Plume de presse

Le blog sabre-au-clair d'un journaliste engagé

18 juin 2008

EADS : la théorie des dominos ?

lagardère dans le jdnNoël Forgeard, Jean-Paul Gut : déjà deux mis en examen pour délit d'initiés dans l'affaire EADS. En attendant les autres : quinze dirigeants du groupe sont mis en cause dans le rapport de l’Autorité des marchés financiers remis à la justice. Et si l'on reparlait du cas Lagardère ?
A lire sur Plumedepresse.info !

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17 juin 2008

Tous dans la rue pour les 35 heures !

thibault_jddLe secrétaire général de la CGT expose clairement dans le dernier Journal du dimanche les raisons de la nécessaire mobilisation pour défendre les 35 heures.
À lire sur Plumedepresse.info, avant de tous aller manifester !

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06 juin 2008

Chômage : une baisse en trompe l'œil

logo anpe détournéReprise en boucle par tous les médias, sans aucune distance critique ni pondération, la nouvelle est à la Une : le chômage a baissé au premier trimestre 2008 pour atteindre 7,2% en métropole (7,5% avec les départements d'outre-mer), soit le taux le plus bas depuis vingt-cinq ans, d'après l'INSEE.

Que cache ce chiffre ? Faut-il vraiment se réjouir ?

Pas sûr... Lisez plutôt le billet consacré au sujet sur Plumedepresse.info !

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26 mai 2008

Pouvoir d'achat : pour eux, ça va

Cette brave Laurence Parisot va encore tomber des nues. S'offusquer. Appeler ses ouailles les patrons à la modération. La nouvelle tombe quelques jours après que la présidente du MEDEF a proposé, la bouche en coeur, de reculer l'âge du départ en retraite des salariés à 63,5 ans : "C'est le seul scénario qui permette en 2020 de retrouver un équilibre financier", a-t-elle soupiré. Pardon ? Augmenter les cotisations des entreprises, taxer les stock-options ? Vous n'y pensez pas ! Les salariés doivent comprendre qu'il est inévitable qu'ils consentent des sacrifices, au nom de la sainte compétitivité. Pareil lorsqu'on réclame des augmentations de salaires : vous voulez étrangler les entreprises ou quoi ? Mais tenir constamment un tel discours devient délicat chaque fois qu'est mis en lumière l'exemple venu d'en haut.

eurosC'est le cas avec la publication par L'Expansion des revenus en 2007 des patrons du CAC 40. L'article commence par l'avertissement suivant : "Attention, les rémunérations ici révélées sont susceptibles de heurter la sensibilité d’un public non averti." Vous êtes prêt ? "Pour la première fois, L’Expansion a cumulé le salaire de base, le bonus, le gain encaissé sur les stock-options, les dividendes perçus et même les jetons de présence dans les autres grands conseils d’administration. En bas de cette longue colonne de chiffres, un total record pour les 40 patrons : 161 millions d’euros en 2007, contre 102 millions en 2006. Le gain moyen par tête atteint 4 millions et provient pour une part des profits réalisés en levant leurs stock-options. Les trois premiers du CAC 40 en ont tiré l’essentiel de leurs revenus en 2007 : Pierre Verluca (Vallourec) avec 18 millions d’euros, Gérard Mestrallet (Suez) avec 15 millions et Xavier Huillard (Vinci) avec 13 millions. Des gains à faire hurler les salariés à la fiche de paie désespérément stable et au pouvoir d’achat en berne."

Au total, les rémunérations des patrons du CAC 40 ont augmenté en 2007 de 58%. Ce n'est pas la crise pour tout le monde. Nicolas Cori, le journaliste de Libération, publie le Top 10 sur son blog :

Pierre_Verluca1. Pierre Verluca (photo ci-contre), Vallourec : 18,12 millions (+2312%)

2. Gérard Mestrallet, Suez : 15,54 millions (+364%)

3. Xavier Huillard, Vinci : 13,10 millions (+552%)

4. Henri Proglio, Veolia Environnement : 7,33 millions (+207%)

5. Henri de Castries, Axa : 5,53 millions (+22%)

6. Jean-Bernard Lévy, Vivendi : 5,42 millions (+129%)

7. Daniel Bouton Société générale : 5,24 millions (–52%)*

8. Jean-Paul Agon, L’Oréal : 5,03 millions (+27%)

9. Martin Bouygues, Bouygues : 4,99 millions (+69%) (hors dividendes)

10. Benoît Potier, Air liquide : 4,37 millions (+52%)"

Laissons la conclusion à un commentateur du site de L'Expansion, qui signe Karolus : "Heureusement que le bouclier fiscal limitera l'insupportable pression fiscale pesant sur ces vaillants chevaliers de la France qui se lève tôt et qui veut gagner plus" !

* A propos de la Société générale, lire : Bourse, mensonge et monopoly.

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25 mai 2008

Royal, Delanoë et la gauche "moderne" : libérale ou centriste ?

segolene_royal_bertrand_delanoeSégolène Royal passe à l'offensive ! "J'ai envie de pouvoir agir, avec beaucoup d'autres, pour produire et distribuer autrement les richesses, pour garantir à chacun un avenir meilleur, pour lutter contre les excès insupportables du capitalisme et tout ceci n'a rien de libéral. Ma conviction, c'est qu'au XXIème siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible". Elle réagissait ainsi à la prise de position du maire de Paris Bertrand Delanoë, son adversaire pour conquérir la premier secrétariat du Parti socialiste, exprimée dans son ouvrage De l'audace (Robert Laffont) : "M. Sarkozy se veut souverain omnipotent : le libéralisme, c'est le contraire, c'est la tolérance devant les démarches individuelles. Je suis libéral. La droite ne l'est pas. La gauche doit se réapproprier avec fierté le mot et la chose. (...) Si les socialistes du XXIème siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme, s'ils ne tiennent plus les termes de “concurrence” ou de “compétition” pour des gros mots, c'est tout l'humanisme libéral qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique. Il faut choisir : la synthèse est morte. Voici venu le temps des différences assumées." Bon. On connaissait DSK le grand privatisateur (sous le gouvernement Jospin, il a davantage encore privatisé que la droite n'avait osé le faire sous Balladur !), on connaissait aussi Manuel Valls aux dents longues (lire Manuel valse avec la droite), voici que Delanoë se positionne clairement à son tour dans ce camp des "socialistes" entre guillemets.

parti_socialiste_rose_logoEt face à lui, on trouve donc Ségolène Royal, repositionnée en rempart "contre les excès insupportables du capitalisme".  Rappelons que c'est la même qui a déclaré : "Le Smic à 1 500 euros brut dans cinq ans ou la généralisation des 35 heures sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j'ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n'ont pas été du tout crédibles". Ou encore qui a tenté de convaincre François Bayrou, entre les deux tours de la présidentielle, d'accepter d'être son premier ministre si elle venait à être élue. Et qui persistait à l'occasion des dernières municipales à préconiser une alliance généralisée avec le Moudem. Voilà donc l'auto-proclamée néo-héroïne de la vraie gauche du PS - face aux "socialistes" libéraux de la tendance Delanoë : la femme qui trouve que 1500 euros pour le Smic, non pas net mais brut, non pas tout de suite mais sur cinq ans, c'est encore beaucoup trop. Et qui veut gouverner en compagnie des centristes bayrouistes. Inacceptable ! Pas question ici de sectarisme : s'il s'avérait que des centristes pouvaient adopter des positions authentiquement progressistes, ce qui passe forcément par une remise en question globale du système capitaliste mondialisé néolibéral, ça se saurait. Bayrou n'est pas Sarkozy, mais il n'est pas de gauche, loin de là. La famille politique dont il entend aujourd'hui se libérer avec pertes et fracas, prétendant présenter une troisième voie entre gauche et droite, est la sienne depuis ses débuts dans la carrière. Forcément qu'il serait un peu plus social que Sarkozy - comment l'être moins ? - mais sa vision de la société et ses choix idéologiques resteront toujours ceux de la droite modérée. L'alliance avec les centristes implique donc de facto l'abandon d'une politique de gauche.

Si l'on résume alors le choix entre les personnes de Delanoë et Royal, offert aux militants socialistes, du leader qui impulsera la rénovation du parti, ils arbitreront entre "socialisme" libéral ou "socialisme" centriste ! Il est vrai que cette alternative est dictée par la pensée unique qui veut qu'une gauche "moderne" soit... de droite. Mélenchon, Filoche, Hamon... partants pour porter cette bannière ? En tout cas sans nous.

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09 avril 2008

OGM : Kosciusko-Morizet dénonce une "armée de lâches" à l'UMP

Portrait_Kosciusko_Morizet_NathalieNathalie Kosciusko-Morizet, forte du soutien de Sarkozy qui l'a promue - en compagnie de Xavier Bertrand - Secrétaire générale adjointe de l'UMP - on note que "le Président de tous les Français" dirige toujours le parti de droite -, sort l'artillerie lourde : "J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches", s'emporte-t-elle dans l'édition du Monde daté de demain. Cause de sa colère ? Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale (et aussi maire de Meaux, député de Seine-et-Marne et avocat d'affaires à temps partiel), l'a directement mise en cause à la suite du vote, dans la nuit de mercredi à jeudi, de l'amendement à la loi sur les OGM présenté par le communiste André Chassaigne : "Lorsqu'un  gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve", s'est-il étranglé de rage. On imagine l'outrage : la secrétaire d'Etat à l'Ecologie n'appelle pas clairement à repousser l'amendement d'un communiste ! Mais que dit l'amendement en question ? Il modifie l'article premier de la loi, qui postulait que les plantes transgéniques ne pouvaient être cultivées que "dans le respect de l'environnement et de la santé publique", en incluant celui "des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production commerciales qualifiées 'sans organismes génétiquement modifiés' et en toute transparence". Où est le scandale ? Les agriculteurs ne cultivant pas d'OGM n'auraient donc pas le droit qu'on leur garantisse la non-contamination de leurs parcelles ? Non, selon le Premier ministre, François Fi(ll)on, qui décrète : "l'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté". Mais que les puissants semenciers ne s'inquiètent pas, le chef du gouvernement "s'est engagé à faire en sorte qu'il soit supprimé en deuxième lecture au Sénat", précise l'Express.

7423657Voilà le vrai scandale : alors que 72% des Français jugent "important" de ne pas consommer des produits contenant des OGM (sondage CSA diffusé le 4 février dernier par l'organisation écologiste Greenpeace), les députés UMP sont inféodés au lobby des amis de Monsanto et n'acceptent à aucun prix qu'on porte atteinte à leurs OGM chéris. Rappelons les risques : contamination du sol, d'autres plantes, apparition d'insectes résistants, impact sur les insectes utiles comme les abeilles par exemple, développement d'allergies et apparition de nouvelles pathologies chez l'homme et l'animal... Avec les réactions en chaîne, les scientifiques sont aujourd'hui incapables de prédire quelles conséquences pourrait avoir une OGMisation massive de l'agriculture. On a eu le poulet à la dioxine, les farines animales et leur vache folle... N'est-il pas temps d'arrêter de jouer les apprentis sorciers ? Or que se passe-t-il dans la réalité ? Les OGM, portés par les millions de dollars des multinationales, sont déjà en train de coloniser la planète, dans l'opacité sournoise. La firme Bayer est directement accusée par Greenpeace d'être "responsable d'une contamination mondiale du riz par son riz transgénique non autorisé", provenant de champs expérimentaux aux Etats-Unis, qu'on a déjà retrouvé dans 13 pays. Or le riz est la denrée alimentaire la plus importée au monde. Donc la dissémination s'opère bel et bien, et en dehors de tout contrôle démocratique. Et jusqu'en France, avec la bénédiction de ces chers députés UMP. Greenpeace ne décolère pas, après l'adoption de la loi par l'Assemblée : "Le texte condamne à terme l'ensemble de la production agricole française à la contamination et définit un régime de responsabilité complètement défaillant. En votant une loi génétiquement modifiée au profit d'une poignée d'industriels, la majorité UMP est manifestement passée à côté de l'histoire et de la volonté des Français". Le responsable de la campagne OGM de Greenpeace France, Arnaud Apoteker, renchérit : "Comme au Sénat, la frange la plus rétrograde de la majorité UMP s'est allégrement assis sur le Grenelle, sur le principe de précaution, sur la directive européenne qu'elle était censée traduire en droit français et sur le souhait des citoyens ! Pis, si l'on en croit les déclarations vengeresses de M. Copé, le seul vrai amendement de protection adopté pourrait être remis en cause au Sénat dès la semaine prochaine, lors de la seconde lecture. Nous regrettons que les députés UMP les plus éclairés, comme M. Grosdidier, n'aient pas été plus entendus par leurs collègues. L'agriculture française et l'environnement sont sacrifiés sur l'autel de quelques profits industriels. C'est une honte."

Dans ce contexte, le coup de colère de Nathalie Kosciusko-Morizet peut ressembler au premier abord à une preuve de courage de sa part. "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum", tempête-t-elle. Elle reproche à Copé de "ne pas tenir le groupe" UMP : "Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance". Du coup, l'amendement communiste sacrilège a été voté. NK-M regrette aussi que son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, la laisse seule en butte à la vindicte des pro-OGM hystériques : "J'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la 'parole unique' du gouvernement dans l'hémicycle. Quand il veut, il vient". Greenpeace reprend ce mot de "lâcheté" : "Refus d'étiquetage des produits animaux nourris aux OGM, refus de l'implication des collectivités locales, refus de l'information publique en temps et en heure ou encore confidentialité des dossier d'évaluation éclairent par ailleurs l'intention de la majorité UMP : imposer des OGM partout et en cachette. Le concours de lâcheté et d'irresponsabilité active a bien eu lieu." Sans compter que la loi instaure un délit de fauchage des cultures OGM, "puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", peine portée à "trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende" quand la parcelle sert à la recherche. Pourquoi ne pas avoir laissé ce délit dans le droit commun, qui réprime la "destruction du bien Bato_Delphined'autrui" ? En quoi une sévérité accrue se justifie-t-elle en l'occurrence ? "La destruction d'une parcelle d'essai Monsanto sera puni d'une amende plus élevée que celle de la destruction d'un immeuble classé ou d'une découverte archéologique", remarque la socialiste Delphine Batho. Yves Cochet (Verts) a son explication : cet article veut punir "ceux qui sont entrés en résistance pour s'opposer à la fatalité irréversible des OGM". Et le communiste Jean-Pierre Brard ne craint pas d'affirmer : "Le 14 juillet 1789, quand nos ancêtres ont pris la Bastille, ils ne se sont pas demandés si c'était légal. Il y a quelque chose de plus fort que la légalité, il y a ce qui est juste, ce qui est légitime. Sur l'affaire du fauchage c'est bien là qu'on en est".

Alors, avec tout cela, que penser de l'interview choc de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie ? On ne peut que la relativiser : elle ne se désolidarise en rien du texte, explique s'en être remise à la sagesse de l'Assemblée à propos d'un amendement déposé par un membre de la majorité, Louis Giscard d'Estaing, et non à propos de celui de Chassaigne, et a en outre publié un communiqué dans lequel "elle a présenté ses excuses à la fois à Jean-Louis Borloo, à Jean-François Copé et aux membres du groupe UMP", comme s'en félicite Fi(ll)on, pour qui l'incident est clos. Comme lorsque Fadela Amara jugeait "dégueulasse" qu'on instrumentalise l'immigration avec l'instauration des tests ADN, mais qu'elle n'en est pas moins restée au gouvernement. Que ces gens sont méprisables !

Et maintenant, place au Sénat, où les UMPistes aux ordres des semenciers se chargeront bien d'éliminer toute garantie contre la dissémination sauvage par les OGM. Monsanto en rêvait, l'UMP va le faire.

Lire aussi à ce sujet un billet de Plume du 13 octobre 2006 : OGM : maintenant, ça suffit !

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28 février 2008

Aix-en-Provence : représailles contre le fonctionnaire qui dénonce des irrégularités électorales

Il ne fait pas bon s'opposer à la députée-maire d'Aix-en-Provence quand on est fonctionnaire municipal ! Raymond Chaoul, agent du service des Elections, est en train de l'apprendre à ses dépens. Pour avoir formé un recours devant le Conseil constitutionnel dénonçant de nombreuses irrégularités ayant entaché les dernières législatives, il fait l'objet de lourdes représaillesmairie_d_aix.

13 000 cartes d'électeurs de retour en mairie, pour n'avoir pas trouvé acquéreur ! Où habitent donc désormais ces mystérieux inscrits de la 14ème circonscription des Bouches-du-Rhône (un des deux secteurs d'Aix-en-Provence) ? Ne devrait-on pas entreprendre des vérifications ? Employé municipal depuis 1983, Raymond Chaoul, adjoint administratif au service des Elections de la mairie, se dit "dégoûté" et parle de "manipulations politiques" : "Depuis environ trois ans, nous ne révisons plus les listes à partir des cartes retournées", nous explique-t-il. Le nombre des inscrits augmente ainsi de façon artificielle : 13 000 électeurs sur 90 000 en tout, le pourcentage est énorme. Or, pour se maintenir au second tour des législatives, un candidat doit réunir les suffrages de 12,5% des inscrits : plus ils sont nombreux, plus il faut de voix, ce qui limite le risque d'une triangulaire. Sur les 13 000 cartes d'électeurs n'habitant pas à l'adresse indiquée, "7 000 ont été récupérées sans que les personnes ne prouvent leur rattachement à la commune", poursuit Raymond Chaoul, qui fournit également une dizaine de noms de proches de la mairesse, habitant en dehors d'Aix-en-Provence mais autorisés à y voter grâce à des certificats d'hébergement, d'ordinaire réservés aux seuls jeunes venant d'atteindre la majorité mais habitant encore chez leurs parents ! charlotte_benonEt ces électeurs décédés non radiés des listes électorales ? Et la fameuse "liste Benon", du nom de l'adjointe chargée des Elections et de l'Etat-civil, Charlotte Benon, qui comprend des centaines de patronymes quasi exclusivement de sonorités exotiques, en vue de les radier des listes électorales ? "Je voulais alléger les listes électorales en supprimant les personnes qui n'avaient plus d'attache avec la commune", proteste l'élue dans le quotidien La Marseillaise*. Curieuses méthodes : au lieu de vérifier les électeurs ayant changé d'adresse - les fameux 13 000 -, on sélectionne des noms, au hasard (ou en fonction de leur origine étrangère ?), exclusivement dans deux quartiers populaires de la ville, l'Epinette et le Jas-de-Bouffan. "Charlotte Benon nous a ordonné  d'envoyer un courrier recommandé à toutes les personnes sélectionnées et de les radier si elles ne répondaient pas", raconte Raymond Chaoul. "Des radiations ciblées?", s'interroge La Marseillaise. Le fonctionnaire ajoute encore posséder les preuves qu'au moins trois de ses collègues employés de la mairie d'Aix ont travaillé directement pour la candidate, en procédant à une extraction informatique des listes électorales en vue de les étudier de près. Et il sait de quoi il parle : il était justement en charge de la gestion informatique des fichiers du service Elections ! A la suite de ces multiples irrégularités, il a décidé d'intenter un recours devant le Conseil constitutionnel, en vue de faire annuler les dernières législatives.

maryse_joissains"Il agit par vengeance personnelle, tempête Maryse Joissains Masini, députée-maire UMP d'Aix-en-Provence, dans le quotidien La Provence*. Ce monsieur est en procès avec la mairie, parce qu'il n'a pas obtenu l'avancement auquel il estime avoir droit". Offusqué, ce dernier fait valoir que le contentieux en question remonte à l'époque où Jean-François Picheral (PS) était maire d'Aix : "je n'ai jamais rien dit contre lui parce qu'il n'y a jamais eu de problème électoral ! C'est à partir de 2001 que j'ai constaté de multiples irrégularités dans mon service". Dans son bureau d'élu du village du Puy Sainte Réparade (5000 habitants) où il nous a reçu - il est adjoint au maire chargé des associations -, Raymond Chaoul a posé devant lui le volumineux dossier - plusieurs centaines de pages - de ses démêlés avec Maryse Joissains. Cette dernière l'accuse d'avoir falsifié les dates d'un courrier adressé au personnel municipal ? Il sort la pièce : "regardez, la secrétaire a tremblé en apposant la date au tampon encreur, mais elle reste parfaitement lisible !" Elle lui reproche également d'avoir "détourné du courrier personnel" ? Il rigole : "on a reçu au service des élections de la mairie une facture d'imprimeur adressée à la candidate pour des affiches électorales. Je l'ai photocopiée". "Il est politiquement engagé contre moi ; il soutient François-Xavier de Péretti" (candidat Modem-de-droite à la mairie), affirmait encore Joissains dans La Provence. Là encore, Chaoul s'insurge : "j'ai été élu sur une liste sans étiquette, je ne fais pas de politique !" Et si étiquette il y avait, celle-ci serait plutôt... UMP, qui est la couleur du maire du Puy, comme celle de la députée-maire d'Aix ! L'élu local met en avant l'article 40-1 du Code pénal, qui impose à tout fonctionnaire assermenté de dénoncer un délit dont il est témoin dans l'exercice de ses fonctions. "Je refusais d'être complice de manoeuvres pouvant ou ayant vicié la sincérité du scrutin", insiste-t-il. D'où ce recours devant le Conseil constitutionnel, qui a rendu sa décision le 29 novembre 2007 : "Considérant, en premier lieu, qu'il n'appartient au juge de l'élection de connaître des irrégularités de la liste électorale que dans le cas où ces irrégularités résultent d'une manœuvre de nature à porter atteinte à la sincérité du scrutin ; que, si le requérant invoque diverses irrégularités relatives au fonctionnement de la commission administrative chargée de la révision et de la tenue de la liste, des radiations ou des inscriptions faites à tort, ainsi que la non actualisation des listes à partir des cartes d'électeurs et des enveloppes de propagande non distribuées, il n'apporte aucun élément de preuve de nature à établir l'existence de manœuvres dans l'élaboration des listes électorales ayant servi pour les élections qui se sont déroulées les 10 et 17 juin 2007 (...) La requête legislatives_2007_affichesde M. Raymond Chaoul est rejetée". On voit que le CC ne conteste pas les irrégularités mais reproche au requérant de ne pas avoir prouvé qu'elles résultent de manoeuvres. Décision contestable : l'écart entre Maryse Joissains Masini et son adversaire du deuxième tour, le socialiste Alexandre Medvedowsky - qui la défie à nouveau aux prochaines municipales -, fut de 5600 voix, or les électeurs "douteux" sont au moins 7000 : une annulation du scrutin, dans ces conditions, n'aurait pas semblé anormale.

Raymond Chaoul en tire une conclusion logique : "pour les prochaines municipales et cantonales, les listes d'électeurs sont fausses !" Mais il ne pourra nous renseigner si s'opère une éventuelle régularisation : il a été muté d'office de son poste au service Elections, avec la perte de la prime informatique et de celle de l'accueil au public qu'il percevait jusque-là. Il a donc déjà été sanctionné, mais le courroux de la député-maire n'est pas calmé pour autant, qui l'a convoqué devant le Conseil de discipline, accusé d'avoir "divulgué des propos diffamatoires et des allégations mensongères". La sanction réclamée est d'un an d'exclusion temporaire de fonctions. Le fonctionnaire devait comparaître mardi dernier, mais le conseil a été annulé au dernier moment, officiellement parce que le quorum des élus n'était pas atteint. Etrange. Madame le maire veut-elle s'éviter une campagne de presse gênante à quelques jours des municipales ? En parlant de ces élections, la vengeance du jean_pierre_bertrandpremier magistrat aixois est venu poursuivre Chaoul jusque dans son village du Puy ! Prévu pour figurer à nouveau sur la liste de la majorité sortante, il eut la surprise, lors de la première réunion des colistiers, d'entendre le maire du village, Jean-Pierre Bertrand, annoncer publiquement qu'il était obligé de le retirer de la liste à la suite d'un coup de téléphone de la mairie d'Aix, refusant d'en dire plus. Décidément, il ne fait pas bon défier Maryse Joissains en son royaume : en plus d'être députée de la 14ème circonscription et maire d'Aix, elle est aussi Présidente de la Communauté d'agglomérations du Pays d'Aix, à laquelle appartient le village du Puy Sainte Réparade... Raymond Chaoul ne se présentera donc pas devant les électeurs les 9 et 16 mars prochain. "Je me retire volontiers, je n'ai jamais eu d'ambitions politiques, lâche-t-il. Je marche droit, la tête haute. Tout ce que je veux, c'est faire respecter mes droits et éclater la vérité".

* juillet 2007

Post Scriptum : pourquoi cet article en cette période de suspension du blog ? C'est que je pensais qu'il intéresserait des publications qui l'auraient rémunéré. Las, pourtant recommandée à Libération et Politis par des membres de la rédaction de ces deux titres, ma proposition n'a pas été retenue. Ni par le Canard enchaîné, dont j'ai eu un journaliste au téléphone pour lui expliquer l'affaire avant de lui envoyer l'article. Un éminent journaliste du Nouvel Obs a transmis mon papier à l'Obs.com qui m'a renvoyé vers le service politique... trop débordé pour le passer. Quant à Marianne, il me fut répondu : "nous n'avons pas de budget piges" avant même que je n'ai le temps d'expliquer de quoi il s'agissait. Les joies de la vie de pigiste...

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23 janvier 2008

Un plaidoyer anglais pour les grèves françaises

Mark_SteelA la veille d'une nouvelle journée de grève, relisons pour le plaisir ce qu'écrivait l'excellent éditorialiste du journal britannique The Independant, Mark Steel, dans un article publié le 21 novembre dernier et titré Une leçon française sur la pauvreté des pays riches, que Courrier International a traduit Ils ont bien raison de faire grève. Ça décape !

the_independant

« Contre les grèves, les mêmes arguments démodés ressortent toujours : les travailleurs défendent leurs privilèges, comme le droit à la retraite après des décennies de travail, et le pays ne peut plus se le permettre. Aussi le discours typique d’un économiste progouvernemental pourrait-il commencer ainsi : “Ce système de retraite date des années 1960 alors que nous étions beaucoup plus pauvres, mais, maintenant que notre société est bien plus riche, il faut le supprimer. Car personne n’ignore que plus on est riche, moins on a les moyens.” (…) c’est bien connu, quand on a inventé la charrue, on a réuni tous les paysans pour leur dire : “Cette petite merveille va faire le boulot en deux fois moins de temps. Et c’est formidable parce que cela signifie que désormais nous allons tous travailler cinq heures de plus par jour.” Ces prétendus “privilèges” seraient un frein pour l’économie et la raison pour laquelle le pays va mal. Les Français devraient donc prendre exemple sur les Britanniques, parce que, grâce à nos politiques visionnaires, notre système de retraite est désastreux et nous travaillons en moyenne 2 h 38 de plus par semaine que les Français. Nous sommes donc de toute évidence bien mieux lotis. Cela dit, nous avons encore beaucoup à apprendre de ces véritables économies modernes que sont des pays comme le Myanmar, où il n’y a pas de retraites et où les gens sont contraints de travailler jour et nuit s’ils ne veulent pas être battus comme plâtre en public. Et, en plus, c’est connu : ils sont pleins aux as, les veinards ! (…)
Dans ce contexte, il peut sembler miraculeux que quiconque puisse devenir aussi riche dans un pays comme la France. On nous présente toujours ce pays comme un cas désespéré où les hommes d’affaires ne peuvent monter le moindre projet sans se retrouver avec des hordes de manifestants balançant dans leur jardin des dizaines de milliers de porcs brûlés. Mais l’économie française a connu une croissance similaire au reste du monde occidental. Avec, certes, une différence majeure : la fortune des 1% de Français les plus riches n’a pas été multipliée par trois en termes réels au cours des dix dernières années, comme au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Le président Nicolas Sarkozy est le représentant d’une aile frustrée des hommes d’affaires qui veulent que la gestion du pays soit confiée à des financiers du genre de ceux qu’on rencontre à la City londonienne, ces fameux 1% les plus riches. Mais une partie des grévistes semble avoir compris que réduire les retraites, fermer des tribunaux, supprimer des milliers de postes d’instituteurs et privatiser une partie du système universitaire n’est pas une crise de folie passagère, mais fait partie d’un plan bien précis. Et puis, un gouvernement qui a l’air de dire : “
La gestion de nos chemins de fer est dépassée : faisons plutôt comme les Anglais” doit être empêché de réussir.»

"Bonnethon" : seulement 531 lectures à 23h30. merci de redoubler de clics ici.

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09 janvier 2008

Franchises médicales : un malade du SIDA en grève des soins

Alors que la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, jouait à la dinde - son meilleur emploi - hier soir chez ce sarkoziste de Marc-Olivier Fogiel, révélant au public qu'elle n'aimait rien tant, les soirs où elle avait vécu une dure journée, que se remonter le moral en admirant la page 67 du calendrier des Dieux du stade, affichant le membre viril de fort belle dimension d'un de ses modèles rugbymens, appelons la Sarkozie à un peu plus de décence. Bruno-Pascal Chevalier est malade du SIDA et a décidé, il y a trois mois, pour protester contre les franchises médicales, d'entamer une grève des soins. Il a récemment médiatisé son action en s'adressant au quotidien 20 minutes, qui en profite pour rappeler qu'on compte "7,7 millions de personnes atteintes d’affection longue durée (ALD) en France, comme les malades du diabète, du cancer ou d'une insuffisance rénale" et qu'en plus des 50 euros annuels de ces fameuses franchises, "avec les précédentes franchises mises en place et les traitements qui ne sont pas pris en charge à 100%, une certaine somme reste déjà à la charge des assurés d’atteints d’une ALD, qui peut atteindre 600 euros selon un rapport d'experts paru en septembre dernier". Voici le texte intégral de la lettre qu'il a adressée à Nicolas Sarkozy. "Roselyne" - comme l'appelle cordialement Fogiel -, en recevant lundi cet homme de 45 ans pour lui demander sans succès d'interrompre sa grève, en aurait arrêté de glousser. (Il n'en fut évidemment aucunement question dans l'émission d'hier soir !)

Bruno_Pascal_Chevalier"Monsieur le Président,
Je suis atteint d’une affection longue durée, le SIDA. Par ailleurs, je suis travailleur social et engagé dans diverses associations citoyennes de solidarité.
  La mise en place de la mesure de la franchise médicale m’oblige à payer 50 euros par an d’impôt supplémentaire par le seul fait que je sois malade. Après en avoir discuté professionnellement ou dans le cadre de discussions privées avec de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d’affections de longue durée, j’ai fait le constat que l’ensemble de ces personnes ne peuvent déjà plus faire face à leurs dépenses de santé et sacrifient cette santé en ne se soignant plus ou en repoussant à plus tard voire trop tard des démarches de soins.
Pour la première fois dans l’histoire de la Sécurité Sociale, le principe de solidarité est posé : avec la franchise médicale chacun de nous se sent responsable voir coupable d’être malade, et par cette faute, nous allons devoir payer pour l’accès à ce droit fondamental qu’est celui de la santé.
Lorsque je regarde les feuilles de remboursement de mes médicaments et que je regarde le prix fixé par les laboratoires et accepté par le gouvernement, je me demande si le trou de la sécurité sociale n’est pas lié aux tarifs souvent démesurés appliqués par les laboratoires.
Monsieur le Président, je vous fais part officiellement de ma grève de soins que j’entame aujourd’hui en soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale.
Je mène cette action en pleine conscience des risques que je prends pour ma santé particulièrement précaire après vingt années de lutte contre la maladie. Sachez que la franchise médicale va pousser silencieusement beaucoup de malades à prendre la même décision que moi au risque de sacrifier leur vie.
J’exige de votre part l’abrogation de cette loi injuste.
Enfin, Monsieur le Président pensez-vous que cette mesure va participer à la relance économique ? ne pensez vous pas que d’autres choix sont possibles pour faire face aux besoins de santé ? Pour ma part j’en suis convaincu et déterminé à aller au bout de ma démarche en vous en tenant responsable.
Je vous prie d’agréer, Monsieur  le Président, l’expression de mes salutations distinguées
."
Bruno-Pascal Chevalier

Mise à jour : notre ami Christian Lehmann, que L'Humanité présente avec justesse comme une "figure de la mobilisation, ces derniers mois, contre les franchises médicales" - il est l'un des initiateurs de L'appel contre la franchise -, nous signale avoir réagi dans les colonnes de ce quotidien à la grève des soins de Bruno-Pascal Chevalier. Voici le texte de sa pertinente intervention.

christian_lehmann«Quand on est malade, on doit déjà lutter contre la maladie, chaque jour, pied à pied. Quand, en plus, on fait une analyse politique, comme a fait ce patient, montrant que, en tant que malade, on est pointé du doigt par ceux qui ont tout, la puissance, l’argent et la gloire, comme étant responsables de situations financières difficiles de la nation, alors que, nous le savons, c’est de la répartition des richesses qu’il faudrait parler, et que ce n’est pas le pauvre malade qui est responsable du trou de la Sécu mais l’insuffisance de cotisations des revenus de l’argent… Cette action de grève des soins est une forme de désespoir de la politique, et de désespoir de la solidarité. Tenir quand on est malade, c’est très difficile. Au moins peut-on encore se dire qu’on fait partie de la communauté des vivants, et que les autres nous regardent, au moins avec une neutralité bienveillante, peut-être avec empathie. Là, on est devant une mesure qui, politiquement, si elle a un sens, veut dire qu’une partie de la population, en bonne santé, considère que ceux qui sont malades, quelque part, exagèrent, fraudent, abusent. Il y a donc un effet de désespérance devant ce qui est considéré par ce patient comme un abandon de la solidarité. Je ne veux pas cautionner son action, sa mise en danger. Il n’y a, hélas ! rien d’étonnant dans ce type d’initiative. J’ai reçu moi-même des lettres nombreuses de patients qui avaient des pathologies lourdes, d’hypertension ou de diabète, par exemple, et qui vivaient les franchises comme une véritable stigmatisation». Et le médecin de confier avoir «entendu beaucoup de gens évoquer la fin de vie» lors du débat sur les franchises. Se rendant compte «qu’on mettait en cause la nécessaire solidarité sur des soins lourds pour les patients atteints de pathologies sévères», ils en venaient à penser au pire, analyse-t-il, évoquant une sorte «d’eugénisme financier».
Le passage en force des franchises, en dépit d’une opposition majoritaire dans le pays, n’a, on le voit, en rien émoussé la combativité de Christian Lehmann. Outre l’état de faiblesse de la gauche, mis à profit par Sarkozy pour porter ce mauvais coup comme tous les autres, il incrimine la «vraie chape de plomb» que fait peser le système médiatique, et une incapacité, dans ces conditions, de «décrypter le mensonge sarkozyste». Allusion à la série d’arguments différents avancés pour justifier cette mesure (combler le déficit de la Sécu, financer la lutte contre la maladie d’Alzheimer, etc.). C’est pourquoi, même s’il constate chez les gens un début de «prise de conscience» après une période d’atonie, le médecin-écrivain juge prioritaire de «faire un travail de déconstruction du discours du mensonge».
Propos recueillis par Yves Housson

 

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24 décembre 2007

Noah Président !

noah_jddSacrés Français ! Ils ont élu Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République mais leur personnalité préférée, selon le sondage annuel du Journal du dimanche, est l'un de ses opposants les plus acharnés, le chanteur Yannick Noah. Qui a d'ailleurs profité de l'interview d'hier pour décocher de nouvelles flèches : "Je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui m'a dit ce qu'il avait vraiment fait. Qu'est-ce qu'il y a eu à part un brouhaha et de la godille ? Je ne veux même pas parler du côté diversion avec la mise en scène de sa vie privée et tous les médias qui suivent. C'est le roi avec sa cour et les courtisans qui se mettent à genoux. Tout me choque ! L'attitude, le ton, l'arrogance me choquent. Le déballage de richesse, le cynisme me choquent. La désinformation me choque. Tout me choque, tout" dans l'action de Sarkozy, a-t-il ainsi déclaré. La veille, il avait déjà sorti l'arme lourde en révélant dans Le Parisien : "On a essayé de m'acheter !" "J'ai été contacté pour faire le grand concert du 14 Juillet, explique-t-il en effet. En clair, on a essayé de m'acheter ! A un prix très fort. Polnareff a pris moins. Lui est arrivé en troisième position. Le premier contacté, c'était Johnny, mais il ne pouvait pas. Moi, je suis venu en deuxième". Au journaliste qui lui demande combien il devait recevoir, il répond : "Je ne peux pas vous dire, c'était totalement indécent. Au départ, j'ai balancé un tarif pour rigoler en leur disant : «Ça va coûter trop cher.» Le lendemain, on m'a dit : «OK ! mais il faut faire la photo avec le président.» J'ai dit : «Si je fais ce concert, c'est pour mon pays, mais pas des photos.» Après, on m'a proposé des solutions pour que ça passe en disant que c'était au profit d'associations... Etre en photo pour des associations ! Il y a un moment où il faut un minimum de logique. Je suis loyal, je reste dans mon équipe, même si elle a perdu", faisant ainsi allusion à son soutien de Ségolène Royal durant la campagne électorale. Que pense-t-il alors des convertis de l' "ouverture" sarkoziste ? "Tu viens de perdre, normalement t'es au placard pour un moment, donc on te donne un biscuit. Et les mecs viennent bouffer ! C'est incroyable ! Moi, j'aime bien l'idée d'être dans la résistance." Nous aussi, Yannick.

A lire aussi, le résumé des épisodes précédents : Noah : 2 - Sarkozy : 0.

Posté par Olivier Bonnet à 13:29 - Social, politique - Commentaires [66] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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