrence Jean-Pierre Chevènement. Qui n'y va pas avec le dos de la cuiller pour en vanter les qualités. Il parle en effet d' "une mine de révélations" et écrit : "Les attentats du 11 septembre 2001 à New-York, de Madrid le 11 mars 2003, et du 7 juillet 2005 à Londres, font tous émerger des personnages qui, à des titres divers, ont été des vétérans des guerres de Bosnie. Il semble qu’il s’agisse là de connexions si gênantes qu’il faille absolument les taire ou les dissimuler." Et de fait, on n'en parle pas. L'auteur de ce livre si dérangeant a accordé une interview à la journaliste suisse Silvia Cattori, publiée par exemple sur Bellaciao, où il tient des propos proprement renversants : "Tous les grands attentats, à New York, à Londres, à Madrid, n’auraient jamais eu lieu sans le recrutement par les services secrets américains et britanniques de ces djihadistes à qui l’on attribue les attentats. (...) Les informations que j’ai collectées à de multiples sources démontrent que ces djihadistes sont des marionnettes entre les mains de l’Occident et non pas, comme on le prétend, des ennemis." Un autre passage de l'interview projette un éclairage nouveau sur l'actuelle crise au Proche-Orient : "Immédiatement après le 11 septembre, un certain nombre d’agents israéliens ont été arrêtés aux États-Unis. Ils étaient présents sur les lieux où se préparaient les attentats. Il y a des analystes qui disent que c’est là une preuve qu’Israël était directement impliqué dans ces attentats. Mais cela pourrait également signifier autre chose. Il se pourrait que ces agents observaient ce qui se passait, qu’ils étaient au courant que les services secrets américains soutenaient ces ‘terroristes’ dans la préparation de ces attentats, mais qu’ils garderaient leur savoir pour s’en servir au moment opportun, et pouvoir exercer un chantage le moment venu : ‘Si vous ne soutenez pas davantage Israël, nous allons livrer ces informations aux médias’. Il y a même une troisième possibilité, à savoir que ces espions israéliens voulaient prévenir les attaques mais ont échoué. En ce moment, nous savons seulement que ces types étaient sur place et qu’ils ont été arrêtés. Des investigations supplémentaires sont nécessaires." Quel rapport donc entre le Mossad et le 11 septembre ? Une autre question qui mériterait d'évidence un approfondissement ! Encore une fois, soulignons qu'Elsässer n'a rien d'un hurluberlu conspirationniste...
Aucune preuve contre Ben Laden !
Carlo Revelli relève aussi qu'il n'existe aucune preuve de l'implication de Ben Laden dans les attentats du 11 septembre, citant en cela le... FBI lui-même ! Rex Tomb, son responsable chargé de la publication de la liste des dix criminels les plus recherchés, déclare en effet : "La raison pour laquelle le 11 septembre n’est pas mentionné dans l’avis de recherche de Ousama Ben Laden est que, à ce jour, le FBI n’a pas de preuves tangibles de son implication dans ces attentats. Formellement, Ben Laden n’est accusé de rien par rapport au 11 septembre. Le travail du FBI est de réunir des informations et des preuves. (...) Dans le cas du 11 septembre, il n’a été accusé de rien car le FBI n’a pas de preuves attestant son implication dans les attentats de 9/11." Vous pouvez consulter la fiche officielle du FBI sur ben Laden et ainsi constater qu'effectivement, aucune mention n'y est faite du 11 septembre. Etonnant, non ? Laissons la conclusion de cet article à Jean-Pierre Chevènement, en citant à nouveau sa préface : "Le livre de Jürgen Elsässer est fort instructif sur le rôle des services spéciaux dans la manipulation des conflits (et des opinions publiques droguées aux idéologies identitaires). (...) Saluons son immense travail et la contribution salubre que son livre apporte à un débat démocratique débarrassé des a priori trompeurs qui obscurcissent la compréhension des enjeux et retardent l’heure d’une paix juste". Raté, Jean-Pierre, puisque personne n'en parle !
Mise à jour : Oussama Ben Laden apparaît dans des vidéos récemment diffusées, dialoguant avec deux futurs kamikazes du 11 septembre.
Giuletto Chiesa : "Il n'est plus possible de se taire"
En complément, nous publions un texte récemment écrit par le journaliste et euro-député italien Giuletto Chiesa, qui siège dans le groupe parlementaire Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, et dont l'appartenance à la Conférence Axis for Peace, émanation du Réseau Voltaire, ne suffit pas à balayer d'un revers de manche les pertinentes questions qu'il soulève à propos du 11 septembre.
« A propos du 11 septembre: qui est le comploteur ? Celui qui accepte la version officielle, selon laquelle 19 inadaptés, guidés par
un monsieur qui ne sait pratiquement rien de ce qu’ils sont en train de faire, et qui se trouve à une distance de 20 000 Km, dans une grotte afghane, arrivent à réaliser 75 % de leurs objectifs (trois avions sur quatre) en tuant environ 3000 personnes et en semant la panique la plus totale dans la première et unique superpuissance mondiale ? Ou bien, celui qui ne croit pas à une telle fantaisie, ridicule et insoutenable version des faits, et demande, simplement, qu’on lui en donne une version plus crédible, correspondante aux données qui vont désormais s’accumulant depuis cinq ans et ne peuvent plus être démenties ?
Bien que le complot soit, selon toute évidence, celui qui est décrit et fourni par l’Administration américaine; bien qu’on ait tous la preuve que le président des Etats-Unis, et son adjoint, sont des menteurs patentés; bien que ceux-ci aient déjà fait mourir (en Irak), en les envoyant combattre sur la base d’une série de mensonges criants, au moins autant d’américains que ceux qui sont morts dans les attentats du 11 septembre (sans compter les morts civils en Afghanistan et en Irak, qui, pour l’occident, ne comptent de fait pour rien); bien que tout ceci soit déjà largement connu, ce sont ceux qui demandent la vérité qui sont qualifiés de «comploteurs» et leurs idées «des théories du complot».
Et qui sont les accusateurs ? Tous les plus importants organes d’information du monde. Lesquels, au lieu de faire du journalisme, en soumettant la version officielle aux vérifications normales que requiert toute version officielle, sont devenus des mégaphones propagandistes, attachés de presse du gouvernement étasunien. Depuis cinq ans, une chape de silence lourd comme le plomb est tombée sur l’affaire qui «a changé l’histoire du monde». Rien de moins. On a continué à parler du 11 septembre, comme d’un mantra répété à l’obsession; de ses conséquences, la guerre contre le terrorisme international, on a rempli les pages et les écrans du monde entier. Mais toute question a été tue. Au contraire, les rares individus qui essayaient d’opposer quelque timide objection, en se fondant sur les plus gigantesques incongruités de la version officielle, c’est-à-dire du complot officiel, étaient simplement tournés en dérision, quand ils n’étaient pas traités de fous, déments, ou dangereux alliés de ces terroristes islamiques.
Arrivé en ce point, le mainstream de l’information s’est tu, a menti, déformé les faits, intimidé, censuré en s’autocensurant, au point de contraindre à en conclure que s’il y a eu un complot, ça a été celui des grands médias d’information : pour empêcher que le vrai complot, officiel, soit découvert et dénoncé. Une colossale opération de détournement de l’attention a été accomplie et la tromperie est devenu un fait historique d’une puissance granitique telle qu’il ne peut plus être, je ne dis pas démoli, mais même rayé de la moindre ombre de doute.
Mais, à cinq années de distance, les fissures se sont élargies dans le mur de silence. Et il n’est plus possible de se taire, pas même aux Etats-Unis où parler équivaut à être taxé de terroristes (en Italie à peine un peu moins). (...) le 23 mai précisément, le premier sondage d’opinion en la matière, effectué aux Etats-Unis par le très autorisé Zogby, pour le compte du groupe de recherche «Vérité sur le 9/11» (celui qui a organisé une grande rencontre qui s’ouvre ces jours ci à Chicago) a permis de découvrir que 45 % des américains trouvent acceptable l’idée de rouvrir l’enquête sur les attaques du 11 septembre, pendant que 42 % pensent qu’il y a eu un complot (cover up), mais que ceux qui l’ont mené, pour cacher la vérité, ce sont les autorités fédérales. Ils sont minoritaires, ceux qui pensent ça, mais ils ne sont plus «marginaux». Peut-être est-ce pour cette raison que quelque chose commence à filtrer, pour empêcher que le petit ruisseau ne devienne un torrent. C’est ainsi que sortent des films mystérieux qu’on gardait secrets, auparavant. Et d’autres choses sortiront, pour hausser des écrans de fumée, et brouiller les pistes. Le meilleur va arriver, il suffit d’être attentifs, et d’ouvrir les yeux. »
Les italiophones peuvent consulter le site de Giuletto Chiesa.
21 juin 2006
Il faut sauver le gendarme Roussel
L'ex-directeur d'enquêtes sur l'affaire Alègre vient d'être condamné pour diffamation. Les preuves qu'il disait vrai ont été jugées irrecevables. Comme toujours, on étouffe la vérité en frappant ses messagers au portefeuille.
"Un gendarme est un militaire. Un militaire ne recule pas devant
le danger. Le plus dangereux est de perdre ses convictions et son honnêteté
pour sauvegarder un confort matériel ou de carrière."
Suivant cette profession de foi, l'adjudant Michel Roussel, enquêteur à la Section de recherche de la gendarmerie de Haute-Garonne,
a travaillé durant six ans sur l'affaire Alègre, rencontrant pour la première
fois le tueur de Toulouse le jour de son arrestation, le 5 septembre 1997. En 2000, il
dirige la cellule Homicide 31, spécialement créée pour "rechercher d’autres victimes potentielles" : poursuivre l'investigation,
au-delà des six viols suivis, pour cinq
d'entre eux, de meurtre, dont Alègre a déjà été jugé coupable en 2002, exhumer des dossiers oubliés et
chercher les liens éventuels. Six nouveaux cas de viols et de meurtres
sont ainsi mis à jour, pour lesquels Alègre est mis en examen. Mais il reste
d'énormes zones d'ombre dans l'affaire de Toulouse, plusieurs témoins déclarent
qu’Alègre a été longtemps protégés par des policiers, Roussel dénombre 190
assassinats non élucidés… L’organisation Stop à l’oubli réunit des
familles de victimes qui continuent de réclamer la vérité sur l’affaire Alègre,
et livre un implacable état des lieux en se dressant « Face à ces disparitions, ces assassinats camouflés
en suicide et ces enquêtes tronquées, déformées, bâclées, etc., face au mépris
des fondements même de notre justice égalitaire, pilier de notre
république. » Tant de mystères encore à
élucider... Le directeur d’enquêtes Roussel quitte pourtant la gendarmerie au
printemps 2003, à la suite du tsunami médiatique lié à la mise en cause de
notables (et de Baudis), parlant du « déferlement qui nous a
submergés » et s’excusant auprès des familles de ne pouvoir aller plus
loin. Il témoigne de son vécu sur toute cette période dans Homicide
31 : au cœur de
l’affaire Alègre. Mais voilà que notre intègre pandore
vient d’écoper d’une condamnation pour diffamation. Lourde. Dans un mail publié
sur le blog
AJT de Sébastien Fontenelle, il raconte : « Dans la "Dépêche
du Midi" du 15 mai 2004, j'avais déclaré, à la suite de la diffusion
sur France 3 d'un reportage : "Je suis choqué qu'un magistrat
en exercice ait pu mentir à la justice à laquelle il appartient" ».
C’est l’homme dont parlait Roussel qui l’attaque et obtient donc sa
condamnation, à 1000 euros d’amende, 8000 de dommages et intérêts, 3000 à
verser, sans compter une publication dans La Dépêche à ses frais. Or ses
offres de preuves ont été jugées irrecevables ! Dommage, il les avait, les
preuves. Mais irrecevables. « Malgré les témoignages de la journaliste
de France 3 qui a confirmé à la barre la teneur de son reportage et le dépôt
des procès verbaux indiquant que contrairement à ses déclarations, XXX (le
magistrat que nous n’avons pas le droit de nommer) se trouvait sur la
scène de crime. Vrai donc mais diffamatoire… », écrit Roussel dans une correspondance à son éditeur.
Telle est la loi sur la diffamation en
France. Qu’il serait plus que temps de sérieusement toiletter, elle date de
1881 ! Article 29 : « toute allégation ou
imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la
personne ou du corps auquel le fait est imputé. » Où avez-vous lu
qu’on se soucie de savoir si le fait allégué ou imputé est vrai ? Il
existe certes dans cette loi le principe dit "d'exception de vérité".
Selon lequel une personne accusée de diffamation peut être relaxée si la preuve
des faits diffamatoires est apportée. Mais pas toujours. Quelle atteinte à la liberté d’informer ! Toujours est-il que
notre gendarme Roussel n’a pas menti mais est condamné quand même et qu’il se
retrouve avec 12 000 euros à payer et une petite retraite – il a démissionné
trop tôt… Et un deuxième procès en diffamation arrive... Stop à l’oubli organise une collecte de soutien à Michel Roussel.
Parce qu’on tente d’étouffer la vérité en frappant ses messagers au
portefeuille, votre serviteur se joint à cette association pour solliciter
votre solidarité, si modeste soit-elle (5 ou 10 euros, les petits
ruisseaux…) : envoyez vos chèques, obligatoirement libellés « Loubradou
G. et Alayrac J.L. (Soutien à M. Roussel) », à Stop A L'Oubli, 24 allée
des Platanes, 46800 MONTCUQ.
La cause est juste. Envoyez des sous à Montcuq !



